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Fraction

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  1. Les méchants n'ont pas que des défauts. Ils sont souvent très impliqués et responsables. Plus grosse est la responsabilité, plus gros est le calibre : 9mm pour un licenciement sec, Famas pour un plan social, arme de destruction massive pour un ministère. Les hommes de pouvoir ne me dérangent pas en soi, c'est l'indignité du pouvoir qui est indésirable, comme se faire juger par un porc ou diagnostiquer par un neuneu.
  2. Bonjour, Le problème avec l'absolu, c'est qu'il est incapable de résoudre les contradictions, faute de vacuité. Mylène Farmer et Jean-Louis Aubert sont probablement des absolus extrapolés. Parce qu'ils empruntent les sillons du nécessaire et du suffisant (et puis l'absolu se reconnait à son répertoire intarissable). Pourtant, la première déclare "Il n'y a pas d'ailleurs", alors que le second affirme "il y a un monde ailleurs". C'est tout aussi beau, mais c'est contradictoire, faute de dissociation initiale. Il y a mille dieux et mille diables dans le chaos de l'esprit, bien qu'un fédéralisme soit théoriquement envisageable, via le dimensionnement de la vertu. Les dieux, ou les neurones transcendantaux, qui transitent par notre propre verbe sont, par définition, indétectables. Les diables incarnent souvent un facteur exogène majoritairement censé nous prouver qu'on n'est pas chez nous. En outre, l'antipathie, la colère, et la contradiction offrent un effet d'optique : les méchants semblent avoir davantage de ressources personnelles, de ressorts moteurs, même si c'est un leurre. La dimension réaliste de l'esprit est extrêmement fédératrice, elle n'est pas antipathique comme l'altérité, mais apathique (plutôt techno). La difficulté c'est de comprendre que sa familiarité précède son caractère exogène, malgré les antagonismes. L'enfer peut résulter d'une réciprocité comportementale, mais c'est un sophisme superficiel. En vérité l'enfer est une pénétration du facteur exogène, jusqu'à son institution (complotisme, conspirationnisme, manichéisme, etc...). Là encore, l'enjeu est de dissoudre le facteur exogène, bien que la contradiction rationnelle ne suffise pas. Cordialement, Fraction
  3. Fraction

    Dieu n'existe pas

    Bonjour, Peut-être que Dieu sous-traite ses filiales religieuses pour éviter de pourrir dans la rente monopolistique. L'absolutisme est aussi un danger pour soi-même. Les neurones transcendantaux doivent répondre d'une hygiène irréprochable, puisqu'il n'y a rien au-dessus d'eux, et que les contre-pouvoirs sont conçus à partir du génome du pouvoir. La concurrence libre et non faussée des schizophrénies a engendré un ciel étoilé censé nous prouver la paternité du règne minéral, et objectif. Les dés semblent jetés : si le ciel est étoilé, cela signifie que la paternité minérale ne sera jamais contredite a posteriori, sinon la schizophrénie deviendrait hallucinatoire (et pas seulement interprétative), donc nulle et non avenue. Les hallucinations empruntent les sillons du crédible, et même du crédible a posteriori. Le traumatisme quantique tend à subjectiver la matière en tant que telle. Mais rien de ce qui ne possède aucune synapse objective ne peut survivre à l'hygiène mnésique et perceptive, tout comme les rêves sont destinés à être oubliés. Ainsi, dans une épistémologie stabilisée et assainie, le réalisme en tant que notion (ou "champ du possible dimensionné") devrait succéder à la réalité en tant qu'objet. Bien que la schizophrénie tourne à 15 ans d'âge mental, elle peut emprisonner un omniscient, en jouant de postures, de communication, et de renversement de charge de la preuve. Les illusions sont pseudo-récursives, c'est-à-dire qu'elle s'auto-défendent et tendent à revendiquer leur récursivité réelle. Pour guérir de la schizophrénie, il faut réussir à comprendre le "on est chez nous" pour les nuls, et le "c'est la conscience qui est récursive" pour les omniscients. Cordialement, Fraction
  4. Bonjour, Depuis le quinquennat de Monsieur Sarkosy, on n'écrit plus l'histoire, on la subit. Jacques Chirac était le dernier des patriarches. Aujourd'hui nous n'aurons plus droit qu'à des prestataires de services, avec les élections comme seule obligation de résultat. Le clivage gauche-droite commence à perdre en pertinence, depuis la fin de la guerre froide. La finitude du monde va bientôt nous rattraper, et nous devrons faire mieux avec moins. Aussi, nous devrons rationaliser et planifier en mode semi-dirigiste, et encore et toujours écrire l'histoire avant de la subir. Cordialement, Fraction
  5. Bonjour, On a le droit de se mettre à la place des technocrates, à condition de penser comme eux. C’est-à-dire d’être capable de comparer des valeurs incomparables. Ici, on compare des valeurs de santé publique avec des valeurs, non pas de confort, mais d’emplois, donc de destins. C’est un problème analogue à la limitation de vitesse. Je me permets un graphique purement théorique : A 0 km / h, il y a 0 mort / an. A 100 km / h, il y a 1 000 morts / an. Un inculte arithmétique pourrait déduire qu’à 50 km / h, il y a 500 morts / an. Or, ce n’est pas le cas. Il n’y en a que 200. La raison, c’est que nous sommes face à une courbe exponentielle de type « ax^2+bx », et non seulement « bx ». Cela signifie que cette courbe est en forme « d’apostrophe » ou de « virgule », elle qu’elle a donc un « coude ». Ce coude est une valeur optimale susceptible d’indiquer le meilleur compromis entre l’accidentologie et la nécessité de rouler vite. Concernant notre problème du Puy du Fou, je suis évidemment incapable de quantifier la valeur de ce coude; 9 000 ou 5 000 spectateurs ? Et j’ai l’impression que même les scientifiques sont encore incapables de le quantifier. Toujours est-il que la non-fréquentation des salles de spectacle peut être plus grave encore, en termes de destins brisés et leurs externalités, qu’un risque épidémique local modéré. Cordialement, Fraction
  6. Bonsoir, Je n'ai pas compris votre requête. S'agit-il vraiment de me faire répéter ou de reformuler ? Je reformule : La démocratie représentative sacralise la doléance du peuple, sa douleur, dans la mesure de son acceptabilité déontologique. Cela signifie que le peuple n'a pas le droit de manifester contre la race helvétique ni contre les homosexuels. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Je rajoute : Le diagnostic du peuple n'a aucune valeur scientifique en soi. Ce qui implique que le remède du peuple relève d'une sorcellerie irrationnelle. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Cordialement, Fraction.
  7. Bonjour, Les Gilets Jaunes étant à ce point hostiles à toute notion de représentativité, et tellement hétérogènes, qu'ils sont incapables de choisir légitimement un porte-parole, autre que quelques martyres de circonstances. Je ne suis pas de ceux qui croient que les martyres représentent quoi que ce soit : ni la condition humaine ni la condition citoyenne. Si bien que le mouvement GJ est librement réductible à une soupe populaire sans condition d'entrée. Leur seule invariance déductible c'est leur opposition à la démocratie représentative. C'est pour cela que j'ai émis une satyre envers la démocratie directe. Je vous laisse juge de mon bon ou mauvais goût. Certes, on se fout de nous, mais les GJ ne sont pas censés le savoir : Ils placent leur épargne sur le Livret A comme une vache vote pour le boucher. Je n'oppose pas la géniocratie à la médiocratie, car il existe des génies populistes et des génies élitistes. Je pose seulement une limite au diagnostic et au remède du peuple, quand bien même son mal serait réel. Bien que je conçoive que lorsque le remède du médecin devient impotent ou coûteux, on s'en remette à d'ancestraux réflexes irrationnels. Cordialement, Fraction
  8. Bonsoir, Chez moi, c'est la doléance du peuple que l'on peut sacraliser, et non son diagnostic ni son remède. La démocratie représentative a pour projet de soulager la doléance du peuple, dans la mesure de son acceptabilité déontologique, en offrant un programme directif à la fois pédagogique et initié. Ainsi, la démocratie directe représente pour moi une transgression ontologique qui court-circuite la volonté au détriment de la compétence rationnelle et du principe de réalité. Un peu comme la philosophie de Schopenhauer. Cordialement, Fraction
  9. Bonsoir, Vive la démocratie directe, vive le suicide assisté et les salles de shoot suisses. "Chers citoyens, qui pense que E=MC3 ? Moi ! Moi ! Moi ! ... Adjugé !" C'est vrai que 2 ce n'était pas suffisant. Ce n'est jamais que le double de 1. J'irais même plus loin que la non représentativité des élus et des élites. Je propose la prohibition de la représentativité des médecins. Que la sorcellerie soit remboursée par la sécu, et que les médecins soient élus. On est là, On est là ...! Cordialement, Fraction
  10. Pas en terme de positionnement, mais en terme de bonnes intentions infernales.
  11. Vous me faites penser à Monsieur Sarkosy dans son vœu pieux, et un peu naïf, d'obliger les enfants musulmans et les enfants juifs à manger à la même table à la cantine. Et vous, avec quels outils républicains comptez-vous lutter contre un phénomène si naturel ?
  12. Certains complotistes ont même associé le déclin catholique avec l'antagonisme maçon. Je crois surtout que l'Eglise d'avant 1905 avait beaucoup d'adversaires, ça me fait penser à Monsieur Fillon récemment. Je n'incrimine pas non plus l'idéologie gauchiste, j'incrimine plutôt une référence morale systématique : l'universalisme, dont la France est une incorrigible pratiquante, jusqu'à la passion. J'ai vécu 25 ans à Sarcelles, et 18 ans à Paris. Malgré quelques accidents et quelques automatismes communautaires, je n'ai pas constaté d'antagonisme majeur entre les communautés, malgré un antisémitisme décomplexé chez certaines. Le seul racisme dont j'ai été témoin, c'est un racisme philanthrope, humoristique, quelques collections de préjugés, bref rien d'incompatible avec la fraternité. Si bien que je m'interroge sur la représentativité sociologique de l’événementiel journalistique.
  13. Bonsoir, Nous n’intégrerons pas les musulmans et les africains comme nous avons intégré les italiens et les portugais, blancs et catholiques. Nous devrons nous adapter à un principe de réalité pluraliste que nous avons nous-mêmes invoqué. La loi de 1905 a privatisé le culte, et pose la religion dominante au même niveau que les autres. C'est peut-être une erreur : on a le droit de parler sénégalais en France, mais la langue nationale, la langue identitaire, c'est le français. La philosophie du droit doit-elle opérer une mutation de l'identité du culte vers l'identité culturelle ? L'Eglise n'a évidemment pas d'autorité, mais son imprégnation historique et culturelle vaut sans doute pour identité. Le sens de l'histoire est composé d'un appareillage traditionnel, historique, institutionnel, mais aussi d'un dimensionnement notionnel qui actualise cette tradition. Or, dans cette perspective, la rupture générationnelle est à craindre, et c'est même ce qu'on peut observer depuis les 70's. La culture peut se perdre en seulement quelques générations. Mais il demeure difficile de demander à un français d'origine africaine de choisir entre Rousseau et Voltaire. Le déracinement peut être fulgurant, mais l'enracinement est long, et il exige un climat de confiance et de consanguinité spirituelle. Toute opposition de principe est à redouter. Cordialement, Fraction
  14. Bonsoir, J'aimerais d'abord répondre sur la forme. On dit : "la forme, c'est le fond qui resurgit." Les rôles régaliens sont avant tout des rôles d'incarnation. L'esthétique morale y est plus importante que les idées. Il n'y a qu'un seul Charles Pasqua, et un seul Nicolas Sarkosy. Les autres sont des imitations pathétiques, jusqu'à l'antinomie de la "tête à claques". Celui qui n'a pas de charisme ne doit pas les singer niaisement. Mieux vaut ne pas jouer que surjouer. Lorsque Lara Fabian dit "je t'aime", on dirait un Airbus au décollage, si bien que personne n'y croit, car personne n'aime comme ça. Lorsqu'on n'a pas de charisme naturel, mieux vaut jouer sur la corde rationnelle ou pragmatique, c'est fédérateur et ça peut même faire peur, par son apathie affichée. Sur le fond, j'envisage avec réserve l'amende forfaitaire annoncée, concernant les consommateurs de cannabis. S'administrer son propre mal constitue-t-il une priorité répressive, mérite-t-il un tel focus qui méprise la douleur des vraies victimes par omission ? Pénaliser le client c'est le responsabiliser de ses externalités, c'est-à-dire des conséquences des conséquences de ses conséquences... Or, le Conseil Constitutionnel pourrait parfaitement censurer ou relativiser une telle tactique répressive, car après tout nous ne sommes responsables que de nos actes et non pas des actes de nos partenaires. A mon sens, le focus répressif devrait plutôt cibler les violences quotidiennes qui elles, occasionnent de vrais traumatismes indélébiles. Allez savoir pourquoi, mais lorsqu'un caïd tue un autre caïd, je suis moins ému que lorsque la victime est aléatoire. Tout comme la tentative de crime politique des insurrectionnels justifie un arsenal proportionné, car le seul monstre légitime c'est l'Etat. Ça veut dire quoi le slogan "tolérance zéro" ? Ça veut dire que, dans le monde d'avant, c'était tolérance 10, 20, 50 ? C'est inepte, et cela dénote une carence sur le fond. En revanche, "la bonne répression, ce n'est pas la répression sévère, mais la répression certaine" n'est pas un slogan mais une conceptualisation très pertinente. Mais faute de place en prison, le judiciaire devra moduler ses peines avec les moyens de notre époque. Cordialement, Fraction.
  15. Bonjour, Zoologiquement, l'adultère féminin est plus traître que l'adultère masculin, en vertu du monopole utérin. Que la conscience humaine ait somatisé cette trahison ne me surprend pas. Pour ce qui est du charme, les femmes prédatrices stimulent mon cerveau reptilien, alors que les gentilles m'apparaissent moins énergétiques, voire trop tolérantes envers le bordel organisé. La petite fliquette avec la coupe au carré, qui a de grandes idées sur la famille et le sens du devoir, hante mes nuits. Ce n'est pas tant le côté facho que le critère de responsabilité qui dimensionne mon goût. Mais suis-je à la hauteur d'une telle femme, suis-je à la hauteur de mes ambitions ? L'esthétique physique et l'esthétique morale sont intriquées, comme en physique quantique, et les gens ont la gueule de ce qu'ils sont, sans moralité. L'erreur serait de choisir sa femme pour ce qu'elle a de meilleur. Il serait plus pertinent de la choisir contre ce qu'elle a de pire. Jusqu'où ira le prochain clash ? Y a-t-il une limite à l'antipathie accidentelle des sexes, à la castration morale ou à l'humiliation ? Amortir le stress et la colère implique une grande maturité affective. Lorsque vous aurez imposé vos choix et votre façon de penser à votre promise, elle saura s'y résigner. Mais le risque c'est qu'elle se mette à jouer perdant. Si votre femme décide de jouer perdant, certes vous aurez le dernier mot, mais vous allez le regretter. Par son mauvais esprit, sa déresponsabilisation, son jugement intolérant. L'amour est censé être un rapport gagnant-gagnant, c'est comme le commerce. La symbiose est un idéal, mais l'osmose est une réalité. Le commerce quotidien est fait d'accidents et d'oppositions, et il a parfois tendance à voiler la symbiose amoureuse pourtant réelle. Devenir docile à l’œstrogène implique de renoncer à l'expression de certaines vérités. Le tabou est essentiel à toute relation sociale, car la communication précède la discussion. A chaque média ses moteurs, à chaque audience ses tabous. Le système de références est sensible, voire hypersensible à un certain degré de violation. Cordialement, Fraction
  16. Fraction

    C'est quoi un «facho»?

    Bonjour, Je vais vous offrir une définition qui m'est propre. Un facho, historiquement, c'est un militant qui dénie l'autorité du pouvoir législatif sans contrepartie. Ainsi, le 49-3 est blanchit d'idéologie fasciste, puisque l’exécutif légitime ainsi une éventuelle motion de censure. Dans nos démocraties modernes, plus le gouvernement est autoritaire, plus il prend des risques de censure. Un facho, historiquement, c'est quelqu'un qui reconnait le pouvoir de la rue et de l'aléa du plus fort. La marche sur Rome de Benito Mussolini est une exhibition terrorisante de la force milicienne fasciste, qui dans son application, n'a rien à envier à la littérature anarchiste et ses "mouvements de masse spontanés". J'ajouterais, c'est ma touche personnelle, qu'un facho ne sait pas choisir ses amis, car lorsqu'on ne reconnait que la force, il devient difficile de distinguer la force légitime de l'Etat de son embryon mafieux. Il ne vous aura pas échappé que le souverainisme contemporain, libéro-compatible ou non, ne correspond pas à cette description historique. Je regrette malgré tout que les "souverainistes libéro-sceptiques" (RN notamment) n'aient toujours pas appris à choisir leurs amis, peut-être faute d'un pragmatisme de l'alliance opportuniste qui a jadis coûté cher à l'Italie fasciste. Qu'ils ont bien changé les beaufs des chansons de Renaud ! Ils se sont adaptés et ont collectivement mûri, ils se sont peut-être même rendus dociles à l’œstrogène et son autorité. Moi-même j'ai arrêté de tuer des chats récemment, je me suis réconcilié avec mes deux hémisphères cérébraux et mes hormones, et je me sens plus léger. Je crois que l'échiquier politique français est devenu normé, référencé, homologué, et que depuis la rétrogradation de Jean-Marie Lepen, le débat s'est assaini. Le culte phallique du duce a été désacralisé au profit de sa fonction, de son rôle, car c'est bien la fonction qui fait l'organe, et non l'inverse. Cordialement, Fraction
  17. Je n'ai plus la référence de cette étude, je n'ai que ma bonne foi pour moi. Je vous demande de me croire. Libre à vous de détecter en moi un manipulateur ou un intellectuel de bonne foi.
  18. Avoir ce que je ne mérite pas me déprime. Bien que, comme beaucoup, je mérite plus que je n'ai. Une étude sociologique a prouvé que les gens préfèrent être moyens parmi les pauvres plutôt que riches parmi les très riches. Le néant nous conditionne, il nous borde et nous offre une pression sécurisante et signifiante. La providence est infantilisante. Les hommes libres souhaitent s'affranchir de la créance morale de la divinité et de la chance. Comme ils souhaitent s'affranchir de l'infantilisation punitive. Le mérite est une valeur sociale-démocrate largement revendiquée. Mais ce n'est pas le seul mérite qui détermine le salaire de l'effort. C'est la valeur marchande qui détermine le salaire, et seuls les français moyens ont l'impression que c'est le mérite intime qui le détermine. Pour obtenir ce qu'on mérite, il suffit d'endurer. Mais pour obtenir ce qu'on vaut, encore faut-il être reconnu, par un marché ou une société.
  19. Bonsoir, Je sais que votre message fait suite à notre discussion, et je rougis à l’idée qu’on me regarde tout nu. Je n’aime pas parler de moi. J’ai une expérience tumultueuse, accidentée et mystique. Mon intellect est davantage la conséquence de mon asociabilité qu’il n’en est la cause. Je n’ai pas l’intelligence du prédateur, je suis un benêt repenti, assoiffé d’absolu. Mon intelligence n’est pas conçue pour mener une équipe, un projet, un empire. Elle est conçue pour édifier la vérité, représenter l’absolu, même si c’est un vœu pieux. Je suis tombé dans un piège cognitif dont la nécessité réduit à néant toute tentative de libération : c’est le non-retour. J’ai réussi à tuer la récursivité de Dieu et celle du Big bang, pour mieux faire valoir la récursivité de la Conscience. Cela m’a coûté une solitude définitive, mais offert la liberté. Mais me direz-vous : qu’est-ce que la liberté sans moyens et sans altérité ? Peut-être dois-je compromettre ma vérité avec l'évidence altérée de l'autre et du monde. C'est ce que je tente de faire sans trop d'espoir. Cordialement, Fraction
  20. "Banlieue rouge" est une réduction un peu hypocrite de ma part pour sociologiser le débat plutôt que de l'ethniciser, ce qui n'aurait pas de sens dans mon propos. La révolution française doit être assumée, et je l'assume, tout en reniant la Terreur et le génocide des aristocrates. Mais d'autres nations occidentales n'ont pas guillotiné leur roi et, ma foi, elles ne s'en portent pas plus mal aujourd'hui. Non, l'insurrection n'a jamais été une nécessité populaire en occident. On est passé de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle sans révolution. On aurait pu passé de la monarchie constitutionnelle à la démocratie républicaine sans effusion de sang. Sans doute parce que les bourgeois pesaient suffisamment sur les caisses publiques pour imposer un droit à la propriété plus libéral.
  21. Qu'il existe des CRS incompétents est un fait notoire. Ils doivent être jugés et évincés, à condition que l'IGPN reste libre et objective. Mais cette réalité ne doit compromettre le ministère de l'Intérieur que dans sa politique de ressources humaines, et non dans sa doctrine, qui n'a pas été respectée par les CRS fautifs.
  22. En banlieue rouge, il y a des claques qui se perdent, je suis d'accord. Mais le saviez-vous : qu'un manifestant agresse un CRS physiquement n'est pas un jeu, mais un délit. La révolution n'est pas une fête, c'est un crime. L'insurrection n'est pas le sens de l'histoire, c'est sa négation, et cela justifie une réponse proportionnée.
  23. Bonjour, Oui, on peut penser parfois que la racaille tient le haut du pavé. On peut même penser qu'elle s'approprie la culture, musicale notamment, en haut de l'affiche. Mais c'est peu compter sur les ressources populaires, et les ressources nationales. Les mœurs sont en déliquescence depuis 1970, âge symbolique d'une rupture générationnelle. Passe-t-on de l'ordre à la décadence, ou d'un ordre à l'autre ? Cette déliquescence n'a fait que s'accentuer avec le temps, et s'accélérer avec une conception chosifiante et aliénante de la République, jusqu'à même sa prostitution. Mais le peuple ne possède pas la Nation, et la République est une personne morale autonome, capable de confisquer l'autorité en cas de nécessité imminente. Politiquement parlant : les libéraux et les souverainistes modérés sauront-ils faire valoir les valeurs régaliennes à la hauteur des enjeux de la modernité et de sa violence, de plus en plus gratuite ? Ou alors les nationalistes ont-ils le monopole de l'autorité et de la sécurité ? J'ose espérer que la police n'ait jamais à sortir une arme létale de sa poche. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis. Mais nous ne sommes pas non plus chez les bisounours, et les provocations physiques se multiplient. J'aimerais témoigner d'une expérience intime. Mes parents sont divorcés, et lorsque j'étais enfants, je passais un week-end sur deux chez mon père. Curieusement, lorsque j'étais chez ma mère, j'avais envie de pleurer : je me plaignais, et je me rebellais. Mais lorsque j'étais chez mon père, l'envie de pleurer me passait, je n'étais même pas triste intimement : c'est magique. Cordialement, Fraction.
  24. Rendez-vous compte de ce que vous dites : "le malheur peut rendre heureux" (?!) Ma version est moins paradoxale : la conscience cherche le sens, et le sens peut être douloureux.
  25. _ La volonté est récursive : on "veut vouloir" systématiquement, et l'on ne peut pas "vouloir ne pas vouloir". _ La véracité est récursive : on "croit croire", et l'on ne peut pas "douter qu'on croit". _ Le réalisme est récursif : on peut douter de la réalité en tant qu'objet, mais pas de sa perception en tant que telle. Mais le bonheur n'est pas récursif : on peut vouloir le désespoir, le stress, l'angoisse, si tant est qu'ils ont un sens.
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