-
Compteur de contenus
2 602 -
Inscription
-
Dernière visite
Type de contenu
Profils
Forums
Blogs
Calendrier
Vidéos
Quiz
Movies
Tout ce qui a été posté par Loufiat
-
Non ? pas de volontaire ? étonnant.
-
Les professeurs de médecine et de mathématiques ici présents pourront-ils expliquer pourquoi dans une population française massivement vaccinée - le vaccin limitant efficacement les cas graves mais aussi les risques de transmission, réduisant les délais de contagiosité, etc. - nous voyons pourtant une vague du variant delta plus rapide et plus 'haute' que toutes les précédentes ? D'avance merci. * Je me demande quel niveau de bon sens il faut pour comprendre qu'il y a là "quelque-chose qui cloche" : collège ? primaire ?
-
Un nouvel ennemi est né en sourdine ces derniers mois. La colère. Maintenant que tout est calmé, apaisé, je la perçois très clairement, une colère bien plus profonde, vive et tenace que je ne soupçonnais. Je doute de parvenir à la dominer. Il faut l'utiliser et l'amener à se dépasser, à se consumer, la "transcender" comme on dit. Mais il est à craindre qu'elle ne consume tout avec elle. Qu'il ne soit déjà trop tard. Parfois j'ai beau sonder, n'apparaît plus que cette masse rouge-noirâtre bouillonnante dont les pires démons pourraient sortir. Une porte ouverte sur l'enfer. La chute est simple, directe et illimitée ; l'ascension est lente et douloureuse.
-
Nous voilà donc avec une population massivement vaccinée pour un retour à la vie normale (sic) et une vague sans précédent en vitesse et nombre de contaminations. Peut-on conclure qu'il y a une couille dans le potage ou bien faut-il attendre encore un an ?
-
Hell , attendrais-tu au sens d'espérer d'une femme belle et intelligente qu'elle te fasse subir ce test de "consistance" ?
-
Ce n'est pas la démocratie, c'est ce peuple entier qui merde. Sinon j'attends avec impatience de la droite et de Zemmour en particulier qu'ils nous parlent un peu des réseaux d'influence qu'on peut rassembler sous l'intitulé Eurabia... "Qui sont ces associations qui constituent le comité Eurabia ? Ici une brève récapitulation s’impose. Dans les années 1960, sur fond de prépondérance américaine et de menaces soviétiques en Méditerranée, le général de Gaulle, après la perte de l’Algérie (1962), envisagea de créer un troisième bloc par la construction d’une communauté des nations méditerranéennes. Ce fut l’amorce de la politique arabe de la France dont l’instigateur et l’organisateur fut Maurice Couve de Murville, ancien haut fonctionnaire de Vichy. Dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, le général mentionne ouvertement cette politique en déclarant que la coopération avec le monde arabe deviendra la base fondamentale de la politique française." https://www.cairn.info/revue-pardes-2014-1-page-255.htm Mais il sera plus compliqué de faire tomber la pomme du côté de l' "islamogauchisme" cette fois.
-
Remarque imbécile à l'image de tes contributions ici. Dire qu'il ne faut pas sous estimer Macron, c'est être pour Macron. Et ça a le droit de vote... un repoussoir oui.
-
Pour moi c'est le vote qui a remplacé l'action. Sans façon. On agit ou rien.
-
C'est bien sûr Macron qui a démontré qu'il ne fallait pas le sous-estimer. Mais les fiers à bras du 'Z' enivrés foncent droit dans la gueule du loup. Macron n'est pas même encore entré en campagne. Il pose un pion, puis un autre. Positionne un levier, puis un autre... Il faudra autre chose que "la reconquête" pour le déloger. Je dis ça sans plaisir particulier.
-
En attendant, s'il y en a un qui a en effet démontré qu'il ne fallait pas le sous-estimer, ce n'est pas Eric Zemmour... Peut-être ne sera-t-il pas le pantin de l'histoire... mais c'est tellement gros. Tellement évident... On verra bien...
-
Zemmour s'est fait monter en mayonnaise par les médias qui appartiennent aux maîtres qu'il dénonce, et maintenant qu'il annonce sa candidature, et fait exploser le bout de l'aile droite, les mêmes médias le mettent en pièce. On rit d'imaginer le dilemme personnel qu'il a vécu, savoir s'il devait y aller ou non... le piège était évident mais la tentation trop grande. Il lui reste la seule issue d'y aller en force, pour un score qui s'annonce vraisemblablement finalement ridicule. Il aura été le pantin de ces messieurs. Une leçon pour tous les futurs prétendants : nous n'avons même plus besoin de vous dézinguer. Venez donc...
-
Je ne quitte pas la vie, lemerle, mais une certaine vie, un certain monde. Le plus beau est à venir je l'espère ! Merci pour l'attention en tout cas. Quels étaient ces évènements ? Algérie ?
-
Il est temps de faire le bilan et de réfléchir à la suite. Le point d'orgue est passé. Maintenant c'est l'après. L'effervescence, les sourires les odeurs, ce balai d'impressions toutes plus vives s'estompe ; j'y suis sans y être, c'est un balai de feuilles mortes. Au contraire le soleil se lève peu à peu sur l'Après, ce grand flou indéfini se précise d'heures en heures. Les couleurs s'y transfèrent. C'est comme s'éveiller d'un rêve. Pour réaliser dans quelles eaux, dans quel paysage je vais naviguer. Quelle forme aura cette suite ? Études et pratiques anciennes, d'une part ; et disons convivialité, d'autre part. Quant à ce sprint de départ, outre qu'il aura permis de lancer l'embarcation, il a déterminé une chose importante, que ce n'est pas par défaut si je quitte ce monde. Tout a concordé pour dire : reste. Mais sans aucun doute mon cœur a montré sa préférence. Ce qui signifie aussi que je ne pourrai plus me retourner pour dire : je n'avais pas le choix. Je fais sciemment ces trois derniers pas pour propulser l'embarcation vers l'inconnu. Il n'y aura pas d'excuse.
-
Il faut aller au bout de cette expérience qui est pour moi un adieu à la mondanité. Alors je laisse libre cours, presque totalement aux énergies qui la traversent. Et il y a une violence que tu perçois bien il me semble. Plus qu'ébloui par la lumière, je flirte avec cette noirceur, cette énergie noire et reptilienne. Merci pour ton message.
-
Non, pas du tout ! J'ai tout relu à nouveau et tu étais bien dans le mille. Mais il y avait un décalage dû surement à nos différents tempos de vie en ce moment. D'ailleurs c'est pour ça que j'écrivais que je suis assez peu capable de penser autre chose que 'travail'. Pour illustrer que conceptions et mode de vie se tiennent très étroitement, sont organiquement solidaires dans l'aliénation et pour signifier que je suis en ce moment dans un 'tunnel' où tout est en quelque sorte filtré par mon activité. D'ailleurs, je sens que je dois commencer à écrire sur ce que je vis. Sur un ton plus neutre, plus descriptif. Pour une raison que j'ignore encore, je veux écrire sur l'animal venu de l'Est avec lequel j'ai passé presque 12h par jour dernièrement. Je dis un animal, mais c'est un homme. 2 metres, une bonne centaine de kilos, des mains comme des pasteques. Et surtout "une gueule" comme on dis. Non seulement une gueule mais un caractère - terrible. Des cheveux noirs bouclés, un style rock années 60, un rire qui vous glace le sang, une répartie sans pareille - un russe, mais pas seulement un russe : un slave. 24 ans. Des projets pleins la tête, et un dégoût sans borne pour ce monde, cette société "de fils de puuuuutes". Cette société de lavettes. Capitaliste, viandard, extrême droitard par conviction mais surtout par provoc. Je suis très rapidement devenu très proche de la bête venue de l'Est. Comme un frère. Tout le monde a été surpris, la direction en premier lieu, et moi y compris, par ce lien qui s'est noué dès les premiers jours et qui ne se dénouera plus jamais. Ce n'est pas l'irlandais ex-légionnaire, ce n'est pas le propriétaire dont la main donne à manger, qui peuvent faire plier la bête venue de l'Est. Non c'est moi, avec mes proportions somme toute raisonnables par rapport à ces monstres, avec ma 'gueule d'ange' et mes balbutiements. Qu'est-ce qu'il a reconnu ? Pourquoi plie-t-il devant moi ? je sens que je dois répondre à ces questions. Il y a quelque chose là, qui se passe dans l'ordre affectif qui retient et retient à nouveau mon attention. Pourquoi et surtout comment chaque fois tout se passe là dans l'affectif ? et ce qui est stupéfiant c'est ce pouvoir que l'on acquiert. Pourquoi je peux mettre une avoinée sans aucun frein à la bête venue de l'Est, qui me regarde comme un enfant perdu quand je m'énerve, et pourquoi pas les autres ? Je sens que ça tient à rien. C'est encore une fois une pointe de l'équilibre. Qui pourrait se renverser pour très peu. Si un ingrédient venait à manquer : il me regarderait avec ses yeux ironiques et tout s'effondrerait. Au lieu de ça, il est comme un enfant, un petit frère perdu si je m'agace. Il me cherche du regard. Je sens que chaque mot, chaque geste est susceptible de signifier quelque chose sur un plan existentiel pour lui. En réalité il est en demande de repères, exactement comme les jeunes paumés qui zonent devant les commerces du coin. Ils attendent. Je sens cette attente et je n'arrive pas à l'ignorer simplement. Finalement je tiens peut-être du prêtre dont parlait Nietzsche quelque part. Il faudrait retrouver ces textes sur la psychologie du prêtre.
-
Le lien qui est apparu entre la réponse apportée à la question de la mort (et donc aussi de la vie) et la souffrance générée chez l'enfant, qui aura tendance à se répercuter dans une jouissance maladive, privative, passant par une violence exercée sciemment comme violence - ce lien s'est présenté par une perception directe dans ce qu'on pourrait appeler des cas concrets, où je voyais nettement l'enchaînement des éventements et leur logique. Ce n'était pas la conclusion d'un raisonnement que j'aurais tenu en moi-même. Je ne retrouve pas totalement cette perception directe dans ton développement, qui me semble plus abstrait et général. Mais j'ai ouvert sur une généralisation, comme si ces cas "exemplaires" témoignaient de quelque-chose de plus général. Et je le pense. Ce n'est pas la recherche du plaisir qui ferait profiter de la vie. C'est que la vie étant une parenthèse avant le néant, il faut "en profiter". Le sens de la vie c'est la maximisation du petit laps de temps qui nous est imparti. Et cette maximisation prend la forme d'une jouissance particulière que je qualifierais de "privative". La vie dans l'enfant s'affaisse, elle est atteinte et amoindrie. Il est en quelque sorte malade. La jouissance qu'il connaissait auparavant était large et gratuite, généreuse, elle rayonnait spontanément vers l'extérieur. Lorsqu'il riait le monde riait. Mais maintenant il cherche au contraire à capitaliser, "pour soi". Il veut accumuler quelque-chose, comme en réponse à ce manque anticipé - sa propre absence dans la mort, entraperçue et donc déjà présente. Ce néant est son présent ; son être est un défaut d'être. Mais l'un, cette jouissance privative, ne peut pas remplacer l'autre, l'être qui fait défaut : l'angoisse augmente d'autant. C'est sans doute de la psychologie de comptoir. Mais c'est comme ça que je développerais grosso modo. Ensuite, ceci se corrèle avec des caractères et structures plus générales de nos sociétés. Mais le passage à ce niveau n'est plus si évident, on perd la causalité qui apparaît nettement dans l'expérience, on voit seulement des cohérences se dégager, une solidarité par laquelle conceptions et modes de vie se tiennent en général.
-
Laisse donc Heidegger, quand on a eu des penseurs de la technique d'une toute autre envergure en français dans le texte. Mais pour une inexplicable raison, les salons parisiens font mine d'ignorer ces auteurs, cet auteur en particulier auquel je pense, déjà évoqué ici. C'est qu'il doit y avoir chez lui quelque-chose qui les gêne davantage que ce qu'il peut y avoir chez un nazi. Peut-être l'honnêteté intellectuelle, la rigueur et la probité à l'extrême, l'exemplarité, l'honneur ? On comprend que ça puisse déranger là-haut.
-
Je ne sais pas comment expliquer la mort. Ce sont des interrogations irrésolues pour moi-même. C'est l'une des raisons qui me poussent à quitter les sentiers de la normalité pour entamer une recherche plus radicale. J'espère pouvoir non seulement expliquer mais incarner quelque chose de différent à temps. Et peut-être alors y aura-t-il quelque-chose à transmettre ; peut-être rien ? Il faut essayer. En attendant je ne trouve pas ma formulation maladroite : les adultes mentent à longueur de temps, en particulier aux enfants. Ils se mentent à eux-mêmes au travers des enfants. Ils passent leur temps à justifier des situations dans lesquelles ils sont pris. Je le sais parfaitement : je suis adulte. Il est si facile de se laisser entrainer, de se convaincre qu'on n'a pas le choix ou au contraire que c'est ce que l'on a voulu. Et jour après jour laisser ces justifications fausses se recouvrir les unes les autres. Mais demeure au centre une fragilité, cet appel d'air qu'il faut justement combler. C'est pour ça qu'ils mentent. Ils savent qu'ils mentent. Quelque chose sait ; sinon, ils ne le feraient pas, ils ne pourraient pas le faire. Je ne les juge pas. Je crois que je comprends. Du moins ce sont des mécanismes, des tentations auxquelles je suis moi-même soumis. Je crois que nous sommes tous susceptibles d'acquérir ou d'incarner à un moment une partie de la vision qui pourrait briser cette cohérence. Mais dans l'état d'esprit qui est le mien actuellement, je suis assez peu capable de penser autre chose que "travail". Ce sont des questions que je reprendrai à fond d'ici peu dans un autre fil. Avec votre aide si vous l'accordez.
-
Je crois qu'il n'y a pas vraiment à débattre à ce niveau sur le plan de la théorie. Tout le monde se contrefout de la théorie de l'humain, du libre arbitre ou du déterminisme. Ce sont de vieilles pendules dans des maisons en ruines. Ce qui compte c'est l'action, n'est-ce pas ; les capacités d'action bloquées ou débloquées par ces découvertes. Et c'est tout. Mais par action, il faut entendre : technique, évidemment (mais la technique s'oppose à l'action, qu'il faudrait repositionner correctement pour se rendre compte que leur rapport est devenu conflictuel voire exclusif : c'est quoi agir, une action, etc.). L'affaire est technique de A à Z. Le reste, les à-cotés, le blabla, les vulgarisations, les conclusions pseudo-philosophiques voire existentielles, ça peut bien faire vibrer Bertrand ou Gertrude à l'apéro mais ça ne pèse pas une cacahuète. Celui qui croit qu'il y autre chose que des questions techniques dans les neurosciences se met le doigt dans l'oeil jusqu'au rectum. Il y a un décorum. Il faut bien sacrifier au mythe de la philosophie et de la science dans la société de l'information. Et encore, on a de plus en plus le droit de s'en contrecarrer. Mais pourquoi diable chercherions-nous une théorie du choix ? Qui s'en préoccupe ? Découvertes et applications : point. Si ce que j'exprime passe pour une exagération, ce sont des portes ouvertes. C'est l'évidence, la base, ce sur quoi, avec un minimum de bon sens, on va s'accorder. Mais on ne doit pas le dire. Et systématiquement on présente un rapport inversé. Ce n'est pas la technique particulièrement, c'est la connaissance de l'homme qui progresse... "Et pourquoi opposer les deux ?" etc. Nous somme englués dans une mauvaise foi sans fin. Ce sujet est évidemment le sujet du siècle, l'éléphant dans la pièce. Intraitable. Quelqu'un ici a dit que penser la technique conduisait à une impasse. Splendide. L'impasse, ce n'est pas la technique, non c'est : "la pensée de" la technique. Le même renversement est à l'oeuvre partout entre ce qui est premier et ce qui est secondaire. L'homme ne veut pas admettre sa sujetion en effet. Au sens propre c'est l'idéologie. Faire passer la technique au second plan et mettre au premier les valeurs. La connaissance. Le bien. La santé. Partout la technique se retire humblement, s'efface devant l'homme, se présente dans une neutralité accueillante et enveloppante, comme un champ libre pour l'action (la fameuse neutralité du couteau qu'on peut utiliser pour... etc.), elle est le support léger, adaptatif et invisible et d'autre part le discours pointe ce qui précisément est phagocyté, secondaire, accessoire, superflu, bientôt absent : l'homme. La nature. Le biologique. La culture. Que sais-je. Le langage, la pensée sont devenus quelque chose de réellement nouveau sous ce rapport. Mais qui comprend ce renversement et l'abîme qui s'ouvre sous nos pieds ?
-
Vous avez toute liberté de poser les questions que vous souhaitez. Je vous en serai même reconnaissant. Comme d'apporter l'eau de vos expériences à ces quelques réflexions. Que le lien soit évident ou non. L'Université est une institution étrange et pleine de contradictions. Une question à laquelle vous saurez peut-être répondre : votre soeur a-t-elle envisagé de financer elle-même sa thèse ? C'est le choix que j'ai fais, pour contourner ces barrières. Et qui s'est soldé par un échec ; mais pour d'autres ce fut une réussite.
-
Les vulgarisations des travaux des neuroscientifiques donnent l'occasion de rire. Je lis que ces bons scientifiques ont démontré que le choix est pris avant d'être pris. Ce genre de malentendu m'angoissait profondément auparavant. Mais je me trompais. C'est seulement médiocre, il n'y a aucune mauvaise intention, aucune malignité. Ces gens n'ont simplement de choix à faire qu'entre la couleur de leurs chaussettes le matin. Ce qu'ils expérimentent comme décision est donc une anti-décision. L'inverse précisément. Un choix se muri. Il prend un temps fait d'allers et de retours, d'indécision. C'est un processus tout à la fois conscient et sensible, "inconscient". Une affaire de psychologie, d'équilibres et de glissements comme le cœur dévoile peu à peu sa préférence, l'intelligence développe des critères que l'imagination éprouve... Les circonstances interviennent à plein. Bref, un choix au sens propre est une affaire infiniment plus complexe que ce que sauraient observer ces fourmis avec leurs ciseaux de mort. Si nous ne devons pas finir submergés par les confettis de nos propres vies, il n'y a aucune réponse à leur apporter qu'un rire moqueur et libre.
-
Les peuples occidentaux n'ont qu'une vague idée du piège qui se referme sur la société technicienne, et semble guetter à leurs frontières comme une ombre à l'orée du bois. Ils vivent sans conscience du caractère spécifique de leur civilisation. Ils ne font pas le lien entre leurs vies tranquilles et, par exemple, la situation en Syrie. Un pays qui s'est vidé de plus de la moitié de sa population en quelques années, dont le territoire est partagé entre forces armées étrangères, groupes et milices privées aux allégeances douteuses. Où les différents 'services' apprennent aux enfants à espionner et retranscrire les propos de leurs familles et voisins - un enfant de 8 ans peut suivre un repas et attribuer précisément à chacun ce qu'il a dit en substance -, où un "like" sur la mauvaise vidéo youtube provoque dans l'heure l'exécution publique d'une adolescente qu'on a d'abord traînée par les cheveux à travers le quartier. La peur est partout et totale. Il n'y a plus rien en Syrie que le chaos et la technique. Le drone et le silence. La technique dans son plus pur et simple appareil. Technique de guerre. Qui phagocyte la totalité de l'être. Au-delà, le désert.
-
Qu'il soit une épreuve n'est pas tellement la question. L'épreuve présentement c'est ce choix. Il m'est plus difficile, plus dangereux en tout cas aujourd'hui d'arrêter de travailler, pour me lancer dans l'inconnu de la vision lointaine que j'aie eue il y a qqs temps, plutôt que de continuer à enchaîner des semaines de 80h qui de toute façon défilent vitesse grand v. Et cette idée que le travail sera ce que j'en fais, est bien sûr la grande séductrice, le piège dans lequel je risque de tomber. La position en question peut fournir une arrière base à partir de laquelle travailler à autre chose, mais il ne faut avoir aucune illusion sur la pénétration des forces du travail au sein de l'homme, qui "déteignent" et modifie en profondeur l'alchimie de la personne. Et pourquoi accepterais-je cette position ? Sinon seulement pour un bénéfice personnel ? De toute façon, en partant demain je demeure tout autant libre de travailler n'importe où. En restant, une laisse me passe autour du cou pour les prochaines années.
-
Une croisée des chemins se présente. Bifurquer et passer sous les radars comme prévu initialement, une affaire de semaine, de jours maintenant ; retarder ce départ au début de l'année prochaine ; ou changer de plan, car pour que j'annule mon départ, on me fait miroiter la direction d'un établissement commercial d'ici à deux ans. Ce plan est jouable, la proposition, quoi que de circonstance, est sérieuse et peut devenir un engagement. Mais entrer dans cette voie implique la disparition du possible qui est encore grand ouvert, résultat de l'alignement précédent des circonstances au terme de la crise initiée il y a quelques mois. Et je suis incapable de choisir pour le moment. De savoir même par quel bout attraper ce choix. Les seuls guides que je m'autorise à suivre , martèlent que s'installer dans ce monde est une folie. Mais comment suivre cette voie du travail sans ' s'installer ' ? Si j'accepte d'entrer dans cette perspective, pourrais-je échapper aux forces normatrices, internes et externes ; pourrais-je réintroduire au sein de cette nouvelle situation et perspective la finalité et le sens qui me sont propres ? En quoi n'est-ce pas trahir tout simplement ?
-
La vie semble faîte d'échanges, de rétentions et de précipitations plus ou moins violentes. Un vaste équilibre, une alchimie semble s'opérer ci-dessous, dont il est difficile d'observer les règles car elle dépasse l'individu ou sa perception ordinaire. J'en reviens à la fatigue et au sommeil : j'étais éveillé, puis je "glisse" dans le sommeil ; quelque chose "se passe" et je me trouve dans le sommeil. C'est une balance qui bascule, une rétention qui se libère, un reflux et en même temps une précipitation "dans le" sommeil, ou plus précisément : du sommeil. On peut jouer avec cette balance, avec cet équilibre ; car au total il n'y en a qu'un, mais dont les ramifications sont totales. Ceci s'observe en tous domaines. Si je vais trop longtemps contre l'équilibre, il y aura un blocage, une rupture et une redéfinition de la situation. Mais si j'intègre la rupture comme moment décisif, c'est un registre sur lequel je peux jouer. Ainsi pour amener quelqu'un à modifier une habitude ou un comportement problématique je dois travailler l'équilibre pour redéfinir la situation. Et comme tout est lié par et dans cet équilibre, les angles d'approche sont innombrables. Pourtant souvent nous sommes enfermés dans un seul mode d'action. Lorsque c'est le cas, c'est que nous ne possédons pas encore cet équilibre "intérieur" qui seul permet de jouer avec celui général. C'est que nous sommes pris dans le jeu des circonstances qui ne nous laisse pas de place, de marge à une sensibilité plus grande et à d'autres modes d'action.
