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Tout ce qui a été posté par Arkadis
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C'est vrai je m'agace quand je lis de tels développements. Mais il faut que je sois juste : tout dépend de l'exigence qui nous habite. Il y a quand même des exigences d'action, pour qui est exigeant avec lui-même, nous avons envie de dire aux mecs qui écrivent ce qu'ils écrivent ici : mais merde alors, elles sont où tes études documentées ? elles sont où tes publications ? ( c'est ce que finit par demander Bergame à notre "étoile" de digression (où je suis toujours inscrit même si je n'interviens plus) injustement bannie (selon elle). Parce que dire "je suis un sacré grand mathématicien , la preuve j'ai eu un dialogue pointu en mathématique sur un forum où se dispute trois pékins", faut pas déconner quand même, ou encore "je vais faire la synthèse de Sartre et de Heidegger", moi je me dis ; putain le mec il publie quand ? Un tel génie c'est le Messie. Bon on va me dire: mais pourquoi tu ne laisses pas les mecs rêver, penser qu'ils sont des cadors en math et en philosophie, alors qu'ils ne sont pas foutus de conseiller un lycéen en terminale ? pourquoi tu n'es pas compassionnel avec les gens que la vie a abimés ? ouais, je manque de compassion, ok. Je suis un méchant quoi. Je suis même vachement méchant. Bon ce qui est tout de même intéressant sur un forum, sur celui-là en tout cas, c'est qu'il est possible de s'exercer à une certaine écriture. C'est qu'il est possible de l'utiliser comme laboratoire pour élaborer d'autres écrits, qui eux, peuvent être publiables, peuvent être publiés.
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Oui je suis d'accord avec vous, l'instinct ce n'est pas un truc automatique, ni genré, c'est un truc qui "bouge aussi" c'est pas un truc "machinal" (machine), il faut arrêter avec cette vision simple du vivant, cette vision simple de l'animal, du végétal...de l'humain. Tout ce qui n'est pas conscient n'est pas "con", loin de là.
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Ce mouvement intérieur est propre à tout être vivant, c'est aussi le propre de l'homme (l'être humain). Mais il y a cette croyance : croire que, chez l'homme, tout part de sa conscience, que sa conscience dirige. C'est possible mais n'empêche : c'est une croyance, pas une certitude. Tout part, pour moi, d'un mouvement intérieur inconscient (j'ai donc une croyance autre que la croyance normale !), même chez l'être humain, la conscience, le fait conscient n'intervient qu'après. Il suffit de voir comment le monde évolue pour comprendre que ce sont bien des mouvements inconscients qui mènent la danse (les instincts, pratiquement tous recensés aujourd'hui par les neurosciences). La conscience est un instrument je le sens ainsi, un outil utilisé par ces instances inconscientes pour mieux atteindre leur but. Pour en revenir à la maternité je ne vois pas de mouvement délibéré vers la maternité même pas chez les animaux. Ils s'accouplent certes, là est un mouvement inconscient intérieur, mais le fait qu'il y ait ensuite grossesse n'est même pas inscrit dans l'instinct de l'animal ! le fait qu'il y ait grossesse suppose donc autre chose que le seul instinct de l'individu animal. Bien sur une fois que la grossesse advient l'attitude de la mère vis a vis de sa grossesse, acceptation ou pas est plus délicate à juger (au sens comprendre, pas de juger au sens valeur). Pour les humains ses capacités conscientes lui permettent de remarquer que l'accouplement est suivi d'une grossesse (cela n' a pas été découvert tout de suite !). Constatant cela il peut choisir d'enfanter ou pas, la seule force du conscient est de dire oui ou non à quelque chose, pour l'origine de la décision c'est l'inconscient (mais les croyances actuelles ne pensent pas ainsi c'est sûr). Après on peut valoriser certes l'enfantement mais cette valorisation est culturelle, elle n'est pas inscrite à l'état brut dans le fait naturel. Le fait que la valorisation soit culturelle n'entache pourtant pas cette valorisation, car le fait culturel c'est aussi quelque chose de mystérieux, qui dépasse aussi notre seule conscience.
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En effet dans cette affirmation du foromeur auquel vous répondez il y a un un jugement de valeur qui tend à dévaloriser quiconque n'a pas eu d'enfant (à soi). C'est regrettable. Une personne qui n'a pas eu d'enfant ne connait pas en effet l'expérience de quelqu'un qui en a eu ( cela est vrai de toute expérience) mais le fait de n'avoir pas d'enfant à soi n'entraîne pas ou ne suppose pas une auto-suffisance, bien entendu.
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Qu'est-ce qui fait qu'une chose est vivante ?
Arkadis a répondu à un(e) sujet de Leverkuhn dans Philosophie
Je reviens sur le texte de votre post. Critères objectifs pour définir la vie : oui il en existe. En général ces critères sont des descriptifs du mode de fonctionnement de la cellule de base. Croissance, métabolisme, division cellulaire, "frontière" (membrane), réactivité à l'environnement etc. Pourtant il nous semble qu'il manque quelque chose dans tous les critères "objectifs" que nous pourrions trouver. Mais ce qu'il manque et que nous aimerions trouver, ce "quelque chose" qui manque pourrait bien en effet être une projection subjective de quelque chose "de nous". Mais justement nous sommes nous aussi vivants. Si quelqu'un faisait un descriptif exhaustif de nous, descriptif chimique, descriptif métabolique, descriptif des fonctions, etc. nous nous dirions : oui, mais il manque encore quelque chose. Mais quoi, qu'est ce qui manquerait lors même que nous aurions fait un descriptif exhaustif de ce que nous sommes ? Prenons un robot, même un robot de science fiction qui aurait la faculté de se réparer, de se reproduire, pourquoi pas, de réagir etc. certains diraient : voilà, c'est bien un être vivant, mais d'autres en douteraient. Ceux qui en douteraient qu'est ce qui selon eux manquera encore à un robot ? Et qu'est ce qui, pour eux, ferait oui qu'un robot pourrait enfin bien être vivant ? -
Qu'est-ce qui fait qu'une chose est vivante ?
Arkadis a répondu à un(e) sujet de Leverkuhn dans Philosophie
Nathalie A. Cabrol est une astrobiologiste spécialisée dans la recherche de vie possible dans l'univers. Elle est donc bien obligée de définir la vie. Elle écrit "comment reconnaitre (ou trouver) quelque chose qu'on ne peut pas définir ?" Elle en convient : personne ne parvient à donner une définition satisfaisante de la vie. Il y a plus d'une centaine de définitions à l'heure actuelle qui sont en fait des descriptions. Il y a la définition la plus large possible : "la vie est un système chimique capable d'évolution darwinienne" mais cette définition ne sert pas à grand chose dès lors qu'il s'agit de rechercher des traces de vie ici ou là. Il y a aussi la question : à quel moment la chimie devient biologie, question que je trouve intéressante, mais là pareil, personne n'a encore de réponse définitive. Avec le développement de l'IA et des robots une autre question surgit : à quel moment pourrait on dire qu'un robot passe de la mécanique à la vie ? en fait actuellement la question est : à quel moment pourra t on dire qu'une IA et consciente ? Et là subtilité : une IA consciente est-elle en vie ? nous voyons apparaitre une différence entre conscience et vie. Il y a enfin cette phrase de Jésus : "Je suis la Vie" cette affirmation m' étonna beaucoup quand j'étais enfant. Si nous prenons Jésus pour un homme (non pour un Dieu) alors son affirmation vaut pour tout homme, tout homme ou femme peut dans son sillage affirmer :"je suis la vie". C'est ce que je me disais alors. Il y a là un indice qui peut aider à trouver une définition de la vie. -
Je me rends compte que la philosophie, la religion, la psychanalyse et même maintenant certaines IA sont des lieux d'exercice de pouvoir où les instruments du pouvoir utilisés sont les mots. Pourtant je fais erreur en critiquant les usagers des forums, ces usagers sont de braves gens qui ne se rendent pas compte qu'ils sont des proies. Il est nécessaire de m'enfuir des lieux où s'exerce la philosophie tant ces lieux sont investis pas des "maitres" aux intentions obscures. Je ne veux plus entendre parler de philosophie, c'est fini; je veux m'extraire de cette gadoue.
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Il semble que la philosophie, au moins en France, soit devenue un lieu d'expression d'errances mentales. Quelque chose de moribond, vaguement attractif pourtant, mais justement : qu'est ce qui peut être attractif dans de telles affections mentales ? Je ne parle pas que du forum, mais de tous les forums de philosophie qui sont tous morts ou qui meurent. Sur digression, dont un exclu venu ici a le spleen, ils ne sont plus que trois ou quatre à répéter la même chose depuis dix ans, des répétiteurs qui ne savent même pas qu'il existe d'autres philosophies que la philosophie momifiée des Grecs. Il y a pourtant une attraction comme si tout ce qui était morbide finissait par éveiller la curiosité. La maladie mentale dit aussi quelque chose de nous, nous les êtres humains. Certains viennent toujours contempler le cadavre de Dieu, d'autres contemplent les reliques de la philosophie grecque. Que nous disent ces ossements ? Aujourd'hui les philosophes, en France, sont devenus des animateurs d'émissions de télé, ils animent, donnant leur caution à n'importe qui dès lors qu'il est puissant, en citant Platon, Parménide, Aristote, enfin tous ceux qu'ils peuvent citer, citations dont tout le monde se fout. Il n' y a plus guère que certains scientifiques pour réfléchir aux questions essentielles. Nous voyons derrière eux surgir des révérends, prosternés, reprenant leurs travaux sans être capables de maitriser aucune technique scientifique, fascinés par un Verbe auquel ils ne comprennent rien. Pourtant il existe des scientifiques humbles, qui ne s'appuient pas sur le Verbe mais sur les inquiétudes de chacun pour tenter d'ouvrir de nouvelles voies d'exploration des mystères propres à notre vie sur terre. La philosophie n'est pas morte quand elle accompagne des engagements politiques, sociaux, scientifiques, familiaux quand elle accompagne l'action, elle devient maladie mentale quand elle devient un métier, une spécialisation.
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Ce qui est grisant c'est qu'ainsi il est possible de se dégager du mal et du bien et de tout s'autoriser, de faire cette expérience : je m'autorise tout. Je me dégage de la populace, des classes moyennes dont je sais que leur morale est une morale contrainte, une soumission à l'ordre des puissants, une soumission à leur Loi. Immanquablement celui qui se dégage de la Loi, du mal et du bien, a le sentiment d'être un "prince", il rejoint les puissants, ceux qui peuvent se payer le luxe de se situer au delà du mal et du bien. C'est ce que ressent Nietzsche qui va même s'inventer une origine aristocratique polonaise bidon. Il ne parvient pas à se hisser au niveau aristocratique qu'il revendique, il reste le fils de pasteurs, il reste un prophète qui séduit les faibles ou les adolescents, les immatures. Une fois la griserie passée il reste la réalité vécue. Il ne s'agit plus de lire Nietzsche et de se mouvoir dans ses miasmes il s'agit d'éprouver la vie dans la pratique quotidienne. Il s'agit alors de s'engager dans la vie des autres, il ne s'agit plus de pérorer. A ce moment là vous revenons au réel, nous rencontrons l'autre, qu'il soit faible ou puissant, maitre ou esclave, nous voyons apparaitre la subtilité, la fragilité et la puissance de la Vie, qui certes continue de se situer hors du mal et du bien mais qui appelle à la compréhension, à la compassion. Ce que nous rencontrons au delà du mal et du bien, c'est d'abord la guerre et le désir de guerre certes, mais c'est ensuite la séduction exercée par le vivant, qu'il soit puissant ou faible, qu'il soit dans le Mal ou dans le Bien.
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Je continue d'affirmer que les grandes questions philosophiques, d'où venons nous, où allons nous, qui sommes nous, etc. intéressent chacun.e et que chacun.e a le droit d'y répondre avec sa sensibilité, son savoir, son origine etc. sans devoir passer par un "maitre" un sachant un spécialiste. Bon là je suis en train de refaire la révolution de Luther contre le Pape : lisez les écritures vous mêmes sans le secours d'un prêtre. Les catholiques zombis et autres n'aiment pas.
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Oui c'est vrai, ta manière de parler d'elle d'ailleurs m'a touché. C'est ce qui m' a décidé d'écrire à son sujet. Mon épouse est originaire du Maroc et elle se souvient de BB comme toi tu t'en souviens, comme d'une femme qui, en tant que femme, ouvrait des perspectives à toutes les femmes. Mais tu touches autre chose que je commence à extraire : nous pouvons avoir des liens affectifs profonds avec des personnes qui pourtant, sur le plan des idées, ne nous sont pas comment dire ? favorables ? Je comprends ton émotion s'agissant de JMLP. Tu risques de ne pas être comprise, mais c'est vrai, il importe peu que tu ne sois pas comprise.
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C'est vrai qu'elle a défendu des idées d'extrême droite...Pourtant je n'étais pas sensible à ses idées, mais à autre chose en elle...Quoi ? je ne sais pas. Je suis attristé par son décès. Je m'étonne moi-même d'être attristé ! Comme quoi il y a bien autre chose, au delà du mal et du bien. Peu importe que ses idées fussent parfois rangées dans le monde du mal, je crois bien que j'aimais cette femme.
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Je suis toujours un peu surpris par les manifestations féminines des françaises (ici). Elles sont toujours passives, en attente. Tu me dragues, tu me plais, ok je te dis oui. Tu ne me plais pas ferme ta gueule. Jamais ces femmes (françaises) sont actives. Bizarre tout de même. Je n'ai pas dû rencontrer des françaises dans ma vie. Parce que des femmes qui insistent ça je connais. Je me demande de quelle nationalité elles étaient.
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Ah c'est donc ça votre problème, la vôtre est petite. Je commence à mieux comprendre votre philosophie. Cela dit ce n'est pas grave néo, une petite active, ça plait aussi.
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Il est nettement plus facile d'écrire des essais ou des textes philosophiques, des recueils d'idées que d'écrire un roman. J'étais parti sur une autobiographie, sur la demande de mes descendants, mais ça tourne genre roman. Ecrire un roman oblige à réellement aller au delà du mal et du bien, il est nécessaire de savoir incarner des personnages dont les actes ressortissent au "mal". Pourtant il n'est pas possible en tant qu'auteur de prendre partie, sinon ça tourne essai moral ou philosophique. C'est ce qui est arrivé à Sartre et à sa compagne, leurs romans sont encore des essais philosophiques ou moraux. Encore qu'avec l'âge de Beauvoir a écrit des autobiographies assez éprouvantes à lire. Il y a toujours eu chez Sartre et chez elle une vision sale (c'est un euphémisme) des rapports intimes. Mais consentir à incarner celle ou celui classé.e dans le mal par le sens commun est épuisant, vraiment épuisant. Il est même impossible parfois d'écrire à la première personne "je" car dans ce cas il n' y a plus d'objectivité. Me voici obligé de créer des personnages grâce auxquels je peux dire ou faire ce que la morale réprouve ou dégrade. En définitive nous en apprenons plus sur l'être humain à travers le roman ou toute autre forme d'art qu'à travers la philosophie ou la religion. Justement parce que l'art permet de se dégager du mal et du bien pour atteindre l'authenticité, atteindre ce que chacune, chacun cache en elle ou en lui en raison de l'assujettissement à la morale ambiante. Cet assujettissement est encore plus intense chez les catholiques pratiquants ou zombis chez lesquel.les la pensée mauvaise est réprouvée au contraire de la culture judaïque qui permet l'expression de la pensée dite mauvaise. Le "bon" romancier , l'artiste tel que je le conçois donne de sa personne, de son expérience, de ses engagements, là où le philosophe, le religieux ne donne rien de lui, rien de sa singularité, elle ou il se contente d'égrener des idées, avec cette intention morale, dire le mal et le bien.. Quand je lis qu'être philosophe doit être un métier je me dis que nous atteignons le fond, nous creusons même plus bas que le fond. Mais je suis optimiste, la philosophie est actuellement saisie par de jeunes scientifiques qui ne font certes pas de la philosophie un métier ! mais une réflexion sur les questions essentielles toujours les mêmes : quel peut être le sens de la vie, et s'il n'y a pas de sens, comment vivre, quand même ? Ces questions là doivent elles être traitées par des professionnels ? certes non, mais dès que sont posées des questions essentielles voici venir les prophètes, les vautours et les malades qui tentent de s'approprier la parole, pour exercer sur les autres leur magistère pernicieux. Chacune, chacun a la pleine liberté de traiter, comme elle ou il l'entend de questions qui engage chacune, chacun dans sa vie. Ceux qui veulent faire de l'exercice religieux ou philosophique un métier sont des prédateurs, des mauvais dont il est nécessaire de s'écarter.
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C'est curieux comme parfois le hasard des discussions peut conduire à prendre conscience de certains faits essentiels. Ecrire : la vie ne peut pas être soumise aux catégories du mal et du bien, c'est écrire quelque chose QUI ME CONCERNE. En jetant un coup d'œil sur mon passé je n'ai en effet jamais initié aucune pensée ou aucun sentiment sous les catégories du mal et du bien. Pour moi le spectacle de la vie, du vivant est premier que ce spectacle se déroule dans le mal ou dans le bien. Quand j'étais enfant puis ado je regardais et étudiais avec le même intérêt les agissements de Hitler ou ceux de Jésus. Toujours je me situais au delà du mal et du bien. Je me demandais comment la Vie pouvait s'écouler aussi bien dans les vallées ouvertes par Hitler que celles ouvertes par Jésus. Je me rends compte à quel point cela m'a distingué de mes frères et sœurs, qui eux toujours ont pensé et pensent d'abord sous les catégories du mal et du bien. Et à quel point cela me distingue en fait de tout le monde. C'est assez rare cette attitude et quand je fouille dans mon passé je me rends compte que c'était ma mère qui était ainsi, elle se situait en effet toujours au delà du mal et du bien, même si ensuite elle adoptait des attitudes noyées dans des choix moraux "déchainées" mais après considération "au delà du mal et du bien". Cela la conduisait à dire des choses incroyables, absolument immorales qu'elle ne disait qu'à moi. Elle se situait aussi dans l'Aristocratie, les meilleurs, puisque pour elle seuls les meilleurs sont capables de de situer au delà du mal et du bien. Les autres relevaient plutôt de l'esclavage, en cela elle était assez nietzschéenne. Je pense qu'une telle attitude, absolument amorale voire immorale est aussi le propre de certains artistes. Je pense à Jonathan Littel et son roman "les Bienveillantes". Je fus stupéfié qu'un artiste puisse aller aussi loin dans l'éviction du mal et du bien pour parvenir à ce point là à incarner un nazi. Bien sûr cette attitude, au delà du mal et du bien serait dangereuse si elle était partagée par trop de monde. Elle ne peut être partagée que par une frange de la population. C'est un LUXE que de se situer au delà du mal et du bien. Et il est nécessaire à un moment de descendre dans le monde du mal et du bien puisque le monde social réel est tout de même régi par ces catégories là. Il est nécessaire de s'adapter. D'un autre côté celles et ceux qui parviennent à se situer au delà du mal et du bien révèlent quelque chose de la Vie que les autres ne perçoivent pas.
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Il est impossible d'enfermer la vie dans les catégories du mal et du bien. Les êtres humains qui le font veulent prendre le pouvoir sur elle et lui assigner leurs propres buts. C'est vain. Quand ils pensent l'avoir domestiquée, elle s'échappe de leurs mains en riant, et s'octroie même parfois la liberté d'exercer sur eux sa cruauté.
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Je me souviens de mes débuts sur le forum. J’avais lancé un sujet sur la relativité, je ne parvenais pas à croire en l’histoire des jumeaux, bon, peu importe. Dans mon post je m’étais appuyé sur le texte de 1905 de Albert Einstein « de l’électronique des corps en mouvement » dans lequel, dès la première page, il s’essaye à définir le temps. Il écrit : « Les difficultés provenant de la définition du « temps » peuvent être supprimées quand, au « temps » nous substituons « la position de la petite aiguille de ma montre ». Et Einstein enchaîne sur des horloges. Et là, soudain, un spécialiste du forum, certes méconnu mais brillant, un spécialiste de la relativité, de la quantique et de la désintégration du vide, fait irruption, me prend de haut et m’écrit : « ah ah ah Einstein qui parlerait d’horloges, mais vous n’ y êtes pas, Einstein n’a jamais parler d’horloges, Einstein il a créé l’espace de Minkowski ». Je me suis senti vraiment nul, pire que le petit arpenteur de Kafka. Je relis Einstein, je me dis bah zut alors Einstein il parle quand même d’horloges, bah zut alors Einstein il ne s’appelle pas Minkowski. J’ai cru devenir fou. Je lisais un truc, j’écrivais ici ce que je lisais, et le spécialiste me disait que ce que je lisais n’existait pas, et en plus Einstein me disait-il il s’appelait bien Minkowski. Je prenais tout cela au tragique avant, bon, maintenant je me marre et je trouve même que c’est intéressant de trouver un endroit où il est possible de rencontrer des gens qui sortent de l’ordinaire. Ca fait des expériences.
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Ca m'inspire ce matin cette histoire d'Idéalisme et de Mathématiques. Les Mathématiques ! Avec un M majuscule. Je pense ce matin à la Statistique. Dans ma vie professionnelle (j'ai pratiqué au moins une vingtaine de métiers, j'ai même été débardeur dans les mines de cuivre du Roi Salomon ! et même prof de math, vive l'éclectisme !) j'ai eu à faire avec la Statistique. Un jour, il y a longtemps, je fus chargé de mettre sur pied des statistiques concernant certains types de prêts (acquisitions de logements neufs) distribués par certains établissements financiers. Je crée mon premier tableau (je travaille à l'époque dans un organisme de contrôle, un organisme d’Etat), fallait contacter toutes les banques, la galère, bon je confectionne mon tableau. Il n'y avait pas encore Excel, faut tout faire à la main. J'entre les stocks déclarés des banques, ensuite les distributions mensuelles de prêt, puis stock en fin de période. J’étais fier. Je créais de nouvelles statistiques qui allaient prendre place dans le bureau d'un décideur au ministère du logement. Le mois suivant, nouvelle statistique. A nouveau relevé des stocks en début de période, flux du mois, stock en fin de période. Toujours aussi fier. Et là le responsable me dit, faites gaffe vos stocks de début de période là, ce ne sont pas les stocks de fin de période de votre dernier relevé ! Je me suis aperçu que les banques disaient n’importe quoi. Coup de fil aux banques : fournissez moi des chiffres cohérents. Les banques s’exécutent, elles me donnent des chiffres cohérents. Je me suis bien douté qu'elles avaient truandé mais ce n'était pas mon problème. Les statistiques donc on peut les bricoler mais il faut respecter un minimum de cohérence, avant que la statistique puisse devenir la Statistique, avant que la statistique prenne Vie. Il faut d'abord soumettre la statistique à la logique formelle, après il est possible de lui donner Vie. L’idéalisme c’est impressionnant. Moi Dieu caché je peux donner la vie aux objets inertes ! El l'objet inerte qui grâce à moi prend Vie et bien à son tour il me donne la Vie ! Fascinant l'idéalisme. Je peux m'autocréer. Je pense l'objet cheval, puis je pense l'Idée Cheval et boum l'Idée Cheval crée tous les chevaux, fascinant. Les mathématiques au début c'est des tucs chiants, on met des bâtons sur un parchemin pour compter les stocks, y a pas plus chiant, mais ensuite on peut mettre des symboles, et là, le symbole c'est comme l'embryon, ca ne vit pas encore vraiment mais c'est bien parti. Puis le symbole s'élabore en logique, et là ça commence à vivre. Tout seul. Je crée les mathématiques, je leur donne vie et à leur tour les mathématiques me créent, elles me donnent Vie, via l'éternalisme et quelques prophètes quand même, genre Connes ou Gödel (même Einstein se fait avoir par Gödel à la fin de sa vie, c'est qu'Einstein lui même n'avait pas envie de mourir). Les mathématiques s'avancent drapées en Espace Temps, c'est carrément le Christ. Enfin l'absolu vient, c'est apaisant. L'idéalisme c'est vraiment la maladie du vieil Occident, celui de la vieille Europe.
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L'autre problème de l'Europe continentale, outre son idéalisme, c''est aussi sa trouille devant la mort, surtout que ça vieillit un max en Europe. Les mathématiques et la mécanique quantique dans leurs développements actuels permettent d'alimenter ce rêve : il n' y a pas de passé, de présent, d'avenir, chouette je suis donc possiblement éternel. Bon d'accord on peut rêver, mais à la fin il ne faut pas se faire d'illusion, nous ne serons plus que des cadavres dont plus personne ne se souciera in fine. Tout de même l'exemple donné aux enfants n'est pas brillant. Rêvons, rêvons, et dans ce rêve éveillé, exposé ici, il y a quelque chose d'indécent, tout ce petit monde clame bien fort : je veux, je vais sauver ma peu, et les autres je m'en fous ! Face à la trouille les mâles vieux et moins vieux s'enfuient en essayant de prendre le sillage de tous prophètes qui les séduits, religieux ou scientifiques. C'est consternant.
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Il m'apparait que l'espace et le temps ne sont pas des a priori de la sensibilité. Ce sont des a posteriori c'est à dire des résultats de l'expérience. Je peux en faire l'observation quand je regarde évoluer mon petit-fils. Ce qui est premier chez lui ce sont les sensations du toucher, son premier rapport au monde (relation donc) c'est le corps de sa mère, le sein de sa mère. La vue ne rentrera dans la danse que plus tard. Il positionne les objets les uns par rapport aux autres par le toucher, plus tard il le fera par la vue. Mais il lui faudra un long apprentissage pour bien évaluer les distances, c'est loin d'être inné. Il n' y a visiblement pas d'espace a priori dans sa sensibilité. Carlo Novelli écrit : "L'espace n'est plus quelque chose de différent de la matière ; c'est une composante "matérielle" du monde" C'est faux, il délire. De même que l'intelligibilité du monde par le seul moyen des Idées est un délire. Platon, le socle de la philosophie occidentale est à lui même un délire. L'Occident, celui de l'Europe continentale, est fondé sur un délire. L'idéalisme est séduisant, il offre à l'homme, surtout au "mâle" la possibilité d'une maitrise totale du monde. C'est le vertige de la maitrise absolue. C'est l'objet qui se conforme à l'esprit humain, dit comme cela c'est fascinant, mais c'est faux. A un moment donné il faut faire un choix et rejeter l'Idéalisme de l'Europe continentale, il n'est pas possible de sans cesse tergiverser entre idéalisme et pragmatisme. D'abord l'expérience, ensuite bien sûr les idées, mais ensuite seulement. Ce qui est étonnant avec Kant c'est qu'il part bien de l'expérience mais il soumet l'expérience d'emblée à l'idéalisme, celui des formes a priori de la sensibilité, ces formes sont des Idées a priori. Si bien qu'avec lui il n' y a jamais d'expérience au sens où nous l'entendons. [Il y a un article d'Einstein sur Kant assez caustique sur ce sujet] Il faut arrêter de croire que les mathématiques sont un langage propre à la nature, ça aussi c'est un délire, un délire d'idéaliste. Les mathématiques sont un instrument pensé par l'homme. Que l'instrument soit étonnamment performant c'est un fait mais c'est tout de même un instrument. La lance aussi est un instrument étonnamment performant pour la chasse mais c'est quand même un instrument. Quand l'espèce humaine disparaitra et que l'univers entrera dans sa "mort" thermique il n' y aura plus de mathématiques, il n' y aura plus de Dieu non plus d'ailleurs, ni d'Etre, ni de Bouddha, il n' y aura plus grand chose a vrai dire. Il n'y a certes pas d'absolu d'espace ni de temps, mais il n' y a pas non plus d'absolu de l'espace temps. L'espace temps disparaitra quand l'homme trouvera d'autres manières de saisir le monde. Déjà aux USA de jeunes chercheurs tentent de créer de nouvelles mathématiques d'où disparaissent l'espace et le temps, ça déménage là bas.
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Je peux comprendre que citer Kant peut gêner quiconque n'est pas trop sûr de lui dans son affirmation sociale mais je vais alors tout simplement citer le sens commun : nous ne parvenons à la connaissance que par l'expérience. La réflexion bien sûr suit. Ecrire ainsi est peut être plus accessible à certains. Je ne peux pas m'adapter d'emblée aux singularités mentales de chacun.
