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Quand le cerveau dérègle le récit : la justice face au défi du psychotraumatisme

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sovenka

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Membre, Oiseau de nuit, pays Union européenne, 43ans Posté(e)
sovenka Membre 8 770 messages
43ans‚ Oiseau de nuit, pays Union européenne,
Posté(e)

Le trauma ne disparaît pas à l’entrée du tribunal. Il altère les souvenirs, façonne la parole, influence les comportements. La justice en mesure-t-elle pleinement les effets ? En croisant les perspectives de magistrats, policiers, psychiatres et victimologues, cette série interroge la capacité de l’institution judiciaire à intégrer les connaissances sur le psychotraumatisme et à ajuster ses pratiques en conséquence.

Incohérences de récit, dépôts de plainte tardifs, absences en audiences… Après des violences sexuelles – parfois intra-familiales – ou des atteintes à l’intégrité physique, l’attitude des plaignants peut en effet dérouter les professionnels de la justice et du droit.

« Notre regard a tendance à relever l’incompatibilité d’un comportement avec tel événement : il est tout à fait possible qu’une femme victime d’un viol dans une pièce puisse immédiatement retourner voir ses collègues dans la pièce d’à côté et reprendre le cours d’une discussion », rapporte François Lavallière, premier vice-président au tribunal judiciaire de Rennes.

Le magistrat cite également les cas où la victime affiche une froideur apparente, voire une distanciation avec les faits. « A l’audience, elle nous semble calme, posée, sereine, alors qu’elle est en train d’évoquer des faits qui, pour d’autres, provoqueraient une forte émotion ». A ce sujet, le diagnostic de Mélanie Voyer, responsable du Centre Régional de psychotraumatologie Nord Nouvelle-Aquitaine, est sans détour. « Les larmes ne sont ni indicateur de véracité, ni un indicateur de gravité de l’impact ».   

Au manque d’émotions s’ajoute parfois un discours décousu. « La victime raconte qu’elle a eu l’impression d’être dans un film au moment de l’événement, et qu’elle s’est même demandé si elle n’avait pas rêvé. Et pourtant, elle n’avait pas bu. Elle ne se souvient pas du lieu, les détails sont flous, et malgré tout, elle se rappelle d’une tapisserie rouge » illustre la psychiatre, qui dirige la formation continue « Trauma et pratiques judiciaires » à l’École nationale de la magistrature (ENM), au sein de laquelle intervient également François Lavallière.

« On pourrait penser que des éléments essentiels doivent automatiquement s’imprimer dans la mémoire des victimes. Mais ce n’est pas le cas, souligne le magistrat. Je pense notamment aux infractions sexuelles qui sont commises sur des mineurs. Souvent, ils sont incapables de nous dire si cela s’est produit deux, quatre ou dix fois ; si c’était une fois par semaine ou tous les deux mois ».

Quand la victime est affectée par un psychotraumatisme, une partie de sa mémorisation peut être faussée au moment où elle essaie de la reconstituer. Ce qui peut donc avoir un impact considérable sur l’ensemble du parcours judiciaire.

C’est en fait dès la confrontation à une menace extrême que s’enclenche la réponse neurophysiologique susceptible de désorganiser la mémoire. Mélanie Voyer nous explique : face à une situation à potentiel traumatique, qui « confronte au réel de la mort », deux réponses sont possibles...

Lire: https://jss.fr/post/quand-le-cerveau-deregle-le-recit-la-justice-face-au-defi-du-psychotraumatisme

 

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  • January a mis en évidence ce sujet
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Membre, 78ans Posté(e)
hybridex Membre 10 732 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, sovenka a dit :

Le trauma ne disparaît pas à l’entrée du tribunal. Il altère les souvenirs, façonne la parole, influence les comportements. La justice en mesure-t-elle pleinement les effets ? En croisant les perspectives de magistrats, policiers, psychiatres et victimologues, cette série interroge la capacité de l’institution judiciaire à intégrer les connaissances sur le psychotraumatisme et à ajuster ses pratiques en conséquence.

Incohérences de récit, dépôts de plainte tardifs, absences en audiences… Après des violences sexuelles – parfois intra-familiales – ou des atteintes à l’intégrité physique, l’attitude des plaignants peut en effet dérouter les professionnels de la justice et du droit.

« Notre regard a tendance à relever l’incompatibilité d’un comportement avec tel événement : il est tout à fait possible qu’une femme victime d’un viol dans une pièce puisse immédiatement retourner voir ses collègues dans la pièce d’à côté et reprendre le cours d’une discussion », rapporte François Lavallière, premier vice-président au tribunal judiciaire de Rennes.

Le magistrat cite également les cas où la victime affiche une froideur apparente, voire une distanciation avec les faits. « A l’audience, elle nous semble calme, posée, sereine, alors qu’elle est en train d’évoquer des faits qui, pour d’autres, provoqueraient une forte émotion ». A ce sujet, le diagnostic de Mélanie Voyer, responsable du Centre Régional de psychotraumatologie Nord Nouvelle-Aquitaine, est sans détour. « Les larmes ne sont ni indicateur de véracité, ni un indicateur de gravité de l’impact ».   

Au manque d’émotions s’ajoute parfois un discours décousu. « La victime raconte qu’elle a eu l’impression d’être dans un film au moment de l’événement, et qu’elle s’est même demandé si elle n’avait pas rêvé. Et pourtant, elle n’avait pas bu. Elle ne se souvient pas du lieu, les détails sont flous, et malgré tout, elle se rappelle d’une tapisserie rouge » illustre la psychiatre, qui dirige la formation continue « Trauma et pratiques judiciaires » à l’École nationale de la magistrature (ENM), au sein de laquelle intervient également François Lavallière.

« On pourrait penser que des éléments essentiels doivent automatiquement s’imprimer dans la mémoire des victimes. Mais ce n’est pas le cas, souligne le magistrat. Je pense notamment aux infractions sexuelles qui sont commises sur des mineurs. Souvent, ils sont incapables de nous dire si cela s’est produit deux, quatre ou dix fois ; si c’était une fois par semaine ou tous les deux mois ».

Quand la victime est affectée par un psychotraumatisme, une partie de sa mémorisation peut être faussée au moment où elle essaie de la reconstituer. Ce qui peut donc avoir un impact considérable sur l’ensemble du parcours judiciaire.

C’est en fait dès la confrontation à une menace extrême que s’enclenche la réponse neurophysiologique susceptible de désorganiser la mémoire. Mélanie Voyer nous explique : face à une situation à potentiel traumatique, qui « confronte au réel de la mort », deux réponses sont possibles...

Lire: https://jss.fr/post/quand-le-cerveau-deregle-le-recit-la-justice-face-au-defi-du-psychotraumatisme

 

Intéressant bien sur.

Hélas cette mémorisation faussée rend très difficile la manifestation de la vérité  ce qui peut être aussi préjudiciable aux victimes qu'aux présumés coupables. Ces victimes peuvent altérer la relation des faits en toute sincérité soit en les minimisant soit en les exagérant  et dans des cas extrêmes aller jusqu'à se tromper dans la désignation des coupables 

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Membre, 48ans Posté(e)
Emergence Membre 272 messages
Forumeur forcené ‚ 48ans‚
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Bonjour. 

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Le trauma ne disparaît pas à l’entrée du tribunal. Il altère les souvenirs, façonne la parole, influence les comportements.


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Modifié par Emergence
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