Aller au contenu

Le pouvoir de choisir

Noter ce sujet


Messages recommandés

Membre, 26ans Posté(e)
Ocean_noir Membre 218 messages
Forumeur survitaminé‚ 26ans‚
Posté(e)
Le 07/06/2026 à 14:04, MidnightArcher a dit :

Ces derniers temps, je réfléchis beaucoup au rôle que jouent nos choix dans nos vies. Chaque jour, nous prenons des décisions, petites ou grandes, et il est intéressant de constater à quel point certaines d’entre elles finissent par avoir un impact bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer.

Parfois, nous passons beaucoup de temps à nous inquiéter de faire le « bon » choix, surtout lorsque l’avenir est incertain. D’autres fois, nous prenons une décision rapidement et ne réalisons que plus tard à quel point elle a changé le cours de notre vie. Qu’il s’agisse de choisir une carrière, de mettre fin à une relation ou d’en commencer une nouvelle, de déménager dans un nouvel endroit ou simplement de saisir une opportunité, nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons.

Je serais curieuse de connaître les expériences des autres. Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ? Pensez-vous qu’il existe toujours un bon choix, ou croyez-vous plutôt que nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter ? Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

J’ai hâte de lire vos réflexions et de découvrir les choix qui ont marqué votre parcours.

Les choix renvoient très souvent à la question du libre arbitre et, par conséquent, à celle de la liberté elle-même.

 

Pourtant, certains soutiennent que nous ne faisons qu'avoir l'illusion de maîtriser nos choix, alors que ceux-ci seraient déjà déterminés avant même que nous en ayons conscience.

 

Il est vrai que toute décision semble influencée par un ensemble de motivations, de valeurs, de désirs et d'expériences qui orientent notre jugement dans une direction plutôt qu'une autre. Ce que nous appelons « choisir » pourrait alors n'être que l'expression de ce que nous sommes déjà : etre esclaves de cette mécanique issues de la sommes de nos desirs, motivations, valeurs et sensibilités auquel on ne peut se soustraire.

 

Dans cette perspective, le libre arbitre ne serait pas une indépendance absolue, mais la capacité d'agir conformément à nos propres motivations. La raison n'interviendrait pas comme un souverain extérieur à nous-mêmes ; elle organiserait et justifierait simplement des forces plus profondes qui nous animent.

 

Ainsi, sauf en cas de contrainte d'autrui, le choix que nous faisons est généralement celui qui est le plus cohérent avec ce que nous sommes à cet instant de notre existence.

 

Cependant, il arrive que nous aspirions à devenir autre chose que ce que nous sommes. Nous souhaitons parfois accomplir un choix qui correspond à un idéal, à une ambition ou à une image de nous-mêmes que nous n'avons pas encore atteinte. Et bien souvent, nous échouons.

 

Cet échec révèle une tension fondamentale : l'écart entre ce que nous sommes et ce que nous voudrions être.

 

Mais c'est précisément dans cet écart que réside, selon moi, le cœur de l'existence humaine. Car vivre, ce n'est pas seulement être ; c'est aussi devenir.

 

Les choix que nous regrettons, les erreurs que nous commettons et les chemins que nous empruntons malgré nous participent à notre transformation. Ils modifient notre conscience, enrichissent notre expérience et transforment progressivement les motivations qui guideront nos décisions futures.

 

Peu à peu, nous devenons capables de faire des choix plus en accord avec la personne que nous aspirons à être. Ce processus n'est pas instantané ; il demande du temps. Mais il possède sa propre logique. Nos erreurs ne sont pas seulement des obstacles : elles sont aussi les conditions de notre évolution guidée vers notre visée, ces mêmes conditions nécessaires et propices a la naissance de desirs/motivations de ne plus commettre les erreurs que nous avons effectuées !

Une visée dont nous sommes conscient ... ou que nous decouvront encore petit à petit. Mais qui, quoiqu'il en soit sera notre meilleure version : celle que nulle autre ne pourra égaler ou mieux correspondre. 

 

Je ne pense pas que quiconque fasse exception à cette dynamique.

 

Au fond, le véritable pouvoir du choix n'est peut-être pas de pouvoir décider arbitrairement d'une option plutôt qu'une autre.

 

Il réside plutôt dans la capacité à comprendre, à la lumière de ce qui nous arrive, pourquoi nous en viendrons un jour à choisir une voie plutôt qu'une autre. C'est peut-être là que se trouve notre véritable liberté : dans la comprehension du sens de notre identité ! 

Modifié par Ocean_noir
  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour,

Le 18/06/2026 à 03:00, Ocean_noir a dit :

Ainsi, sauf en cas de contrainte d'autrui, le choix que nous faisons est généralement celui qui est le plus cohérent avec ce que nous sommes à cet instant de notre existence.

 

Cependant, il arrive que nous aspirions à devenir autre chose que ce que nous sommes. Nous souhaitons parfois accomplir un choix qui correspond à un idéal, à une ambition ou à une image de nous-mêmes que nous n'avons pas encore atteinte. Et bien souvent, nous échouons.

 

 

Ils modifient notre conscience, enrichissent notre expérience et transforment progressivement les motivations qui guideront nos décisions futures.

 

Peu à peu, nous devenons capables de faire des choix plus en accord avec la personne que nous aspirons à être. Ce processus n'est pas instantané ; il demande du temps. 

 

 

 

Il réside plutôt dans la capacité à comprendre, à la lumière de ce qui nous arrive, pourquoi nous en viendrons un jour à choisir une voie plutôt qu'une autre. C'est peut-être là que se trouve notre véritable liberté : dans la comprehension du sens de notre identité ! 

par tautologie inversée nous n'avons pas d'autre choix que d'être qui nous sommes ! Par voie de conséquences, nous tendons toujours vers ce qui nous anime le plus fondamentalement possible, i.e. les motivations les plus primaires.

Néanmoins, si nous acceptons l'idée qu'il existe deux grandes classes de motivation, celles dites externes et celles internes, on pourrait croire quand les premières sont plus faibles que l'on " progresse " dans les secondes, mais ce n'est bien souvent que le résultat de circonstances qui favorisent les deuxièmes au détriment des premières. De plus, ce que l'on pense de soi ou des autres à froid, à tête reposée en dehors de l'action, n'a trop rien à voir avec ce que nous ferons à chaud, dans le feu de l'action

Pour s'en faire une idée on pourra avantageusement lire cet article-ci ( téléchargement libre ) :

https://www.researchgate.net/publication/18122197_Is_the_subject's_personality_or_the_experimental_situation_a_better_predictor_of_a_subject's_willingness_to_administer_shock_to_a_victim

" Assuming the relevance of our measures, and considering the verbal comments of our subjects, it seems clear that the situational structure is the all-important variable in predicting behavior, and that persons in fact often act opposite to their predisposition to act when faced with situational pressures. "

 

Nous utilisons plus volontiers notre langage pour argumenter sur des conclusions déjà prises ou qui s'imposent à nous, autrement dit, nous rationalisons pour convaincre autrui et soi-même, de l'histoire que nous avons construite autour des résultats voulus ou non ! Par exemple via :

https://www.researchgate.net/publication/50906835_Why_Do_Humans_Reason_Arguments_for_an_Argumentative_Theory

 

Enfin et non des moindres, une fois que l'on a élaboré une explication, elle devient une croyance difficile à rectifier, même si elle se révèle infondée en grande partie et même totalement, une fois que la théorie naïve a pris vie, elle devient réfractaire à sa réfutation par son possesseur, elle perdure, elle persévère indépendamment des " preuves " ou indices qui lui avaient donnés naissance:

https://www.researchgate.net/publication/232482245_Perseverance_of_social_theories_The_role_of_explanation_in_the_persistence_of_discredited_information

 

https://www.researchgate.net/publication/21969171_Perseverance_in_self-perception_and_social_perception_Biased_attributional_processes_in_the_debriefing_paradigm

 

En revanche, je ne peux pas exclure, à force de réfléchir à ses actes, qu'indirectement, on finisse par intégrer des parts des réponses imaginées, qui deviendront à force peut-être une petite partie de nous, à un niveau inconscient et automatisé, bien que plus vraisemblablement pendant notre développement durant l'enfance et beaucoup moins une fois adulte, stade avec une foultitude de schémas, de valeurs, de croyances, de principes et d'idéologies déjà bien ancrées, intégrées et intériorisées, c'est pourquoi il est somme toute rare qu'un croyant religieux vire sa cuti et réciproquement pour un athée, ou qu'un libéral devienne conservateur, qu'un hétérosexuel " choisisse " l'homosexualité et inversement, cela ne peut moduler ou influer que sur des éléments périphériques, comme les goûts et préférences superficielles ou de second ordre, nombre d'expériences montrent que si la personne n'est pas trop engagée, que ce n'est pas pertinent pour elle - par exemple son identité disons sociale - et qu'elle n'est pas spécialement motivée ou/et que son attention est plutôt lâche, alors on pourra assez facilement influencer sa réaction, son choix et même son comportement, comme dans cette étude où après avoir exposé des participants à des stimulus concernant des personnes âgées, elles se sont par la suite - après l'expérience de couverture - dirigées vers la sortie plus lentement que ceux qui avaient subi un matériel neutre ! 

 

Mais il est vrai que bien souvent, nous sommes plus efficients à juger les autres que soi-même, nous sommes moins biaisés, car non soumis aux différents " biais au service-du-soi " ( self-serving bias ), i.e. qui préserve et flatte l'ego ! Après cela dépend aussi de qui est cet autre, un ami proche, sa moitié, un inconnu, et si il y a une menace egotique potentielle et/ou si cela est pertinent/en lien pour notre estime-de-nous-même...

 

Bonnes lectures éventuelles, :bienvenue:

( Tous les articles - accessibles - proposés ont été lus par mes soins, même si cela fait quelque temps à présent )

Modifié par deja-utilise
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 26ans Posté(e)
Ocean_noir Membre 218 messages
Forumeur survitaminé‚ 26ans‚
Posté(e)
Le 19/06/2026 à 16:26, deja-utilise a dit :

Bonjour,

par tautologie inversée nous n'avons pas d'autre choix que d'être qui nous sommes ! Par voie de conséquences, nous tendons toujours vers ce qui nous anime le plus fondamentalement possible, i.e. les motivations les plus primaires.

Néanmoins, si nous acceptons l'idée qu'il existe deux grandes classes de motivation, celles dites externes et celles internes, on pourrait croire quand les premières sont plus faibles que l'on " progresse " dans les secondes, mais ce n'est bien souvent que le résultat de circonstances qui favorisent les deuxièmes au détriment des premières. De plus, ce que l'on pense de soi ou des autres à froid, à tête reposée en dehors de l'action, n'a trop rien à voir avec ce que nous ferons à chaud, dans le feu de l'action

Pour s'en faire une idée on pourra avantageusement lire cet article-ci ( téléchargement libre ) :

https://www.researchgate.net/publication/18122197_Is_the_subject's_personality_or_the_experimental_situation_a_better_predictor_of_a_subject's_willingness_to_administer_shock_to_a_victim

" Assuming the relevance of our measures, and considering the verbal comments of our subjects, it seems clear that the situational structure is the all-important variable in predicting behavior, and that persons in fact often act opposite to their predisposition to act when faced with situational pressures. "

 

Nous utilisons plus volontiers notre langage pour argumenter sur des conclusions déjà prises ou qui s'imposent à nous, autrement dit, nous rationalisons pour convaincre autrui et soi-même, de l'histoire que nous avons construite autour des résultats voulus ou non ! Par exemple via :

https://www.researchgate.net/publication/50906835_Why_Do_Humans_Reason_Arguments_for_an_Argumentative_Theory

 

Enfin et non des moindres, une fois que l'on a élaboré une explication, elle devient une croyance difficile à rectifier, même si elle se révèle infondée en grande partie et même totalement, une fois que la théorie naïve a pris vie, elle devient réfractaire à sa réfutation par son possesseur, elle perdure, elle persévère indépendamment des " preuves " ou indices qui lui avaient donnés naissance:

https://www.researchgate.net/publication/232482245_Perseverance_of_social_theories_The_role_of_explanation_in_the_persistence_of_discredited_information

 

https://www.researchgate.net/publication/21969171_Perseverance_in_self-perception_and_social_perception_Biased_attributional_processes_in_the_debriefing_paradigm

 

En revanche, je ne peux pas exclure, à force de réfléchir à ses actes, qu'indirectement, on finisse par intégrer des parts des réponses imaginées, qui deviendront à force peut-être une petite partie de nous, à un niveau inconscient et automatisé, bien que plus vraisemblablement pendant notre développement durant l'enfance et beaucoup moins une fois adulte, stade avec une foultitude de schémas, de valeurs, de croyances, de principes et d'idéologies déjà bien ancrées, intégrées et intériorisées, c'est pourquoi il est somme toute rare qu'un croyant religieux vire sa cuti et réciproquement pour un athée, ou qu'un libéral devienne conservateur, qu'un hétérosexuel " choisisse " l'homosexualité et inversement, cela ne peut moduler ou influer que sur des éléments périphériques, comme les goûts et préférences superficielles ou de second ordre, nombre d'expériences montrent que si la personne n'est pas trop engagée, que ce n'est pas pertinent pour elle - par exemple son identité disons sociale - et qu'elle n'est pas spécialement motivée ou/et que son attention est plutôt lâche, alors on pourra assez facilement influencer sa réaction, son choix et même son comportement, comme dans cette étude où après avoir exposé des participants à des stimulus concernant des personnes âgées, elles se sont par la suite - après l'expérience de couverture - dirigées vers la sortie plus lentement que ceux qui avaient subi un matériel neutre ! 

 

Mais il est vrai que bien souvent, nous sommes plus efficients à juger les autres que soi-même, nous sommes moins biaisés, car non soumis aux différents " biais au service-du-soi " ( self-serving bias ), i.e. qui préserve et flatte l'ego ! Après cela dépend aussi de qui est cet autre, un ami proche, sa moitié, un inconnu, et si il y a une menace egotique potentielle et/ou si cela est pertinent/en lien pour notre estime-de-nous-même...

 

Bonnes lectures éventuelles, :bienvenue:

( Tous les articles - accessibles - proposés ont été lus par mes soins, même si cela fait quelque temps à présent )

Je pense que notre désaccord porte moins sur le constat des influences extérieures que sur la manière dont nous les interprétons.

Je ne nie absolument pas que les situations, les contraintes ou les pressions sociales influencent nos comportements. Ce serait aussi absurde que de nier qu'une donnée d'entrée influence le résultat produit par un système.

En revanche, je ne suis pas convaincu que cela démontre que la situation soit le moteur principal de nos décisions.

Pour reprendre une analogie simple, un même ordinateur produira des résultats différents selon les données qu'on lui fournit, selon le temps dont il dispose pour calculer ou selon les ressources mises à sa disposition. Pourtant, personne ne dira que les données d'entrée sont devenues l'algorithme lui-même. Elles influencent le résultat, mais elles n'expliquent pas le fonctionnement interne du système qui traite ces données.

J'ai l'impression qu'il en va de même pour l'être humain.

Les circonstances modifient les conditions dans lesquelles une décision est prise : stress, fatigue, urgence, pression sociale, manque d'informations, peur, etc. Mais elles ne remplacent pas pour autant la structure qui interprète ces éléments. Celle-ci demeure constituée de nos valeurs, de nos sensibilités, de nos motivations, de nos désirs, de nos croyances et de toute l'histoire qui nous a façonnés.

Lorsque deux individus sont placés dans une situation identique et réagissent différemment, la différence ne peut pas être expliquée uniquement par la situation puisque celle-ci est la même pour les deux. Il faut bien qu'intervienne quelque chose de propre à chacun.

Là où je nuancerais également l'interprétation des expériences situationnelles, c'est que celles-ci montrent avant tout que certaines circonstances peuvent fortement perturber ou limiter la capacité d'un individu à mobiliser l'ensemble de ses ressources cognitives et morales. Mais cela ne signifie pas nécessairement que la personnalité cesse d'être le moteur de la décision.

Entre une décision prise dans l'urgence et une décision mûrement réfléchie, je ne vois pas deux mécanismes différents à l'œuvre. Je vois le même mécanisme fonctionnant dans des conditions différentes.

Le feu de l'action ne crée pas une autre personnalité ; il révèle souvent les couches les plus élémentaires de celle qui existe déjà. Il met parfois à nu des aspects de nous-mêmes que nous préférions ignorer.

C'est d'ailleurs pour cette raison que je suis d'accord avec vous lorsque vous évoquez les récits que nous construisons après coup. Nous sommes effectivement capables de nous mentir à nous-mêmes afin de préserver une image flatteuse de notre personne. La blessure narcissique provoquée par la découverte de nos propres limites est souvent difficile à accepter.

Cependant, je pense que les réactions à cette découverte peuvent être très différentes.

Certains accepteront de reconnaître qu'ils ne sont pas la personne qu'ils croyaient être et intégreront cette vérité à leur vision d'eux-mêmes.

D'autres reconnaîtront cet écart mais refuseront d'en faire une fatalité. Ils chercheront à se rapprocher de l'idéal qu'ils pensaient déjà incarner.

D'autres enfin préféreront nier ou rationaliser ce qu'ils ont observé afin de préserver leur image initiale.

Dans les trois cas, ce qui m'intéresse n'est pas tant la situation elle-même que ce qu'elle révèle du centre de gravité autour duquel la personnalité s'organise.

C'est également pour cette raison que je ne dirais pas que le changement est difficile ou facile. Je dirais plutôt qu'il est permanent.

L'être humain est constamment transformé par les expériences qu'il traverse. Chaque événement modifie, même légèrement, sa manière de percevoir le monde, les autres et lui-même.

Ce que je considère comme impossible, ce n'est pas le changement en lui-même. C'est le changement purement volontaire, entendu comme la capacité de décider instantanément de devenir quelqu'un d'autre.

Nous ne choisissons pas librement ce que nous devenons. Même notre volonté de changer est déjà l'expression de ce que nous sommes.

Celui qui cherche à s'améliorer le fait parce que quelque chose en lui valorise cet idéal. Celui qui accepte ses limites le fait parce que quelque chose en lui valorise l'acceptation. Dans les deux cas, le mouvement provient d'une structure préexistante de motivations et de valeurs.

Ainsi, là où vous voyez surtout le poids des situations, je vois surtout la manière dont celles-ci révèlent, mettent à l'épreuve et transforment progressivement l'organisation interne de notre personnalité.

La situation influence le résultat, certes. Mais elle ne me paraît pas constituer le principe organisateur de la décision elle-même.

À mes yeux, elle agit davantage comme un révélateur et un catalyseur que comme le véritable moteur du choix.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour @Ocean_noir,

je vous remercie de votre réponse, qui plus est, plutôt détaillée. Je comprends et apprécie les nuances que vous y mettez, même si vous " penchez " plus de mon côté que de n'importe quel autre, j'ai bien peur que cela repose encore quelque peu trop sur une vision optimiste de notre fonctionnement cognitif, j'en suis navré d'avance, cela ne signifie pas que ce vous exprimez soit nécessairement faux, mais que l'explication qui le sous-tend n'est peut-être pas ce que vous envisagez ou ce à quoi vous avez songé/pensé. 

 

Un premier point que j'aimerais partager avec vous, et j'espère qu'il aura son petit effet, c'est que votre plaidoyer repose sur une appréciation statique des choses, par exemple quand vous écrivez ceci:

" Les circonstances modifient les conditions dans lesquelles une décision est prise : stress, fatigue, urgence, pression sociale, manque d'informations, peur, etc. Mais elles ne remplacent pas pour autant la structure qui interprète ces éléments. Celle-ci demeure constituée de nos valeurs, de nos sensibilités, de nos motivations, de nos désirs, de nos croyances et de toute l'histoire qui nous a façonnés."

Vous ne prenez pas en considération, que cette deuxième partie de l'argumentaire puisse elle aussi reposer sur des considérations sociales mais qui se sont exprimées antérieurement et qui ont été intériorisées/assimilées ! Un situation ou un contexte présent ne se comprend en terme de réaction de l'individu, bien souvent que parce qu'il y a été soumis/confronté par le passé, et sans doute dès sa prime enfance, il y a alors appris implicitement comment se comporter, dit autrement, il aura intériorisé ce que l'on appelle des scripts. C'est pourquoi, les gens se comportent différemment suivant les lieux et les personnes, ainsi que les circonstances, cela ne leur est pas " naturel " ou instinctif, ce n'est bien souvent que la résultante d'un long apprentissage, et majoritairement informel ou implicite, en réalité peu de choses nous sont explicitement enseignées, et la plupart se trouvent pendant notre éducation parentale et sur les chaises de l'école, mais même dans ces conditions orientées principalement dans ce but, il y a aussi beaucoup de mimétisme et de conformisme qui bat son plein. Ce qui veut dire que lorsque vous ou moi sommes dans telle situation, elle reflète aussi tout ce bagage accumulé et qui se déploie inconsciemment. 

Récemment j'avais lu par exemple, que notre positionnement politique était essentiellement en ligne directe de celui de nos parents, et il me semble plus particulièrement avec le père bien que je n'en plus très sûr. Mais ce qu'il faut retenir, en plus que cela ne sort pas de nulle part, et qu'il y a un lien fort de cause à effet, c'est que ironiquement, si on interroge les principaux concernés, ces " enfants " en âge de voter, c'est qu'ils évoquent à peu près tout pour " expliquer " leur camp, sauf justement le seul facteur hautement significatif: l'héritage parental !

Autrement dit, et encore une fois puisque je l'avais déjà indiqué dans mon précédent message, c'est que, ce que les gens croient sur eux-mêmes et la réalité effective ou causale en jeu, sont sans rapport en général, cela ne les empêchent pas de reconnaitre l'existence de ces valeurs par exemples, mais ils n'en connaissent pas la source ou en identifient une mauvaise.

 

Dans le même acabit, il existe une propension humaine à l'erreur fondamentale d'attribution, à savoir, que l'on a tôt fait de donner des traits caractéristiques aux personnes pour expliquer leur comportement, au détriment... des facteurs extérieurs, dont l'environnement immédiat, telle la situation, surtout quand cela concerne les autres, alors que pour soi, cela dépend si c'est mélioratif ou péjoratif, si par exemple c'est un échec on invoquera plus volontiers des circonstances extérieures, si c'est une réussite, on sera bien plus enclin à nous attribuer le résultat, par nos qualités. Bien évidemment, cela n'est possible que si il existe suffisamment d'ambiguïté dans l'évènement, si la personne reçoit une sale note à un examen de maths, ce sera plus difficile de jouer à ce jeu déculpabilisant, grosso-modo, tant que l'on peut noyer le poisson et s'illusionner et donner le change aux autres, bien souvent on cède à la tentation. 

 

 

Ensuite on peut effectivement changer par l'instauration de nouvelles habitudes, quelle qu'en soit la raison, pour faire comme quelqu'un que l'on apprécie, par effet de mode du moment, par idéalisation ou par réflexion poussée, dans un premier temps la nature de la motivation est secondaire. En effet, toute bonne résolution qui n'est pas rendue automatique a toutes les chances de s'estomper plus ou moins rapidement, ces pourquoi la plupart des décisions - si ce n'est toutes - que l'on prend à la nouvelle année n'arrivent pas au printemps ! Pour donc instaurer disons une bonne habitude, il faudra la répéter de nombreuses fois, d'autant plus si il y a une mauvaise habitude en compétition, et qu'elle était importante pour nous, ce qui est déjà loin d'être gagner uniquement avec ce genre de considérations, mais cela va plus loin, et ce, dans le mauvais sens, et je pense que peu de gens le savent, peut-être un pressentiment pour les plus attentifs/lucides d'entre nous, mais notre " volonté " ou la source énergétique de celle-ci est très limitée, en anglais - dans le domaine des sciences cognitives - on lui a donné un nom: ego depletion. Qu'est-ce que ça signifie ? Et bien on aurait pu croire qu'avec suffisamment de caractère ou de motivation, on pourrait venir à bout ou changer quelque chose en nous, toutefois, comme cette réserve motivationnelle est très réduite, elle s'épuise rapidement dans une seule et même journée, à tel point que, par expérience interposée, qu'il a été montré, que si on donnait à des participants une tâche difficile, demandant disons de la concentration et des efforts pour soutenir l'activité, il s'avère que la tâche suivante est bien moins réussi que le groupe contrôle qui lui n'a pas subi cette " déplétion ", ce qui veut dire que les personnes auraient mieux fait la deuxième si ils n'avaient pas endossé la première, c'est ce qui explique par exemple, qu'après une journée de travail, on a tendance à succomber à des tentations pour lesquelles on s'était pourtant dit et même juré qu'on y toucherait pas ! Mais c'est aussi vrai sur une dimension plus problématique sans doute, notre sens moral, nous sommes moins prompts à aider autrui, e.g. si avant/en amont on n'a pourtant fait que réfléchir à un dilemme moral difficile pendant quelques dizaines de minutes, ce qui n'était pas le cas pour ceux n'ayant pas eu à dépenser leur énergie mentale dans " résolution " ou la réflexion intensive au problème éthique, on aidera moins ( et ce jusqu'à pas du tout en plus grand nombre ) que ceux qui n'ont pas eu à cogiter et à épuiser leur réserve " egotique ".  

Bref, on ne vient pas à bout si facilement ou on ne change pas des réactions fortement implantées ou inscrites dans nos réseaux neuronaux, aussi aisément ou facilement que l'on peut le penser, il y a plusieurs obstacles et non des moindre qui nous contrarient sur le chemin, si tant est, que nous avions la motivation d'y tendre, car en effet, le fumeur qui ne veut pas arrêter de fumer à à-peu-de-chose-près zéro chance de mettre fin à sa consommation tabagique, c'est donc un préalable, mais cela n'apporte aucune garantie de résultat pour autant, c'est juste que dans le cas contraire, ça garantit la non-réussite. 

 

 

Enfin, que l'on change, en croyant que c'est de notre initiative, c'est là aussi, sans doute contestable, on peut effectivement finir par évoluer et ce, dans le sens escompté, mais la cause peut fort bien être autre que celle que l'on croit ou que l'on pense avoir identifiée, c'est-à-dire qu'elle ne dépend pas de nous, ou si elle dépend en partie de nous, la part prépondérante pourrait se situer hors de notre contrôle ou maitrise, comme on peut à l'inverse trop rapidement le croire. Il n'est pas impossible et plutôt fortement probable que beaucoup de " sportifs " tel·le·s des coureu·rs·ses actuellement, pensent que c'est un choix de leur part, mais comme l'a expliqué je crois G. Bohler dans un de ses livres, c'est surtout à cause d'un engouement sociétal, un effet à la fois de mode ( merci Décathlon and co. ) mais aussi en lien avec les campagnes incitatives pour notre santé ( manger bien-bouger plus ), en effet, avant l'émergence de ces campagnes publicitaires institutionnelles, la proportion de gens qui courraient étaient très faible, elle a explosé concomitamment. 

 

Un dernier mot sur les motivations, toutes ne conduisent pas, non seulement au résultat souhaité, mais aussi au bon jugement ou la bonne interprétation, seule la motivation de justesse dans le deuxième cas peut fortement aider à trier le bon grain de l'ivraie, une motivation utilitariste ou/et d'autocomplaisance ( self-serving bias ) conduiraient plutôt à se fourvoyer sur soi, certainement aussi la plus fréquente ou la plus imposante dans la vie psychique du commun des mortels. 

 

D'une manière générale, les personnes qui cherchent à changer - de point de vue, d'idée ou de comportement - pour quelque raison que ce soit, ne pensent pas vraiment profondément ni au pourquoi, ni les raisons de leur engagement, ni si ce sont bien les bonnes explications, en effet la plupart du temps, l'individu se contente de la première explication qui lui vient à l'esprit, ensuite par un biais de confirmation en lien avec la sélection des informations enregistrées, au biais de disponibilité et de saillance ou encore de représentativité mnésiques, on aura là encore facilement entériné l'affaire, alors que a contrario et cela a été multiplement montré ( tant sur le plan individuel que groupal ), il faudrait envisager des explications alternatives puis les prendre au sérieux pour en juger de la pertinence et son adéquation, c'est très rarement fait.          

 

 

Est-il vraiment impossible de changer pour autre chose que des contingences ou selon des explications falsifiées ? Sans doute pas, mais au même titre qu'il est très difficile d'accéder à la Vérité, il sera également difficile d'être le véritable promoteur efficient de son propre changement, bien que l'instauration de bonnes habitudes si on y parvient est déjà un bon pas dans la bonne direction, ironiquement, cela demande d'automatiser notre comportement pour asseoir notre " liberté " d'action !

 

Il y aurait certainement encore beaucoup à dire, mais je pense que c'était déjà assez dense comme ça, je n'ai néanmoins pas la prétention d'avoir levé toutes les remarques que vous m'avez adressées, c'était plutôt l'émission d'un bémol sur le reliquat d'optimisme que j'ai senti lors de ma lecture de votre réponse. Comme je l'ai soutenu sur un autre fil de discussions sur ce forum et cette même sous-rubrique dernièrement, je pense que notre liberté réside bien plutôt dans le " refus ", entendu en ce sens que, de refuser ce qui s'impose à moi aussi bien du dehors que du dedans, il n'y a qu'en prenant la direction opposée à tout ce qui me pousse vers cette voie, que l'on pourrait soutenir que l'on  fait réellement un choix, pas vraiment quand on succombe, embrasse, suit ou accepte ce qui nous pousse à agir, ce que l'on appelle " vouloir " basé sur des besoins, des envies ou des désirs, en effet suivre notre volonté ce n'est que répondre à celle-ci, elle même le fruit de processus volitionnels primaires, la volonté n'est que le regroupement ou la concentration globale des tendances souterraines, qui peuvent être en conflit ceci dit. 

 

 

P.S.1: L'allégorie avec l'ordinateur n'est pas soutenable, parce que l'informatique n'éprouve aucune motivation d'aucune sorte, elle n'a pas non plus une once d'émotion, or, ce sont surtout ces dernières, comme le signale leur étymologie, qui nous enjoignent à passer à l'action. De plus, si un PC est programmable, il n'est pas " auto-programmable ", ce qui est pourtant notre cas, du moins à travers les autres " soi " que sont nos congénères, un ordinateur n'est pas reprogrammer par un autre, mais par un humain, ce qui déplace le problème en dehors de celui-ci in fine, et le replace entre nos deux oreilles...   

P.S.2: Il y a un consensus assez grand, sur l'idée que notre fonctionnement cérébral serait dual, grossièrement, on aurait une composante intuitive ( pas forcément la plus rapide ) et une autre rationnelle ( pas forcément la plus optimale ), là aussi, ces deux instances psychiques peuvent rentrer en contradiction ou conflit, suivant les modèles leur action est pensée séquentiellement ou parallèlement, ce ne sont que des principes généraux, il y a moult détails que j'oblitère. On a donc au moins deux processus cognitifs, à cela s'adjoint une dimension affective qui peut peser très lourd dans l'appréciation et/ou la décision. 

 

:bienvenue:

Modifié par deja-utilise
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 220 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a 42 minutes, deja-utilise a dit :

..., il sera également difficile d'être le véritable promoteur efficient de son propre changement, ...

Quelques passages, réitérés, aux urgences psychiatriques est une puissante (entre autres) motivation,  :sleep: .

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Capitaine Jack, 61ans Posté(e)
Captaine-Jack Membre 6 037 messages
Maitre des forums‚ 61ans‚ Capitaine Jack,
Posté(e)
Le 07/06/2026 à 14:04, MidnightArcher a dit :

Ces derniers temps, je réfléchis beaucoup au rôle que jouent nos choix dans nos vies. Chaque jour, nous prenons des décisions, petites ou grandes, et il est intéressant de constater à quel point certaines d’entre elles finissent par avoir un impact bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer.

Parfois, nous passons beaucoup de temps à nous inquiéter de faire le « bon » choix, surtout lorsque l’avenir est incertain. D’autres fois, nous prenons une décision rapidement et ne réalisons que plus tard à quel point elle a changé le cours de notre vie. Qu’il s’agisse de choisir une carrière, de mettre fin à une relation ou d’en commencer une nouvelle, de déménager dans un nouvel endroit ou simplement de saisir une opportunité, nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons.

Je serais curieuse de connaître les expériences des autres. Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ? Pensez-vous qu’il existe toujours un bon choix, ou croyez-vous plutôt que nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter ? Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

J’ai hâte de lire vos réflexions et de découvrir les choix qui ont marqué votre parcours.

Je me suis aperçu que le choix de la liberté implique plus ou moins forcément d'avoir des revenus confortables. Et de nos jours c'est de plus en plus compliqué pour beaucoup de monde. Mais je ne désespère pas, je vais la retrouver cette liberté, pour 15 ans !

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 26ans Posté(e)
Ocean_noir Membre 218 messages
Forumeur survitaminé‚ 26ans‚
Posté(e)
Le 22/06/2026 à 17:02, deja-utilise a dit :

Bonjour @Ocean_noir,

je vous remercie de votre réponse, qui plus est, plutôt détaillée. Je comprends et apprécie les nuances que vous y mettez, même si vous " penchez " plus de mon côté que de n'importe quel autre, j'ai bien peur que cela repose encore quelque peu trop sur une vision optimiste de notre fonctionnement cognitif, j'en suis navré d'avance, cela ne signifie pas que ce vous exprimez soit nécessairement faux, mais que l'explication qui le sous-tend n'est peut-être pas ce que vous envisagez ou ce à quoi vous avez songé/pensé. 

 

Un premier point que j'aimerais partager avec vous, et j'espère qu'il aura son petit effet, c'est que votre plaidoyer repose sur une appréciation statique des choses, par exemple quand vous écrivez ceci:

" Les circonstances modifient les conditions dans lesquelles une décision est prise : stress, fatigue, urgence, pression sociale, manque d'informations, peur, etc. Mais elles ne remplacent pas pour autant la structure qui interprète ces éléments. Celle-ci demeure constituée de nos valeurs, de nos sensibilités, de nos motivations, de nos désirs, de nos croyances et de toute l'histoire qui nous a façonnés."

Vous ne prenez pas en considération, que cette deuxième partie de l'argumentaire puisse elle aussi reposer sur des considérations sociales mais qui se sont exprimées antérieurement et qui ont été intériorisées/assimilées ! Un situation ou un contexte présent ne se comprend en terme de réaction de l'individu, bien souvent que parce qu'il y a été soumis/confronté par le passé, et sans doute dès sa prime enfance, il y a alors appris implicitement comment se comporter, dit autrement, il aura intériorisé ce que l'on appelle des scripts. C'est pourquoi, les gens se comportent différemment suivant les lieux et les personnes, ainsi que les circonstances, cela ne leur est pas " naturel " ou instinctif, ce n'est bien souvent que la résultante d'un long apprentissage, et majoritairement informel ou implicite, en réalité peu de choses nous sont explicitement enseignées, et la plupart se trouvent pendant notre éducation parentale et sur les chaises de l'école, mais même dans ces conditions orientées principalement dans ce but, il y a aussi beaucoup de mimétisme et de conformisme qui bat son plein. Ce qui veut dire que lorsque vous ou moi sommes dans telle situation, elle reflète aussi tout ce bagage accumulé et qui se déploie inconsciemment. 

Récemment j'avais lu par exemple, que notre positionnement politique était essentiellement en ligne directe de celui de nos parents, et il me semble plus particulièrement avec le père bien que je n'en plus très sûr. Mais ce qu'il faut retenir, en plus que cela ne sort pas de nulle part, et qu'il y a un lien fort de cause à effet, c'est que ironiquement, si on interroge les principaux concernés, ces " enfants " en âge de voter, c'est qu'ils évoquent à peu près tout pour " expliquer " leur camp, sauf justement le seul facteur hautement significatif: l'héritage parental !

Autrement dit, et encore une fois puisque je l'avais déjà indiqué dans mon précédent message, c'est que, ce que les gens croient sur eux-mêmes et la réalité effective ou causale en jeu, sont sans rapport en général, cela ne les empêchent pas de reconnaitre l'existence de ces valeurs par exemples, mais ils n'en connaissent pas la source ou en identifient une mauvaise.

 

Dans le même acabit, il existe une propension humaine à l'erreur fondamentale d'attribution, à savoir, que l'on a tôt fait de donner des traits caractéristiques aux personnes pour expliquer leur comportement, au détriment... des facteurs extérieurs, dont l'environnement immédiat, telle la situation, surtout quand cela concerne les autres, alors que pour soi, cela dépend si c'est mélioratif ou péjoratif, si par exemple c'est un échec on invoquera plus volontiers des circonstances extérieures, si c'est une réussite, on sera bien plus enclin à nous attribuer le résultat, par nos qualités. Bien évidemment, cela n'est possible que si il existe suffisamment d'ambiguïté dans l'évènement, si la personne reçoit une sale note à un examen de maths, ce sera plus difficile de jouer à ce jeu déculpabilisant, grosso-modo, tant que l'on peut noyer le poisson et s'illusionner et donner le change aux autres, bien souvent on cède à la tentation. 

 

 

Ensuite on peut effectivement changer par l'instauration de nouvelles habitudes, quelle qu'en soit la raison, pour faire comme quelqu'un que l'on apprécie, par effet de mode du moment, par idéalisation ou par réflexion poussée, dans un premier temps la nature de la motivation est secondaire. En effet, toute bonne résolution qui n'est pas rendue automatique a toutes les chances de s'estomper plus ou moins rapidement, ces pourquoi la plupart des décisions - si ce n'est toutes - que l'on prend à la nouvelle année n'arrivent pas au printemps ! Pour donc instaurer disons une bonne habitude, il faudra la répéter de nombreuses fois, d'autant plus si il y a une mauvaise habitude en compétition, et qu'elle était importante pour nous, ce qui est déjà loin d'être gagner uniquement avec ce genre de considérations, mais cela va plus loin, et ce, dans le mauvais sens, et je pense que peu de gens le savent, peut-être un pressentiment pour les plus attentifs/lucides d'entre nous, mais notre " volonté " ou la source énergétique de celle-ci est très limitée, en anglais - dans le domaine des sciences cognitives - on lui a donné un nom: ego depletion. Qu'est-ce que ça signifie ? Et bien on aurait pu croire qu'avec suffisamment de caractère ou de motivation, on pourrait venir à bout ou changer quelque chose en nous, toutefois, comme cette réserve motivationnelle est très réduite, elle s'épuise rapidement dans une seule et même journée, à tel point que, par expérience interposée, qu'il a été montré, que si on donnait à des participants une tâche difficile, demandant disons de la concentration et des efforts pour soutenir l'activité, il s'avère que la tâche suivante est bien moins réussi que le groupe contrôle qui lui n'a pas subi cette " déplétion ", ce qui veut dire que les personnes auraient mieux fait la deuxième si ils n'avaient pas endossé la première, c'est ce qui explique par exemple, qu'après une journée de travail, on a tendance à succomber à des tentations pour lesquelles on s'était pourtant dit et même juré qu'on y toucherait pas ! Mais c'est aussi vrai sur une dimension plus problématique sans doute, notre sens moral, nous sommes moins prompts à aider autrui, e.g. si avant/en amont on n'a pourtant fait que réfléchir à un dilemme moral difficile pendant quelques dizaines de minutes, ce qui n'était pas le cas pour ceux n'ayant pas eu à dépenser leur énergie mentale dans " résolution " ou la réflexion intensive au problème éthique, on aidera moins ( et ce jusqu'à pas du tout en plus grand nombre ) que ceux qui n'ont pas eu à cogiter et à épuiser leur réserve " egotique ".  

Bref, on ne vient pas à bout si facilement ou on ne change pas des réactions fortement implantées ou inscrites dans nos réseaux neuronaux, aussi aisément ou facilement que l'on peut le penser, il y a plusieurs obstacles et non des moindre qui nous contrarient sur le chemin, si tant est, que nous avions la motivation d'y tendre, car en effet, le fumeur qui ne veut pas arrêter de fumer à à-peu-de-chose-près zéro chance de mettre fin à sa consommation tabagique, c'est donc un préalable, mais cela n'apporte aucune garantie de résultat pour autant, c'est juste que dans le cas contraire, ça garantit la non-réussite. 

 

 

Enfin, que l'on change, en croyant que c'est de notre initiative, c'est là aussi, sans doute contestable, on peut effectivement finir par évoluer et ce, dans le sens escompté, mais la cause peut fort bien être autre que celle que l'on croit ou que l'on pense avoir identifiée, c'est-à-dire qu'elle ne dépend pas de nous, ou si elle dépend en partie de nous, la part prépondérante pourrait se situer hors de notre contrôle ou maitrise, comme on peut à l'inverse trop rapidement le croire. Il n'est pas impossible et plutôt fortement probable que beaucoup de " sportifs " tel·le·s des coureu·rs·ses actuellement, pensent que c'est un choix de leur part, mais comme l'a expliqué je crois G. Bohler dans un de ses livres, c'est surtout à cause d'un engouement sociétal, un effet à la fois de mode ( merci Décathlon and co. ) mais aussi en lien avec les campagnes incitatives pour notre santé ( manger bien-bouger plus ), en effet, avant l'émergence de ces campagnes publicitaires institutionnelles, la proportion de gens qui courraient étaient très faible, elle a explosé concomitamment. 

 

Un dernier mot sur les motivations, toutes ne conduisent pas, non seulement au résultat souhaité, mais aussi au bon jugement ou la bonne interprétation, seule la motivation de justesse dans le deuxième cas peut fortement aider à trier le bon grain de l'ivraie, une motivation utilitariste ou/et d'autocomplaisance ( self-serving bias ) conduiraient plutôt à se fourvoyer sur soi, certainement aussi la plus fréquente ou la plus imposante dans la vie psychique du commun des mortels. 

 

D'une manière générale, les personnes qui cherchent à changer - de point de vue, d'idée ou de comportement - pour quelque raison que ce soit, ne pensent pas vraiment profondément ni au pourquoi, ni les raisons de leur engagement, ni si ce sont bien les bonnes explications, en effet la plupart du temps, l'individu se contente de la première explication qui lui vient à l'esprit, ensuite par un biais de confirmation en lien avec la sélection des informations enregistrées, au biais de disponibilité et de saillance ou encore de représentativité mnésiques, on aura là encore facilement entériné l'affaire, alors que a contrario et cela a été multiplement montré ( tant sur le plan individuel que groupal ), il faudrait envisager des explications alternatives puis les prendre au sérieux pour en juger de la pertinence et son adéquation, c'est très rarement fait.          

 

 

Est-il vraiment impossible de changer pour autre chose que des contingences ou selon des explications falsifiées ? Sans doute pas, mais au même titre qu'il est très difficile d'accéder à la Vérité, il sera également difficile d'être le véritable promoteur efficient de son propre changement, bien que l'instauration de bonnes habitudes si on y parvient est déjà un bon pas dans la bonne direction, ironiquement, cela demande d'automatiser notre comportement pour asseoir notre " liberté " d'action !

 

Il y aurait certainement encore beaucoup à dire, mais je pense que c'était déjà assez dense comme ça, je n'ai néanmoins pas la prétention d'avoir levé toutes les remarques que vous m'avez adressées, c'était plutôt l'émission d'un bémol sur le reliquat d'optimisme que j'ai senti lors de ma lecture de votre réponse. Comme je l'ai soutenu sur un autre fil de discussions sur ce forum et cette même sous-rubrique dernièrement, je pense que notre liberté réside bien plutôt dans le " refus ", entendu en ce sens que, de refuser ce qui s'impose à moi aussi bien du dehors que du dedans, il n'y a qu'en prenant la direction opposée à tout ce qui me pousse vers cette voie, que l'on pourrait soutenir que l'on  fait réellement un choix, pas vraiment quand on succombe, embrasse, suit ou accepte ce qui nous pousse à agir, ce que l'on appelle " vouloir " basé sur des besoins, des envies ou des désirs, en effet suivre notre volonté ce n'est que répondre à celle-ci, elle même le fruit de processus volitionnels primaires, la volonté n'est que le regroupement ou la concentration globale des tendances souterraines, qui peuvent être en conflit ceci dit. 

 

 

P.S.1: L'allégorie avec l'ordinateur n'est pas soutenable, parce que l'informatique n'éprouve aucune motivation d'aucune sorte, elle n'a pas non plus une once d'émotion, or, ce sont surtout ces dernières, comme le signale leur étymologie, qui nous enjoignent à passer à l'action. De plus, si un PC est programmable, il n'est pas " auto-programmable ", ce qui est pourtant notre cas, du moins à travers les autres " soi " que sont nos congénères, un ordinateur n'est pas reprogrammer par un autre, mais par un humain, ce qui déplace le problème en dehors de celui-ci in fine, et le replace entre nos deux oreilles...   

P.S.2: Il y a un consensus assez grand, sur l'idée que notre fonctionnement cérébral serait dual, grossièrement, on aurait une composante intuitive ( pas forcément la plus rapide ) et une autre rationnelle ( pas forcément la plus optimale ), là aussi, ces deux instances psychiques peuvent rentrer en contradiction ou conflit, suivant les modèles leur action est pensée séquentiellement ou parallèlement, ce ne sont que des principes généraux, il y a moult détails que j'oblitère. On a donc au moins deux processus cognitifs, à cela s'adjoint une dimension affective qui peut peser très lourd dans l'appréciation et/ou la décision. 

 

:bienvenue:

Je crois qu’il y a un point sur lequel nous sommes finalement plus proches que ce que je pensais.

 

Je n’ai jamais nié que notre identité soit en grande partie la somme de ce que nous avons vécu. Au contraire, je considère justement que notre personnalité est constituée par l’ensemble de nos expériences, de nos conditionnements, de nos désirs, de nos motivations, de nos blessures, de nos valeurs, mais aussi de notre base biologique et génétique initiale.

 

Donc oui, nous sommes bien le produit de ce qui nous a influencés.

 

Là où je nuance, c’est que, dans une situation donnée, ce n’est pas la situation seule qui décide directement à notre place. La situation fournit les données d’entrée, mais c’est notre identité, c’est-à-dire toute cette somme intériorisée d’expériences et de dispositions, qui les interprète, les hiérarchise et les transforme en décision.

 

Autrement dit, nous ne sommes pas seulement traversés par des situations : nous les traitons à travers ce que nous sommes déjà devenus.

 

De ce point de vue, ce que vous appelez l’influence des situations passées ne contredit pas mon propos. Cela le précise. Si notre personnalité est le produit d’expériences antérieures, alors elle est justement cette accumulation devenue nôtre, devenue mémoire, réflexe, caractère, sensibilité et manière d’être.

 

C’est là qu’il me paraît important de distinguer la situation extérieure et son intériorisation. Une expérience vient du dehors, certes. Mais une fois vécue, assimilée, mémorisée, elle devient partie intégrante de l’individu. Elle n’est plus simplement “la situation” : elle devient une composante de son unité psychique.

 

Il faut aussi éviter, selon moi, de réduire entièrement l’individu au social ou au situationnel. Nous partons tous avec une base biologique, génétique et tempéramentale initiale, héritée de notre ascendance. Cette base n’est ni sociale, ni situationnelle. Elle influe pourtant sur la manière dont nous recevons, interprétons et intégrons les expériences.

 

Concernant le changement, je suis d’accord pour dire qu’il passe souvent par l’habitude. Mais encore faut-il qu’une motivation pousse l’individu à instaurer cette habitude. Il faut une carotte ou un bâton, une tension, une souffrance, un désir, une récompense attendue, une peur ou un idéal. Autrement dit, même l’automatisation d’une habitude suppose une motivation préalable.

 

Et cette motivation peut, encore une fois, être externe dans son origine, mais elle n’agit qu’à partir du moment où elle est intériorisée par le sujet.

 

Sur les motivations cachées ou refoulées, je suis également d’accord : nous connaissons souvent mal les véritables raisons de nos choix. Mais le fait qu’elles soient inconscientes ou mal identifiées ne signifie pas qu’elles ne jouent aucun rôle. Au contraire, cela renforce l’idée qu’elles sont bien des causes profondes de nos décisions.

 

Ce n’est pas parce que je me trompe sur la cause de mon choix qu’il n’y a pas de cause interne à mon choix. Cela signifie simplement que je ne la connais pas clairement.

 

Enfin, je suis plus réservé sur l’idée que la liberté résiderait dans le refus. Car refuser un désir, une pression ou une impulsion, c’est encore obéir à une autre motivation plus forte : un idéal, une valeur, une peur des conséquences, une volonté de cohérence, une image de soi, etc.

 

Le refus n’est donc pas extérieur au jeu des motivations. Il en fait pleinement partie.

 

Même dire “non” suppose qu’un autre principe intérieur ait pris le dessus sur ce qui nous poussait à dire “oui”.

 

Quant à l’analogie avec l’ordinateur, elle n’avait pas pour but d’établir une correspondance exacte entre l’humain et la machine. Elle servait simplement à distinguer les données d’entrée du système qui les traite.

 

Une analogie ne vaut pas par identité parfaite, mais par abstraction fonctionnelle.

 

Les émotions, les motivations et les désirs humains n’ont évidemment pas d’équivalent exact dans un ordinateur classique. Mais on peut malgré tout établir une équivalence abstraite : les motivations jouent un rôle analogue aux objectifs d’un programme, les émotions à des signaux internes de pondération, et l’apprentissage à une modification progressive du modèle à partir des erreurs ou des expériences.

 

Si l’ordinateur classique paraît trop limité, on peut prendre l’exemple d’une IA en apprentissage profond : elle reçoit des données, ajuste ses paramètres, corrige progressivement son modèle et modifie ses réponses futures en fonction de l’expérience accumulée.

 

Là encore, il ne s’agit pas de dire que l’humain est une machine. Il s’agit seulement de montrer qu’une entrée extérieure ne suffit jamais à expliquer une sortie sans prendre en compte la structure qui la traite.

 

C’est donc peut-être ici que se trouve notre point de divergence : vous insistez sur l’origine externe d’une grande partie de nos déterminations ; j’insiste sur leur intériorisation progressive, c’est-à-dire sur le moment où ce qui venait du dehors devient partie intégrante de l’individu.

 

La situation influence. Mais l’identité arbitre.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour @Ocean_noir,

ce que vous dites " match " assez bien avec ce que j'ai dit, et même très bien, je pense que ce ne sont que nos formulations et leur limite exhaustive au moment de les formuler, qui nous en a donné l'impression d'un désaccord, plus de degré que de nature. En effet, je ne soutiens pas que seule la situation ou le contexte prime, c'est contexte-dépendant, il y a des situations où les traits de personnalités s'exprimeront plus volontiers ou facilement, mais d'autres où ce sera l'inverse, le cas le plus fréquent ou prépondérant ceci dit, ces mêmes traits distinctifs laisseront le pas aux facteurs extérieurs. 

Ce dualisme n'est pas nouveau, puisque il est largement reconnu que nous avons deux identités, l'une individuelle ou personnelle et l'autre sociale, cette dernière peut donc exercer une pression plus ou moins grande, et selon les enjeux ou l'importance pour les acteurs. Néanmoins, à part les fois où nous sommes complètement seuls, nous subissons des contraintes de la part du monde social une fois cet isolement rompu, des attentes de sa part, et cela commence par un simple regard, c'est-à-dire qu'à partir du moment que je me rends compte que je suis observé, mon comportement est déjà sous influence extérieure, si en plus, je pense être jugé, ce poids augmente fortement, de même, si des actions risquent ou peuvent potentiellement être intentées envers/contre moi, l'importance vis-à-vis d'autrui atteint des sommets et ce, avant même une quelconque interaction opératoire. Il y a donc toute une gradation, je suis d'accord, simplement bien souvent on minimise et même sous-estime grandement son impact, à tel point, que l'on peut invoquer toutes sortes de raisons à nos choix ou actions, généralement envisagées internes, alors qu'en réalité la seule force motrice et réellement causale, se trouve en dehors de nous, alors que nos propres attributs ne représentent que des fluctuations statistiques sur le résultat.  

Il y a quelques années j'ai pris connaissance de 2 études de terrain sur justement les choix et leurs motivations associées de la part des participants, l'une concernant les économies d'énergie électrique, et l'autre sur la quantité de déchets domestiques des propriétaires dans un quartier résidentiel, expériences en situation écologique réelle et " naturelle " faite par 2 équipes de recherche indépendantes, sans concertation et à des moments différents. 

Moyennant des astuces pour manipuler la variable dépendante - de comparaison sociale, via la fourniture ou non d'information - par plusieurs voies différentes - liée au comportement des autres résidents, tout en prenant soin de relever objectivement les chiffres réels, soit de consommation effective, soit de quantité prélevée d'ordures ménagères, et non pas subjectivement par les concernés, ainsi que le remplissage avant et après l'opération d'une liste de raisons qui pousseraient les personnes à faire des réductions soit de consommation soit d'émission de l'un ou de l'autre, ce qui est alors remarquable après analyse des résultats de ses 2 études distinctes, c'est que les sondés ont invoqué toutes sortes de raisons vraisemblables et plausibles, de bon sens dirons nous, pour expliquer leur éventuelle évolution de conso ou de rejet, et que dans les deux cas, point crucial, aucun des participants n'avait coché la case " pour faire comme les autres " ( ou quelque chose dans cette idée là ) à aucun moment, zéro, nada, que dalle ! Alors que des raisons motivationnelles telles que c'est une question de responsabilité, d'écologie, pour faire des économies financières ( je crois que la taxe poubelle dépendait du poids collecté ) ou autres étaient placées en tête et majoritairement, il en avait d'autres mais à chaque fois, cela laissait entendre que c'était un choix personnel ou une décision réfléchie, pesée et même rationnelle. Il s'est avéré finalement que le seul et unique facteur significativement corrélé avec les changements de comportement, n'était autre que " faire comme les voisins " via la fourniture des comportements chiffrés statistiques des autres résidents, et réciproquement, et encore tout cela était rendu anonyme, on n'ose pas imaginer si cela avait été nominatif ! Autrement dit, les personnes n'avaient ainsi absolument aucun accès ou aucune idée, même éloignée ou mal proportionnée, de ce qui les motivait réellement et effectivement. 

 

Et comme l'a exprimé Claude TOUZET dans " Les réseaux de neurones artificiels ": " Nous ne sommes que la cristallisation de nos souvenirs ", point sur lequel nous sommes parfaitement raccord, vous et moi, n'est-il pas !? 

 

Pour ce qui concerne l'I.A., là également, je vous rejoins, enfin il me semble bien, dernièrement, peut-être l'an passé de mémoire, j'ai pris connaissance qu'une I.A. d'agent conversationnel ( type ChatGpt ou Gemini ou Siri ), que l'on faisait passer pour un enfant anglophone de 7 ans, et dont la communication se faisait par écrans interposés avec les juges, avait réussi le test de Turing, dans le sens où plus de 50% des juges ont estimé qu'il s'agissait d'un véritable humain à l'autre bout des fils électriques !

En revanche, et c'est la prochaine étape de ces machines par deep-learning, sera de les coupler avec des I.A. de calculs formels, comme l'a expliqué dans la revue Pour la Science J.P. Delahaye, qui engendrera une I.A. générale et non pas spécifique à l'une ou l'autre des fonctions.

Il y a quelques années à présent, l'assistant mathématique Coq ( je crois ) avait trouvé/découvert un résultat mathématique inconnu. Des I.A. génératives peuvent facilement aujourd'hui créer des choses qui n'existent pas tel quel, par simples instructions verbales. On sait aussi que des programmes dédiés au diagnostic médical s'en sortent mieux que n'importe quel expert et même réunion de ceux-ci. Chacun sait que des I.A. peuvent battre aux échecs et au jeu de Go n'importe quel champion du monde humain.   

Bref, tout ce qui fait encore l'orgueil/suprématie de l'humain, le dernier bastion qu'est son " intelligence ", sera bien bientôt un lointain souvenir, tout comme l'Homme a été à tour de rôle chassé du centre de l'Univers avec Copernic, puis du vivant avec Darwin et Mendel, maitre de sa psyché avec Freud et Jung, puis de sa Rationalité avec les Sciences Cognitives, il le sera sur la créativité et tous les derniers remparts " gaulois " résiduels avec les I.A. générales de prochaine génération et donc de son supposé libre-arbitre, puisqu'il n'y aura plus aucune différence entre une telle machine parfaitement déterminée et n'importe quel esprit humain. Bien sûr, on pourra aussi leur implanter des émotions ou l'équivalent et leur donner un corps à d'autres étapes pour accroitre leur " liberté ", ce n'est qu'une question de temps me semble-t-il. 

 

Ironie de " l'histoire " - évolutive, nous sommes affublés d'une conscience qui nous permet de constater/contempler à quel point nous sommes de simples automates biologiques programmables, ce qui ne change pourtant strictement rien à la situation...

 

:bienvenue:

Modifié par deja-utilise
  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 26ans Posté(e)
Ocean_noir Membre 218 messages
Forumeur survitaminé‚ 26ans‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, deja-utilise a dit :

Ironie de " l'histoire " - évolutive, nous sommes affublés d'une conscience qui nous permet de constater/contempler à quel point nous sommes de simples automates biologiques programmables, ce qui ne change pourtant strictement rien à la situation...

 

Rien à ajouter sur votre message très complet. 

Hormis cette partie, que je trouve on ne peut plus intéressante, et que je ne formulerais que par une simple question. 

Spinoza nous dirait que qu'un être humain "libre" etre un humain qui n'a pas la capacité de choisir, mais de comprendre ses choix (ses tenants et ses aboutissants). 

Mais dès lors que nous comprenons nos choix et faisons preuve de recul sur notre pensée, notre lucidité nous pousse a perfectionner les decisions prises ; soit en evoluant dans une cohérence toujours plus parfaite, soit dans une remise en question totale.

Et parfois elle en vient a faire evoluer le fonctionnement de notre conscience. 

Partant depuis l'aube de la naissance de son espèce par des instinct primaires, jusqu’à notre époque actuelle ou aujourd'hui nos reflexions sont au niveau de l'existentialisme, l'esprit humain témoigne d'un développement évolutif du fonctionnement de sa pensée qui poussent à echapper aux règles et au conditions du fonctionnement précédent. 

D'où ma question

"Comprendre, est ce obtenir les leviers nécessaires pour échapper à sa condition ?"

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour Ocean-noir,

Il y a 19 heures, Ocean_noir a dit :

"Comprendre, est ce obtenir les leviers nécessaires pour échapper à sa condition ?"

une réponse rapide et sans développement, serait: oui, elle est nécessaire, mais toutefois pas forcément suffisante.

Cependant la notion de " condition ", est bien souvent comprise en opposition avec notre partie animale, sauvage ou " naturelle ", or chez l'humain qui est à la fois une créature de nature mais aussi de culture, on pourrait facilement tomber dans un piège, de contraste ( culture versus nature ou acquis vs inné ), alors que la culture ou l'éducation, donc une forme de force, toute aussi puissante que les instincts qui nous poussent dans une direction privilégiée que l'on subit, qu'on en ait conscience ou non, il n'y a au final pas grandes différences de nature ou qualitative entre les premières et les secondes, qu'elles soient innées ou acquises ne changent finalement pas grand chose. D'un point de vue plus informatique par analogie, que ce soit le BIOS ou des programmes plus évolués qui s'appuient dessus, cela ne change pas que le système est contraint d'agir d'une façon et non d'une autre. Qu'importe la complexité ou le raffinement des sous-programmes que l'on y adjoindra au fur et à mesure, ça ne fait que complexifier la problématique mais ça n'en change pas son " essence ". 

La culture - au sens large/générique - disons produirait des motivations secondaires, qui ne peuvent pourtant ne reposer in fine que sur des motivations primaires. 

 

la conscience est un perfectionnement évolutif, qui permet une plus grande précision et/ou un plus grand raffinement dans les réponses ou une meilleure réponse dans le sens de mieux adapté/optimal en prenant compte de paramètres plus fins et/ou en plus grand nombre. Le calcul est plus compliqué, néanmoins, c'est le feedback que nous avons ou percevons ou interprétons qui nous permet de nous ajuster et accessoirement d'apprendre, que cette réalité soit physique et donc " obligatoire " ou sociale et donc qualitativement arbitraire. 

La compréhension, telle que chacun peut l'entendre, repose sur un travail dans la conscience, c'est donc à nouveau, un pas supplémentaire des processus généraux conscients. Néanmoins, la compréhension est surtout affaire d'interprétation, elle-même reposant sur des théories ou modèles, qui pour la majorité sont dits naïfs ( e.g. réalisme naïf ), y compris quand c'est consensuel, parallèlement, nous avons aussi pour bonne part intégré des modèles ou des explications apprises grâce aux autres, et ce, depuis notre plus tendre enfance, elles sont alors implicites la plupart du temps, nous jugeons en nous appuyant dessus sans nous en rendre compte - nous en usons simplement, mais ce n'est que grâce à eux que nous pouvons rendre intelligible le monde qui nous entoure, sans cela, nous ne serions essentiellement que dans la réaction instinctive ou conditionnée, on le voit mieux certainement en se tournant un instant vers le langage, qui est justement un intermédiaire dans notre pensée pour le plus grand nombre d'entre nous, il nous est difficile voire impossible de penser sans verbalisation, " la petite voix " intérieure, et bien, nos connaissances et les théories et autres modèles jouent le même type de rôle que nos mots: la pensée s'appuie sur des concepts pour s'accomplir là où le langage s'appuie quant à lui sur des mots pour faire son office, en somme. Dans les deux cas, il y alors une distinction importante à prendre en considération, puisque d'un côté il y a le signifié ( l'objet réel ) et de l'autre le signifiant ( ce qui le représente mentalement ), il peut il y a avoir une certaine adéquation entre l'un et l'autre, dans un sens utilitariste, c'est-à-dire pour pouvoir agir sur le monde, selon des buts et objectifs qui sont les nôtres, et donc une certaine réussite. Les différents médiateurs sus-mentionnés qui nous permettent d'agir ou d'interagir avec ou sur notre milieu, peuvent malgré tout être trompeurs, bien que montrant une certaine efficacité relative, des fois mais pas systématiquement ! Historiquement, on l'a vu avec le géocentrisme, modèle interprétatif des phénomènes astrologiques, bien que erroné, n'en a pas moins permis de rendre compte des observations, avant que l'héliocentrisme, " juste ", le supplante et permette de mieux rendre compte de la Réalité et d'observations qui résistaient à la compréhension via le géocentrisme. 

Dans la même veine, médicalement on a jadis expliqué la santé - ses désordres - via les 4 humeurs, donnant l'illusion de contrôle sur les évènements, tout comme la saignée, en effet, de temps à autres, qu'importe ce que l'on fasse, il arrive que le résultat escompté se présente, on aura alors tôt fait d'attribuer la réussite à ce que l'on avait entrepris ou compris en amont, tombant fallacieusement dans le biais du survivant, expliquant pourquoi certaines personnes s'accrochent tant à certaines superstitions et autres croyances irrationnelles. On a ainsi l'impression que cela fonctionne suivant le modèle interprétatif que l'on a de la Réalité, alors que cette appréciation/compréhension est falsifiée.  

Pareillement, à l'époque antique, les " physiciens " ( des philosophes ! ), avaient à leur disposition la théorie quant à eux des 4 éléments ( la Terre, le feu, l'eau et l'air ), et équipé de ce modèle interprétatif, ils arrivaient à rendre là aussi compte de leurs observations, avec plus ou moins de succès, en tout cas, c'était la traduction la meilleure dont ils disposaient pour que les phénomènes leur semblent " entendables " et donc maitrisables d'une certaine manière, bien que c'était plus une perception qu'efficient.

On retrouve ces mécanismes en chacun de nous, simplement, les modèles que nous utilisons étant perçus et même très généralement même pas perçus du tout, sont considérés comme valides et appropriés, d'autant si les autres autour de nous font de même ou similairement. Toutefois, on peut le voir à l'œuvre de nos jour dans des cas extrêmes ou qui défient ce que nous croyons par ailleurs ou tacitement, chez les complotistes, qui ne sont pas défaillants cognitivement, mais qui au contraire, partant d'un modèle: " il existe dans le monde des conspirations menées par ceux qui ont beaucoup de pouvoir " finissent toujours, par mettre le doigt sur ce qu'ils interprètent et comprennent sur des indices et des preuves de ce à quoi ils adhèrent, et plus ils scrutent, plus ils en trouvent, ne faisant alors que confirmer et renforcer/affirmer leur croyance initiale, ils deviennent complètement convaincus, par auto-persuasion à cause d'une exposition sélective aux informations, qui elle-même découle de leur a priori, c'est un cercle vicieux falsificateur, ce que nous faisons tous, sans en avoir la moindre idée, même si les effets ou conséquences ne sont pas aussi saillantes que dans le cas précédents, nous faisons pareils, mais comme il y a une sorte de consensus ou une suffisante quantité de personnes qui s'y prennent comme nous ou ont les mêmes idées/interprétations, cela ne nous met pas du tout la puce à l'oreille. C'est d'ailleurs un des grands mérites des philosophes, que de questionner ce qui ne l'était pas ou qui coulait de source jusqu'à présent !

Certaines prises de conscience peuvent finir par avoir un effet sur nos activités ou nos pratiques, que ce soit individuellement ou collectivement. Par exemple, si je finis par prendre conscience, en général grâce au regard d'autrui qui m'en fait part, que je fais de la projection psychologique ( e.g. prêter aux autres ce je suis ou comment je fonctionne ), je peux si je suis motivé à me corriger, pour quelque raison que ce soit, à force d'y faire attention, finir par intégrer cette vigilance ou gommer cet automatisme initial en le remplaçant par un autre quel qu'il soit, ou au moins en minimiser la portée ou ses occurrences ou encore y appliquer un filtre discriminatoire par exemple en ne le faisant pas/plus avec mes connaissances mais seulement avec les étrangers ou inversement ( si mes amis sont effectivement " comme moi ", ce qui est bien souvent le cas effectivement ). Cependant, on peut voir les choses, analogiquement, comme des recettes de cuisine, le résultat final, dépend à la fois des ingrédients que l'on met dedans, en nombre et en qualité, tout comme les procédés utilisés pendant le " cuisinage ", cela n'en demeure pas moins qu'au final, tout était déterminé, peu importe comment on s'y est pris et le résultat, que l'on produise quelque chose de simple ou raffiné, que cela ait pris 1 minute ou plusieurs heures, etc... 

Ce que l'on appelle alors la compréhension repose - au moins - sur les principes explicités au-dessus, tout est lié et connecté, il y a bien sûr aussi la possibilité de rétro-bouclage et donc de modification ou d'évolution, dans le bon, comme dans le mauvais sens. Mais cela ne signifie pas que nous avons une quelconque emprise sur ce qui se trame, je dirais que nous le subissons, ou encore une fois, que nous répondons à la fois, aux éléments considérés, aux processus en jeu et aux motivations, tout comme à travers les outils médiatiques employés. Pour le dire concisément, nous sommes affublés d'un moyen de traitement de l'information qui génère du sens et des moyens d'action, néanmoins, les forces qui nous gouvernent quant à elles ne changent pas pour autant, que nous soyons " data-driven "" ou " goal-driven " ou certainement un mixte des deux, et que dans une certaine mesure je puisse le constater, cela ne change pas que je suis " condamné " tout comme un train qui ne peut suivre que les chemins de fer qui se présentent à lui, qu'il y ait un embranchement ou non, la seule " solution " étant de sauter du train, de refuser tout ce qui se présente et qui nous orienterait nécessairement vers telle ou telle destination finale ou intermédiaire ( ou inventer si tant est que ce soit possible un choix qui n'était présent nulle part, conscientisé ou non, vu ou non, ignoré ou non, dénié ou pas, inconnu ou connu ), ce qui implique alors d'avoir une vision assez claire et complète de tous les points de départ possibles, toutes les voies empruntables, et de toutes les destinations potentielles, afin d'avoir une certaine assurance, que le " refus " ne coïncide pas avec un non-choix, sinon ce serait comme habituellement, une simple illusion de choix par ignorance de ce qui nous détermine, autrement dit, cela ne demande pas seulement de " comprendre " car cette faculté est entachée d'erreurs ou biais de toutes sortes/natures ( les données, les process, les outils cognitifs, les émotions, nos besoins/buts, l'utilité, les intérêts, etc... ), mais d'avoir une appréciation de tout ce qui peut bien contrevenir ou nous forcer à aller ou de faire comme ceci ou comme cela, et donc d'avoir une appréciation globale, non motivée ou de préjugés préférentiels, de débusquer nos croyances premières et nos désirs, d'identifier donc absolument tout ce qui peut influer sur nous, que ce soit intérieurement comme extérieurement, et cela n'est possible, que par accumulation des meilleurs savoirs des personnes les mieux placées pour nous en informer, bref tant que je connais pas les moindres recoins du fonctionnement de ma psyché, je ne peux décemment pas espérer échapper à " ma condition " et encore moins y parvenir, sauf à nouveau à se bercer de douces illusions optimistes et naïves ou qui répond à un besoin de préservation de l'ego, de l'estime de nous-même, qui sont de sacrées entraves à la connaissance de soi dans son entièreté, et pas qu'approximativement sur tel ou tel point objet de l'attention, tout cela demande un temps et des efforts considérables, tout comme un bagage épistémique qui dépasse de beaucoup ce que madame-et-monsieur tout le monde possède habituellement, les sources d'informations des adultes étant en général moyennement crédibles, trop sommaires, agnostiques ou ou contraire polarisées, et très limitées en terme de portée/profondeur tout comme de pertinence, c'est-à-dire largement orientée sur la socialisation: politique, mouvements sociaux, action individuelle ou collective appréciable/louable ou condamnable, divertissement ou amusement, et ce, à un niveau phénoménologique superficiel de ce que cela produit pour ou en nous... Pour un problème donné, la personne est soit trop générale, soit trop analytique, alors qu'il faudrait être le plus complètement les deux, une gageur. [ Bizarrement, les individus rechignent fortement à tirer le particulier du général, tout en même temps, sont spécialement prompts à engendrer le général à partir du particulier ! Un véritable non sens ]. 

On voit alors que l'on est très facilement et couramment très très loin du compte, parce que vouloir expliquer une partie, nécessiterait en réalité de prendre à chaque fois en considération le Tout* dans sa plus grande exhaustivité, complexité, imbrications et ramifications, ce qui n'est jamais ô grand jamais fait, absolument rien n'est isolé du reste, tout au contraire, " l'un " est connecté avec " le tout ", dans un immense réseau d'interconnexions, à l'image d'Internet ou de nos réseaux de neurones, pour le rendre imagé, ce serait comme de vouloir comprendre telle pièce d'une horloge mécanique sans apprécier en même temps l'ensemble de toutes les autres et leurs relations, c'est-à-dire de manière holistique !       

 

Désolé pour la lourdeur du propos, cordialement, D-U

 

*P.S.1: On le voit assez nettement en météorologie, vouloir expliquer ou comprendre, la température, l'humidité ou la pression en tel point, ne peut se faire qu'en prenant en compte que les autres points environnants, puisque il en va de même pour eux-mêmes pareillement, ce qui oblige alors à prendre l'intégralité - bien qu'échantionnés/maillés - de ces paramètres globalement en compte, pour décrire ou prévoir ce qui passe ou se passera, il ne peut en être autrement, sinon au prix de lourdes erreurs ou fourvoiements.   

P.S.2: On a un autre cas hautement problématique conjointement:

• Sensiblement, savoir presque rien sur presque tout ( le commun des mortels ).

• Sensiblement, savoir presque tout sur presque rien ( le spécialiste ).

La seule parade identifiée par mes soins, la polymathie ! ( rarissime )

 

Modifié par deja-utilise
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Rejoindre la conversation

Vous pouvez publier maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous maintenant pour publier avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×