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Tout ce qui a été posté par Fraction
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Comment peuvent tant s'associer intellectualisme et stupidité?
Fraction a répondu à un sujet dans Philosophie
Bonjour, Les ingénieurs ont une approche empirique : tout est possible a priori. Alors que les docteurs ont une approche rationnelle : la nature a des limites théoriques. Certains docteurs vous diront que la vérité est contre-intuitive. Cela signifie que ce qui nous anime peut nous tromper. Les fameux "biais cognitifs" en sont l'illustration la plus pertinente. Mais même si la conscience est truffée de biais cognitifs, cela ne signifie pas que la conscience est un biais. Cela signifie seulement qu'elle ne sait pas gérer ses conflits instinctivement : elle a besoin de concentration et d'acquis. Mais certains pervers, très intelligents aussi, pousseront le vice de la contre-intuition à son excès. Certains pervers iront même jusqu'à déclarer que les virus sont des éducateurs comportementaux, que les guerres et les famines sont des régulateurs démographiques. Et là, je vous rejoins : Il existe une certaine porosité entre l'intellectualisme et la stupidité. Un pervers démonique, aussi intelligent soit-il, ne vaudra jamais la fraîcheur d'une Miss France naïve et bienveillante. Je préfère encore la bienveillance suicidaire à l'intelligence perverse. Mais ne confondons pas les chiens et les loups, même s'ils se ressemblent beaucoup. Cordialement, Fraction -
Pourquoi les Juifs sont restés Juifs ?
Fraction a répondu à un(e) sujet de prisca* dans Religion et Culte
Bonjour, A ma connaissance, Jésus n'a jamais revendiqué la fondation d'une nouvelle synagogue. Il a seulement émis le souhait de répandre les Evangiles. Jésus était davantage réformiste que révolutionnaire : il s'inscrit dans une continuité, et non dans une rupture. Ainsi, tous les chrétiens sont juifs par baptême, alors que les juifs originaux sont juifs par leur mère. Ontologiquement, le judaïsme est corporatiste, tribal et familial, alors que le christianisme est universaliste. La consanguinité de l'esprit et du cœur fondent le pari du christianisme, alors que le judaïsme reconnait surtout la filiation du sang. Si la diaspora juive a résisté à la conversion pendant des millénaires, c'est probablement grâce à une cohésion communautariste miraculeuse. Malgré tout, les juifs achkénazes sont typés européens, alors que les juifs séfarades sont typés maghrébins. Cela indique une porosité osmotique. Il n'y a pas de chromosome juif, il existe même des juifs noirs. Il n'y a pas non plus de culture proprement juive : les juifs russes dansent la polka. Le judaïsme, c'est une ontogénèse par autosuggestion. On peut programmer sa propre ontogénèse, parce que la suggestion est toute-puissante. Yahvé est pour moi le Dieu de l'éveil. Les juifs sont des symbiotes éveillés. Ils ont un destin d'élu, ou tout au moins, ils ont vocation à être reconnus. Ils seraient même capables de séduire et convaincre le parti communiste chinois et de s'insinuer dans leur gouvernement. Les juifs sont inflationnistes. Un juif est capable d'acheter un T-shirt à 50 centimes, et de vous le vendre à 50 euros. Et vous aurez l'impression d'acheter de l'or. Alors que les chinois sont désinflationnistes, puisque leur main-d'œuvre est éthiopienne. A nous de choisir entre une marge rémunératrice et un low-cost exploiteur. Cordialement, Fraction. -
Les frères Bogdanoff me sont joyeusement antipathiques. La science n'a pas vocation à vendre du rêve. Ca, c'est le rôle d'Hollywood. La révolution quantique va peu à peu légitimer la pensée magique. Les rêveurs vont nous vendre un monde d'une infinité de dimensions et de possibilités. Mais le principe de simplicité est d'une austérité prohibitive.
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L'important n'est pas la taille de l'Univers, mais sa plasticité. Avec une goutte d'eau d'une plasticité infinie, vous pouvez loger tout ce que vous souhaitez. La conscience est cette goutte d'eau qui peut conscientiser ce qu'elle veut, ce qu'elle peut, et ce qu'elle doit.
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D'autres vous le diront mieux que moi, mais l'Univers tel qu'il est conçu aujourd'hui n'est pas infini, sinon il est dit que le ciel étoilé serait blanc. L'Univers compte 10 puissance 82 atomes, imaginez un 1 avec 82 zéros derrière. Ca parait grand, mais en vérité c'est dérisoire, même si la notion de grandeur et de petitesse est toute relative. La moindre explosion combinatoire, bête noire des informaticiens, peut compter 1 millions de zéros de possibilités, de combinaisons. Et comme vous l'avez mentionné, l'infini n'est pas un réel, mais une notion, donc expérimentalement improuvable. En outre, la notion de générosité peut parfaitement s'impersonnaliser. On pourrait dire d'un sandwich qu'il est généreux, sans pour autant le personnifier. La récursivité de la Nature, ou son autocréation, fait l'objet de nombreux débats. J'ai ma propre position, j'en ai déjà témoigné, mais j'ai peur de changer de sujet.
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Bonjour, Ceux qui croient en la générosité de la Nature sont ceux-là mêmes qui s'imaginent que l'Univers héberge 100 milliards de civilisations. L'approche empirique calcule ses probabilités a priori, c'est donc une approche authentiquement naïve qui élude l'ontologie de son objet d'étude. Alors que l'approche rationnelle induit l'identité de l'Univers, et elle en déduit son austérité maximale. Cordialement, Fraction
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Vous vous en remettez au jugement de Dieu, comme si son omniscience était innée, et que son essence était gratuitement généreuse. Je ne suis pas de cette école : je ne crois pas aux cadeaux de la Nature. La Nature est faussement généreuse, car elle n'agit que par nécessité. L'omniscience n'est pas innée, elle nécessite un éveil hyper-vigilant et un travail cognitif incessant et à jamais imparfait.
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Je ne souhaite pas rentrer dans ce débat du "qui a commencé ?". On pourrait alors remonter à Mathusalem. Dans mon atelier d'ouvriers, lorsque deux personnes se battent, en ripostant à l'autre disproportionnément, on sanctionne les deux. On ne cherche pas à savoir qui a commencé, mais qui a réagit disproportionnément. Or, ici, les deux parties sont vraisemblablement fautives.
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Je n'en sais presque rien. Mais je vous invite à consulter la Pyramide de Maslow pour cerner la hiérarchie des problématiques humaines. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins Cette pyramide n'est pas parole d'évangile, ce n'est qu'un brainstorming. Mais elle a le mérite de sa verticalisation besoin-envie. Personnellement, je considère l'intolérance identitaire comme un caprice. En revanche, l'adversité communautaire relève d'une sociologie plus viscérale et plus impactante.
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Je ne suis pas certain que la religion soit l'argument moteur des jeunes palestiniens. Je crois surtout qu'ils sont un peu paumés, sans avenir et sans espoir, et qu'ils sont nés chez leur bourreau de circonstances. La fascisation, de part et d'autre, n'est pas qu'un simple caprice identitaire ou culturel. La fascisation, c'est tout un conditionnement : lorsqu'on vous administre un claque par jour pendant des années, c'est un supplice. Et vous finissez par percevoir votre environnement comme un environnement hostile. Certains esprit vulnérables pètent les plombs, mais, en tout cas, tous les autres se retranchent dans leur ego. Et ce n'est pas une déclaration de l'Ancien Testament qui règlera, d'un revers de main, un problème sociologique si viscéral. On ne réunira pas le Klu Kux Klan et les noirs américains autour de l'apéro convivial d'une kermesse collégienne. Ce n'est qu'une image infidèle évidemment.
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Il ne s'agit pas de convaincre les autres, ce serait bien vaniteux. On ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus mais qui ne le savent pas encore, faute d'immaturité locale. Toute entreprise de "déradicalisation" des djihadistes a été un fiasco, l'esprit ne se laisse pas faire. Raison, preuve, et intuition participent de la même grammaire, celle de l'évidence. Parce que la conscience elle-même est une grammaire systématique. Et parce que l'évidence en tant que telle (et non en tant que flux cérébral) est la prise mâle de la conscience. Ce n'est pas la preuve qui pose problème aux uns ou aux autres. Le problème c'est son exclusivité, son absolutisme, et même son axiomatisation indue : La vision d'une table n'est pas une table, mais une vision. Postuler l'existence de la table est une axiomatisation intuitive, ce n'est pas un dû.
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Bonjour, Je répète que je suis athée, mais je réfute le procès en naïveté dont les croyants font souvent l'objet. La foi est une forme d'appréhension de l'évidence. Mais elle n'est ni objective, ni rationnelle. Elle serait plutôt d'ordre intuitif. L'évidence est tri-dimensionnelle, et la preuve n'en est que la perception objective. Le scientisme a tendance à absolutiser le culte de la preuve. Mais cela relève d'une précarité des langages rationnels et intuitifs, difficilement transmissibles. Rendez-vous compte que la cosmologie considère l'humanité comme un accident zoologique. Ca vous choque et moi aussi, mais ce choc n'est ni d'ordre objectif ni d'ordre rationnel, il est d'ordre intuitif et intransmissible. L'intuition n'est pas qu'une simple pensée magique. C'est une calculatrice de probabilités inégalable, bien qu'informelle. L'intuition n'est pas non plus une pensée gratuite. Elle s'éduque et s'informe. Ne croyons pas que la science est systématiquement rigoureuse et formelle. Einstein et Darwin sont de grands intuitifs, et aucune machine formelle n'est encore capable de les imiter sans superviseur. Ne croyons pas non plus que les scientifiques ne font pas acte de foi lorsqu'ils croient en la vertu inhérente du temps. Croire que le temps crée et répare, même localement, ça s'appelle la néguentropie. Or, la généralisation de cette néguentropie spontanée, dissociée, et inconsciente, est un acte de foi. Et la transition du Big bang à nos jours multiplie l'ensemble des improbabilités de ses étapes. D'où une cohésion on ne peut plus précaire et pas moins naïve qu'une génèse administrée. Cordialement, Fraction
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Monsieur Macron est le président de tous les français, même ceux qui n'ont pas voté pour lui. Mais Dieu, lui, m'a opposé son reniement, face à ma mécréance et mon esprit critique, systématique je l'avoue. Comment alors ne pas le considérer comme mafieux ou sectaire ? Ai-je vraiment affaire à Dieu, ou bien ai-je affaire à une forme intelligente de schizophrénie ? Les gens malhonnêtes n'ont pas de cicatrice sur la joue, pas de jambe de bois, pas de perroquet sur l'épaule. La Vérité n'est pas initiatique : Ce n'est pas une formule qui se transmet de père en fils, depuis les bâtisseurs de pyramides. La Vérité est fondamentalement tautologique, évidente, déductible. Celui qui utilise l'argument d'autorité est à mes yeux suspect. L'argument d'autorité c'est : "c'est vrai parce que je l'ai dit". (l'argument de vérité c'est : "c'est vrai parce que c'est nécessaire et suffisant.") Or, parce que je suis un homme critique, je réfute cet argument d'autorité par principe. C'est à la fois un principe de légitimité et d'humanité.
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Vous écrivez DIEU en majuscules, comme un nom propre. Mais moi, je suis athée : je crois en la transcendance, mais pas en son nom propre. Dieu n'a pas le droit de dire "je". Quel genre de Dieu aurait été assez cruel pour écrire notre Histoire ? Disposer l'empire allemand et les USA dans un collisionneur de particules, les propulser à la vitesse de la lumière, pour finir par compter les morts. Quelle est la valeur ajoutée d'une telle pédagogie ? Il existe toujours une histoire qui échappe à notre plume, et à la plume de Dieu. L'Histoire n'est qu'une onde schizophrénique : Dieu a écrit 1970, mais c'est le diable, celui du doute et de la dépression, qui a écrit 1929 et 2029. Dieu, c'est nous. C'est nous qui l'avons invoqué et reconnu. Les nazis avaient des pouvoirs magiques macrocosmiques. Parce qu'ils avaient leurs propres invocations et leur propre communion. Parce que nous devenons tous fous en même temps. Et parce que nous nous assainissons tous en même temps. Nous sommes localement synchronisés. L'heure est à la division, à l'égoïsme. Face aux problèmes qui s'annoncent, nous devons penser à nous-mêmes et aux nôtres en priorité. Le pari théiste, c'est que la magie blanche est à ce point fédératrice qu'elle finira par vaincre la puissante magie noire. Mais c'est un vœu pieux qui ne peut fonctionner qu'en cas de confiance fusionnelle. Or la fusion n'est pas hygiénique, elle est entropique, elle sème plus de désordre que d'ordre, comme l'actualité nous le rappelle.
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Je peux m'essayer à la diplomatie, mais je ne suis pas théologien. Et j'ignore le positionnement réel des musulmans à l'égard de l'Ancien Testament. Ce que je sais, c'est que c'est l'ONU qui reconnait les peuples et les nations, et que ses considérations ne sont pas d'ordre religieux. Israël est une sorte de 49-3 du droit onusien, un droit d'exception d'initiative exécutive. C'est l'ordre mondial qui a prévalu sur l'ordre régional, lors de la reconnaissance d'Israël. Or, cet ordre mondial exécutif n'est, par définition, ni démocratique ni internationaliste. Les forces régionales ont majoritairement reconnu la légitimité d'Israël. Mais aujourd'hui, c'est le sionisme néo-colonisateur qui pose problème. Et je doute que l'argument théologique que vous évoquez puisse faire consensus.
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Si je faisais partie du cabinet de l'Elysée, je déconseillerais au Président de porter un jugement public sur le conflit Israélo-Palestinien. Le Moyen-Orient est une poudrière, et la réalité démographique française est susceptible de diviser la Nation de façon irrationnelle et passionnelle. Mais il est vrai que dans ce conflit, les USA et le Conseil de Sécurité ont un certain monopole administratif, sans réel contre-pouvoir. Le laisser-faire profite au sionisme, et le jugement de valeur profite à la division. C'est un dilemme dont je ne connaîtrais probablement pas l'issu de mon vivant. Mais vous apportez alors de l'eau à mon moulin : ici, seule l'hypocrisie peut éteindre le feu de la passion fratricide.
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Je cosigne votre dénonciation de l'hypocrisie. Mais il ne faudrait pas confondre "hypocrisie" et "diplomatie". J'ai constaté que les ambassadeurs étaient plus souriants lorsque leur hôte possédait la bombe atomique, ou des routes commerciales. Mais je n'en dénonce pas la tromperie posturale, car la posture fait également partie d'un commerce communicationnel. Effectivement, la com pour la com, ça a mauvaise presse. Mais la com trouve sa justification lorsque son pathos semble éprouvé, et que son expression est crédible. Pour que la com fonctionne, on ne doit pas deviner que c'en est, même si personne n'est dupe. C'est comme un test de Turing : il n'y a pas d'humanité, il n'y a que des preuves d'humanité.
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Bonjour, _ Nous avons tous une personnalité off. Cette personnalité est cynique et désinhibée. C'est elle qui ne répond pas au téléphone parce que ça la saoule, et qui prétexte une panne de réseau. _ Et nous avons tous une personnalité publique. Celle qui cherche à séduire, à convaincre, en s'adaptant aux références culturelles environnementales. Il ne s'agit pas d'une schizophrénie, mais d'une focalisation de l'esprit. A chaque focus ses moteurs et ses inhibiteurs, et à chaque média sa cosmologie et sa référence culturelle. Monsieur Trump était transgressif dans la mesure où il considérait Twitter comme son journal intime, sa personnalité off n'avait alors aucune membrane pudique. Ainsi, dire "je" n'est pas une imposture, c'est seulement une réduction représentative. "Je" signifie "en vertu de ma pleine conscience, libre, maîtresse, et responsable". En 2022, je me présenterai à l'élection de mes neurones, et cette fois-ci, je suis sûr de gagner. Cordialement, Fraction
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la peine de mort, rétablie en France, serait-elle dissuasive ?
Fraction a répondu à un(e) sujet de Colombe de paix dans France
Le pénal est multi-dimensionnel : _ Le pénal vengeur. _ Le pénal privatif. _ Le pénal pragmatique (dissuasif). Le pénal privatif est l'orientation dominante en Europe. Tout dépend de notre choix de civilisation, et des conjonctures criminelles. Tout dépend si l'on souhaite rendre justice ou rendre l'ordre et la loi. Tout dépend si l'on est légaliste ou légitimiste. La peine de mort n'est pas une peine, mais une mort. On ne mérite pas sa vie, c'est la vie qui nous permet de mériter. D'où une contradiction conceptuelle. Mais, ma foi, certains crimes monstrueux seraient susceptibles de justifier un droit d'exception. Personne n'irait pleurer sur la tombe d'un Lelandais. Mais alors, se poserait un problème, non pas de mérite, mais de responsabilité. En effet, factuellement, la peine de mort est un assassinat légal, dont la victime est alors inoffensive et sans défense. Or quelle institution digne et représentative serait capable de prendre la responsabilité d'un tel assassinat ? Le schéma classique oppose souvent une certaine idée de démocratie directe et la démocratie représentative. Les élites sont souvent opposées à la peine de mort, alors que le peuple y est souvent majoritairement favorable. Sur ce sujet critique, ils sont irréconciliables. La revendication létale est plutôt d'ordre passionnel, alors que sa critique est plutôt d'ordre rationnel. Ma foi, la passion a parfois quelques légitimités, mais peut-être pas à ce niveau de responsabilité. Cordialement, Fraction -
Vous parlez de "construction mentale dérivée". Mais s'agit-il d'un compromis dualiste ? Reconnaissez-vous l'existence d'une nature étrangère à la matière ? La représentation que vous avez sous les yeux est-elle donc localisable dans votre cerveau ? Ou fait-elle intervenir un mode d'existence exogène ? Si la Nature a pu vous tromper sur les couleurs, elle peut le faire sur l'ensemble de votre spectre perceptif, qui est du même acabit.
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Vous posez une question fondamentale en excluant sa technicité descriptive. J’aurais aimé vous offrir une réponse plus vivante et plus ludique. Mais le fossé philosophique entre la vérité absolue et la vérité reconnue est tel que je dois tout expliciter, pour que mon discours soit inattaquable par le scientifique et le religieux. La pensée ne peut pas se penser ? Je dirais plutôt que la formalisation n’est pas une pensée, mais un média. Mais le langage n’exclut aucune notion de sa capacité de préhension, de représentation, et de médiation. La conscience d’être conscient est une récursivité extrapolative. Une récursivité gratuite, systématique, capable même d‘expliquer l’émergence de la vie ex-nihilo. La notion de gratuité est certes une immoralité naïve, mais c’est un outil de représentation pratique de cette émergence. Ce que vous avez sous les yeux n’est pas un réel, mais un bien (propre). Le Soleil ne brille que pour vos yeux, et votre rétine ne perçoit que son spectre d’intérêts. Voilà une pseudo-gratuité qui, en vérité, peut devenir un piège aliénant, comme il peut devenir un salut, selon votre qualité d’âme. Puisqu’on est dans le spectre cosmologique, et puisque je vous sens hermétique ma technicité, j’aimerais vous éveiller à une évidence contre-intuitive. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si notre réalité existe, alors elle devrait avoir une infinité de sœurs jumelles. Vous suivez ? Une infinité d’épisodes des « feux de l’amour », concevez alors l’immoralité et l’ineptie d’une telle gratuité. Pour remédier à cette infamie, il faut concevoir notre réalité comme un absolu, et non comme un « quoi » accidentel.
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Même en poursuivant le cheminement de l'onde électro-magnétique, rien dans votre cerveau n'est rouge en soi. La couleur rouge et le goût du chocolat sont d'une nature exogène à la matière.
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Bonjour, Vous, vous aimez les défis intellectuels. Mais la plasticité de votre esprit est-elle au rendez-vous ? Pour saisir l’idée de conscience, il faut d’abord faire son deuil d’un « quoi » analysable et de sa localité. Rien dans la longueur d’onde de la couleur rouge n’est rouge. Rien dans la chimie du chocolat n’a le goût du chocolat. Toute analyse élémentariste aboutit à l’absurde : A quoi ressemble le goût du chocolat, analytiquement ? Il ressemble au goût du chocolat, irréductiblement. Parce que le « qui » n’est pas un « quoi ». La conscience est notionnelle, et sa prise mâle c’est l’évidence en tant que telle, et non en tant que bit ou autre formalisme. Tout comme la vérité est la prise mâle de la véracité. Voyez alors comme la matière est définitivement de nature exogène, jusqu’à même sa possible dénégation, par principe de simplicité. En effet, le dualisme n’est pas une thèse stable, il oscille violemment entre le monisme de la matière et le monisme de l’esprit. La conscience est finaliste. Alors que la matière, telle qu’on l’enseigne en France, est mécaniste. Dans un système mécaniste, c’est l’un qui détermine l’autre. Dans un système finaliste, c’est Tout qui détermine tout. Ainsi, la pensée n’est initialement pas une administration en amont, mais une invocation en aval. Pour saisir cette conscience notionnelle, il est indispensable de saisir la notion de récursivité. La récursivité, c’est comme un ensemble de machines capables de se construire les unes les autres. La récursivité, c’est comme un dictionnaire dont les mots se définissent les uns les autres. La conscience est une grammaire systématique. Preuve en est la grammaire systématique de son langage. Vous allez comprendre. La récursivité de la conscience implose en une grammaire elle-même récursive : _ La récursivité de la volonté : je veux vouloir systématiquement, et je ne peux pas vouloir ne pas vouloir. _ La récursivité de la véracité : je crois croire systématiquement, et je ne peux pas douter du fait que je crois. _ La récursivité du réalisme : j’ai l’impression de percevoir, et je ne peux pas dénier cette impression en tant que telle. La symbiose de cette grammaire récursive aboutit à la récursivité du bien (propre) : Il m’est impossible de m’administrer mon propre mal, conscientisé comme tel. Si je me pince pour me faire mal, alors j’ai conçu une volonté transcendantale à ma perception. J’ai donc fait mon bien propre. Le moi n’est pas non plus un « quoi » réductible à son accidentalité. Je ne suis pas moi-même, je suis l’évidence de moi-même. Si bien qu’il m’est presque impossible de faire ou de dire quelque chose qui n’est pas représentatif de moi-même. C’est un peu comme si mon verbe conscient était l’exécutif de l’assemblée de mon esprit. La vigilance des mémoires, de cette assemblée, est totale. Toutes les mémoires sont vigilantes en même temps et gratuitement. Comment est-ce possible ? Parce que ces mémoires sont rétroactives, et qu’elles n’ont donc pas besoin d’énergie ni de concentration pour exercer leur principe de non contradiction. Il manque des éléments à mon discours, mais le format d'un forum ne permet pas de tout dire, et la conscience est toute une cosmologie difficilement réductible. Cordialement, Fraction
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Bonsoir, Il va de soi que si Monsieur Zemmour est réellement coupable d'un baiser volé, alors il mérite le châtiment suprême : c'est-à-dire un râteau mémorable et spectaculaire. Mais sur le plan judiciaire, je crains que ça ne fasse rire les magistrats. Moi-même, ma stratégie séductrice est précaire : 5 % de mes mains au cul aboutissent à un consentement, alors que 3 % aboutissent à une gifle. Le ratio bénéfice / risque m'est encore profitable. Aujourd'hui, on sait comment tuer un homme politique, ou une personnalité médiatique. Et il n'existe aucun contre-pouvoir à cette dérive. La lumière médiatique légitime tout ce qu'elle éclaire, et elle dénie tout ce qui est dans son ombre. Or, ce déni de justice et d'équité, c'est aux médias de le payer, par leur crédibilité, et non pas aux personnalités pourtant blanchies. Je ne sais rien de cette nouvelle affaire Zemmour. J'espère seulement que cet intellectuel de talent est suffisamment intelligent pour ne pas avoir pris des risques inconsidérés qui pourraient ruiner sa carrière. Cordialement, Fraction
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Bonsoir, L'armée est régie par une doctrine de subordination à la Nation, et par un devoir de réserve, particuliers. Tout comme la Reine du Royaume-Uni, le Chef d'Etat-Major français a un devoir de réserve, tant politique que communicationnel. Le droit de contradiction n'est pas un droit de mobilisation revendicative. Les médias ne sont pas des outils appropriés à une discussion entre un Président et ses généraux. L'armée n'a rien à faire sur le territoire. Le rôle de l'armée c'est de neutraliser coûte que coûte. Ce n'est pas concevable dans un contexte urbain concitoyen. La police et la gendarmerie suffisent à faire respecter l'ordre, malgré quelques hésitations doctrinales. Les patrouilles Vigipirate ne servent à rien, et elles coûtent cher. Ca serre juste à rassurer la population. Le rôle de l'armée est existentiel, mais il ne nous définit pas. L'argument de puissance est un argument infantile : _ Hé, j'ai la priorité !!! Tu vas payer ! _ Oui, mais moi je pèse 38 tonnes !!! Tu vas mourir ! Donc, le seul argument de puissance ne suffit pas à fonder une légitimité institutionnelle. Cordialement, Fraction
