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Santa Maria de Iquique

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Totof44

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Membre, 35ans Posté(e)
Totof44 Membre 7 521 messages
Maitre des forums‚ 35ans‚
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J'ignorais tout de cette histoire.

J'ai parfois des goûts musicaux inhabituels. J'écoutais une chanson interprétée par Los calchakis, et, ayant un médiocre niveau en espagnol (comprenant vaguement "allons femme" et "il ne pleurera pas", je suis allé chercher les paroles et la traduction. Un texte assez curieux, qui semble être une promesse d'espoir.

Allons femme,

Partons à la ville.

C'est autre chose,

Il n'y a aucun doute.

Il n'y a aucun doute,

Viens voir, aie confiance,

Car à Iquique

Tous comprennent.

Femme, prends ma couverture,

Elle te protégera

Prends l'enfant dans tes bras

Il ne pleurera pas.

Aie confiance, il ne pleurera pas,

Il sourira

Tu lui feras lalalala

Il s'endormira.

Qu'est-ce qui se passe ?,

Ne te tais plus, dis-moi,

Un long chemin, il faudra

Que tu fasses

Au travers des collines,

Allons femme.

Allons femme, aie confiance,

Il suffit d'arriver à la ville

Nous pourrons voir toute la mer.

Iquique est plus grand peut-être

Que la mine de salpêtre

Qu'il y a beaucoup de jolies maisons

Qui te plairont.

Aie confiance, elles te plairont fort

Confiance comme en Dieu,

Là-bas dans le port

Tout sera mieux.

Qu'est-ce qui se passe ?,

Ne te tais plus, parle,

Allons femme,

Partons à la ville.

C'est autre chose,

Il n'y a aucun doute.

Il n'y a aucun doute,

Viens voir, aie confiance,

Car à Iquique

Tous comprennent

 

Et puis je réalise qu'il s'agit de la deuxième chanson d'une histoire plus longue. Une chanson qui conte une histoire vraie et tragique.

https://canzones.over-blog.com/article-cantate-sainte-marie-de-iquique-109065609.html

Nous sommes au Chili, au début du XXème siècle. Des ouvriers qui travaillent dans les mines chiliennes avec des conditions de travail particulièrement pénibles, subissent brutalement la devaluation monétaire. Leurs revendications ?

1) être payés en monnaie légale *,

2) accès à des cours du soir financés par les entreprises 

3) des garanties pour leur sécurité physique au travail.

*Ah oui parce qu'ils étaient payés en bons émis par les entreprises, échangeables uniquement dans des commerces gérés par l'entreprise, appliquant des tarifs plus élevés.

Rien de révolutionnaire. Une grève éclate à Iquique, ville portuaire. Puis le mouvement s'étend aux travailleurs du chemin de fer, aux ouvriers des mines d'autres villes. Le 15 décembre 1907, deux mille ouvriers arrivent dans cette ville. Ils crecheront dans l'école Santa Maria le temps que dureront les négociations. Ils seront progressivement rejoints par d'autres ouvriers de différentes nationalités, certains sont venus en famille.

Le patronat refusera de bouger d'un iota. L'ordre sera donné à un général nommé Renard de faire évacuer l'école Santa Maria. Il les réprimera dans le sang malgré l'attitude pacifique des ouvriers. Ses troupes assassineront lâchement des hommes, des femmes, des enfants. En un après-midi, entre 2200 et 3600 personnes sont abattues.

Plus de détails dans cet article du monde diplomatique :

https://dial-infos.org/spip.php?article2074

 

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