Aller au contenu

Scénon

Membre
  • Compteur de contenus

    3 726
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Scénon

  1. C'est parfaitement compréhensible, merci de l'extrait, digne de l'épopée homérique! Maintenant, pouvez-vous en commenter l'un ou l'autre élément? Car derrière ce récit en apparence romanesque se cache certainement un enseignement! En existe-t-il des exégèses considérées comme authentiques, “autorisées”? Entre parenthèses: votre explication sur maha, «grand», me rappelle quelques vagues notions de sanskrit acquises il y a longtemps... Pour peu que le -h- de maha corresponde à une gutturale, ce mot doit être l'équivalent de mega, «grand», en grec, non?
  2. Merci de ces explications. Pour la suite, faites comme vous l'entendez. Vous dites être occupé à écrire sur Ganesh, le Dieu éléphant qui a écrit le Mahabharata sous la dictée de Vyasa: un extrait sur ce sujet fera aussi l'affaire...
  3. Dommage, car je pense que pour bien pénétrer une tradition, il faudrait en connaître la langue. Mais peut-être plus tard, qui sait?... Que signifie le titre de l'ouvrage? Et de quoi y est-il question? Ou plutôt, puisque le contenu en a déjà été évoqué plus haut, avez-vous un extrait à citer et à commenter?
  4. Introduction sensée. On attend la suite avec intérêt. Connaissez-vous la langue du Mahabharata (le sanskrit, je suppose)?
  5. C'est inexact. La justice consiste à donner à chacun ce qui lui est dû, point. Celui qui hérite n'hérite pas en fonction de ses mérites ou charges. Certes, vous en contestez sans doute la justice; j'y vois, moi, un droit inaliénable et essentiellement conforme à la justice. (Désolé! je dois m'absenter pour un bon bout de temps.)
  6. Il vous reste à définir ce qu'est la justice... Mais il y a longtemps que The Black Cat vous a invité à le faire. La suppression des héritages ne contribue pas à “plus de justice”, The Black Cat l'a démontré beaucoup mieux et avec beaucoup plus de précisions que je n'aurais pu le faire, elle sape même les fondements de la justice. Précisons-le tout de même (car je reconnais le premier m'être égaré du sujet principal en m'exprimant ad hominem): je ne prends parti ni pour ni contre personne dans ce débat, mais vos arguments et connaissances en la matière ne font tout simplement pas le poids à côté de ceux de The Black Cat. Il est fort probable que lui et moi ne soyons pas d'accord sur de nombreux autres sujets, alors qu'en d'autres, vous et moi, nous nous accordions parfaitement. Mais ici, non, vos idées, mises en pratique, me paraissent absurdes et néfastes.
  7. Je ne vois pas en quoi le fait d'être contre l'égalité absolue vous empêcherait, comme par définition, de ne pas faire cette équivalence – que vous faites très certainement. Vous voulez plus d'égalité, parce qu'alors il y aurait plus de justice. C'est le point de départ et le principal levier de toute votre argumentation.
  8. Dites-le franchement: “protéger les enfants dans leur future vie d'adulte est un acte essentiellement égoïste et nécessairement injuste”!
  9. «Il faut nécessairement que les malins, les orgueilleux et les violents expérimentent l'absurdité de leurs systèmes. Malheureusement, cela se fait d'abord sur le dos des innocents avant de se retourner contre eux.»
  10. Hier, j'ai fini par supprimer une remarque similaire dans une de mes dernières interventions, la jugeant inutile, car répétée pour la énième fois, Shyiro ne répondant jamais à ce point, et pour cause... C'est cette équivalence supposée qui fausse en quelque sorte tout votre débat dès le départ. L'équivalence “inégal = injuste” est contraire aux fondements mêmes de la justice. Une seule chose pourrait encore ouvrir les yeux à Shyiro sur ce point, je le crains: la concrétisation de son idée de suppression totale des héritages. Il serait le premier à crier à l'injustice, j'en mettrais ma main au feu! Mais je suis très loin de souhaiter voir la réalisation de ma prédiction, le prix serait beaucoup trop cher à payer pour l'ensemble de l'humanité.
  11. D'accord, mais seulement pour vous faire plaisir alors (respiration profonde) : c'est oui aux héritages!
  12. Somme toute, pour quelqu'un dont l'«avis contre l'héritage n'est nullement par intérêt personnel mais par intérêt général pour une société plus juste», vous savez encore très bien où est votre intérêt personnel... Et à présent, je retourne au sujet principal.
  13. Désolé! cela sonne creux, surtout en continuant à chercher à légitimer votre attitude qui consiste à accepter tout héritage éventuellement proposé, tout en en dénonçant l'injustice! C'est même proprement cynique et lâche: vous attendez de la part des autres qu'ils condamnent et bannissent un phénomène dont, en attendant, vous vous déclarez vous-même tout à fait disposé, le cas échéant, à bénéficier et à profiter. Mais le sujet n'est pas votre attitude, c'est la légitimité de l'héritage... Soit! héritier in spe. Cela ne change pas grand-chose pour le point que j'ai voulu soulever.
  14. J'avais mis le mot “mensonges” entre guillemets, presque en guise de citation, en répondant à l'accusation d'hypocrisie adressée par Shyiro à «ceux qui préfèrent mentir ou même se mentir en prétendant que l'héritage est juste parce qu'il en a [ils en ont] hérité» – accusation qui, manifestement, visait votre personne. Maintenant, pour être honnête, votre confidence concernant votre cas particulier (vous reconnaissez être héritier) pouvait donner à votre discours une vague apparence de plaidoyer pro domo. Et je ne donne pas tort à Shyiro d'avoir au moins tenté de contrer vos arguments par ce biais. Mais je ne partage certainement pas le point de vue de Shyiro qui a réduit tous ces arguments, en un tour de main, à une unique défense d'intérêts personnels. C'est un peu court à mon avis!
  15. Ce même philosophe a aussi dénoncé «les incapables et les médiocres qui prétendent accomplir pour tous ce qu'ils n'ont pu réussir pour eux-mêmes». Vos aveux imprudents vous font perdre sérieusement du crédit dans ce débat. Vous simplifiez à l'excès, et même, vous caricaturez les arguments apportés par The Black Cat. Bien qu'il me répugne de donner des détails au sujet de ma vie privée sur un forum – mais faisons ici “confidence pour confidence” –, je n'ai personnellement jamais vraiment hérité grand-chose dans ma vie et je n'ai aucune raison, sérieuse ou même légère, pour m'attendre à hériter quoi que ce soit dans l'avenir, je n'en partage pas moins la plupart des arguments (quelques-uns sont trop techniques pour que je puisse en juger) avancés par The Black Cat, auxquels vous répondez dans l'ensemble avec assez peu de pertinence, comme d'ailleurs aux miens. Cette confidence, il me semble, permettra de donner une valeur autrement moins caricaturale aux “mensonges” formulés par The Black Cat. Comme je l'ai écrit plus haut, vous assimilez (comme beaucoup de gens le font) injustice et inégalité, en quoi vous commettez une grave erreur de jugement.
  16. Un philosophe français connu a écrit: «Les hypocrites se délectent en secret de ce qu'ils dénoncent publiquement».
  17. La question serait plutôt: pourquoi certains qui héritent d'un bien devraient, “en toute justice”, nécessairement travailler dur pour l'acquérir, au nom de la seule raison que c'est ce que font d'autres hommes? Depuis quand un critère valable pour un certain nombre d'individus doit nécessairement s'étendre à tous pour qu'il y ait justice? Vous confondez, toujours et encore, inégalité et injustice. Et tant que vous le ferez, vous aurez parfaitement raison...
  18. Mais nom d'une pipe! (permettez-moi d'intervenir brièvement dans votre débat, que je suis avec passion) n'a pas valeur sacro-sainte uniquement ce qui est “travail”, ou ce qui en dépend! Voulez-vous vraiment faire du “travail” le critère suprême de la justice?!
  19. Vous résumez admirablement toute ma pensée. Idem.
  20. Je n'ai pas besoin des actions purificatrices du IIIe Reich pour savoir qu'un fils, très souvent, ressemble physiquement à son père, ou que deux frères par exemple, même séparés de plusieurs années, se ressemblent physiquement entre eux, partagent les mêmes mimiques, et que les caractéristiques physiques d'une personne sont généralement héréditaires. Je peux même vous dire que c'est un phénomène avéré que j'observe presque au quotidien, et qui est d'ailleurs la plupart du temps plutôt amusant à observer. C'est vrai. Je crois que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. (Voir ci-dessous.) Ce que vous disiez «concernant l'accumulation sans limite des richesses d'une génération à l'autre», n'est pas insensé, en effet, mais la question n'est pas là pour moi qui me limite plutôt à ce que Quasi-Modo dit dans son message initial: Je ne vois pas l'injustice dans le fait de posséder, dès la naissance, et grâce à un héritage, de quoi subvenir à ses besoins jusqu'à la fin de ses jours, et ce sans même avoir à lever le petit doigt.
  21. Je vous crois aussi quand vous dites le croire. Jusqu'à preuve du contraire, les capacités physiques ou l'intelligence sont généralement héréditaires, et l'on n'y peut rien. Je ne comprends pas tout, c'est vrai: ainsi, je ne comprends pas le sens de votre «ainsi» qui semble introduire un exemple. Mais un exemple de quel raisonnement ou fait? Après réflexion, je me suis demandé si vous ne sous-entendez pas, dans votre phrase, que le «riche» est nécessairement quelqu'un d'intelligent, voire de génial, et le «pauvre» par définition un imbécile – mais tout compte fait, je préfère croire que vous ne songez pas à une telle énormité. C'est le principe même de l'héritage! Votre argument vaut très exactement celui de Quasi-Modo: supprimons les héritages pour éviter que le successeur d'un riche ne reste riche, car sinon... le successeur du riche restera riche, n'est-ce pas? Par conséquent, il faut supprimer les héritages. Selon votre manière de raisonner, on pourrait dire aussi: tuons toutes les femmes au monde pour éviter que de nouveaux enfants naissent, car si on ne les tuait pas toutes, les enfants continueraient à naître, donc il faut les tuer toutes! Ce que vous ne paraissez pas saisir, c'est que vous n'avez en rien expliqué, ou simplement suggéré, en quoi l'héritage, ou plus précisément, le fait que le descendant d'un riche soit riche à son tour, constituerait une injustice fondamentale. Vous semblez l'affirmer sans plus, ou tout au moins le supposer implicitement.
  22. Je vous l'accorde, en cela vous avez parfaitement raison. L'histoire témoigne certes d'époques où la société semble régie par des lois globalement “de bon sens”, mais ne garantissant évidemment jamais une justice omniprésente et totale. Toutefois, la justice n'était jadis jamais poursuivie comme un bien suprême, mais comme un moyen commode pour pallier à une anarchie totale. Même les plus grands juristes, romains ou autres, n'accordent au droit qu'une valeur toute relative, plus ou moins efficace, jamais absolue. Pour eux, il est essentiellement destiné à protéger, dans la mesure du possible, les hommes définis comme bons contre les agissements des mauvais. De nos jours, beaucoup d'hommes rêvent de “plus de justice”, en plaidant presque systématiquement pour des réformes qui contribuent à saper ce qui en reste... De toute façon, si vous accordez au mot «égalité» le sens traditionnel du mot «justice» (mais d'abord voir comme une justice que chacun ait à sa naissance un “patrimoine” égal, puis prétendre qu'«égalité» n'a pour vous pas le même sens que le mot «équité», ensuite tout de même accorder au mot «égalité» celui d'«équité», enfin attribuer à «équité» le sens réservé normalement à «justice», cela paraît franchement abracadabrant...), nous sommes d'accord sur le fait qu'il est souhaitable de viser une certaine justice. Je maintiens cependant que supprimer l'héritage est une atteinte profonde à la justice, plus qu'un élément y contribuant, puisqu'on supprime une inégalité (au sens premier et naturel du mot).
  23. Pour ceux qui voient dans le travail et dans le neg-otium, le «négoce», l'«affairisme», c'est-à-dire dans les entraves (réservées en principe aux esclaves), le «boulet» ou «boulot» des forçats, et dans la négation du otium (ou de l'«oisiveté», du «loisir»), les valeurs suprêmes de l'homme, cela peut certainement paraître anormal. Pour ceux qui mettent la valeur suprême dans la liberté, l'indépendance et les loisirs littéraires, artistiques, scientifiques, en dehors de toute contrainte liée au fait de «devoir gagner sa vie», c'est absolument normal. Entre les deux, beaucoup d'hommes choisissent souvent en connaissance de cause. Tout est dit: il est inutile, absurde et même nuisible de vouloir mettre en pratique un idéal par définition «utopique dans les faits».
  24. J'ai beaucoup de mal à vous suivre. D'une part, «égalité» et «équité» sont étymologiquement synonymes (aequitas, «égalité»); «inégalité» et «iniquité» aussi (in-iquitas, «in-égalité»). C'est la justice qui, depuis toujours, est définie comme le principe selon lequel on attribue à chacun ce qui lui est dû. D'autre part, même en acceptant la distinction que vous proposez, il reste que, dans votre message initial, vous vous insurgez bien contre les «inégalités (non les iniquités) liées à la naissance»; vous cherchez un système qui permette «à chacun de partir sur un pied d'égalité»; et le sous-titre de votre sujet est: «pour un monde plus égalitaire (et non plus équitable)». Nulle part! Où serait le mérite d'être né plus intelligent que son voisin? ou plus beau? plus athlétique? plus artistique? Pour dénoncer le principe de l'héritage, ce n'est pas même un argument logiquement valable. S'opposer aux riches héritages, donc à une caste héréditaire, en invoquant comme raison qu'il y aurait, sans cette opposition, une caste héréditaire, c'est comme s'opposer, par exemple, à une plus grande capacité physique chez certains sportifs, en argumentant que, sans cette opposition, ces sportifs risquent d'être plus performants que d'autres.
  25. Bien que ce point soit certainement secondaire dans le débat, je me permets d'y réagir. Si des parents sont prêts à inscrire leurs enfants dans des écoles supposées meilleures que celles proposées par l'État, cela ne prouve qu'une seule chose: leur volonté d'offrir à leur progéniture ce qu'il y a de meilleur en matière d'enseignement. Cela pose aussi le problème de la qualité des écoles créées par l'État: si elles étaient bonnes ou amplement suffisantes, pourquoi des personnes ou des associations sentiraient-elles le besoin de créer des écoles privées? et pourquoi des parents sont-ils disposés, ou se sentent-ils même contraints malgré eux, à dépenser des sommes d'argent peut-être élevées pour que leurs enfants bénéficient d'un enseignement de qualité? Il se peut toutefois que je n'ai pas bien saisi votre remarque sur ce point, faite comme en passant. Pour rester dans le sujet principal: si l'État pouvait priver de son héritage tel riche héritier présumé qui voudrait inscrire ses enfants dans une bonne école privée, il contribuerait sans aucun doute à l'égalité des chances, c'est-à-dire au sempiternel nivellement par le bas.
×