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moch niap

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  1. Voir les choses à partir de soi suppose que l'on commence à se voir soi. Mais se voir soi commence comment ? de l'extérieur ou de l'intérieur ? y a-t-il un intérieur? C'est la thèse de Descartes. On commence avec les autres (ce que Descartes appelle sa nourrice) à penser et à agir. Cette compréhension basique, Descartes veut en douter. Mais est-ce possible? Peut-on douter de l'existence d'une chose qui se présente à nous ? avons-nous une compréhension de cette existence qui n'est pas mise en doute et qui ne peut l'être? Il ne s'agit pas d'une chose que l'on peut mal discerner! L'existence n'est pas une chose, une substance qui serait commune aux choses. Qu'est-ce que c'est que cette chose qui existe, non pas en tant qu'elle est rouge ou laide ou entière ou imaginaire ? mais seulement son existence, qu'est-ce donc ? un il y a ? un c'est ainsi ? le néant d'où surgit la chose continuellement ? (la création continuée chez Descartes est un acte divin, Descartes a besoin d'un être qui commence, soi, dieu). " ....la philosophie : reposer la question du sens de l'être, non pas ce que sont les choses, mais revenir à l'être des choses (cette chose en tant qu'existante, ce qui d'elle se dérobe en tant qu'existante car ce n'est pas là une partie de la chose que nous pourrions nommer, identifier, reconnaître). Questionner sur l'être en tant que tel n'est pas aller chercher ce qui est commun à tous les "étants". Qu'est-ce qui constitue la chose comme "étant" ? quelle est la condition de possibilité de ce qui est ? il y a de l'être .. pour que la chose puisse être ceci ou cela .. l'être a une universalité plus haute que celle des transcendantaux --unum, verum, bonum ..- il est cette dimension qui se tient au-delà de toute détermination catégoriale, l'autre pur et simple de tout étant, le néant..."
  2. il y a deux manières d'être un "là" (être dans). L'une est comprise à partir des choses et l'autre à partir de soi. L'homme commence à penser en partant des choses et il se voit comme une chose. Cette duplicité apparaît dans la manière d'être-dans, d'abord à la manière d'une chose emportée dans un fleuve, puis à la manière d'un personnage de conte qui habite dans une maison ou dans un trou de la montagne. Habiter un endroit, c'est autre chose que se trouver rangé dans un tiroir ou bien comme un ressort dans un mécanisme ou bien comme un photon parcourant l'univers. Cela s'analyse autrement. C'est tout le travail de la philosophie de remonter ce courant connu mais perdu de vue et de parvenir à une structure propre à l'humain. On trouve par exemple ceci : "-- l'être-dans est le moment constitutif de la relation de l'humain au monde. -- constitution du là, de l'ouverture ; trois manières originelles constitutives de l'humain qui est ouverture ; comment est-il ouverture ? ainsi : disposition, compréhension, discours. ... l'être quotidien de l'homme... caractères de l'ouverture de l'humain quotidien : modalité quotidienne du discours et de la compréhension : bavardage, curiosité, équivoque."
  3. résumé : le temps n'est pas d'abord celui des horloges. Le temps est pensée de la mort qui me rend unique et semblable à chaque autre .... Je suis face à ma mort et je suis face à moi, je suis (sujet, temps, verbe, être, présent). Je suis .. seul avec les autres. Je ne suis pas à la place des autres. Je suis à ma place et je ne peux en changer. C'est un destin. Je suis un être capable de compréhension. Je comprends mon être et celui des choses sans prendre de distance morale ou théorique : dans une intuition qui me tient dans une unité. Morale et théorie sont des jeux de langage possibles, à partir de cette compréhension. Cette compréhension est une dimension. La mort est cette dimension qui m'écartèle à chaque instant en passé et en futur. Je suis à moi-même, à chaque instant le temps. Je suis une unité en tant que temps. L'unité conférée par ma mort et par ma naissance est prise en charge dans la prise de conscience du temps comme "sens" de l'être. Elle me permet de laisser venir à ma rencontre tout ce qui est donné dans cette dit-mension. Ce que je comprends avant toute thématisation morale ou théorique, c'est l'être et cet implicite est rendu explicite par la philosophie comme pensée du temps. Dans l'antiquité, le temps est projeté comme une chose, c'est le fleuve qui nous porte vers notre mort. Chaque maintenant est un état du monde présent que nous partageons avec l'ensemble des choses présentes. Le temps est le lieu d'origine de la question de l'être. Il est l'ouverture au monde. L'homme est au monde en prenant conscience de lui comme mortel. La philosophie explicite les modalités d'être propres à l'homme à partir de la compréhension que prend chaque homme de sa propre existence. "... l'être-dans-le-monde a une structure originellement et constamment totale, formée non pas de parties mais de moments non séparés."
  4. est-ce que vous pensez que de la discussion peut naître des améliorations dans la manière de poser votre problème ? plus les gens sont des moutons et plus ils sont faciles à convaincre que le père noël existe (vraiment). l'observation montre-t-elle cela ? oui, les hommes vivent en société. Ils naissent et grandissent et meurent avec les autres. Quelle est la forme de cette vie en société ? elle est multiple. Y en a-t-il une meilleure ? Non, probablement pas. Une mauvaise alors ? celle qui veut s'imposer comme la bonne ? Oui, probablement, celle-ci semble être terrifiante. Pour quelle raison est-elle à combattre ? celle de la survie : si on la laisse faire elle va "tout" détruire au nom de l"universel " qui n'existe pas !
  5. Le temps est l'humain dans "l'instant" en train d'agir en anticipant un "bien" dont son passé indique le défaut. L'homme est ainsi le temps. Une pierre n'est pas le temps. Mais existe-t-il un temps réel qui soit ainsi "découvert" par l'homme grâce à sa structure "ontologique" (ce qu'il est) ? Une particule de matière unique ne bouge pas. L'être réduit à elle est immobile mais est-il le temps ? est-il en train de changer ? Pour qu'il change, il faut que l'être se divise, qu'une particule s'éloigne d'une autre. Elle peut s'éloigner plus ou moins vite. Comment mesurer la vitesse de cet éloignement ? En supposant un maintenant. Mais y a-t-il un maintenant réel ? l'être change. C'est le maintenant. Ensuite il faut que les maintenant se succèdent de façon homogène : que cette succession d'avant-après soit régulier et c'est ce que permet de supposer le mouvement des astres qui est régulier. On mesure le mouvement d'une particule en mesurant son éloignement d'une autre, grâce au mouvement régulier des astres (ou celui d'une horloge). S'il n'y a pas d'humain, il n'y a plus de temps pensé, mesuré. Mais est-ce qu'il y a un temps réel qui est l'être dans son devenir ? Est-ce que cela a un sens de penser que le devenir de l'être est une suite de maintenant, de changements globaux valant pour toute chose ? Si on est en dehors de l'être on voit l'être comme "une" chose changeante, un univers en expansion homogène par exemple. Ce que dit la physique, c'est qu'une particule ne peut aller plus vite que le devenir de cet être , que l'expansion de l'univers ? Mais une particule qui va à la même vitesse que l'être global ne change pas, elle est l'être immobile ? Une particule qui est à l'arrêt est laissée à l'arrière ? elle n'est plus là ? l'être passé ? Merci à Spontzy de nous apporter ses remarques fondées sur de solides connaissances en physique. Merci à Aruna de s'être intéressé à ce moment où l'objet nous fait défaut en tombant en panne. Peut-on parler d'accablement plutôt que d'angoisse ? Nous sommes brusquement vidés de notre confiance en nous, en toute chose ? Il nous faut souffrir ce moment de désespoir absolu ? il nous faut vite oublier cela et vite réparer ou anticiper l'achat d'un objet neuf, mieux que celui qui vient de nous lâcher, et remettre en marche le monde, nous-mêmes (l'avenir sourit de nouveau).
  6. vous posez le problème en tournant autour de bonnes remarques, il me semble. Ce qui est étonnant, c'est le peu d'échos que ce genre de propos rencontre généralement. Pour essayer de répondre à votre question et en tenant compte de vos remarques, ne peut-on pas dire que c'est la taille de la communauté qui compte ? Ensuite je vous poserais bien une question : pourquoi une communauté "politique" serait-elle l'avenir de l'homme ?
  7. je suis en train d'explorer ces notes et de voir ce que cela m'inspire de remarques qui me les rendent plus intelligibles. c'est comme si j'essayais des chaussures. Que disent ces chaussures ? des choses qui ne nous sont pas familières. C'est toujours ainsi en philosophie, ça n'est pas compréhensible. Que dit cette philosophie ? que nous sommes immergés dans une familiarité et qu'ainsi nous nous découvrons sur le mode de la fuite. Que fuyons-nous en tendant la main pour saisir l'objet, celui que nous apprenons à manier en agissant avec les autres ? Nous fuyons le fait de notre existence. Mais quand est-ce que nous rencontrons ce fait ? cela se produit parfois quand l'objet n'est plus à sa place, quand il ne marche plus et que nous paniquons inexplicablement. Nous approchons le fait que nous sommes déjà là. " .... l'homme est déjà-dans-le-monde, il éprouve qu'il y est jeté comme être-en-avant de soi, esquive cela, que l'existence est existence de fait. L'angoisse rend visible cette existence de fait accomplie de manière impropre, comme immersion dans le monde, dans la préoccupation, l'inauthenticité..."
  8. ce sont des notes prises à la lecture d'un livre. Il y est question de l'étrangeté de l'humain en tant qu'il est jeté dans le monde, il y est question du rapport essentiel au monde. C'est un point de vue ontologique (celui qui tente de dégager le philosophe) sur le phénomène le plus originel pour parvenir à comprendre qu'il puisse y avoir quelque chose comme un être-dans-le-monde sur le mode de la familiarité. ce que nous acquérons par l'habitude forme un automatisme, une spontanéité, une évidence, une aisance, une familiarité dans le monde. Ce qui permet cette familiarité, c'est un habiter dans le monde, qui est celui de la parole dans laquelle nous sommes invités depuis l'enfance, à prendre nous-mêmes la parole pour nous adresser à l'autre présent, en nous dressant hors de la familiarité, en existant (certitude et incertitude). La découverte de soi, de sa mort toujours possible, singularise, isole l'homme dans son habiter dans le monde familier, vers son être dans le monde le plus propre. Il perd la familiarité, il entre dans l'indétermination du présent, il acquiert le mode d'être de l'étranger, de l'être jeté dans le monde par la naissance (moment de la prise de parole). " .. angoisse face à l'être-dans-le-monde jeté ..... angoisse pour le pouvoir-être-dans-le-monde. L'angoisse est un phénomène unitaire où se nouent ces 2 existentiaux (être-jeté, projet) : se dévoilent la facticité et l'existentialité comme structures de l'être-dans-le-monde, les structures du souci. le souci : ne pas être indifférent à son propre être, le comprendre, exister sur le mode de la projection de son propre être, être en vue de son propre pouvoir-être, avoir soi-même comme sa propre finalité, en avant de soi-même, se précédant comme projet."
  9. c'est pas le catholicisme, qui ne brise plus personne. ce n'est pas le polythéisme qui a quasiment disparu. Il reste quoi ? Vous vivez sans aucune religion ou bien vous avez foi en quelque chose ? et vos parents attendent-ils de vous que vous croyiez en quelque chose même si ce n'est pas ce qu'ils pensent être le vrai et le bon ?
  10. moch niap

    Le corps et l'esprit

    improviser, cela s'appuie sur une technique assurée de telle sorte qu'on n'ait pas à faire attention à ce qu'on fait. On est entièrement dans l'écoute. Peut-on appeler cela usage de la raison ? la raison est plutôt du côté de l'utilitaire : je fais une chose avec des raisons de le faire. Est-ce que j'ai des raisons d'improviser ? est-ce que j'ai des raisons de manger ce bon gâteau ? On dit plutôt : j'ai des raisons de ne pas le manger même si j'en ai envie. La raison est ce qui en nous indique ce qui maintient l'harmonie du "tout" et préserve le principe de l'unité contre tout ce qui risque de conduire à la perte de soi.
  11. l'homme entre dans le monde parlé par ceux qui le précèdent et qui l'y font entrer en agissant avec lui. L'homme ainsi apprend à se préoccuper de lui-même à partir des choses auprès desquelles il est dispersé. L'âme est le reflet du monde. Elle apprend à se discerner, en partant de l'opinion, de la pensée, et en vient ainsi à se connaître en tant que "qui". Elle se découvre à elle-même comme être dans le monde et non comme chose qui est un "quoi". Elle a à être à la différence des choses qui déjà sont. Elle n'est pas un objet, elle n'est pas objectivable à la manière d'une chose qui apparaît. Elle se projette dans l'avenir. Elle existe à partir de sa facticité (son être là, jeté à sa naissance dans le monde qu'elle découvre) et cela dans l'instant de la décision parmi ce qui se donne à elle comme possible. " ...L'analyse de l'être-dans-le-monde quotidien montre un humain existant non pas à la manière des choses mais sur le mode de la dispersion, son soi est celui du on. On répond à la question "qui" dans la préoccupation quotidienne, on est celui qui est immergé dans le monde, préoccupé et près des choses. Le "on" est le phénomène originel à partir duquel chaque humain doit commencer à se trouver lui-même, s'approprier son être, le rendre propre (le sien). On peut distinguer la visée à vide, la pensée symbolique et le remplissement intuitif, la pensée authentique. L'homme est un soi sur le mode de la dispersion et son être-soi en propre est une modification existentielle du on. C'est de cette façon qu'il parvient à la question du sens de l'être (en questionnant ce qu'il a à être pour exister de manière appropriée)."
  12. moch niap

    Le corps et l'esprit

    la conscience semble être comme une peau intermédiaire entre un milieu intérieur et un milieu extérieur. Elle est comme la surface d'un lac dont les eaux changent de couleur au gré des événements. Il s'y produit des irisations fugaces : couleur triste sans doute à la suite de l'évocation du passé envolé, couleur rouge d'une colère née de ce que les choses ne se passent pas comme "prévues", couleur noire lorsque l'angoisse annonce le vide venu on ne sait d'où ! Et puis voici une risée qui transforme la surface en un scintillement qui nous fait oublier le dedans et tourne notre regard vers les collines, vers les nuages, la lune, les étoiles.
  13. qu'il y ait quelque chose plutôt que rien. Ce rien, c'est le vide insupportable. Qu'est-ce qu'il fait là ? qu'est-ce qu'un homme dans une salle d'attente ? Un homme désœuvré, rien ne se passe en lui qui ne donne naissance à une décision. Une cocotte-minute avec le feu au-dessous, au-dessous car refusé. Refusé comment ? dans un discours "édifiant " qui prône la production de l'homme par le travail, l'ascèse, l'exercice et la remise à plus tard de l'accomplissement, de l'épanouissement. Pourquoi faut-il attendre et dans l'attente s'exercer à devenir meilleur ? pour devenir meilleur, en vue de quel jugement ? Est-ce que l'artiste s'exerce ? Non, il agit, il décide, cela vient de lui, dans l'instant pour autant que celui-ci soit indéterminé. L'exercice, c'est strictement l'inverse : c'est donc se fuir. De même que la machine peut produire des gestes sans que cela parte d'elle-même, de même l'esclave peut produire à la chaîne des confettis pour les touristes qui s'ennuient.
  14. il s'agit bien de rédemption. L'homme est voué par nature à la souffrance. Il doit s'atteler à la charrue et modeler la nature, soi-même : car les deux sont mauvais et indiquent la mort en chantant. Les fourmis travaillent à la construction de la "civilisation" Le petit cochon doit construire sa civilisation en briques pour que le loup ne la souffle pas. Nous sommes ainsi vidés de notre vérité, nous allons d'un vide à un autre : car nous rêvons de la retraite et des vacances lorsque nous sommes au travail. Agir ne veut pas dire travailler. Agir, cela part de soi, c'est être dans le mouvement, ce qui part sans cesse de soi. Travailler n'a pas besoin de cela : un robot, une bête peut faire ce que l'on "fait". Travailler, c'est fuir dans la servilité. Le capitalisme trouve son succès dans cette fuite de soi : elle récupère des esclaves et des maîtres et produit un monde d'affrontement autour de la nature que l'on détruit rageusement. L'activité créatrice : dieu créa ...et l'homme est à l'image de dieu. Malédiction : la Bible nous réduit. Ou bien, ou bien. Si tu ne glorifies pas le travail, tu blasphèmes. Si tu te détournes du travail, tu n'es rien. Aussi sommes-nous vides dès que nous cessons de travailler, de nous "racheter" d'on ne sait quel mouvement qui nous entraîne on ne sait où !
  15. il est possible que nous soyons autre chose qu'une pure force de travail, une force vouée au travail par une conception de l'homme issue de la Bible et prolongée par le capitalisme. Quelle est la différence entre agir et travailler ? est-ce que cette différence ne montre pas la racine de ce mot "travail" comme souffrance que l'on inflige sans raison autre que celle de la rédemption ?
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