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Loufiat

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Tout ce qui a été posté par Loufiat

  1. Eh bien, voilà une riche contribution dont je ne peux pas essayer de suivre les linéaments sans reconnaître mes limites. Vous abordez un premier point qui, si je devais me pencher sérieusement sur l'histoire du féminisme, serait pour moi une interrogation très forte : dans quel ordre les facteurs interviennent-ils ? qu'est-ce qui détermine quoi ? Votre premier paragraphe pose cette question il me semble, mais c'est comme s'il jaillissait d'un raisonnement plus vaste sous-entendu et dont j'ai du mal à saisir les termes. Si je comprends bien, la libération sexuelle est le fait majeur, elle intervient après avoir été préparée par les luttes féministes (mais sans se confondre avec elles, puisque leur objet reste l'égalité sociojuridique), et dans ce nouveau contexte apparaissent des enjeux sanitaires que les féministes sont amenés, comme tout le monde, à considérer ; mais, et par rapport à ce que j'écrivais précédemment, voulez-vous dire que ce n'est pas le féminisme qui amène la constitution de cet 'arsenal' (qui participe à combler l'inégalité), pour le versant médical, la contraception et l'IVG ; que c'est, finalement, une rencontre qui devait se faire mais dans laquelle le féminisme est "concomitant voire de conséquence" ? Il est navrant de décortiquer ainsi vos écrits mais c'est pour comprendre. Je ne m'explique pas vraiment ce premier paragraphe sauf à ce que vous considériez le féminisme comme appelée par et concourant d'une tendance plus large, en elle-même indépendante. Que désignez-vous par la "libération sexuelle" ? Qu'est-ce qui "cause" la libération sexuelle ?
  2. La maternité est un élément central du patriarcat, dans la domination genrée instituée, toujours masculine en effet. Ce qui a de quoi étonner : les seuls cas à ma connaissance de domination genrée inversée apparaissent ponctuellement en réaction à une dégradation brutale de la condition féminine, dans la montée générale du patriarcat : des femmes refusent de se soumettre, prennent les armes et la révolte les conduit plus ou moins loin dans une société 'dominée' par les femmes - pas très loin le plus souvent, semble-t-il. Vous avez raison de replacer mes réflexions sur la société française (et encore, donc) dans une perspective plus large ; vous oubliez de mentionner l'Asie, l'Inde par exemple, où les femmes ne sont pas sorties du bourbier... Donc non, tout ne va pas bien. Cela dit je n'ai pas prétendu l'inverse. Mais vous ne répondez pas sur mon interrogation ! Ce n'est pas grave, elle n'est pas suffisamment claire encore, mais je tiens à dire que ce n'est pas la liberté à disposer de son corps qui est en question, dans cette interrogation. En outre j'observe que l'avortement et la contraception ne sont pas des gages de liberté mais de sécurité : ne pas subir une grossesse, se protéger des mst, etc.
  3. Loufiat

    L'Hypothèse K

    Bonsoir Guillaume ! Surtout, ne te retiens pas de développer davantage : en quoi le commerce est il par excellence le fait civilisateur ? (Sauf si tu ne veux pas trop t'éloigner du centre de ton sujet, je comprendrais.) Sur ce paragraphe, si j'apprécie cette façon que tu as de malmener les lieux communs, je dois reconnaître que je ne suis pas convaincu, en l'occurrence : le commerce reste, dans mon idée, le lieu de l'escroquerie, tout comme le jeu, celui de la triche (tout comme la parole, le lieu du mensonge, etc.). Il ne faut pas se formaliser de mon emploi du couple problèmes/solutions. Il y a un problème de pollution, disons : c'est ce problème et le cheminement pour le résoudre qui amène à réaliser que les facteurs sociaux, économiques, politiques, etc., sont intriqués. Que si j'interviens sur tel facteur, l'ensemble bouge et le problème se déplace, souvent avec des résultats imprévus. Ainsi a-t-on introduit telle espèce sur tel territoire, pour obtenir tel effet ; 10 ans plus tard, cette espèce est devenu le problème à résoudre... Entre 1000 exemples. Pour répondre très vite. Quant à Descartes, mais pourquoi donc lui taper tant dessus ? N'a-t-il pas enseigné, plus que tout autre, que "je est le cente de tout" ??
  4. Merci pour votre patience, Léna. En essayant de vous faire une réponse je me suis aperçu de ma propre démarche. En réalité nous sommes parfaitement d'accord, mais je m'adresse à vous parce que vous semblez capable de donner matière à réflexion sur un point qui me taraude assez personnellement. Lorsque vous dîtes que le fait de pouvoir théoriquement tomber enceinte a justifié une foule d'inégalités, et que les femmes sont systématiquement rapportées à un devoir-être-mère : oui, sans aucun doute. D'autre part la gestation n'est ni bonne ni mauvaise : d'accord. Il reste que c'est une différence de condition, qui entraîne une inégalité entre femmes et hommes, et entre femmes selon que l'on est fertile ou non, pubère ou non face aux risques liés à la grossesse et à l'enfantement, en particulier. Aucun homme ne risque de mourir en couche, ni de rencontrer les 'inconforts' liés à la grossesse et à l'accouchement, sans parler du fait qu'il n'y a généralement pas de doute possible sur le fait que la mère soit bien la mère, ce qui en fait la 1ere référente mise en responsabilité, etc. Sur tous ces points il y a eu de grands changements, au moins en droit : l'accès facilité à la contraception et à l'avortement, les pressions exercées sur les pères, les aménagements et prestations à destination des mères en difficulté, etc. Tout un arsenal existe pour combler cette inégalité. Et je ne dis pas du tout : c'est bon, c'est fait, il n'y a plus qu'à dormir sur nos deux oreilles ; mais du moins sur ce terrain le combat est engagé, une foule d'individus avertis me semblent globalement attentifs aux signes de régression, engagés dans une transformation active pour l'ensemble de la société. Ce qui m'inquiète en revanche, c'est le démembrement qui s'opère en parallèle entre le sexe et les relations amoureuses, l'enfantement, l'éducation - chacune de ces réalités étant séparée des autres, fractionnées elles-mêmes en petites opérations indépendantes (et monnayables). Ceci est pour moi très inquiétant, bien que je n'arrive pas à mettre correctement le doigt dessus. Peut-être saurez-vous m'aider ? Il me semble que ce processus de division nie l'unité de la personne, la cohérence, la responsabilité et in fine la réalisation de la liberté humaine. En tout cas, j'observe que ce phénomène produit chez moi un refus brutal, et je soupçonne n'être pas le seul dans ce cas. Peut-être, alors, suis-je seulement "agis" par des forces régressives, malgré moi ?
  5. C'est bien le cœur du problème. La république protège les minorités, notamment religieuses. Elle n'est pas incompatible avec la religion musulmane. Elle se propose même de défendre la liberté pour chacun de devenir musulman, juif ou chrétien, ou quoi que ce soit en fait, dans certaines limites. C'est donc une aubaine, comparé à des régimes plus durs à cet égard, pour toutes les religions. Un statut-quo peut être trouvé. Mais la question est : l'Islam peut-il, lui, tolérer et vouloir cette pluralité ? Puisque la loi divine est supérieure, et que le prophète l'a transcrite fidèlement. En situation de capacité, n'êtes-vous pas obligé de faire coïncider loi et Loi ?
  6. Bonjour Léna Ce passage m'épouvante. Ce n'est pas rien, porter la vie ! Doit-on le voir comme un carcan auquel les femmes sont réduites ? Si c'est vrai aujourd'hui, apparemment ; dans notre immense histoire, combien cela a dû déterminer la forme de nos organisations, nos manières de percevoir et de penser, que ce soient telles et non tels qui portent et puissent mettre au monde. C'est d'abord une valeur et un pouvoir supérieur. A y réfléchir sans passion, donc, je ne vois toujours pas en quoi la possibilité au moins virtuelle pour les femmes de 'porter la vie' doit être une cause de déshonneur ou d’aveulissement. Vous dîtes : les femmes sont par-là cantonnées à la reproduction (mais se reproduire signifie pour nous transmettre), mais c'est un pan pour le moins essentiel de la vie humaine, qui n'est en rien plus avilissant ou vain que la vie mondaine ou l'activité économique ou artistique. Sur tous ces points il me semble qu'on manque encore quelque-chose, pour conduire une décomposition à l'aveugle plus ou moins.
  7. Loufiat

    L'Hypothèse K

    Ah Anna, vous êtes forte pour déceler la faiblesse de vos ennemis. Vous avez raison : ma réponse était creuse ! j'ai voulu précipiter une rédaction qui n'était pas prête. Fatigue, maladie et empressement, j'ai dû couper court alors que j'étais en plein dedans et n'aurais pas dû cliquer sur "envoyer". Vous l'avez senti et avez bondi. Vous êtes une bête de sang. Louve vous êtes, et resterez. Ce qui vous rend prévisible, pour notre plus grand plaisir : une louve en cage. Votre absence de réponse me peine davantage que le commentaire d'Anna dont je n'ai que faire, connaissant le fond de l'affaire mieux qu'elle. Puisque vous répondez à une citation de moi, et non d'Anna : la complexité ne désigne pas d'abord celle du corps humain ou d'un simple mot, elle correspond à une réalité sociale-historique précise. par ailleurs elle ne va pas très bien avec la pluralité qui elle était pourtant comprise dans l'ère "de la simplicité".
  8. Loufiat

    L'Hypothèse K

    Chapeau, vraiment !! pour tout ton travail J'ai à peu près tout lu de ce que tu as présenté sur le forum, et des échanges. Ambre a mis le doigt dessus, c'est également vrai pour moi : la forme ludique est un repoussoir. Je l'associe à l'univers du marketing, du management... voire l'escroquerie. Donc il y a un mouvement de recul. Cela dit pourquoi pas, justement ? Le jeu questionne ma volonté de participer, implique ce recul possible. Alors j'aimerais t'entendre davantage sur ce choix, qui en dit sans doute long ? Tu défends à juste titre à mon avis la notion de complexité. Je pense qu'il s'agit d'une réalité qui s'impose aux décideurs. La prise de conscience apparaît chez ceux qui sont confrontés à ces problèmes, pas forcément décideurs en fait ou à un niveau très élevé mais la condition est de réfléchir en termes de décision, par couples problèmes/solutions. (En contrepartie c'est comme si cette notion portait avec elle le poids de la domination, de l'hétéronomie, des élites, des experts et de la spécialisation : ce monde est 'complexe' et je n'y comprends rien ou si peu... alors du moment que la gamelle des petits est pleine et que j'ai un repas complet par jour...) Mais du coup, pour en revenir à cette question du jeu, je ne comprends plus car pour moi la complexité correspond au fait que les problèmes soient liés entre eux par l'enchevêtrement des facteurs sociaux, politiques, économiques, à différentes échelles éventuellement, etc. Or la forme ludique et le contenu lui-même veulent apporter une solution unique et simple et en principe universelle. N'y a-t-il pas un gouffre entre le diagnostique et la solution ??
  9. Loufiat

    Regards sur notre monde

    J'ai bien conscience que cette réflexion sur la ville est négative et présente les individus comme passifs. Or urbanistes, décideurs et électeurs, conseillers et juges, architectes et ouvriers, promoteurs, assureurs et banquiers, les habitants s'activent à tous niveaux dans l'édification et la vie de cette ville ; sans nous, rien ne se passe ; nulle part la proximité, l'interdépendance et la liberté ne sont si fortes ni grandes. En quoi ne ferions-nous pas "société" ? C'est la nature de cette société qui interroge. Arendt développe quelque part ce fait que la pensée politique entre dans une nouvelle ère avec la bombe atomique. Ce qui redéfinit les relations internationales, c'est l'interdépendance due au fait qu'une guerre atomique menace la possibilité de toute vie humaine sur terre. Mais cette interdépendance n'implique aucune solidarité heureuse, bien évidemment. Rien à voir non plus avec le projet de "paix perpétuelle" de Kant : c'est un lien négatif. En dernière abstraction, je crois que ce fait détermine seulement une synchronicité : malgré que Donald Trump se trouve à des milliers de kilomètres, je suis, par ce fait, mis avec lui, et avec tous les habitants de la planète, en situation de synchronicité ; nous existons au sein d'un seul espace, un unique système-monde (appelant le développement d'une "pensée complexe"). Or si ce système (dont la 'ville-monde' est un sous-système) exige l'absence d'action, ce n'est bien évidemment pas qu'on n'y agisse pas : au contraire tous et toutes s'activent et doivent s'activer partout. Plus que jamais. C'est qu'il ne peut pas supporter l'initiative, ni quoi que ce soit qui ne soit conforme à ses exigences et à son approfondissement. Il n'admet que l'action adéquate, moulée sur son modèle, l'action qui est accomplissement de sa nécessité, d'où l'individu tire du pouvoir et de la satisfaction. C'est pourquoi j'aimerais qu'Anna explicite un peu ce qu'elle entend par l'action...
  10. Loufiat

    Regards sur notre monde

    J'ajoute que ces réflexions sur la modernité s'appliquent particulièrement aux périodes passées et aux vieilles mentalités, dont le sens historique, l'enracinement dans l'histoire était à mon avis beaucoup plus développé. Ce pourrait être une illusion, comme à force de lire des lettrés on finit par s'imaginer que tout le monde regardait comme eux l'avancée du monde à reculons. Mais c'est pour des raisons simples que leur sens historique était plus développé, par exemple parce que les pratiques, les manières de faire, plurielles, étaient encore pleines de mémoires particulières, d'innovations et de transmissions attachées à des personnes, à des actes, des lieux... Donc ce n'est pas que tous étaient savants, mais que tous étaient saisis dans un déroulement, une certaine continuité des choses. Et ceci est resté vrai jusqu'à encore très récemment, et reste vrai pour de nombreuses personnes encore ; mais un basculement s'est réalisé depuis un demi siècle, et ces personnes comptent de moins en moins ; or c'était un des termes essentiels dans la "matrice" moderne, cet enracinement vécu, avec la tension vers l'avenir, le clair-obscur... Plus si déterminant dans la subjectivité contemporaine. D'ailleurs si les termes d'hypermodernité ou de post-modernité prêtent un peu à rire, ils témoignent quand même d'un besoin et d'une difficulté à qualifier la mutation éclatante sous nos yeux, dont cette perte d'historicité est un des aspects. Cette mutation s'opère au sein des classes moyennes - mais qui comme la pomme va au sol, attirent toute la civilisation. Celles-ci évoluent dans un espace et un temps impersonnels. C'est l'expérience de naître (pas forcément malheureuse) dans une ville tentaculaire où tout est fait de main d'homme pour les hommes, mais par personne en particulier et pour personne particulièrement. On naît dans cet environnement qui n'est pas naturel, puisqu'il est fonctionnel, mais qui n'est pas pour autant le construit coextensif d'une communauté organisée autochtone et par là liée. En fait, je ne crois pas me tromper en disant que, à la limite, seule la destruction, la dégradation de cet environnement reste pour produire une coïncidence personnelle au-delà de cette fonctionnalité abstraite concrétisée dans la ville (à l'inverse, lorsqu'elle est défaillante les individus s'associent et s'organisent pour suppléer - après les pillages, lorsque ça suit une catastrophe, comme par exemple à la nouvelle Orléans après le passage du cyclone). Bref, la nature ne nous voulait rien ; cette ville au contraire nous demande constamment quelque chose. Elle pointe en chaque individu un "Individu" abstrait (usager) sur lequel elle est moulée, pour lequel elle est pré-paré et que nous devons nous contraindre à incarner. Mais cet "Individu", ce n'est justement personne. Mieux : il exige l'absence d'action. Cet environnement est d'abord inhibiteur. L'urbanisme est dans la continuité parfaite à cet égard des processus politiques et économiques. Évidemment, bien sûr, tout n'est jamais fonctionnel, loin s'en faut, mais tout se déchiffre et est appelé à se résoudre là. En sorte que nous nous comportions vraiment comme des atomes. Je pense ici aux tours de Tolbiac, de l'université Paris 1 : construites après 68 elles ont été conçues, dit-on, pour éviter les rassemblements étudiants. En réalité ce qui a été liquidé et c'est bien plus fort, ce sont les lieux même de la sociabilité étudiante. A tolbiac l'urbanisme s'est chargé par la disposition des murs, l'agencement des salles, le circuit labyrinthique des couloirs ridiculement petits, en empilant 3 tours en verre de plus de 20 étages chacune liés par un système d'ascenseurs imbitable - l'urbanisme s'est chargé de terminer ce que les matraques avaient dû mater dans la rue, cette pseudo culture rebelle étudiante qui entendait dans son inconséquence remettre en cause 2 siècles de lents et coûteux mais prodigieux et nécessaires progrès. Aujourd'hui, l'étudiant qui passe par La Sorbonne y fait d'abord l'expérience d'être une bille dans un flipper géant. A sa sortie du flipper il est directement projeté dans le métro ou les rues fourmillantes du 13ème. La métropole "atomise" de cette façon, sciemment ou non en compilant les couches de négativité, les systèmes centralisés dans leur conception. Et nous voyons poindre avec ses énormes sabots la ville connectée, intelligente... présentée comme un changement de paradigme alors que c'est rigoureusement la même chose, une adaptation plus poussée, plus totale et non seulement ça mais volontaire et enthousiaste.
  11. Loufiat

    Regards sur notre monde

    Si la société moderne suit un but ou bien erre... à ce stade je pense que la modernité est l'éclatement au grand jour d'un conflit entre la puissance et la liberté. C'est cette antinomie qui s'exprime derrière le déséquilibre symptomatique de ces sociétés : perpétuellement et par définition 'en crise', par opposition aux sociétés traditionnelles qui certes changent et traversent des crises mais en vertu de facteurs externes principalement (guerres, conquêtes) et se vivent comme néophobes, centrées sur la transmission et la répétition. Au contraire la modernité est une bascule, un ligne de crête étirée entre un monde ancien-toujours-disparaissant et un monde nouveau-toujours-à-venir. Ainsi les modernes naissent, vivent et meurent entre chien et loup, sans savoir s'ils sont au crépuscule ou à l'aube ni en fait, vraiment, de quoi (d'où vient la sociologie, le besoin du raisonnement sociologique) (et quelque soit le vécu personnel : nostalgie ou enthousiasme ou indifférence, etc.). Le 'but' des sociétés modernes n'est donc pas évident ni connu de tous, mais fait l'objet de doutes, de luttes, de spéculations... Mais il me semble qu'on retrouve cette antinomie, comme une première 'grammaire' entre puissance et liberté, sous la variété des évènements, tendances, luttes, etc.
  12. Conférence admirable. Sur la libération de l'homme du virilisme par le féminisme, je suis plus que sceptique même si je trouve très utile et pertinent de pointer le piège tendu aux hommes entre l'injonction à la virilité et l'effondrement des piliers du virilisme, source possible de ressentiment et de régression. Mais comment ne pas voir que le féminisme accentue indirectement la prise du piège plus souvent qu'il n'en libère ? la conférencière en a bien conscience, d'ailleurs. Comment ne pas souligner que ce sont chaque fois des progrès d'ordre technique qui font subir une humiliation et entament le virilisme... 1eres et 2nde guerres mondiales : le soldat est dorénavant une vermine apeurée sous le déferlement inhumain de la puissance technique. Fin du mythe du guerrier. Idem quant au mythe du travailleur, liquidé par l'évolution de l'organisation du travail. Je serais infiniment curieux d'en apprendre davantage sur la chute de la déesse mère mais nous avons très peu d'éléments pour comprendre ce qui a pu se passer.
  13. Loufiat

    Regards sur notre monde

    Si les classes moyennes dirigent, au sens où je l'ai écris très rapidement, c'est par les mouvements d'opinion qui les traversent, qui contraignent avec une nécessité de fer l'ensemble des acteurs auxquels on aurait tendance à attribuer le pouvoir (comme un attribut ; or le pouvoir est une relation). J'écrivais ceci alors que j'étais plongé dans des recherches pour comprendre ce qu'est le libéralisme. Je lisais les doctrinaires (auteurs et hommes politiques français début du 19ème). Le basculement s'opère sous leurs yeux d'une société effectivement dominée par des Maîtres (mais une multitude de petits maîtres) à la société moderne dotée d'un immense système administratif et gouvernée par des masses et des courants d'opinion. Napoléon est le premier, par exemple, à non seulement vouloir contrôler l'opinion (censure, etc.), mais à intervenir dans les journaux pour expliquer, justifier ce qu'il emporte par la force, devant l'opinion publique. Car il a bien conscience que sans elle, l'Etat n'est plus rien. Ce phénomène, cette relation n'a plus cessé de s'approfondir. Si bien qu'aujourd'hui, l'individu moyen se vit comme dans l'Etat (hérésie ! pour les anciennes natures) et partie intégrante de cette totalité organique. Il faudra poursuivre plus tard, peut-être. Bonne journée.
  14. Loufiat

    Regards sur notre monde

    Dommage. Il manquait à ce marxisme sécularisé une réflexion sur ce qu'est l’État et sur l'évolution politique de notre temps. Je note par exemple qu'Anna ne semble pas du tout avoir conscience qu'aujourd'hui c'est ce qu'on appelle la "classe moyenne" qui dirige et non pas de prétendus Maîtres, obligés de se cacher et de s'échapper. Le concept de classe moyenne est en lui-même déroutant. Ceux qui ne sont pas polarisés, finalement, ni vers le bas, ni vers le haut mais qui forment l'immense masse centrale ou "neutre" sur laquelle repose l'économie comme le politique. Ce sont elles qui sont à "gagner" pour tout parti qui voudrait s'imposer. Elles qui réclament davantage de participation politique. Elles qui réclament l'intégration toujours plus complète dans l'Etat et la sécurité. On pourrait presque renverser la construction du concept, et ne plus définir les classes moyennes en termes de revenu ou par leur place dans le processus productif mais au regard de leur degré d'intégrité vis-à-vis du système politique.
  15. Non, il était question des problèmes globaux qui se posent à l'humanité et qui n'engagent pas franchement à l'optimisme, c'est toi qui fais semblant que je parlais de l'immigration des bangladais en Europe... La petite parenthèse de paix relative dans laquelle les européens ont vécu (et ça dépend lesquels) est très fragile et risque de ne pas s'éterniser, vu les conditions qui se préparent : c'est tout. Si t'es pas d'accord, je vais pas t'en faire la démonstration : ok ! Tout le monde ne s'affiche pas, d'une, et puis l'opinion est globalement favorable à l'extension de la surveillance sous toutes ses formes.
  16. Le climat de régions entières peut être modifié, et des déplacements de population massifs avoir lieu, sans rien changer à la stabilité de ces régions ni celle du reste du monde ? Mais tu ne peux pas exclure que demain un régime différent prenne la main sur ces outils. Après on est bien d'accord que le passage à ces systèmes de surveillance de masse soit perçu comme impératif, la question étant réduite aux limitation, au système précisément (modèle à la chinoise ou autre chose ?). Par contre on ne me fera jamais avaler que ce soit une bonne chose et du point de vue du raisonnement je dirais qu'il faut partir de la possibilité du pire.
  17. Tu nies le changement climatique ? Tu nies la croissance démographique ? Tu nies l'état plus qu'inquiétant de la finance mondiale ? Rien à voir avec le débarquement d'extraterrestres, fais pas l'idiot. Une caméra destinée à la surveillance vidéo, surveille, ni plus ni moins. Je n'ai pas besoin d'affirmer qu'il faut écarter telle ou telle personne de telle ou telle enquête, ce n'est pas la question, ce n'est pas l'enjeu. Le fait est qu'il y a, au point de vue technique, une "agrégation" (techniques de l'image, IA, informatique, big data) rendant possible le passage à des systèmes de surveillance de masse d'une ampleur nouvelle et dont nous ne maîtrisons encore une fois pas du tout les conséquences ni les implications. A minima, il s'agit de n'être pas l'idiot utile voulant que si si c'est génial il faut foncer.
  18. Je ne vois pas le rapport. Nous sommes à l'aube de grands bouleversements (migrations, crises économiques, politiques) et tous les outils que nous mettons en place aujourd'hui, avec telle justification, peuvent tout à fait changer de sens, en peu de temps. Mais il faut croire que les peuples sont prêts pour la grande soumission. (Bouh !) Pourquoi tu glisses de la surveillance à la photographie individuelle ? Oui, une camera enregistre des images, si derrière une IA est formée pour détecter tel ou tel individu ou tel ou tel signal parmi toutes les images captées, c'est bien ce que ça veut dire. Génial comme argumentaire. Il est légitime qu'une lecture policière de la société prime sur les autres parce que le meurtrier, ça peut être la mère. Ok.
  19. De toute façon, nous savons bien que l'Europe est parfaitement stable sur tous les plans et qu'il n'y aura donc jamais aux manettes de ce genre d'outil des intentions douteuses. Quand tu surveilles tout le monde indifféremment, de facto tout le monde est suspect.
  20. Loufiat

    Regards sur notre monde

    Intéressant. Vous livreriez davantage ?
  21. Parce que la pensée s'élabore par l'expérience et le dialogue, mais tous les interlocuteurs ne se valent pas.
  22. Loufiat

    La mort du "Moi" ?

    Ce que j'envisageais ne consiste pas en un échec ou une régression. Tu dis toi même cet état est acquis. Parce que ce n'est pas que tu serais coupée du monde, c'est une nouvelle synthèse dans le rapport au monde, une synthèse que tu es, en acte, chaque instant qui s'actualise. Ce dont tu jouis, et de pleins droits : d'être, appelée à être ainsi au monde (où déjà le monde a besoin de toi). Mais tu disais aussi, tout passe.
  23. Loufiat

    La mort du "Moi" ?

    Tu dois confondre avec un autre intervenant. Il n'y aucune assurance. C'est la liberté. Oui c'est bien là tout le problème et je ne pense pas qu'il y ait de solution universelle. Mais le développement intérieur qui a lieu, dans cet élargissement du temps, dans cette présence retrouvée ou renouvelée au monde, nous donne une certaine disposition qui rend capable, je crois, de faire les choix ad hoc.
  24. Loufiat

    La mort du "Moi" ?

    Bon.... je prends l'affirmative. La liberté n'est pas atteinte. Tu as réalisé ou réalise un "dépouillement" et un retour à l'essentiel (possiblement), tu "touches" terre, tu es dans la position de l'arrêt et de l'équilibre, à une sorte des croisée des chemins qui n'en finit pas. Certaines personnes ont besoin d'en passer par là. Mais les choses sérieuses commencent Alors. D'abord, le monde a besoin de toi. Et c'est là peut-être la source véritable de culpabilité dont je parlais. On peut le tourner autrement en disant que tu as besoin de te sentir utile (je suppute). Ne serait-ce qu'à tes proches. Mais pour ma part je crois que le monde a réellement besoin de toi. En allant au bout de ta logique, à un moment tu dois te désintéresser, en quelque sorte, de toi même au point de pouvoir t'offrir totalement et librement au monde (ce que tu fais déjà, mais de façon timorée, avec les animaux). Mais tu fais face à l'encombrement du monde. Tout est saturé, semble-t-il. Tous les "besoins" paraissent comblés (ta réflexion sur le fait que plus la densité augmente moins il y a d'énergie vitale, au fond je crois que c'est ça). Sans compter ta peur de l'échec (mais celle ci disparaît ou en tout cas change de nature lorsque tu passes de l'ambition égoïste et infantile à l'ambition noble, puisque ce n'est plus toi qui est en jeu, ou plus de la même façon - par contre les risques sont infiniment plus grands). Alors tu entres dans la liberté. Quand tu entres en résistance (ce qui peut n'avoir rien de spectaculaire). Ton amour de la fumette par exemple... La liberté est dans le fait de faire jouer les contraintes les unes contre les autres. Pour le moment tu es seulement pleine de possibles.
  25. La plupart des facs en avaient refusé l'application. Bien sûr ça a changé, si vous écoutez certains ici, des centaines de milliers d'étudiants peuvent se permettre de faire des études de branle-couilles pendant 3 à 5 ans sans revenu sauf une éventuelle bourse.
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