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La véritable histoire des frères Dalton, hors-la-loi passés à la postérité

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January

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 692 messages
109ans‚ ©,
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Les frères Dalton étaient issus d’une famille nombreuse de quinze enfants, dix fils et cinq filles, installée dans une ferme près de Coffeyville, dans le Kansas. Leur père, James Lewis Dalton, ancien combattant de la guerre américano-mexicaine d’ascendance irlandaise, s’était établi dans le Kansas pour mener une vie agricole modeste. Leur mère, Adeline Younger, appartenait quant à elle à l’une des lignées les plus redoutées du Far West : elle était la tante de Cole, Bob et Jim Younger, eux aussi hors-la-loi, et parmi ses autres proches figuraient Frank et Jesse James.

La Condon Bank à Coffeyville (Kansas) après la tentative de braquage du Gang Dalton et la ...

 

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/lucky-luke-la-veritable-histoire-des-freres-dalton-hors-la-loi-passes-a-la-posterite

 

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Membre, 74ans Posté(e)
yagmort Membre 1 960 messages
Forumeur vétéran‚ 74ans‚
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Le seul survivant du dernier hold-up, Emmett Dalton, a écrit ses mémoires et même joué son propre rôle à Hollywood. Je me suis amusé à en faire un résumé sous forme de discussion spontanée, en restant au plus près (petite tricherie quand même de ma part, il dit n'avoir pas cherché les effets littéraires... trop frustrant). Les italiques sont une citation directe.

 

Les frères Dalton

Quelque part aux USA vers 1908, deux hommes voyagent ensemble et discutent.

― Alors c’est vrai, vous êtes Emmett Dalton…

― En personne. J’espère que cela ne vous fait pas peur…

― Je… enfin… non… je sais que vous avez, enfin…

― Purgé, payé, réglé l’ardoise. Mes frères et mes amis tués, vingt-trois balles dans la carcasse, un an d’hôpital, quatorze ans de pénitencier. Si on trouve que ce n’est pas assez il faut le dire à la Justice, pas à moi.

― Je suppose que vous ne souhaitez pas en parler.

― Figurez-vous que j’ai commencé à écrire mes mémoires. Je compte dessus pour montrer, disons, qu’on nous a un peu aidés à mal tourner, pour réfuter les abominations que des journalistes sans scrupules ont ajouté sur ceux de notre famille qui n’y étaient pour rien. Enfin, les enseignements que j’ai retirés des erreurs commises pourraient, je crois, être profitables à la jeunesse. Et donc j’ai besoin d’étudier l’effet sur les futurs lecteurs.

― Donc, je peux vous poser des questions.

― Je vous en prie.

― J’ai un peu de mal à comprendre comment on peut, de policier, devenir bandit.

― Il arrive que ce qu’on fait pour éviter quelque chose provoque finalement ce même quelque chose…

― Vous êtes bien mystérieux !

― Encore une fois, j’écris mes mémoires. Je dois apprendre à ménager les effets, à piquer la curiosité. Enfin, pour commencer par un bout, nous avions des cousins, plus âgés, Cole et Jim Younger. Notre mère, qui vit toujours, est née Younger. Et bien sûr leurs cousins à eux de l’autre côté, Jesse et Frank James, ne me dites pas que vous n’en avez pas entendu parler !

― Je ne le dirai pas.

― Ils avaient commencé par la guérilla pro-Sud dans la Guerre Civile, avec Quantrill, Bloody Bill Anderson, et d’autres, dans le Kansas et le Missouri. Donc il y avait un côté épique. La paix revenue, ils n’ont pas pu se recycler. Quand nous étions gamins, mes frères et moi, ils nous fascinaient, c’était plus fort que nous. C’était quand même la célébrité de la famille. Mais nous avions des principes. Je me demande si ce n’est pas un peu pour échapper à ça que Frank, notre ainé, s’est engagé comme marshal et nous y a entrainés aussi par la suite, Bob, Grat, et moi-même. Et donc nous sommes devenus policiers, honnêtes et consciencieux. Et puis…

― Si vous ne souhaitez pas continuer…

― Mais si, je vais continuer. Frank, avec un collègue, a eu à arrêter un banal trafiquant de whisky. La routine. Le gars ne risquait pas la corde, même pas une très lourde peine. Quand on se trouve du bon côté, on se figure que tout le monde suit son intérêt ou, au pire, sa survie. Mais de l’autre côté, du mauvais, il y a quelque chose qui est bien souvent plus fort que l’intérêt ou même l’instinct de survie…

― Quoi donc ?

― La haine ! Ce type devait avoir la haine, de la société, de la police, je ne sais pas mais la haine. Il a dégainé et abattu Frank et son collègue, pour être lui-même abattu quelques jours après.

― Et c’est pour ça que ?

― Pas encore ! Il s’en est passé, des choses ! Par exemple, une péripétie, Bob a eu aussi à arrêter un malfrat, qui a aussi dégainé. Mais Bob a été le plus rapide. Seulement, l’homme qu’il avait abattu n’avait pas de famille. Donc c’est mon frère qui a dû payer les frais d’obsèques, quatre-vingt dollars. Ce n’était pas une petite somme pour nos salaires. Nous ne les palpions pas encore par milliers, les dollars. Plus grave, quelques mois plus tard, nos supérieurs se sont mis à nous gruger de nos appointements ! Je ne crois pas qu’ils l’auraient fait du vivant de Frank. Enfin, ils prétendaient qu’il y avait du retard dans les arrivées de fonds, ce genre de salades. Mais nous avons commencé à voir les choses, et surtout à perdre patience.

― Maintenant je comprends mieux !

― Attendez, nous n’étions pas encore des bandits. Nous avons mis un avocat sur le coup, en vain. Et donc nous avons rendu nos étoiles, résignés à redevenir paysans, moins excitant, moins glorieux, mais moins dangereux. Un jour, avec mes deux frères et des amis dans la même situation, au cours d’un voyage, nous nous sommes retrouvés dans un saloon qui était aussi un tripot clandestin. Peut-être avons-nous imaginé qu’après tout ce qui nous était tombé dessus nous ne pouvions qu’avoir de la chance au jeu. Nous avions gardé une habitude de notre temps de marshals. Où que nous allions, un de nous devait « monter la garde », surveiller, donc ne pas se mêler à la conversation ou à l’activité quelle qu’elle soit. C’était moi ce jour-là. En fait de chance, j’ai vite vu qu’on nous plumait gentiment, et en trichant à tout va. Je l’ai fait savoir très discrètement à Bob et à d’autres. C’est lui qui a dégainé le premier, c’aurait pu être moi. Après, lequel de nous a commencé à rafler tout le fric, je ne saurais pas plus le dire. Nous nous sommes retrouvés dehors avec un joli magot.

― Donc vous étiez des bandits…

― Pas encore tout à fait ! Le jeu était clandestin, truqué de surcroit, donc il n’y avait pas intérêt à nous dénoncer. Seulement, peu après, on nous a faussement accusés de l’attaque d’un train, et nous avions toutes les raisons de croire que ceux qui nous traquaient se moquaient bien de notre culpabilité ou pas. On ne nous avait pas pardonné nos plaintes ou quelque chose. La coupe était pleine. Nous sommes devenus des bandits. Nous n’avons eu aucun mal à trouver des associés plus expérimentés que nous. Bob était le plus enragé. Il tenait à faire tout ce qu’avaient fait les James, les Younger et leur bande, et même ce qui les avait perdus. Quand je dis que la haine peut être plus forte que tout ! Et donc attaques de trains, et pour finir cette attaque de deux banques à la fois à Coffeyville. Nous avions prévu de nous retirer après en Amérique du Sud. Résultat, bataille rangée, je me suis retrouvé seul survivant, et pas en bon état.  

Modifié par yagmort
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Membre, 74ans Posté(e)
yagmort Membre 1 960 messages
Forumeur vétéran‚ 74ans‚
Posté(e)

Pour ce qui est de la BD, Morris avait produit au départ sa version de l'histoire d'origine avec les vrais noms, en  caricaturant. Le succès a été tel qu'il a voulu faire une suite, mais ses héros étaient morts... alors il leur a inventé des cousins aux tailles échelonnées.

Alors que d'autres productions de Goscinny, Astérix, Iznogoud, etc. ont fait leur trou aux USA, Lucky Luke n'y a pas marché. On comprend un peu pourquoi.

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