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Gaston Lagaffe sans images

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Black3011

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Membre, 61ans Posté(e)
Black3011 Membre 442 messages
Forumeur alchimiste ‚ 61ans‚
Posté(e)

Hier, le vendredi 6 février 2026, c'était la Saint Gaston. A cette occasion, je vous propose le script détaillé d'un gag de Gaston Lagaffe, paru dans l'album "Le Retour de Lagaffe" (par Delaf, d’après Franquin. Éditions DUPUIS, © Dupuis 2023). Il s'agit d'une création personnelle : j'ai décrit de façon très libre la première planche (page 3) de l'album. 

Le Retour de Lagaffe (gag éponyme, donc) :

Gaston arrive donc au bureau après des vacances bien méritées. Il fait l’objet des sarcasmes classiques, des remarques ironiques de la part de ses collègues : ça commence avec un banal « Eh ! Mais qui voilà ? » (Jef Van Schrijfboek, devant sa machine à écrire old-style, et fumant une cigarette), continue avec « Ça fait un bail, dis donc ! » (Mademoiselle Sonia, sirotant un café fumant), et enfin avec une remarque de Lebrac, le dessinateur, qui désigne Gaston comme « l’homme-qui-gaffe-plus-vite-que-son-ombre » (allusion ou hommage à peine déguisé à un célèbre héros de BD, concurrent mais néanmoins ami : Lucky Luke, de Morris). C’est à cette dernière remarque que répond Gaston, avec sa désinvolture habituelle et son geste typique de la main qui fait mine de jeter un objet derrière lui : « Boah hé, c’est du passé tout ça ! ». Le « boah hé » typique du membre émérite de la « bof génération » n’a pas vieilli avec les années !

Quand notre héros passe devant le bureau de Prunelle, celui-ci, avec un petit sourire en coin qui en dit long, lui demande si « ces longues vacances » ne l’ont pas trop fatigué. Sans comprendre le sous-entendu, Gaston répond avec un grand sourire : « m’enfin, sot ! Je pète la forme ! ».

Mais Lebrac pousse un soupir désabusé. Il se rend compte qu’en fait, pour eux aussi (ceux qui travaillent vraiment !), les « vacances » sont finies, à savoir les vacances lagaffesques… Gaston va recommencer ses « expériences » funestes et rendre à nouveau la vie impossible dans le bureau ! Prunelle ricane doucement : il s’imagine que tout ira bien, parce qu’il a caché tout le « bric-à-brac » du gaffeur au grenier. Peut-être se réjouit-il un peu vite… on n’est pas encore à la moitié de la planche, et celle-ci devra en principe, inévitablement, se terminer par un gag !

Pendant ce temps, dans son bureau – reconnaissable aux boîtes remplies de courrier en retard mélangé en un fouillis indescriptible –, Gaston ouvre son armoire à « bric-à-brac » et exprime toute l’étendue de sa déception : il ne retrouve plus son matelas gonflable, son bilboquet, sa boîte de « chimie amusante », … (les points de suspension indiquent que la liste est bien loin d’être exhaustive !). Atterré, notre gaffeur se demande : « Comment je vais travailler, moi ?! ». Il fallait bien au moins un point d’exclamation après ce point d’interrogation…

Et voici que la matinée s’achève… Lebrac éteint la lampe au-dessus de sa table à dessin, et, tout en restant dubitatif, se félicite à haute voix : « une matinée sans catastrophe !? ». Prunelle, enfilant sa veste, jubile lui aussi et fait l’hypothèse qu’ « il » aurait peut-être travaillé, tout en tempérant immédiatement son propos : « on peut rêver ! ». Effectivement, ça semble trop beau pour être vrai !

Mais Gaston, qui ne sort pas pour son heure de table, est déjà au grenier. Il trouve tous ses « jouets » entassés pêle-mêle sur les étagères d’une armoire, et interprète la chose avec un léger agacement : « ils ont voulu me faire une blague… ». Bien sûr, il projette son « principe de plaisir » (sa conception très ludique du travail) sur l’ensemble de ses collègues, qu’il résume par ce pronom personnel pluriel qui a des relents de complotisme. Par ailleurs, il a le culot de se plaindre que tout soit « rangé n’importe comment ! ».

Il se met à récupérer tous ses bibelots : bilboquet, déboucheur de WC ( ?), boîte du « petit chimiste », trombone, … et aussi un seau qu’il fait tomber dans sa précipitation, faisant se répandre son contenu.

« Superzut ! », s’exclame-t-il. Et il révèle aux lecteurs quelle était la nature de ce contenu : « Mon plâtre pour reboucher les trous ! ». En fait, plutôt que de reboucher les trous, cette substance semble plutôt, comme on le verra, destinée à en créer ! Le liquide commence à bouillonner sur le sol, avec des bruits peu rassurants : « pshhh blob blub », et délivrant une fumée verdâtre. Gaston se retourne, portant toujours tout son barda… et bien entendu, la coulisse du trombone vient heurter sa grosse boule de bowling, qui était encore sur l’étagère… et qui menace de tomber tout droit sur l’endroit où le soi-disant plâtre semble en train de corroder le sol du grenier… La chute (dans tous les sens du terme) commence à se profiler à l’horizon !...

À l’étage inférieur, Lebrac et Prunelle sont sur le point de prendre l’ascenseur pour sortir. Prunelle, qui a allumé sa pipe, fait remarquer avec un sourire un peu goguenard : « Tu imagines s’il était enfin devenu sérieux ? », et il prévoit déjà la fin des soucis et des maux de tête… Alors que Lebrac jette un coup d’œil horrifié au plafond, d’où sourd un liquide verdâtre et bouillonnant…

Et l’inévitable survient : la  gigantesque boule de bowling rouge vif tombe du plafond troué et vient s’écraser bruyamment (« SCHTOK ») sur le crâne de Prunelle, qui en perd ses lunettes et sa pipe. Lebrac, horrifié, en devient jaune pâle.

Finalement la tête de Gaston émerge à l’envers par le trou béant, et il lance d’un ton guilleret : « Boh, allez ! Avouez que je vous ai manqué ! ». Lebrac, dont le cœur bat à 100 à l’heure, balbutie : « Moi de peu ! ». Et Prunelle, qui est étendu pour le compte et dont on ne voit que le doigt tendu vers le haut, environné d’étoiles multicolores, ajoute : « Moi pas !... ».

*Petite analyse supplémentaire de ce 1er gag :

Toute la trame du gag sert en fait à annoncer le jeu de mots final : « je vous ai manqué » peut vouloir dire : (1) vous avez souffert de mon absence, vous m’avez regretté, vous attendiez mon retour avec impatience ; et (2) je vous ai visés, comme des cibles, mais je n’ai pas réussi à vous atteindre, car j’ai raté mon but.

 Dans le premier cas, c’est ce que Gaston s’imagine naïvement : pendant ses vacances qui ont apparemment duré un certain temps, il s’imagine avoir été regretté par ses collègues. Il apparaît évidemment, étant donné les diverses remarques faites à son insu, que c’est justement l’inverse : les vacances de Gaston ont été comme des « vacances » pour les autres ; son retour signe donc le retour des « catastrophes ».

Il y a clairement une opposition entre le principe de plaisir auquel obéit sans cesse Lagaffe et le principe de réalité censé régner sur un lieu de travail. Le premier est symbolisé en quelque sorte par la boule de bowling, qui n’a strictement rien à faire au bureau, mais qui se transforme en arme destructrice (du crâne de Prunelle, en particulier). C’est là qu’intervient le second sens de l’expression, qui constitue la chute !…

__________________________________________________________________________

Voilà. Je vous convie à donner votre appréciation sur ce petit texte, à rigoler un bon coup sur l'humour de Delaf (inspiré bien sûr de celui de Franquin), et éventuellement à faire de même avec une autre planche de Gaston Lagaffe ! 

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Membre, 153ans Posté(e)
Yabon Super Membre 674 messages
Forumeur alchimiste ‚ 153ans‚
Posté(e)

Ce nouvel album de Gaston est à chier, et honte à Delaf d'avoir repris le personnage alors que ça allait à l'encontre des désirs de Franquin (qui, on le rappelle, a vendu les droits du personnage dans une période de dépression, un peu comme un suicide symbolique). 

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Membre, 69ans Posté(e)
pic et repic Membre 18 666 messages
Maitre des forums‚ 69ans‚
Posté(e)

bonjour, 

franchement, qu'aurait donc pu faire Gaston autre que ... du Lagaffe ( et donc des gaffes ) ?

gaffes à gogo ...

Gaston - Résumé

cela étant dit , raconté et non en images, ce n'est pas mal non plus !

bonne journée.

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