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tison2feu

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Tout ce qui a été posté par tison2feu

  1. Juste une petite intervention, cher Déjà, puisque tu as pris le temps de me répondre. Je me fais violence pour ne pas « laisser tomber », seulement afin de mieux faire comprendre ce qu’est la linguistique (Même si je ne suis pas linguiste de profession). Tu écris : « Et maintenant comment décrypter une phrase isolée… » . J’avais pourtant posé le problème différemment en précisant que le linguiste sera en présence d’un « corpus de phrases de ce genre » ou qu’il va opérer « à partir d’un corpus sonore réunissant une multitude de phrases ». En clair, il va travailler avec la collaboration bienveillante de plusieurs locuteurs de la langue en question, et il dispose donc d’un corpus infini (La phrase mystérieuse que je proposais est du basque, avant segmentation !). Tu écris : « … même un texte entier… », puis tu fais allusion aux « textes Aztèques ». La notion de « corpus sonore » est perdue de vue par toi, et partant de là celle d’oralité. Le point de départ de l’étude d’une langue est phonétique/acoustique (donc 100 % scientifique !). Il s’agit d’étudier tous les sons utilisés par les locuteurs de cette langue. Tu écris : « … c’est impossible […] si on ne peut pas le relier d'une manière ou d'une autre avec une langue commue/connue… ». Faux ! C’est possible et c'est indispensable de ne pas faire de liens avec d'autres langues. Mais tu es très loin de soupçonner toutes les ressources et structures internes de chaque langue, lesquelles seront patiemment mises en évidence par le linguiste - l'étude phonétique et phonologique servant d’introduction à l’étude grammaticale de la langue. Pour en savoir plus sur la phonétique et la phonologie d'une langue, j’ai trouvé ce lien : http://www.sfu.ca/fr...e4_1.html#start * * Tu abordes aussi la question de « l’origine des langues », en précisant : « … on ( des chercheurs ) sait que toutes les langues ont une origine commune… ». Je dois t’avouer que c’est un sacré scoop pour moi, qui n’étais pas au courant - enfin pas en ces termes péremptoires -, aussi pourrais-tu préciser tes sources, stp ? Je veux dire par là que, dans mes lectures portant sur cette question, je n’ai jamais trouvé une affirmation formulée de façon aussi catégorique, notamment dans la bouche de généticiens des populations dont les travaux remarquables ne vont pas sans une certaine prudence convenue. Et je ne parle même pas de ces quelques linguistes omni-comparatistes (Ruhlen et Bengtson) dont les théories ont été réfutées sans coup férir en 2008 par une équipe pluridisciplinaire de statisticiens/phonéticiens grenoblois.
  2. Comme dirait Anna, "je laisse tomber !" Bonne continuation.
  3. Jouer le jeu du dialogue suppose de prendre en compte ce que dit l'autre. Mais comment réagir face à une personne qui visiblement ne prend aucun compte de ce que dit l'autre en raison de préjugés coriaces rendant impossible toute discussion ? Comment puis-je expliquer à une personne en quoi consiste la linguistique, depuis Saussure, si cette personne sait mieux que moi ce qu'a dit Saussure sans jamais avoir lu une ligne de Saussure, ou si cette personne sait mieux que moi ce qu'est la linguistique, en se vantant même d'avoir découvert "la faille de la linguistique" sans jamais s'être posé la question de savoir ce qu'est véritablement la linguistique et quels sont ses champs d'étude ? Pour que la discussion puisse se poursuivre, il faut bien à un moment donné reconnaître ses préjugés, faute de quoi la discussion tourne au monologue. Tu es intervenu, Déjà, en abordant la linguistique sous l'angle de la psychologie, comme venait de le faire Lion2. Il est apparu que cet aspect, loin d'être rejeté par Saussure, a l'inconvénient néanmoins de faire l'impasse sur l'aspect matériel, sonore, de la langue. Or, au début de ce siècle, le linguiste (et l'anthropologue) découvrent de nouvelles langues et vont avoir pour tâche d'en découvrir le lexique et surtout les structures grammaticales, etc., à partir d'un corpus sonore réunissant une multitude de phrases. Si la linguistique se limite seulement à une étude psychologique de la langue, expliquez-moi comment, toi et Lion2, vous allez vous y prendre pour étudier la structure morpho-syntaxique d'une langue à partir d'un corpus de phrases de ce genre (vous entendez parler une langue qui vous est totalement étrangère) : "dakienakbilduritutendakikegizonizaten" Cet exemple montre quels étaient les problèmes et objectifs de la linguistique à l'époque de Saussure, et pourquoi la linguistique est devenue une science. Et pas seulement la "linguistique pragmatique" qui n'est qu'un axe principal de la linguistique http://fr.wikipedia....ki/Linguistique
  4. J'ai seulement noté un sophisme (celui de la Bibliothèque Nationale), sur lequel tu t'alignes, mais aucune analyse sur le terrain politique et historique quant aux ambiguïtés entretenues depuis toujours par le FN - et désormais tantôt FN tantôt Bleu Marine -, et plus que jamais d'actualité à l'intérieur de ses propres rangs, et prochainement par RN.
  5. Erreur volontaire de lecture. National n'équivaut ni n'implique néo-fascisme, contrairement à ce que tu voudrais faire dire. En revanche, le nationalisme est le concept-clé, incontournable, du fascisme. De nombreux militants ayant participé activement à la création du Front National étaient des militants d'Ordre Nouveau, ce mouvement nationaliste et néo-nazi étant lui-même constitué d'anciens membres du mouvement Occident lesquels affichent ouvertement leur sympathie pour le fascisme : « Dans toutes les démocraties, la jeunesse s'ennuie, et dans toutes les démocraties, il y a des “blousons noirs”. Alors que dans les pays qualifiés de “fascistes”, il n'y en a jamais eu. Cela tient au fait que tout fascisme est l'expression d'un nationalisme, qui seul peut cristalliser la volonté de la jeunesse en un immense élan révolutionnaire ; le nationalisme, c'est la jeunesse au pouvoir. ». (Occident université, n° 5, 15 février 1965) Edit : pour ce qui est du lien entre "national" (figurant dans la dénomination des partis politiques de J. M. lepen et de Soral/Dieudonné), et le concept de nationalisme politique, nul ne peut contester la filiation entre ce dernier, que je viens de rappeler, et le concept d'identité nationale, même s'il est vrai que ces partis ont pris en leur temps et continuent de prendre leur distance avec une certaine "orientation nationaliste". Il y a un lien évident entre la dénomination du nouveau parti de Soral et son activisme passé au sein du FN. Les racines historiques "naturelles" en sont le nationalisme et le fascisme.
  6. Ce qui me semble clair, c'est que si Soral/dieudonné parviennent à se présenter, ce sont autant de points précieux perdus pour le FN. Car ne nous leurrons pas, dans "Réconciliation Nationale" figure le mot national, si cher à l'idéologie néo-fasciste. Or, d'ici deux ans, il y a fort à parier que le FN aura abandonné le qualificatif national afin de gagner en crédibilité.
  7. Oui, pour ces nuances. Cela montre la complexité du travail de ces "encyclopédistes", pour reprendre ton terme, c'est-à-dire en fait de tous ceux qui travaillent à débroussailler l'hyper complexité et l'infinie richesse d'une seule langue, en vue de l'élaboration d'un dictionnaire de langue. Personne ne peut atteindre à la perfection, mais de tels dictionnaires n'en restent pas moins des aides précieuses, voire indispensables. Pour ma part, et compte tenu des difficultés de la langue française, je ne passe pas 2 ou 3 jours sans compulser le Petit Robert. Le dictionnaire en ligne du CNTRL me semble malgré tout très bon dans l'ensemble.
  8. Dans le A.3 a), il y a des exemples d'emploi métonymique, et je ne vois pas de "vide" Il y a l'exemple du tabac : supposons que j'achète une cartouche de 10 paquets qui me fait habituellement 10 jours de consommation, et que je prenne la résolution de faire des "économies de tabac" en décidant que désormais cette cartouche me fera 20 jours. L'économie porte sur autre chose que l'argent : le tabac. Le mot "tabac" remplace "argent". A dire vrai, la précision "Par méton." devrait figurer à la suite de A.3 a, et non pas à la suite de A.3. ¨Peut-être est-ce cela que tu veux dire ?
  9. Je regrette seulement que tu n'accordes pas assez de temps à bien lire ce que je t'ai répondu. Cela t'aurait épargné un peu de salive. Je cite la réponse que je t'avais faite : "Le dictionnaire te donne la définition d'un concept général (économie = art de gérer -> art de réduire la dépense), puis les cas particuliers selon le contexte de la phrase." Le contexte ! LE CONTEXTE ! Voilà ce qu'ont mis en évidence Saussure et tous les autres linguistes qui vont multiplier la création de nouveaux concepts : analyse syntagmatique et paradigmatique de la phrase, etc. (Autant de concepts qui seront empruntés abondamment par Lacan). Tu n'as pas compris que ces définitions des concepts de signifiant et signifiant viennent s'intégrer dans la théorie de l'arbitraire du signe, dans un chapître consacré au signe linguistique. J'ai expliqué la raison du terme "arbitraire". Tout cela ne représente qu'un aspect infime des "Cours de linguistique générale". Alors veux-tu que je résume ici même les 400 pages de ces Cours, plus tous les travaux des autres linguistes jusqu'à nos jours ? Soyons sérieux un instant, Déja. Dans les Cours de Saussure, tu trouveras aussi un chapître consacré à la linguistique synchronique, puis la linguistique diachronique, etc., etc. Tu n'as jamais ouvert de ta vie un livre de linguistique, et tu as la prétention de faire dire à Saussure ce qu'il n'a jamais dit, en imaginant une soi-disant "analyse saussurienne" consistant à isoler chaque mot dans une phrase, alors qu'en linguistique tout est contextualité. Par conséquent, toutes ces remarques que tu m'exposes ici même, tu pourras les découvrir déjà chez Saussure puis d'autres linguistes. Je t'avais épargné dans ma deuxième réponse, par magnanimité. Je crois nécessaire d'être aussi direct que DdM. Tu mérites le goudron et les plumes ! :D
  10. L'explication est simple : il s'agit de mots employés par métonymie ( Tu peux lire "3. Par méton., souvent au pluriel").
  11. Bah, Lion2, je n'ai présenté qu'un résumé de la définition qui est en réalité autrement plus détaillée. Alors, pour plus de détails : 3. P. méton., souvent au plur. Ce qui est économisé. a) [L'économie porte sur autre chose que l'argent] Ses économies [à la Grande-Bretagne] porteront en particulier sur le tabac, les films et les produits de consommation courante (Monde,19 janv. 1952, p. 2, col. 1): 3. J'étais amené à faire du côté de Verdun toutes les économies possibles et à demander au général Pétain d'obtenir plus de rendement des forces dont il disposait. Joffre, Mémoires,t. 2, 1931, p. 220.♦ Économie de bouts de chandelles. Économies minimes dont le résultat n'est pas proportionné au mal donné pour les réaliser (cf. Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 78). b) Absol. [L'économie porte sur l'argent] Sommes d'argent économisées (cf. économiser2, absol.).Là, point d'économie, point d'épargne, point de petit capital accumulé qui puisse faire vivre un jour de plus (Proudhon, Propriété?1840, p. 273).Le père Vabre était un vieil avare qui mettait ses économies dans des bas de laine (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 202). − Expressions ♦ Faire des économies. Synon. de économiser.♦ À l'économie (fam.). De manière économe, sans dépenser beaucoup d'argent. Pour se nourrir à l'économie en Amérique, on peut aller s'acheter un petit pain chaud avec une saucisse dedans (Céline, Voyage,1932, p. 254).♦ Par économie. Afin de réaliser une économie, des économies. C'était le curé de son village qui lui avait commencé le latin [à Charles Bovary], ses parents, par économie, ne l'ayant envoyé au collège que le plus tard possible (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 4).
  12. PS : Le lien ci-dessus renvoie à Economie1 = Art de gérer. Pour la définition de Economie2 = Art de limiter la dépense, il faut cliquer sur ce mot figurant en gris (situé à droite de "Economie1").
  13. Dans ta petite démonstration, cher Déjà, il y a un oubli. Pour une fois, tu as oublié d'aller jeter un coup d'oeil sur la définition du mot "économie". Au sens où tu l'entends (celui d'économiser), la définition est très claire : "A.− Art de réduire la dépense. 1. Art de réduire la dépense dans la gestion de ses biens, de ses revenus. Quasi-synon. épargne 2. P. ext. Art de limiter la dépense, de diminuer la consommation de quelque chose lors de son utilisation. 3. P. méton., souvent au plur. Ce qui est économisé. a) [L'économie porte sur autre chose que l'argent] b) Absol. [L'économie porte sur l'argent] Sommes d'argent économisées (cf. économiser2, absol.). 4. Au fig. Comportement consistant à réduire quelque chose qui coûte (travail, effort, temps, etc.)." [Dictionnaire du CNRTL http://www.cnrtl.fr/...raphie/économie ] L'erreur résulte de ton "on peut convenir que". Qui est "on"? Tu as supposé que le mot économie se ramène à l'idée de réduction de dépense énergétique. Donc faux problème et Saussure n'y est pour rien ! Le dictionnaire te donne la définition d'un concept général (économie = art de gérer -> art de réduire la dépense), puis les cas particuliers selon le contexte de la phrase.
  14. Oui, discuter consistera à changer de place autour d'une table. Ne dit-on pas "se mettre à la place de l'autre".
  15. Cet extrait me suggère une nouvelle réflexion, même si ta critique porte sur les principes de lecture et d'écriture. Je pense que nous avons tendance à méconnaître et à sous-estimer les bienfaits du "nommer" (Ce n'est d'ailleurs que dans les moments d'inconfort que nous nous interrogeons, par exemple chaque fois que nous constatons que le langage est tyrannique, etc.). Pour preuve une histoire personnelle que j'ai eu la chance d'expérimenter, lors d'une très brève histoire d'amour avec une personne merveilleuse, alors que nous ne parlions pas la même langue. Bien sûr, il est possible de faire parler le langage du corps, mais très vite, tu te rends compte qu'il est impossible d'exprimer par des mots des nuées de sentiments subtils et d'idées variées, comme seule ta langue maternelle te le permet. C'est là que tu comprends toute la liberté d'expression et d'agir que seule peut te donner une langue dans ton rapport avec autrui. Il est impossible de faire perdurer une histoire d'amour sans avoir la possibilité de parler avec la personne aimée, ne serait-ce que pour lui dire : "Les mots me manquent pour te dire je t'aime".
  16. J'allais écrire : "C'est la tournée du patron !", mais non je ne peux car il n'y a pas de "patron" dans notre discussion. Pourquoi cette lueur de consensus ? Parce que nous faisons l'effort d'intégrer la volonté de notre vis-à-vis réel. Je dois me placer sur ton terrain, Lion2, pour arriver à faire comprendre ma volonté singulière qui sera différente de la tienne. Par un hasard incroyable, Saussure parle de "guerre" dans ses leçons... tout comme toi ! Il est donc possible de nouer un dialogue. Je venais d'ajouter un "PS' à mon post au moment où tu envoyais ton message, conscient que ton point de vue était également celui de la philosophie du langage. Très bonne soirée
  17. Sais-tu que le point de départ des réflexions de Saussure, c'est la conscience de l'individualité absolue de l'acte de la parole ? En clair, chaque mot que nous prononçons a une charge psycho-affective résultant de notre histoire personnelle. Saussure invitait ses élèves à porter attention à un individu qui est en train de parler et qui s'exclame par exemple : "La guerre, je vous le dis, la guerre !" Afin de montrer que le contenu psychologique n'est déjà plus le même par le seul fait de prononcer une deuxième fois le mot "guerre" ; en répétant deux fois ce même mot, on communiquera donc deux choses différentes la première et la seconde fois. Et d'un individu à un autre, ce mot "guerre" aura une coloration psycho-affective totalement différente, selon que je serai un passionné de jeux video (la guerre sera symbole de jeu) ou un vétéran de la seconde guerre mondiale (symboles de boucherie, insultes, etc) - ou Lion2 (symbole d'errance, division). Or, ce qui intéresse Saussure, pour les raisons que je t'ai données supra, ce ne sont pas les éléments psycho-affectifs infiniment variables de la parole, mais leurs éléments linguistiques constants et universels (d'où sa théorie de l'arbitraire du signe, valable pour tous les locuteurs de la planète). Saussure est parfaitement conscient de l'ampleur du champ d'étude concernant la parole, la langue (parlée ou écrite) et le langage (verbal et non-verbal). Mais il ne peut pas tout étudier en même temps. Il a fait des choix, en les expliquant. Il se trouve, Lion2, que tu t'intéresses d'emblée à l'aspect psycho-affectif de la parole. C'est parfaitement ton droit. Mais dis-toi bien que cela n'est qu'un aspect de la question, et que de nombreuses disciplines et sous-disciplines viennent enrichir l'étude de la parole/langue/langage. Et toutes ces disciplines (psychologie, linguistique, neurosciences, etc.) sont complémentaires. L'erreur serait de les opposer. PS: A la lumière de ton post, tu t'intéresses aussi à la philosophie des sciences, à la philosophie du langage, mais impossible d'aborder toutes ces questions fort complexes en une seule fois.
  18. Moi non plus. :D Un consensus est apparu sur la nécessité de commencer par lire Freud.
  19. En te lisant, chère Lion2, j'ai failli tomber dans les pommes mais heureusement, une gorgée de vin de kumquats (fait avec les petits fruits du jardin) a tôt fait de me requinquer ! L'exemple du mot "guerre" va nous aider à comprendre ce qu'est un signe (= un mot) selon Saussure, à savoir un ensemble de sons que tu dois prononcer /ɡɛʁ/ et un concept ayant le sens de "conflit, dispute, etc." Bref, un ensemble indissociable de son (image acoustique = signifiant) et de sens (image conceptuelle = signifié). Voilà à quoi se résument les deux éléments du signe. Cela n'a donc rien à voir avec une histoire d'opposés, style yin-yang. En allant d'évidence en évidence la science va démontrer des phénomènes jugés inexplicables par le commun. Par exemple, la théorie de l'arbitraire du signe met en lumière une évidence : le son correspondant au mot "guerre" est totalement arbitraire, conventionnel. Ce sont tes parents qui te l'ont appris. Tu n'inventes pas tous ces sons correspondant à des mots. Le linguiste va donc pouvoir étudier l'étymologie, et l'histoire des mots d'une langue de façon rigoureuse en écartant toutes les étymologies farfelues proposées jusqu'au début du XXe siècle, puis comparer les langues entre elles, les étymologies communes, en établissant des règles de correspondances vocaliques et consonantiques, etc. Chaque langue est un trésor contenant l'histoire de l'humanité. D'où mon amour pour les mots et les dictionnaires de toutes les langues du monde, avec tout ce qu'ils nous racontent. Comme tu vois, les mots peuvent être des poisons, sources de mille tracas (c'est l'objet même de ce topic), ou bien des bijoux, sources de mille vertus !
  20. Mais nous avons tout notre temps, hein... Tu as posé une question, j'y réponds au mieux. F. de Saussure avait bien autre chose en tête que de proposer une "astuce" en élaborant sa théorie de l'arbitraire du signe et tant d'autres apports dans le domaine de l'étude de la langue. Il s'agit pour lui de fonder une science rigoureuse : la linguistique. Voilà pourquoi j'ai parlé de rupture épistémologique. Tu soulèves à juste titre la question des influences et accords partagés par les scientifiques ou les philosophes à telle ou telle époque qui guident leurs recherches. F. de Saussure ne déroge pas à cette règle en effet. Cette conception du mot perçu comme double métaphore (image conceptuelle & image acoustique) d'une même face est dans l'air depuis plusieurs décennies. A titre d'exemple, voici ce qu'écrit un philologue, 40 ans avant F. de Saussure : « Transposer d'abord une excitation nerveuse en une image ! Première métaphore. L'image à nouveau transformée en un son articulé! Deuxième métaphore. Et chaque fois saut complet d'une sphère dans une sphère tout autre et nouvelle. […] Nous croyons savoir quelque chose des choses elles-mêmes quand nous parlons d'arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, et nous ne possédons cependant rien que des métaphores des choses, qui ne correspondent pas du tout aux entités originelles. Comme le son en tant que figure de sable, l'X énigmatique de la chose en soi est prise, une fois comme excitation nerveuse, ensuite comme image, enfin comme son articulé » (Nietzsche, Vérité et mensonge au sens extra-moral, 1873). Mais il me semble que tu compares ce qui n'est pas comparable. L'objet d'étude de F. de Saussure n'est pas du tout celui de Lacan, puisque le linguiste suisse a pour objectif l'étude comparée des langues, sur des bases scientifiques. Et cette nouvelle science linguistique va donner naissance à de multiples branches dont la science des signes (sémiologie, sémiotique, etc.), celle dont tu te fais l'écho précisément et qui va porter non plus sur l'étude du signe saussurien mais sur l'ensemble des signes relatifs au langage. Puisque tu te fais l'écho des influences ou paradigmes pouvant influer sur les recherches, c'est l'occasion de t'interroger à ton tour sur les paradigmes scientifiques et philosophiques ayant pu influencer Lacan ! Par exemple, affirmer que "l'inconscient est structuré comme un langage"... Pourquoi "structuré" ? Parce que le grand paradigme traversant la moitié du XXe siècle est le structuralisme. Rien d'étonnant que l'inconscient soit nécessairement passé à la moulinette lacanienne du structuralisme ! :)
  21. Avant F. de Saussure, ces mots "signifiant" et "signifié" n'existaient pas en tant que noms, mais seulement en tant qu'adjectifs. C'est F. de Saussure qui, lors d'une leçon donnée en mai 1911, a proposé d'appeler "signifiant" et "signifié" les deux faces du signe (linguistique). A tout seigneur tout honneur !
  22. Merci pour ton intervention intéressante, Lion2, dont je ne relève que cet extrait. Dans la mesure où il apparaît aussi difficile de définir le signifiant lacanien, et encore plus tout ce qui a trait à l'inconscient, je ne vois pas l'intérêt d'avoir conservé la terminologie saussurienne qui, elle, est au contraire extrêmement précise. D'autant plus que, dans la conception lacanienne, le signifié est carrément passé à la trappe. Que devient le signe (mot) saussurien défini comme les deux faces (signifiant, signifié) d'une même entité si avec Lacan 1 / le signifié a disparu et si 2 / le signifiant "autonomisé" est une trace symbolique ? Le signifiant lacanien me donne l'impression d'être devenu un signe à lui tout seul. D'où l'absurdité d'avoir conservé la terminologie saussurienne. Pour le reste, no problema !
  23. Babylone ! Dommage que tu n'aies pas porté ton attention sur la partie du lien mentionné par toi, Déjà, consacré aux contradictions soulevées par la conception lacanienne du signifiant : "Les contradictions du signifiant 19 Dans la mesure où le symbolique est rapporté au signifiant, il nous faut nous interroger au moins brièvement sur ce concept. S’engager dans la recherche du constituant de base du symbolique, en tant qu’il a un impact sur l’inconscient, est tout à fait admissible. La recherche de l’élémentaire est même une démarche constante de la connaissance dans tous les domaines. Mais elle a des conséquences qui s’avèrent être ici contradictoires pour la raison que la définition du signifiant est changeante. Lacan étend l’usage du terme de telle sorte que cet élément langagier devient un symbole puis s’approche de la représentation de chose ou encore du symbole mathématique. Le signifiant ne peut être tout ça à la fois. 20 Michel Arrivé, bien qu’il n’en collationne pas toutes les occurrences, admet que « les signifiants lacaniens constituent une collection apparemment bien hétéroclite [44] M. Arrivé, Langage et psychanalyse, linguistique et... [44] ». En particulier il relève que le terme signifiant a deux acceptions, une concernant les signifiants qui émergent à la conscience et l’autre concernant les signifiants inconscients. Des oscillations de Lacan sont nées diverses interprétations du signifiant." Pour plus de détails sur les convergences et divergences entre signifiant saussurien et signifiant lacanien, je te renvoie aux travaux du linguiste Michel Arrivé, d'autant plus objectifs que cet auteur a depuis toujours eu une passion pour la psychanalyse et les travaux de Lacan. En guise d'introduction, cet article : "Signifiant saussurien et signifiant lacanien" http://www.persee.fr..._num_19_77_1508 Je pense que tu es très loin, Déjà, d'avoir saisi la complexité du problème pour une raison toute simple. Tu ne peux pas prétendre tantôt "démonter Lacan":D , tantôt être sur le point de "partager ses idées":D :D , si tu n'as pas un pied dans la psychanalyse lacanienne (impliquant de maîtriser parfaitement les travaux de Lacan) et un autre pied dans la linguistique.
  24. (ça, je comprends mieux :) ) Le signifiant saussurien est-il un élément du langage ? Désolé, mais ce genre de question ne me parle pas. Que faut-il entendre par "élément du langage" ? Etc. Etc. Le signifiant et le signifié saussuriens sont deux entités d'une même pièce : le signe (mot). Ce signe étant purement arbitraire et conventionnel, puisque variable d'une langue à une autre.
  25. Désolé, Leveilleur, quel est le sujet de ta phrase ("ce"), stp ?
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