

tison2feu
Membre-
Compteur de contenus
3 132 -
Inscription
-
Jours gagnés
1
Type de contenu
Profils
Forums
Blogs
Calendrier
Vidéos
Quiz
Movies
Tout ce qui a été posté par tison2feu
-
Et voilà comment sans nous en apercevoir, nous utilisons le terme "virilité", à connotation morale, en lieu et place de "masculinité"... Pour une différence subtile entre ces deux termes, cf. supra. Je suis partisan de rechercher des traits distinctifs neutres permettant de différencier masculinité et féminité, à partir de caractéristiques physiques. Par exemple, extériorité/intériorité, etc. (organes génitaux masculins externes, appareil génital féminin interne). Ce qui permettra de mieux comprendre en effet pourquoi, sans même s'en apercevoir, toute femme recherche en un mâle la masculinité, de même que tout homme recherche en une femelle la féminité. Extériorité et intériorité étant des traits distinctifs opposés ET complémentaires. (Merci pour la référence).
-
Rejettant le scepticisme absolu, je peux me permettre d'être affirmatif dans certaines de mes réponses. Je tiens ce genre de défis/paradoxes/raisonnements pour des sophismes. Je préfère me fier à des intuitions claires et distinctes telles que, sur le plan logique : ne pas dire tout et son contraire. Je passe outre le défi d'Agrippa et me sers de ce principe logique de non-contradiction comme d'un axiome, histoire de voir ce que cela donne ! Partant de là, il m'est possible d'aller à la conquête de petites vérités, irréfutables jusqu'à preuve du contraire (= démarche scientifique, voire même philosophique si j'accepte de soumettre à la critique mes réflexions) . Et ça le fait ! :smile2:
-
Pour que le raisonnement soit véritablement "indéniable", mais authentiquement sceptique, ne devrais-tu pas passer de la forme affirmative à la forme interrogative ? A partir du moment où tu affirmes quelque chose, tu n'es plus en positionnement sceptique. (cf. le "Que sais-je ?" de Montaigne.)
-
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
C'est noté, d'autant que cela évoque l'idée d'un long flirt avec l'irrationnel, la démesure ! Merci également d'avoir attiré l'attention sur la différence entre la notion d'infini et celle d'indéfini, l'indéfini étant ce qui est sans limite connue ou connaissable. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Sans m'étendre sur cet extrait de Pascal, je retiendrai deux phrases que tu as mentionnées, Leopardi, en l'occurrence : (1) C'est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Pascal réalise le tour de force de résumer en une seule phrase ce que peut être la "nature entière", c'est-à-dire "ce qui est", ou encore ce qu'est l'être de l'univers dans son infinie totalité. Pascal propose de décrire/définir l'univers de façon paradoxale en utilisant l'image d'une sphère intrinsèquement contradictoire (*). C'est l'esprit de géométrie qui fait une apparition discrète, Pascal ayant lui-même écrit un Traité des sections coniques à l'âge de 16 ans. Mais le propos de Pascal n'est pas de procéder more geometrico, ayant renoncé à tout jargon scientifique ou métaphysique. (2) Enfin, c'est le plus grand caractère sensible de la toute puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée. Dans cette phrase, dont le sens ne semble pas évident, c'est au contraire l'esprit de finesse qui joue à plein, tout comme dans l'ensemble de l'extrait (cf. "pointe délicate"). L'esprit fin est accoutumé à juger d'une seule vue, étant rebuté à la simple évocation de définitions/principes premiers ou par toute démarche méthodique. Il ne s'agit pas de démontrer/ fournir des preuves de l'existence de Dieu, à l'instar de Descartes, mais de l'éprouver. Si la faculté imaginative de l'homme connaît ses limites, et l'ego se trouve ainsi réduit à l'impuissance face à l'incommensurabilité de l'infiniment grand, il devient tout à fait notable/appréciable (= "sensible") de pouvoir prendre conscience a contrario de la toute puissance de la "nature entière", assimilée à Dieu. Dans cet extrait, au prix de = en comparaison de. S'étonner = être frappé de stupeur, frappé par la foudre ("étonner" < "tonnerre"). __ (*) Pour une approche plus approfondie du contenu mathématique de cette phrase, et même de cet extrait de Pascal, on peut lire l'analyse pointue de Wikibooks (8 pages dactylographiées), dont l'auteur est anonyme : http://fr.wikibooks....es_deux_infinis -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
D'ailleurs, force est de constater que des penseurs aussi différents que Montaigne, Descartes et Pascal, en dépit de leur foi respective, ont tous accordé beaucoup d'importance au doute. Le doute sceptique récurrent chez Montaigne. Le doute hyperbolique, chez Descartes. Le doute de l'homme sans Dieu, impuissant à trouver sa place dans l'univers, chez Pascal (qui considère que "les Pyrrhoniens ont raison") - même si, dans le cas de Descartes et de Pascal, le doute relève aussi de la mise en scène. PS : Je ne suis "linguiste" que de formation (études supérieures), mais non de profession. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Votre remarque me fait penser à Spinoza. Il suffit de remplacer Dieu par Nature, ou Nature par Dieu, pour que l'athée ou le croyant y trouvent leur compte, pour que le débat entre croyant ou athée de bonne volonté soit rendu possible, sur un terrain strictement philosophique (métaphysique). Pour ma part, j'ai essayé dans ce topic de montrer jusqu'où il est possible de raisonner, d'utiliser la logique. Or, me semble-t-il, c'est cela qui intéressait Theia, ce Dieu des philosophes qui poussent le raisonnement logique jusque dans ses derniers retranchements, et non pas un Dieu de la foi. Je ne fais intervenir aucun concept utilisé dans les religions judéo-chétiennes. Cette notion de "Dieu cause de soi" n'a rien d'une explication. Je ne puis rien dire de plus. En cela je me sens très proche de l'agnostique qui suspend son jugement. Ne m'en demandez pas plus, je ne sais rien. Il y a un point sur lequel l'athée et le croyant semble diverger. C'est, en autres choses, sur cette question d'appréhension sensible de la totalité de l'univers qui s'auto-produit de façon inépuisable. Pour ma part, j'y vois de la grandeur et de la beauté (du sublime). Ce faisant, je porte un jugement de valeur esthétisant, subjectif, qui donnera une dimension à ma vie dans son rapport incontournable au sublime. Je n'aurai de cesse d'être "étonné", philosophiquement parlant, par ce mystère des mystères jusqu'au restant de ma vie. Or, Spinoza écrit, dans un échange épistolaire adressé à Hugo Boxel : "Les choses considérées en elle-mêmes ou dans le rapport à Dieu ne sont ni belles ni laides". Point de beauté objective, certes. A chacun, donc,de se faire sa propre idée. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Merci, Leveilleur. Alors je tâcherai d’être encore plus exigeant avec moi-même ! Oui, le terme sensible est à prendre dans son acception la plus large, non seulement physique, mais affective, voire intellective, comme vient de l'indiquer Yop. Ne dit-on pas être sensible au beau/laid, au vrai/faux, au juste/injuste, etc.? Etre sensible au sublime sera être capable de sentir et ressentir au plus profond de son être une émotion intense. Dans mon esprit, il s’agit de revaloriser le monde de la sensibilité – et de la réceptivité -, en se gardant bien de l’opposer au monde de l’intelligible, puisque le monde de l’individu est l’unité des deux. Il y a toujours moyen d’élargir cet entendement, à l’échelle de l’humanité entière, grâce au progrès de la science universelle. Mais… … Mais je pense que cet élargissement de l’entendement humain ne parviendra jamais à rendre le sublime moins sublime pour une raison essentielle : l’entendement humain est condamné à ne jamais savoir d’où la totalité de l’univers tire son être en devenir. Tout au plus, l’entendement humain pourra-t-il de temps en temps mettre le branle dans l’esprit du croyant soucieux d’intégrer les nouvelles avancées scientifiques, sur des points pouvant concerner les attributs de « Dieu » (par exemple la question de l’infini, qu’il conviendra de repenser en conformité avec les théories de l’univers fini, du Big Bang, etc.), mais jamais sur la notion même de « Dieu, cause de soi », sorte de méta-paradoxe, de mystère des mystères, qui dépasse l’entendement humain. C’est parce qu’une telle conception est indépassable par l’entendement humain qu’elle est sublime. Etant donné que ce n’est pas de l’entendement humain que l’univers a tiré son être, comment le Sublime en question, ou Dieu, pourrait-il être « dépassé » par l’entendement humain ? Ce type de paradoxe ne peut, à l’instar d’autres paradoxes philosophiques célèbres, être résolu en recourant au raisonnement, à la logique. Le Sublime ne peut, par définition (Dieu causa sui), qu’être indépassable. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Bonjour Tison, Certes, "infiniment grand" est sans commune mesure avec "très grand", mais dans les expressions "infiniment grand" (ou "infiniment petit"), l'idée d'infini se trouve relativisée par un ordre de grandeur (grand/petit). Cet infini relatif diffère donc de l'infini absolu. Plus je m'obstine à calculer, quantifier, mesurer, rationaliser, comprendre, etc., et plus je reste englué dans la banlieue de l'infini relatif. Une philosophie de la totalité serait cette quête de vérités sublimes via mon appréhension sensible de l'être en devenir. Le sublime étant ce qui dépasse mon entendement. Bonne journée -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
As-tu noté que Tison se situait dans un contexte langagier lorsqu'il en est venu à évoquer cette idée de sublime ? "Il me faudrait, écrivait-il, inventer un langage, nouveau et sublime, pour traduire cette volonté de m'élever au-dessus d'une ligne, d'un horizon borné par le Logos !" Et d'ajouter : "Ou à défaut, me taire afin d'être plus réceptif au sublime de l'existence..." Dans mon esprit, il s'agissait de traduire l'idée sublime d'infinitude dans un langage sublime. Non pas en utilisant des concepts froids, abstraits et désincarnés, c'est-à-dire ceux de la science qui ne peut faire autrement que travailler inlassablement au sépulcre des intuitions sensibles. Il ne s'agissait pas pour autant de renoncer au Logos, avais-je précisé à Blaquière, mais "plutôt de l'avoir à l'oeil chaque fois qu'il étouffe notre monde sensible de ses tentacules logocentriques". A partir du moment où tu fais intervenir le concept d'infinitude dans les expressions "infiniment grand" ou "infiniment petit", tu te rends bien compte que cela n'a plus rien à voir avec "très grand" ou "très petit" (quantifiables, mesurables). C'est précisément cette expérience sensible, charnelle, d'une réalité sublime qu'il s'agirait de parvenir à traduire dans un langage pouvant confiner au sublime. Je pense par exemple à certaines formulations de Blaise Pascal (*). Dans mon esprit, l'infini n'est pas un concept froid, coupé du monde sensible. Il conviendrait (conditionnel, au cas où ce philosophe prendrait le parti de s'exprimer plutôt que de contempler en silence) de repenser, revivifier, réincarner, redynamiser ce mot "infini" et tant d'autres mots qui, dans l'usage courant, ne sont que des cadavres d'idées sensibles. Toi-même, tu ne parles pas d'étendue "très grande", parce que tu sens bien qu'il s'agit de quelque chose d'incommensurable, de "trop" grand. Cela est très bien dit. Ce "trop" permet d'injecter dans nos esprits bornés des "doses d'immensité", pour reprendre la belle expression de DdM. (*) "Que l'homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté, qu'il éloigne sa vue des objets bas qui l'environnent. Qu'il regarde cette éclatante lumière, mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers, que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre décrit et qu'il s'étonne de ce que ce vaste tour lui-même n'est qu'une pointe très délicate à l'égard de celui que les astres qui roulent dans le firmament embrassent. Mais si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre; elle se lassera plutôt de concevoir, que la nature de fournir. Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses. C'est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin, c'est le plus grand caractère sensible de la toute puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée. Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini ? ("La place de l'homme dans la nature : les deux infinis", Pensées, Blaise Pascal). -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
En me traduisant, cher Déja, tu fais un terrible contre-sens. Tu me fais dire l'exact contraire de ce que j'ai tenté de dire, puisque je me suis évertué à attirer l'attention sur le fait que ce genre de couple dichotomique est une vaste fumisterie, que le concept d'infini est "sans commune mesure" avec celui de fini, que l'infini "n'est pas le contraire" du fini. Il y a au moins deux pièges auxquels nous sommes confrontés : - d'une part la réification de ces notions/idées/intuitions, réduites à des abstractions pures/concepts totalement désincarnés. C'est ce que fait la science en produisant des modèles d'univers finis, c'est-à-dire en écartant la notion d'univers infini même si, étrangement, chaque nouvelle théorie "engendre à nouveau un nouvel infini", si j'en crois les deux astro-physiciens que j'avais cités. Si l'univers est fini, qu'y a-il au bord de l'univers ? En fait, la science ne peut pas observer l'univers dans sa totalité. L'observateur ne peut pas s'extraire de l'univers. Voilà pourquoi, me semble-t-il, l'univers infini dans l'espace ne se peut concevoir pour un astro-physicien. - d'autre part l'incarnation excessive desdites notions/idées/intuitions pouvant ouvrir la voie à tout et à n'importe quoi. Or, il n'est pas question de retomber dans les pensées magiques et obscurantistes de nos ancêtres, mais de faire revivre ces idées abstraites de façon moins désincarnée en faisant parler ses tripes, son corps. Le concept abstrait doit retrouver une âme, un corps, des intuitions originaires, etc. Je reviendrai sur ce point après avoir répondu à Léopardi. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Parce que je préfère me limiter à comparer ce qui est comparable (un concept à une autre concept, un phénomène à un phénomène,etc.). Ce que je tenais à rappeler, c'est que dans le cas de la paire duale fini/infini, infini n'est en aucun cas le contraire de fini. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Juste un petit rappel sur le sens du mot "sublime" puisque , visiblement, tu n'as pas saisi le cheminement de ma pensée dans ce topic, ni la raison pour laquelle j'en suis venu à prononcer ce mot, tout en utilisant le conditionnel. Entre autres sens, le sublime réside dans une contradiction, ou une tension, entre le sentiment de petitesse (du sujet) et de l'incommensurabilité (de l'objet), entre la sensation de force absolue, démesurée, inhumainement violente, et le sentiment de charme qui y attache comme par un désir, dans un bouquet où se marie la raison et le sacré. Quant aux "fantasmes et rêves" si bien décriés, tu es le seul dans ce topic à avoir donné dans la science-fiction avec ton histoire de milliards de divinités possibles ! Voilà. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Il ne s'agit pas de "retrancher" le Logos (Sinon comment pourrions-nous dia-loguer ici même ?). Mais plutôt de l'avoir à l'oeil chaque fois qu'il étouffe notre monde sensible de ses tentacules logocentriques. Il ne resterait rien ? Et qu'en est-il du sublime de ces musiques qui ne commencent que quand les mots s'arrêtent ? Sais-tu que certains musiciens avertis sont tombés à genoux, au sens propre, tellement ils furent subjugués à l'écoute de nouvelles compositions ? -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Il me faudrait inventer un langage, nouveau et sublime, pour traduire cette volonté de m'élever au-dessus d'une ligne, d'un horizon borné par le Logos ! Ou à défaut, me taire afin d'être plus réceptif au sublime de l'existence... -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Nous sommes là au coeur même du problème posé dans ce topic. La pierre d'achoppement me semble être la question d'acceptabilité soulevée par toi-même. A mes yeux, l'idée du très grand (ou du très petit) dans le temps et dans l'espace est sans commune mesure avec l'idée de l'infiniment grand. La comparaison est inacceptable ! Tu pourras toujours me donner des explications rationnelles quant au très grand ou au très petit, mais jamais quant à l'infiniment grand ou à l'infiniment petit. Ce n'est du moins que mon point de vue ! Les jeux sont pipés en ce sens que le problème de l'infini me semble insoluble rationnellement. J'aime cette notion sublime de temps infini, sans début ni fin. Les religions ont détruit/désacralisé cette notion sublime d'éternité en inventant le concept de "création" de l'univers. Je suis partisan d'un retour au sublime, au sacré ! (Renversement de valeurs inattendu, hein ?!) -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
La question, me semble-t-il, n'est pas de savoir si le mot parle ou ne parle pas - d'autant qu'une définition négative n'a rien d'une explication -, mais de porter son attention sur l'essence de l'infini. Les mots ne peuvent que banaliser et réifier la réalité de l'infini, ou la notion même d'infini. Le commun ne vit que de mots qui mettent à l'écart l'essence des choses. C'est commode, cela permet de vivre par habitude. Je refuse de vivre par habitude. Philosopher, n'est-ce pas refuser de vivre par habitude ? -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Dans la seconde position que tu évoques, tout devient problématique en raison précisément de la question de l'infini. Que dit l'astro-physique ? : "Chaque infini éliminé amène une nouvelle théorie plus complète, qui engendre à nouveau un nouvel infini. Tel un sphynx, l'infini renaît sans cesse de ses cendres. La physique pourrait donc adopter comme devise : "L'infini est mort, vive l'infini !" (in De l'infini..., 2005, Jean-Pierre Luminet et Marc-Lachièze-Rey). En clair, l'infini c'est long, surtout vers la fin, comme dirait Pierre Dac. Et pour cause. Quant à la première position, elle me semble intéressante dès lors qu'il convient de penser l'infini, et non pas de le mettre à l'écart ou de le réduire, de le chosifier. Ce qui dépasse mon entendement a une dimension sublime. Cette dimension ne relève ni de la science, ni des religions dogmatiques qui ont perdu depuis bien longtemps le sens du sublime en voulant imiter la science. D'où une nécessaire mise à nu du philosophe obligé de trouver sa voie sans retomber dans l'obscurantisme. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Alors pourquoi pas "totalité infinie" ? Tu sais, je crois que le principal est de ne pas imposer de "croyance" à quiconque. D'ailleurs en philo, toute forme de prosélytisme serait mal vue à juste titre. Pour le reste, chacun peut tenter de pousser ses propres limites, avec ses doutes et ses intuitions sans prétendre détenir pour autant la panacée universelle (Les concepts d'universalité et de raison sont des inventions grecques). -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Comme je te disais, la compréhension (*) conceptuelle dans le domaine de l'infinitude (au sens logique du terme) est vide de sens. C'est donc vers l'extension conceptuelle que tu devrais te tourner pour appréhender le concept de multiplicité (de divinités). Ce faisant, tu en viens à distinguer, définir ou déterminer un tant soit peu chaque divinité ; tu es passé à un mode d'infinitude où l'infini est en partie fini, puisque tu parviens à comptabiliser, et donc à distinguer, plusieurs divinités ! Il semble par conséquent qu'il y ait deux modes d'infinitude, comme l'avait envisagé Giordano Bruno : 1/ l'infini-fini extensif (c'est le mode d'infinitude auquel tu sembles te référer) et 2/ L'infini-infini, indéterminé et non-compréhensible = intensif (c'est ce mode qui m'interpelle et s'impose à moi). (*) J'utilise par commodité le terme de compréhension VS extension logique, mais à l'époque, Bruno utilisait les qualificatifs intensif VS extensif, comme le font d'ailleurs les physiciens contemporains, qui se penchent sur des questions d'une extrême complexité : http://fr.wikipedia....ntensivit%C3%A9 Peut-être y trouveras-tu ton bonheur, en remplaçant l'exemple proposé de la vitesse de deux chevaux/divinités, par celle d'une multiplicité infinie de chevaux/divinités se déplaçant toutes à la même vitesse, ou encore se déplaçant à des vitesses différentes. :) L'idée d'infini-infini intensif qui s'impose à moi m'oblige à ramener la question du multiple et de l'un à celle de l'Un indéterminé et causa sui. Mais le simple fait de parler de "l'Un indéterminé", c'est déjà se faire piéger par des mots réducteurs. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
L'idée d'infini m'interpelle. Je ne peux conceptualiser cette idée, puisque tout concept doit être défini en extension et en compréhension (suivant la logique de Port-Royal). Si je tente d'appréhender l'idée d'infini (de l'univers ou des univers) en tant que concept, je me retrouve avec une extension extrêmement riche, mais une compréhension absolument pauvre et vide de sens. Cela serait donc à la fois l'idée d'infini et l'absence conséquente de sa compréhension conceptuelle qui m'amènerait sur le terrain de la croyance/agnosticisme. Je ne peux rester indifférent à tout ce qui dépasse mon entendement. -
Il ressort de ce petit échange entre vous, Querida, et Leveilleur, que la réceptivité, la capacité d'écoute (savoir lire les interventions d'autrui sur un forum) et l'effort de compréhension de ce que dit l'autre semble un bon ingrédient dans tout échange. Lorsque Leveilleur parlait de "se rencontrer", sans doute faisait-il allusion à la découverte de soi-même, à la rencontre avec soi et la nécessité d'apprendre à se connaître au point de devenir un homme, un vrai, ayant appris à se libérer de tout préjugé, de tout jugement hâtif, etc. Le langage étant bien sûr source de malentendus, certains mots, tel "se rencontrer" peuvent avoir des sens différents (rencontrer autrui, se rencontrer soi-même, au sens de "se connaître soi-même"). Donc, prudence, prudence avant de pousser le bouchon trop loin ("élucubrations", etc.) Quant à l'homme à la lanterne, il vous suffit d'avoir le réflexe "moteur de recherche sur le Net" pour vérifier bien vite qu'il ne s'agit pas de Socrate (même s'il y a des points communs entre l'ironie socratique et le cynisme de cet autre philosophe à la lanterne).
-
Parmi ces idées innées, nous pourrions citer celles du temps et de l'espace, que Kant nomme les "formes de l'intuition pure", et qui ne sont pas des concepts : cf. Critique de la raison pure, "Premier chapitre : Esthétique transcendantale", pp. 86-116 http://fr.wikipedia...._la_raison_pure Voilà le genre d'intervention éclairante, DdM, qui me comble, sans doute parce qu'elle permet, de façon claire et concise, de sonder tout l'écart entre connaissance scientifique et pensée philosophique pouvant porter sur un même objet d'étude ou de réflexion . C'est par exemple tout l'écart qu'il peut y avoir, et que nous pouvons mettre en vis-à-vis, entre d'une part, mettre en équation l'infini, et d'autre part, penser l'infini avec ce que cette pensée peut m'amener en frais de sensibilité, voire de façon de vivre.
-
Le cercle vicieux des pensées moribondes !
tison2feu a répondu à un(e) sujet de deja-utilise dans Philosophie
L'idée de mourir évoque en moi l'idée de transition, en effet, mais au sens de mort éternelle. Transition vers une forme obligée - impensable et paradoxale - d'éternité. PS : A mes yeux, il n'est pas question d'être "rassuré" ou non lorsque j'aborde des questions métaphysiques. Etre rassuré, c'est la meilleure façon de mettre le réel à l'écart en créant un double, métaphysique et illusoire, du réel. En clair, c'est prendre ses désirs pour des réalités. -
Croyance en Dieu et philosophie sont-elles compatibles ?
tison2feu a répondu à un sujet dans Philosophie
Pour ma part, la question de la "croyance en Dieu" ne s'est jamais posée en termes de "salut". D'emblée, il convient donc de tenir compte du fait qu'il y a différents types de "croyances en Dieu". L'idée de Dieu "cause de soi", ou matière qui s'auto-produit à l'infini s'impose à moi, elle n'a rien à voir avec la conception d'un Dieu personnel, anthropomorphisé, etc. Mais cette idée ne me donne aucune clé permettant de concilier quête de vérité et "croyance en Dieu". Au contraire, c'est PARCE QUE le concept d'auto-production infinie dépasse mon entendement que j'ai acquis au moins une certitude dérisoire : celle de ma finitude et de mon incapacité à accéder à une vérité qui NE PEUT QUE dépasser mon entendement. Inexact. La métaphysique est une partie de la philosophie qui porte sur les questions les plus fondamentales de la vie de l'homme, sur les questions "premières" ou ultimes (l'être, le Tout, Dieu, le néant, la vie et la mort, le sens de la vie, le temps, l'espace, l'infini, etc.). Faire de la métaphysique, ou faire de la philo dans une perspective métaphysique, c'est penser plus loin que les sciences et l'expérience ne savent et qu'elles ne peuvent savoir, en essayant d'apporter des réponses argumentées mais réfutables. "L'homme est un animal métaphysique" (Schopenhauer) parce qu'il n'aura de cesse de s'étonner de sa propre existence dans son rapport au monde. Certains philosophes athées ont remis récemment la métaphysique au goût du jour, tel le philosophe français Quentin Meillassoux en publiant en 2011 Après la finitude - Essai sur la nécessité de la contingence.