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Les corps des condamnés étaient exposés puis enterrés sur place : ces ossements retrouvés lors de travaux livrent leurs terribles secrets

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sovenka

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Membre, Oiseau de nuit, pays Union européenne, 43ans Posté(e)
sovenka Membre 8 638 messages
43ans‚ Oiseau de nuit, pays Union européenne,
Posté(e)

Il faut imaginer la scène. Nous sommes à la moitié du XVIe siècle, vers 1550. La dorsale minérale du mont Rachais n'est pas encore lézardée par les fortifications militaires de la Bastille, seule la maison forte du Rabot dresse sa silhouette austère.

La vallée où circulent aujourd'hui d'incessants flux de véhicules est alors le domaine du cours sinueux de l'Isère, qui s'étale et forme des îles, dans un vaste marécage de terrains sablonneux recouverts d'arbustes. Seules quelques bâtisses peuplent les coteaux.

Bateliers et marcheurs arrivent à Grenoble depuis le Voironnais. Et là, alors que le dessin des fortifications de la ville se précise, le cœur du marécage est envahi d'une odeur putride. Huit poteaux hauts de cinq mètres dépassent d'un petit édifice en pierre. Des poutres les relient entre eux et des corps, plus ou moins décomposés, y sont pendus. C'est le gibet du port des roches, où sont exposés les cadavres des "criminels" exécutés dans l'enceinte de la cité.

Cette structure de pierre servait de fondation au gibet du port des roches à Grenoble : la fouille archéologique de ce type de lieu est extrêmement rare.

Cette structure de pierre constitue les fondations du gibet

Sur la base de l'observation de ces corps traités sans les égards habituellement dus aux morts, les archéologues font plusieurs hypothèses. "Parfois, un individu sur le ventre, un autre sur le dos, ça peut être un problème de place. Mais avec les membres écartés, sans cercueil, sans mobilier, sans contenant du corps… C'est trop. Ça aurait pu être une épidémie ou une bataille, mais c’est vraiment grâce aux archives que ces chercheurs ont identifié le gibet.

Le plan de la charpente du gibet, daté de 1546, ainsi que les devis d'artisans ont été retrouvés aux archives de Grenoble.

Plan de la charpente daté de 1546

C’est un gibet qui comportait huit piliers, avec une dimension extrêmement symbolique et c’était le maximum que l’on pouvait voir dans la région. Les seigneurs pouvaient avoir deux à six piliers, là, on est sur une démonstration de puissance. Il s’agit de dissuader les habitants de commettre un crime de lèse-majesté en choisissant la mauvaise religion.

Le contexte est en effet celui de sanglantes guerres de religion entre catholiques et protestants, qui culminera près de trente ans plus tard avec le massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572. D'après les recherches effectuées, certains des corps exposés sur ce gibet seraient donc ceux de protestants, exécutés sur la place aux Herbes, la plus vaste de Grenoble à l'époque, centre névralgique du pouvoir économique et politique de la ville qui ne compte alors qu'environ 6 000 habitants.

En plus de frapper les esprits des voyageurs, ces gibets installés dans les marécages pourraient correspondre à d'autres codes sociaux. Les bourreaux étaient craints par la population, ils étaient donc contraints de vivre sur des îles marécageuses, loin de la ville.

Laisser les dépouilles dans ce lieu lugubre constituait en soi une punition : la "male mort". Inhumer ainsi un supplicié était une manière de prolonger dans la mort la peine prononcée de son vivant : les individus retrouvés lors des fouilles ont donc délibérément été privés de sépulture. Sans honneur, sans sépulture, ces condamnés sont voués au mépris puis à l'oubli.

Difficile de savoir combien de temps leurs corps restaient exposés pendus au gibet.

Le gibet de Montfaucon, situé sur la butte Chaumont, est le plus gros connu en France, il est ici représenté vers 1460.

Le gibet de Montfaucon, sur la Butte Chaumont à Paris, vers 1460,

était le plus gros connu en France.

SOURCE: https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/les-corps-des-condamnes-etaient-exposes-puis-enterres-sur-place-ces-ossements-retrouves-lors-de-travaux-livrent-leurs-terribles-secrets-3269816.html

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  • January a mis en évidence ce sujet
Membre, 1ans Posté(e)
Engardin Membre 1 975 messages
Maitre des forums‚ 1ans‚
Posté(e)
Le 22/12/2025 à 12:33, Talon 1 a dit :

Les hommes pendus perdaient leur semence. Les mandragores s'en nourrissaient.

Ils avaient volé du blé ? :o°  :dance:

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 179 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Le 22/12/2025 à 12:33, Talon 1 a dit :

Les hommes pendus perdaient leur semence. Les mandragores s'en nourrissaient.

Ces mandragores qui poussaient sous les gibets étaient très recherchées en sorcellerie,  :sleep:  . Au Moyen Age, il y a " des lieux de justice " à peu près tous les 10 kms, moi je dis, ils savaient vivre ces gens là,  :lol:  . Le " lieu de justice " se trouvait à une sortie du patelin ou de la ville, et il était fréquent qu'il y ait une auberge à coté ou en face !!!

Modifié par Neopilina
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Membre, Oiseau de nuit, pays Union européenne, 43ans Posté(e)
sovenka Membre 8 638 messages
43ans‚ Oiseau de nuit, pays Union européenne,
Posté(e)
Il y a 16 heures, Neopilina a dit :

Ces mandragores qui poussaient sous les gibets étaient très recherchées en sorcellerie,  :sleep:  . Au Moyen Age, il y a " des lieux de justice " à peu près tous les 10 kms, moi je dis, ils savaient vivre ces gens là,  :lol:  . Le " lieu de justice " se trouvait à une sortie du patelin ou de la ville, et il était fréquent qu'il y ait une auberge à coté ou en face !!!

Et les fourches patibulaires qui se voyaient de loin, pour mettre en garde de céder à la tentation de désobéissance...

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 470 messages
80ans‚ Talon 1,
Posté(e)

Pendu jusqu'à ce mort s'ensuive : le condamné était suspendu plusieurs jours.

Pendu haut et court : beaucoup de travail pour le bourreau qui montait le condamné sur ses épaules, le pendait, puis montait encore pour s'accroupir sur les épaules.

La roue était plus compliquée : le condamné était attaché en croix sur la roue posée au sol. Le bourreau lui cassait tous les membres avec une masse, puis la roue était levée à la verticale pour que le peuple admire le travail.

La mort était une délivrance.

On faisait bouillir les faux monnayeurs dans une chaudron.

On écartelait les régicides.

Le pauvre bourreau avait son pain retourné à la boulangerie. Il habitait hors de la ville.

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 179 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, sovenka a dit :

Et les fourches patibulaires qui se voyaient de loin, pour mettre en garde de céder à la tentation de désobéissance...

Et le carcan sur la place du village. Beaucoup de châtiments physiques " mineurs " se faisaient sur le parvis de l'église, etc.

Il y a 1 heure, Talon 1 a dit :

Le bourreau lui cassait tous les membres avec une masse

Pas une masse !! Un robuste gourdin faisait l'affaire, il cassait tous les os longs (bras, jambes, etc.). Voir le supplice de Ravaillac, une dinguerie, le type chantait des trucs en latin, en communiant avec les parisiens, qui étaient des Ligueurs, des cathos ultras, pour qui Ravaillac était un héros.

Il y a 1 heure, Talon 1 a dit :

Le pauvre bourreau avait son pain retourné à la boulangerie. Il habitait hors de la ville.

Pour le pain retourné, ce n'est pas diffamant, c'est le sien, il entre dans la boulangerie, le prend et s'en va. Pour l'habitation, le statut, c'est selon les périodes et les régions. En Allemagne, des bourreaux ont réussi à devenir " bourgeois ", c'est à dire une ascension sociale pour lui et sa descendance.

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