le poème que vous préférez !


Ross & Witchcraft Membre 63 messages
Forumeur en herbe‚ 28ans
Posté(e)

voila je voulais juste savoir le ou les poème que vous aimez.

j'aime particulièrement Baudelaire et le poème : le Poison

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge

D'un luxe miraculeux,

Et fait surgir plus d'un portique fabuleux

Dans l'or de sa vapeur rouge,

Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L'opium agrandit ce qui nà pas de bornes,

Allonge l'illimité,

Approfondit le temps, creuse la volupté,

Et de plaisirs noirs et mornes

Remplit l'âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle

De tes yeux, de tes yeux verts,

Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...

Mes songes viennent en foule

Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige

De ta salive qui mord,

Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord,

Et, charriant le vertige,

La roule défaillante aux rives de la mort !

(il a assi été repris dans le film "immortel" de Enki Bilal)

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Si tu lances ton topic en évoquant Baudelaire, je pourrais le remplir de poèmes merveilleux extraits des Fleurs du Mal. J'affectionne tout particulièrement :

- les aveugles

- l'horloge

- à une passante

- l'albatros

- moesta et errabunda

... ;)

Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !

Pareils aux mannequins ; vaguement ridicules ;

Terribles, singuliers comme les somnambules ;

Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

</a>Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,

Comme s'ils regardaient au loin, restent levés

Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés

Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,

Ce frère du silence éternel. O cité !

Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,

Vois ! je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux <A href="http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/fleurs/hebete.htm">hébété,

Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

Tableaux Parisiens, XCII

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,

Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !

Les vibrantes Douleurs dans ton c¿ur plein d'effroi

Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon

Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;

Chaque instant te dévore un morceau du délice

A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde

Chuchote : Souviens-toi ! ¿ Rapide, avec sa voix

D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,

Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

</a>Remember ! Souviens-toi ! prodigue ! Esto memor !

(Mon gosier de métal parle toutes les langues )

Les minutes, mortel folâtre, sont des <A href="http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/fleurs/gangue.htm">gangues

Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.

Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !

Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,

Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,

Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),

Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard !"

Spleen et Idéal, LXXXV

prece.gifhaut.gifsuivant.gif

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

</a>Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un <A href="http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/fleurs/extravag.htm">extravagant,

Dans son ¿il, ciel livide où germe l'ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! ¿ Fugitive beauté

Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Tableaux Parisiens, XCIII

prece.gifhaut.gifsuivant.gif

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

</a>A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l']azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Spleen et Idéal, II

prece.gif haut.gif suivant.gif

Dis-moi ton c¿ur parfois s'envole-t-il, Agathe,

Loin du noir océan de l'immonde cité,

Vers un autre océan où la splendeur éclate,

Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?

Dis-moi, ton c¿ur parfois s'envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse

Qu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs,

De cette fonction sublime de berceuse ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi wagon ! enlève-moi, frégate !

Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !

¿ Est-il vrai que parfois le triste c¿ur d'Agathe

Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,

Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,

Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,

Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,

</a>Où dans la volupté pure le c¿ur se noie !

Comme vous êtes loin, paradis parfumé!

Mais le vert paradis des amours enfantines,

Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,

Les violons vibrant derrière les collines,

Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,

¿ Mais le vert paradis des amours enfantines,

L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,

Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?

Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,

Et l'animer encor d'une voix argentine,

L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

Spleen et Idéal, LXII

Modifié par chirona

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aya Membre 2 715 messages
Parle à ma main !‚ 29ans
Posté(e)

Mon poème préféré est un poème (en anglais) de E.E. Cummings (s'il y a des problèmes de compréhension je veux bien le traduire mais ça risque de gacher un peu le texte)

i carry your heart with me(i carry it in my heart)

i carry your heart with me(i carry it in

my heart) i am never without it (anywhere

i go you go, my dear;and whatever is done

by only me is your doing,my darling)

i fear

no fate(for you are my fate,my sweet)i want

no world(for beautiful you are my world,my true)

and it's you are whatever a moon has always meant

and whatever a sun will always sing is you

here is the deepest secret nobody knows

here is the root of the root and the bud of the bud

and the sky of the sky of a tree called life;which grows

higher than soul can hope or mind can hide

and this is the wonder that's keeping the stars apart

i carry your heart (i carry it in my heart)

Modifié par aya

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Ghostrider Membre 8 642 messages
Fant'homme mot-coeur‚ 38ans
Posté(e)

Un de mes favoris :

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :

« Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle. »

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,

Bénissant votre nom, de louange immortelle.

Je serai sous la terre et, fantôme sans os,

Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;

Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Ronsard, Sonnets pour Hélène

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akhenatiti Membre 2 messages
Baby Forumeur‚ 34ans
Posté(e)

A la négresse blonde

Et puis tu es venue par l'aube douce,

Parée de tes yeux de prés verts

Que jonchent l'or et les feuilles d'automne.

Tu as pris ma tête

Dans tes mains délicates de fée,

Tu m'as embrassée sur le front

Et je me suis reposé au creux

De ton épaule,

Mon amie, mon amie, ô mon amie!

Léopold Sédar Senghor

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Jamrock Membre+ 5 387 messages
Have a Jam session‚ 28ans
Posté(e)

Mon préféré je saurais pas dire mais :

Je retrouverais le secret des grandes communications

et des grandes combustions. Je dirais orage. Je

dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies,

humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du

sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots

en chevaux fous en enfants frais en caillots en

couvre-feu en vestiges de temple en pierres

précieuses assez loin pour décourager les mineurs.

Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.

Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt

de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau

d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous

contenir

et toi terre tendue terre saoule

terre grand sexe levé vers le soleil

terre grand délire de la mentule de Dieu

terre sauvage montée des resserres de la mer avec

dans la bouche une touffe de cécropies

terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à

la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en

guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des

hommes

Césaire, Cahier d'un Retour au Pays Natal

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NumaZeo Membre 2 665 messages
Pétard de bois en bouteille‚ 31ans
Posté(e)

"Charles il disait

"L'albatros

il en est mort à marcher sur la terre"

Mais Ce n'est pas fini on va continuer

à voler dans les airs

et les supermarchés..."

;):o:o:o:snif::snif::snif::snif:

TêtesRaides ("Ginette qui continue à tourner

Sur cet air de feraille et de verres cassés")

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Jamrock Membre+ 5 387 messages
Have a Jam session‚ 28ans
Posté(e)
"Charles il disait

"L'albatros

il en est mort à marcher sur la terre"

Mais Ce n'est pas fini on va continuer

à voler dans les airs

et les supermarchés..."

:o:snif::snif::snif::snif::snif::snif::snif:

TêtesRaides ("Ginette qui continue à tourner

Sur cet air de feraille et de verres cassés")

;)

:o

Ah cette chanson ... :o:snif:

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bestMuse Membre 3 056 messages
Forumeur alchimiste‚ 29ans
Posté(e)

moi j'adore le déserteur de boris vian(trp long pour le recopier lol)

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NumaZeo Membre 2 665 messages
Pétard de bois en bouteille‚ 31ans
Posté(e)

;)

:o

Ah cette chanson ... :o:snif:

Have a Pinar session Man :o:snif:

Welcome to PinarRock :snif:

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Ross & Witchcraft Membre 63 messages
Forumeur en herbe‚ 28ans
Posté(e)

oui j'aime bien celui de Boris Vian.

c'est vrai que Baudelaire dans les Spleen est vraiment accrocheur....si je puis dire :snif:

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Invité Clemya
Invité Clemya Invités 0 message
Posté(e)

Celui - là :snif:

Le sourire..

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,

Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,

Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,

Personne n'est assez riche pour s'en passer,

Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,

Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,

Il est le signe sensible de l'amitié,

Un sourire donne du repos à l'être fatigué,

Donne du courage au plus découragé

Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,

Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.

Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,

soyez généreux donnez-lui le vôtre,

Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

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konvicted Membre+ 26 420 messages
I. C. Wiener‚ 26ans
Posté(e)

J'aime beaucoup celui ci d'Alfred de Musset:

Lucie

élégie

Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière.

J'aime son feuillage éploré ;

La pâleur m'en est douce et chère,

Et son ombre sera légère

é la terre où je dormirai.

Un soir, nous étions seuls, j'étais assis près d'elle ;

Elle penchait la tête, et sur son clavecin

Laissait, tout en rêvant, flotter sa blanche main.

Ce n'était qu'un murmure : on eût dit les coups d'aile

D'un zéphyr éloigné glissant sur des roseaux,

Et craignant en passant d'éveiller les oiseaux.

Les tièdes voluptés des nuits mélancoliques

Sortaient autour de nous du calice des fleurs.

Les marronniers du parc et les chênes antiques

Se berçaient doucement sous leurs rameaux en pleurs.

Nous écoutions la nuit ; la croisée entr'ouverte

Laissait venir à nous les parfums du printemps ;

Les vents étaient muets, la plaine était déserte ;

Nous étions seuls, pensifs, et nous avions quinze ans.

Je regardais Lucie. - Elle était pâle et blonde.

Jamais deux yeux plus doux n'ont du ciel le plus pur

Sondé la profondeur et réfléchi l'azur.

Sa beauté m'enivrait ; je n'aimais qu'elle au monde.

Mais je croyais l'aimer comme on aime une soeur,

Tant ce qui venait d'elle était plein de pudeur !

Nous nous tûmes longtemps ; ma main touchait la sienne.

Je regardais rêver son front triste et charmant,

Et je sentais dans l'âme, à chaque mouvement,

Combien peuvent sur nous, pour guérir toute peine,

Ces deux signes jumeaux de paix et de bonheur,

Jeunesse de visage et jeunesse de coeur.

La lune, se levant dans un ciel sans nuage,

D'un long réseau d'argent tout à coup l'inonda.

Elle vit dans mes yeux resplendir son image ;

Son sourire semblait d'un ange : elle chanta.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Fille de la douleur, harmonie ! harmonie !

Langue que pour l'amour inventa le génie !

Qui nous vins d'Italie, et qui lui vins des cieux !

Douce langue du coeur, la seule où la pensée,

Cette vierge craintive et d'une ombre offensée,

Passe en gardant son voile et sans craindre les yeux !

Qui sait ce qu'un enfant peut entendre et peut dire

Dans tes soupirs divins, nés de l'air qu'il respire,

Tristes comme son coeur et doux comme sa voix ?

On surprend un regard, une larme qui coule ;

Le reste est un mystère ignoré de la foule,

Comme celui des flots, de la nuit et des bois !

- Nous étions seuls, pensifs ; je regardais Lucie.

L'écho de sa romance en nous semblait frémir.

Elle appuya sur moi sa tête appesantie.

Sentais-tu dans ton coeur Desdemona gémir,

Pauvre enfant ? Tu pleurais ; sur ta bouche adorée

Tu laissas tristement mes lèvres se poser,

Et ce fut ta douleur qui reçut mon baiser.

Telle je t'embrassai, froide et décolorée,

Telle, deux mois après, tu fus mise au tombeau ;

Telle, ô ma chaste fleur ! tu t'es évanouie.

Ta mort fut un sourire aussi doux que ta vie,

Et tu fus rapportée à Dieu dans ton berceau.

Doux mystère du toit que l'innocence habite,

Chansons, rêves d'amour, rires, propos d'enfant,

Et toi, charme inconnu dont rien ne se défend,

Qui fis hésiter Faust au seuil de Marguerite,

Candeur des premiers jours, qu'êtes-vous devenus ?

Paix profonde à ton âme, enfant ! à ta mémoire !

Adieu ! ta blanche main sur le clavier d'ivoire,

Durant les nuits d'été, ne voltigera plus...

Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière.

J'aime son feuillage éploré ;

La pâleur m'en est douce et chère,

Et son ombre sera légère

é la terre où je dormirai.

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Jamrock Membre+ 5 387 messages
Have a Jam session‚ 28ans
Posté(e)

:snif:

:o

Ah cette chanson ... ;):o

Have a Pinar session Man :o:o

Welcome to PinarRock :o

:snif::o

J'avais pas vu ta réponse, oui bien vu. :o

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uchimizu Membre 47 messages
Forumeur balbutiant‚ 41ans
Posté(e)

Le poeme prefere depend de l'humeur...

Aujourd'hui, je vote pour Le Loup de Vigny

extrait...

"Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,

Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,

Et, sans daigner savoir comment il a péri,

Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri."

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Invité Elaïs
Invité Elaïs Invités 0 message
Posté(e)

Peu importe mon humeur, mon poème préféré est bien "La mort du loup" d'Alfred De Vigny :snif:

"Les nuages couraient sur la lune enflammée

Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,

Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.

Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,

Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,

Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,

Nous avons aperçu les grands ongles marqués

Par les loups voyageurs que nous avions traqués.

Nous avons écouté, retenant notre haleine

Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine

Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement

La girouette en deuil criait au firmament ;

Car le vent élevé bien au dessus des terres,

N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,

Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,

Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.

Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,

Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête

A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,

Lui que jamais ici on ne vit en défaut,

A déclaré tout bas que ces marques récentes

Annonçait la démarche et les griffes puissantes

De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.

Nous avons tous alors préparé nos couteaux,

Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,

Nous allions pas à pas en écartant les branches.

Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,

J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,

Et je vois au delà quatre formes légères

Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,

Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,

Quand le maître revient, les lévriers joyeux.

Leur forme était semblable et semblable la danse ;

Mais les enfants du loup se jouaient en silence,

Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,

Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.

Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,

Sa louve reposait comme celle de marbre

Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus

Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.

Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées

Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.

Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,

Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;

Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,

Du chien le plus hardi la gorge pantelante

Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,

Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair

Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,

Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,

Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,

Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.

Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.

Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,

Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;

Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.

Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,

Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,

Et, sans daigner savoir comment il a péri,

Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,

Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre

A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,

Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,

Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve

Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;

Mais son devoir était de les sauver, afin

De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,

A ne jamais entrer dans le pacte des villes

Que l'homme a fait avec les animaux serviles

Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,

Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,

Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,

C'est vous qui le savez, sublimes animaux !

A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.

- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,

Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !

Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,

A force de rester studieuse et pensive,

Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté

Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.

Gémir, pleurer, prier est également lâche.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,

Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. "

--------------------------------------------------------

Et celui là de Rimbaud, m'éclate :snif:

SONNET DU TROU DU CUL

Obscur et froncé comme un oeillet violet

Il respire, humblement tapi parmi la mousse

Humide encor d'amour qui suit la fuite douce

Des Fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait

Ont pleuré sous le vent cruel qui les repousse,

A travers de petits caillots de marne rousse

Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ;

Mon âme, du coït matériel jalouse,

En fit son larmier fauve et son nid de sanglots. C'est l'olive pâmée, et la flûte câline,

C'est le tube où descend la céleste praline :

Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !

Modifié par Elaïs

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