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Les croyances, en particulier celles édictées par les religions, sont-elles un besoin ou un choix?

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Anagad

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Nouveau, Posté(e)
Anagad Nouveau 1 message
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Je tente d'aborder le sujet avec lucidité et sensibilité, à travers le parcours d'un efrère et d'une soeur.

Extrait de mon roman, Vanités.

 

Je ne me sens pas athée. Mes nombreux séjours en immersion totale dans la nature, terrestre ou océane, m’inspirent un respect et un sentiment d’humilité très proche de celui du croyant en prière. Mon sacré, mon divin à moi est l’univers tout entier, son équilibre et son désordre, sa fragilité et sa majesté, son infiniment grand et son infiniment petit. Il y a des années, la lecture de Diderot, ce génie des lumières, dans sa « lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient » a été pour moi de ce point de vue un choc émotionnel intense, une épiphanie initiatique éblouissante. Je me retrouvais, dans l’expression limpide de cette pensée que j’avais tant de mal à définir…
Il m’est d’ailleurs arrivé de prendre part avec sincérité, souvent en compagnie de Laure, à des offices quelquefois très simples où régnaient l’humanité, l’espérance et la paix. En revanche les manifestations ostentatoires de foi me paraissent suspectes et me dérangent, comme me dérangent tous les rôles surjoués, qui révèlent me semble-t-il la faiblesse de la pensée par l’acharnement déployé à la nier. Le « trop poli pour être honnête », en somme.
« Il est grand le mystère de la foi ». La formule consacrée qui convoque l’anamnèse des chrétiens n’a pas pour moi le sens implicite de la liturgie. Celle-ci qualifie de mystère l’infini de l’amour du Christ, et donc de Dieu, pour l’humanité. Je préfère comprendre cette phrase au premier degré : le mystère est pour moi le singularisme de la pensée mystique, l’humble humanité de son irrationnalité, ses ressorts profondément intimes, son impénétrable opacité.
Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, la question par essence humaine, de l’existence de Dieu bute sur les éternelles tentatives d’argumentation : les croyants s’émerveillent d’un monde dont l’extrême complexité « ne peut pas être due au hasard », les sceptiques évoquent la « logique du vivant », dont l’une des plus remarquables manifestations est l’adaptation au milieu, les athées refusent d’expliquer l’irrationnel par plus irrationnel encore.

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 933 messages
80ans‚ Talon 1,
Posté(e)

Les croyances ont une histoire. Les premiers humains observaient des événements qu'ils ne savaient pas expliquer, par ignorance. Ils ont attribué des génies à chaque chose. Les mages étaient leur intermédiaire.

Croyance = ignorance.

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Membre, 63ans Posté(e)
Pschitt Membre 257 messages
Forumeur forcené ‚ 63ans‚
Posté(e)

La palette de couleurs du nuancier des religions, couvrant un spectre suffisant pour dépeindre la nature morte du choix de son besoin 

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Membre, 64ans Posté(e)
Karole58 Membre 252 messages
Forumeur accro‚ 64ans‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, Anagad a dit :

Je tente d'aborder le sujet avec lucidité et sensibilité, à travers le parcours d'un efrère et d'une soeur.

Extrait de mon roman, Vanités.

 

Je ne me sens pas athée. Mes nombreux séjours en immersion totale dans la nature, terrestre ou océane, m’inspirent un respect et un sentiment d’humilité très proche de celui du croyant en prière. Mon sacré, mon divin à moi est l’univers tout entier, son équilibre et son désordre, sa fragilité et sa majesté, son infiniment grand et son infiniment petit. Il y a des années, la lecture de Diderot, ce génie des lumières, dans sa « lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient » a été pour moi de ce point de vue un choc émotionnel intense, une épiphanie initiatique éblouissante. Je me retrouvais, dans l’expression limpide de cette pensée que j’avais tant de mal à définir…
Il m’est d’ailleurs arrivé de prendre part avec sincérité, souvent en compagnie de Laure, à des offices quelquefois très simples où régnaient l’humanité, l’espérance et la paix. En revanche les manifestations ostentatoires de foi me paraissent suspectes et me dérangent, comme me dérangent tous les rôles surjoués, qui révèlent me semble-t-il la faiblesse de la pensée par l’acharnement déployé à la nier. Le « trop poli pour être honnête », en somme.
« Il est grand le mystère de la foi ». La formule consacrée qui convoque l’anamnèse des chrétiens n’a pas pour moi le sens implicite de la liturgie. Celle-ci qualifie de mystère l’infini de l’amour du Christ, et donc de Dieu, pour l’humanité. Je préfère comprendre cette phrase au premier degré : le mystère est pour moi le singularisme de la pensée mystique, l’humble humanité de son irrationnalité, ses ressorts profondément intimes, son impénétrable opacité.
Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, la question par essence humaine, de l’existence de Dieu bute sur les éternelles tentatives d’argumentation : les croyants s’émerveillent d’un monde dont l’extrême complexité « ne peut pas être due au hasard », les sceptiques évoquent la « logique du vivant », dont l’une des plus remarquables manifestations est l’adaptation au milieu, les athées refusent d’expliquer l’irrationnel par plus irrationnel encore.

Où développez vous votre sujet ? : Un besoin ou un choix ? 

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  • 4 semaines après...
Membre, 43ans Posté(e)
Crève Membre 3 712 messages
Forumeur vétéran‚ 43ans‚
Posté(e)
Le 04/05/2026 à 15:08, Anagad a dit :

Extrait de mon roman, Vanités.

 

Mon sacré, mon divin à moi est l’univers tout entier, son équilibre et son désordre, sa fragilité et sa majesté, son infiniment grand et son infiniment petit.

vous êtes panthéiste : Dieu est dans tout.

pour ma part , je n'ai pas, ou plutôt plus, cette béatitude devant l'univers, j'ai au contraire l'impression d'être une brebis jetée au milieu d'une meute de loups qui vont la déchirer, et depuis tout petit j'ai cette douleur de vivre, une tristesse qui ne me quitte pas, de regretter le bain maternel amniotique où j'étais heureux, pour être jeté en pâture dans un monde cruel.

loin des Lumières, je préfère la vision mécaniste et désenchantée d'un Lovecraft, pour qui l'humanité se fera dévorer vivante.

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 294 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a 44 minutes, Crève a dit :

loin des Lumières, je préfère la vision mécaniste et désenchantée d'un Lovecraft, pour qui l'humanité se fera dévorer vivante.

Voilà un pessimisme bien ancré, désolé. Foutu pour foutu, il fallait préciser que c'est l'humanité qui par faute d'humanité s'auto-détruit. Pas besoin des Monstres de Lovecraft, on fait ça très bien, comme des " grands " (désolé).

A contrario, tout de même, objectivement, carrément. " La " Lumière ", les Lumières, même bien avant celles du XVIII° siècle européen, " la " preuve est faite, ça existe. Un de mes trucs " préférés ", c'est ceux qui vomissent les Lumières, et qui ne seraient pas ce qu'ils sont sans celles-ci. " Ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnaît " !! Les Lumières, ça existe, mais ça requiert des efforts, c'est clair.

Modifié par Neopilina
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