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Tout ce qui a été posté par Don Juan
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Une histoire de goût encore. Échange avec Sri Romaniya — Vous qui avez tant parcouru de chemins et tant admiré de choses magnifiques qu’il est donné de rencontrer au voyageur infatigable, que retenez-vous dans vos souvenirs qui conserve une place première et essentielle, quelles images de temples merveilleux issus d’un passé lointain, aux murs recouverts de fresques irisées et lumineuses par leur grandeur et leur beauté, peut-être des statues antiques creusées dans un marbre flamboyant qui témoignent encore et pour toujours de l’agilité et de la maîtrise de ces maîtres sculpteurs et lorsqu’on s’approche un peu plus de leur matière on peut saisir les traces de leurs outils, presque deviner l’empreinte d’une paume de main de l’artiste géant, comme laissée là exprès, pour saluer les générations dans l’éternité, qu’avez-vous conservé dans les fils de la toile de vos souvenirs que pour rien au monde vous n’auriez laissé se perdre au fond du puits de votre oubli ? — Rien de tout cela mon cher Adams, aucun palais ni vestige, aucune œuvre réalisée de main d’homme, aucune cité qui me séduise et m’invite à y oublier ma carcasse, je me suis finalement enfui de tous ces lieux, j’ai abandonné toutes ces traces de glorieux passés et celles d’un présent trop bruyant, trop vaniteux et trop envahissant. Rien de tout ce que vous imaginez n’est digne de m’accompagner dans mon dernier asile, mais une chose pourtant est demeurée intacte, fraîche et vivante comme au premier jour de mon éveil, une seule chose et cette chose est toujours trace d’avenir, ce qui est à venir seulement retient toute mon attention…. — Mais quelle est cette chose maître ? — La beauté de la femme Adams, rien ne me trouble autant que la beauté de la femme, et lorsque chaque jour je la croise et la regarde, l’espace d’une grappe de secondes, je suis interdit, arrêté dans mes pensées, mon cerveau passe sur un autre mode, ni celui du travail de la pensée, ni celui de l’empire des sens, non, il demeure comme suspendu dans l’espace, ne pouvant rien faire d’autre que regarder, regarder pour voir alors que regarder ne peut suffire à voir et je vacille dans mon athéisme, pendant cet instant quelque chose en moi se murmure, comme le filet d’une petite source qui surgit entre deux pierres là où rien n’ose pousser, empêché par la brûlure d’un soleil sans pitié.
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Je ne crois pas mais explique nous ce que tu fais précisément lorsque tu t'accuses.
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Se remettre en question veux-tu dire?
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Un sentiment pèse des éléments qui amènent à un positionnement d'esprit, ou une réaction. Il ne produit pas la démarche de juger une personne afin de prendre des mesures répressives. Si je n'aime pas quelqu'un, je m'éloigne, je n'appelle pas la police. Si je vois une personne qui commet des actions dangereuses pour les autres je peux prendre des mesures pour protéger ceux qui sont menacés, ces mesures peuvent aller jusqu'au contrôle physique de l'agresseur, mais sans juger l'homme, parce qu'au fond je sais qu'il ne sait pas ce qu'il fait. "Pardonne-leur, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font." Comment se peut-il que ces notions soient encore aussi obscures ? Tous les êtres humains manquent de lucidité et de conscience de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils font. Est-ce une généralité ? Si oui, c'est que les choses générales peuvent être généralisées.
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Ce ne sont pas des jugements mais de simples opinions, ne faut-il pas faire une différence ? Ressentir quelque chose est-il juger, alors nous nous trouverons devant Babel, avec chacun de nous sa déinition personnelle ou un méli-mélo comme souvent. Non jamais, je suis pour les câlins, c'est une image bien-sûr, comprendrez-vous ? Eu égard au peu de conscience que nous avons du monde qui nous entoure, au peu de moyen pour le comprendre, pour se comprendre, pour se dominer, mon sentiment c'est qu'il n'y a que des innocents. Poser ce point clairement et c'est un autre monde à construire qui se présente devant nos yeux.
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Comment peut-on supporter qu'un innocent en passe par là ? Tant qu'il n'est pas prouvé qu'il est coupable sa place est peut-être dans une cellule provisoirement, mais pas devant une cour, on ne devrait trouver là que des démontrés coupables. Juger est l'arbre, derrière l'arbre son ombre, condamner.
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Si l'on est disposé au vrai pardon, on ne passe pas par la case jugement, on pardonne c'est tout. S'il y a jugement c'est que la question de la faute ou de la culpabilité n'est plus à établir. Bien-sûr, dans nos sociétés ça ne se passe pas toujours comme ça, mais nul ne devrait être amené devant une cour avant que les investigations n'aient eu lieu et qu'elles aient démontré les preuves de la culpabilité. Je me fais une haute idée du pardon qui ne s'apparente en rien aux lois des petites compensations et des arrangements d'intérêts. C'est ainsi dans mon jardin.
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Je jugement amène à la condamnation sinon on ne parle pas du jugement, on parle peut-être de la comparaison, de l'analyse, de la réflexion, de l'observation, de l'opinion, etc ; mais pas du jugement.
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Pour moi non, il faut faire encore un pas de plus.
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S'observer pour se voir n'a rien à voir avec le jugement, celui qui se juge parvient à la culpabilité.
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Non je ne sais pas faire, si une personne me procure une mauvaise impression ou si je sais qu'elle a fait quelque chose que je ne peux approuver, j'attends une minute et je suis devant une nouvelle personne et cela se répète à l'infini.
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Bien évidement que non, puisqu'on parle de procès. Le procès est cette opération qui mène au droit de jeter la pierre. Tout le monde entend la sentence et se précipite pour tondre la femme qui couchait avec l'allemand, l'amour ne compte plus dans cet instant. C'est une chose dont je ne parle pas, juger un acte est toujours possible puisqu'il s'agit de peser la valeur de l'acte, les procès ne sont pas faits pour juger les actes mais pour juger ceux qui les ont commis.
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Confusion entre le discernement et le jugement, je ne juge pas et c'est une affirmation, tout être est neuf à chaque minute, ce qu'il a dit ou fait la minute d'avant n'existe plus. Nul n'a le droit de juger, c'est écrit dans l'évangile universel, et vous êtes dans l'univers.
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Nul n'a le droit de juger, c'est dans vos évangiles.
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Qui dit procès dit jugement non ?
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Pas ainsi formulé, c'est l'intolérance qui atteindra ce niveau, mais je crois que c'est déjà fait.
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Le sens du bien ou du mal se cristallise à partir d'une sensibilité innée, alors oui en effet, tu peux réagir différemment que tes parents si ta sensibilité est d'une autre construction. Mais il ne s'agit pas de l’éthique pour moi, il y aurait une confusion entre une forme de tableau de la morale établi par notre sensibilité qui structure notre relation au monde et un autre tableau de la "morale dite sociale" ou philosophique qui pose par la pensée des normes morales ajustées à un monde social accepté comme référence.
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Un très jeune enfant, arraché à ces parents au départ de sa vie, et confié à d'autres parents, de son espèce ou d'une autre espèce, car cela reste valide pour toute autre espèce que la nôtre, intégrera l'éthique de ses parents adoptifs. Si ce sont des loups qui le prennent en charge, ils sera plus proche de cette espèce que de la nôtre. Mais peut-être songes-tu à d'autres phénomènes innés que je n'identifie pas comme des processus relatifs à l'éthique ?
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L'éthique n'a rien de naturel.
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Mais non mais non, encore un pointilleux !!
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Manter : celui qui marche ne sait où il va que lorsqu’il s’arrête. Celui qui marche ne sait d'où il vient que lorsqu’il y revient.
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Et bien je ne sais pas encore précisément, mais ce que je sais, c'est qu'un propos décalé ou en double fond, peut-être en triple fond, attirera toujours mon attention, du-moins jusqu'à ce que mon couteau à éplucher m'aura permis d'en voir, ou mieux d'en goûter la pulpe. Le mystère conserve toujours quelques promesses, même s'il ne doit pas les tenir, alors que la banalité qui règne ici comme ailleurs ne promets pas grand chose. Mais je te le redis, tes mots sont loin d'être banal, ne te sens donc pas visée.
