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Thugville

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  1. La nature du désir du pouvoir dirigeant est d'oppresser et la nature du désir du peuple est de ne point être opprimé. Distinction chez Machiavel. Le peuple ne sert à rien, comme les élites. Ce n'est pas une question d'utilité, c'est une question de nécessités et d'idées : nous sommes là : que faire ensemble ou que faire de ce peuple ou comment régir/gouverner ce peuple ? Pour répondre à ces questions, il faut déjà connaître ce peuple. Désolé mais j'arrête de répondre aux citations : quelqu'un a fait un c/c de ma présentation de sujet pour en faire la moitié de son article sur agora.vox sans me consulter ou bien me citer. https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/qui-a-peur-du-populisme-220138#forum5635161
  2. Marzhin merci beaucoup pour votre réponse qui éclaire les difficultés avec un oeil vraiment net et fécond. Votre distinction communauté/corporatisme/strate a vraiment grande portée heuristique (je ne sais pas si elle vient de vous, sinon je veux bien une référence de bibliographie !). Et vous avez compris le point que je vise : en effet, quelles valeurs communes ?! Et comment penser la République aujourd'hui ! Votre imbrication élitisme/populisme me semble aussi intéressante mais je ne choisirais pas nécessairement cette voie. J'ai tendance à considérer que le populisme est une voie de l'illibéral, qui pour reprendre vos termes s'ancre profondément dans la croyance selon laquelle le peuple est un corps (le peuple-organiciste pour vous citer), et est dépendant d'une volonté générale à INCARNER (non plus représentée). Je pense qu'il est possible d'avoir des élites conscientes d'elles-mêmes, technocratiques qui savent représenter un peuple qui au fond est différent d'eux. Lorsque ces élites évitent la technique des fake news, sont dans la discussion et jouent au jeu médiatique de bon coeur sans diatribes, savent rassembler sans rassembler (c'est-à-dire conquérir un électorat majoritaire sans avoir la prétention d'incarner la volonté du peuple) je crois qu'on peut les dire non-populistes. Bien qu'en effet, je ne suis pas dupe du jeu populiste, d'incarnation d'autorité qui est nécessaire à tout projet politique démocratique. Je ne suis pas non plus dupe des institutions "démocratiques" de représentation qui au fond trahissent tout de même l'idéal démocratique. Je ne suis pas non plus dupe de cette technocratie du lobbying, du clientélisme-corporatisme et du népotisme ! Mais enfin, je crois que la distinction populiste/élite est conservée ! Définitivement, vous visez juste... Pour la question de l'universalité... Les valeurs de la République sont-elles universalisables ? D'où le fait que les questions d'identités, d'enracinement et de communautés me semblent tout à fait pertinentes et manquent encore d'être (sérieusement) investies. Elles doivent être repensées, bien qu'elles aient mauvaises presses et nous cataloguent de fait dans le champ de la pensée diabolique du nationalisme étroit et dangereux (pour ne pas employer le terme fasciste)... Merci encore !
  3. Merci pour vos contributions à ce sujet, je suis surpris par la qualité des remarques ! Cela fait grand plaisir. En philosophie politique, je crois qu'il est fondamental d'essayer d'identifier des tendances de pensée du réel en mettant en avant les points de grincements et de rouille qui se forment dans les idées politiques. Honnêtement, que l'on soit en démocratie ou dans un autre système politique, peu importe. Mais l'esprit démocratique lui (société des égaux triomphante), perdure : ainsi comment gérer cette société qui définitivement est démocratique, avec des institutions cohérentes et au mieux (je prends cette posture libérale), démocratiques ! Là, je constate que le citoyen d'aujourd'hui est un citoyen qui ne sait pas prendre de responsabilités sur le plan de la communauté, ne pense que par le biais de sa personne et de ses problèmes intimes, et qui d'ailleurs a de plus en plus de difficultés à en prendre pour soi en essayant de se développer sur la base d'une authenticité de soi-même (introuvable) et d'une culture du divertissement. Houellebecq a bien identifié cela à travers son oeuvre, tout comme Kundera d'ailleurs. Pour ce qui est de la démocratie, je récuse le fait de trouver des "solutions" claires, à la Rousseau, au risque de tomber dans une dérive totalitaire impensée. La société n'est jamais transparente à elle-même, et est, Durkheim et bien d'autres (comme Tocqueville) nous l'ont montré, toujours une énigme traversée par un pluralisme et des contradictions qui font le coeur de sa fécondité. Guillaume, votre réponse est intéressante, mais effectivement, peut-être que vous pourriez expliquer en bien moins de mots ce que vous vous évertuez à expliquer en plusieurs centaines, dans un imbroglio dommageable ! Pour ce qui est de ce que j'ai compris dans les grandes lignes, je défendrai mon sujet en disant qu'il est fondé sur une base libérale et critique, et que la philosophie critique est fondamentale pour pouvoir développer un discours pertinent sur les points à propos desquels les individus suffoquent dans la difficulté : je reste convaincu comme Spinoza que c'est en comprenant ce qui nous conditionne que l'on devient plus libre, sans nécessairement donner une prescription (qui souvent est loufoque lors que la simplicité est souvent réelle solution).
  4. Bonjour, J'aimerais débuter un sujet sur le problème du citoyen-enfant aujourd'hui et de l'incapacité à redéfinir le projet de l'invention démocratique et de l'autonomie politique. Il me semble que nous sommes baignés dans un univers hyper-médiatique d'hyperconsommation dans lequel le bonheur personnel à tout prix et le repli de soi-même dans la sphère dépolitisée de l'intime et du privé est de plus en plus saisissant (il n'y a qu'à jeter un oeil aux étagères de développement personnel qui phagocytent celles de la philosophie). L'impératif tyrannique du bonheur et du plaisir semblent être les seules perspectives idéologiques qui constituent le fond de l'expérience individuelle. En même temps, cette sphère de l'intime est bouleversée par le domaine du divertissement qui s'empare des réseaux sociaux et brouille la frontière du public et du privé dans un jeu permanent et une incapacité au sérieux. On ricane constamment, lors que notre monde de libertés s'effrite. Pire encore, la lucidité face à l'effritement de ce monde ne sait que produire cynisme et ricanements renouvelés. Bref, dans un environnement du rire, de l'insouciance et de la légèreté, mêlé à la gravité d'un citoyen clientéliste et intéressé à courte-vue politique déguisé derrière de grands principes moraux et des opinions peu rigoureuses et éclairées, quelle communauté politique est-elle possible d'envisager, si ce n'est celle des experts technocrates de plus en plus inconscients des réalités sociales ? Dans cet environnement-ci, j'ai beaucoup de mal à voir une alternative autre que le triomphe d'une démocratie illibérale du populisme forcené, l'approfondissement d'une société utilitariste de la débilité et de l'incurie du projet politique. Dans la déliaison sociale de la seule réalisation de soi-même, de tous les enjeux d'avenir qu'ils soient écologiques ou géopolitiques, quel avenir à envisager pour notre esprit démocratique et notre vie démocratique ?
  5. Bienvenue sur ForumFr Thugville

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