Aller au contenu

Scénon

Membre
  • Compteur de contenus

    3 718
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Scénon

  1. «Homère a rédigé ces choses en connaissant la vérité, en étant aussi capable de venir en aide pour prouver ce qu’il a écrit». (Platon, Phèdre) Pour rappel: Platon a vécu quatre ou cinq siècles après Homère. «Instruit dans la doctrine sacrée, Homère l’a cachée dans ses vers, en la laissant sous forme symbolique à ceux qui sont capables de la reconnaître et de la comprendre». (Héliodore, Ethiopiques)
  2. « Ce n’est pas simplement par goût de la fiction qu’Homère arrange ces mythes, mais selon ses propres dires, “ il raconte de nombreux mensonges semblables à la vérité ”, “des mensonges dont on pourrait ne pas s’apercevoir ” ». (Eustathe, XIIe siècle) «Il a été clairement montré que le même homme est menteur et véridique. Par conséquent, si Ulysse est menteur, il est aussi véridique; et si Achille est véridique, il est aussi menteur. Ces deux hommes ne sont pas différents ou opposés, mais ils se ressemblent.» (Platon, Hippias mineur)
  3. Scénon

    Vérité Absolue

    Il est possible que ce soit le cas dans la physique moderne, je l'ignore. Dans la physique transmise par les Anciens, il est question d'une expérience identique, invariable et commune, quelle que soit l'époque ou la région.
  4. Je ne comprends pas votre question.
  5. Scénon

    Vérité Absolue

    Merci de votre contribution.
  6. Scénon

    Vérité Absolue

    J'ai beau réfléchir, je ne vois pas le rapport avec la citation de Platon...
  7. Scénon

    Vérité Absolue

    Voici une définition de la vérité qui a de quoi dérouter à première vue, mais qui a fait fortune parmi les philosophes: «Par le vocable “vérité” semble être désigné le mouvement divin de l'être; la vérité est comme une errance divine. Le “mensonge”, quant à lui, c'est l'opposé du mouvement.» (Platon, Cratyle, 421b)
  8. Il faut reconnaître qu'ils sont difficilement repérables dans une traduction; un exemple: Dans Jean XII, 34, la foule demande à Jésus: «Qui est ce fils de l'homme [dont tu nous parles sans cesse]?» Réponse de Jésus: «La lumière n'est plus que pour un temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des fils de la lumière.» On serait tenté, n'est-ce pas? de dire que Jésus était ou bien très distrait ou bien complètement sourd !... En fait, il répond, comme toujours, à la manière des rabbins: par allusion. Dans le texte original, le mot phôs signifie à la fois «lumière» et «homme». Ainsi donc, le «fils de l'homme» est le «fils de la lumière». Mais allez trouver une traduction de la Bible où l'on vous signale ce genre de détails, pourtant extrêmement fréquents!
  9. Je vous conseille la lecture de Rabelais, mais n'oubliez pas qu'il précise dans son Prologue: «Et, posé le cas qu’au sens litéral vous trouvez matières assez joyeuses et bien correspondentes au nom, toutesfois pas demourer là ne fault, comme au chant de Sirènes, ains à plus hault sens interpréter ce que par adventure cuidiez dict en gayeté de cueur». Le comédien et farceur Aristophane est l'auteur qui fait le plus fréquemment allusion aux très secrets mystères d'Eleusis. La Bible elle-même est remplie de jeux de mots fort amusants et instructifs. Sarah, modèle des matriarches, a conçu dans le rire; «Isaac» signifie d'ailleurs: «rire».
  10. Noé n'a pas été averti par le serpent. Votre histoire du bunker rappelle sans doute un peu celle de Noé, mais elle n'en donne absolument pas le sens.
  11. «Tentateur bien nommé, comme tu nous éprouves dans la fournaise de l'envie et de l'orgueil! Tu dis: “MOI”, mais nous répondons “DIEU”.»
  12. Scénon

    Vérité Absolue

    C'est bien la raison pour laquelle j'ai tenu à préciser: «physiciens, au sens philosophique du terme», ou si on préfère, au sens premier, ancien et étymologique du terme. La vérité dont ceux-là parlent n'a jamais varié. Exactement, c'est bien ce qu'il convient de définir au préalable; et c'est pourquoi j'ai suggéré une autre approche que celle des «penseurs»: «A l'origine et traditionnellement, les philosophes considèrent la vérité comme une chose concrète, incarnée, palpable et même dense».
  13. Scénon

    Vérité Absolue

    Sans doute, mais il est question ici, non de «domaines où l'expérience est problématique», mais de la vérité.
  14. Cela rappelle la légende de saint Christophe. Au début de sa «carrière», il souhaitait offrir ses services à l'être le plus puissant qui soit. Son choix alla vers un roi très puissant. Tout en le servant fidèlement pendant des années, il se rendit compte que chaque fois que quelqu'un prononçait le mot «diable», le roi frissonnait de crainte. Interrogé à ce sujet, le roi avoua à Christophe qu'il avait peur du diable, comme tout autre homme. Christophe en conclut que le diable était plus puissant que le roi et quitta ce dernier pour chercher et servir ce maître plus puissant. Il rencontre le diable qui l'engage comme serviteur. Pendant des années, Christophe le sert fidèlement, mais finit par remarquer que chaque fois qu'ils rencontrent une croix sur leur chemin, le diable fait prudemment un grand détour. Interrogé, le diable avoue à Christophe sa peur devant la puissance de la croix et du crucifié. De nouveau, Christophe le quitte pour rechercher ce maître encore plus puissant. Il finit par le rencontrer au bord d'un fleuve; la suite de l'histoire est plus connue... Combien de ceux qui se disent chrétiens sont passés par Satan pour arriver à Dieu?
  15. Scénon

    Vérité Absolue

    Non, le syllogisme, en tant que tel, a été souvent critiqué par les philosophes. Aucun syllogisme (qui n'est qu'une pensée) ne remplace jamais l'expérience vécue en chair et en os. La vérité, disent-ils, ne se découvre pas à coup de syllogismes.
  16. Oui, je pense que vous avez mal lu; il n'est pas du tout question, ici, du fait de donner son accord pour une guerre sainte, ni de s'arroger un droit divin. «Les religions reconnaissent des cas où des hommes ont réellement tué au nom de Dieu», notamment dans l'histoire ou dans les Saintes Ecritures.
  17. Je ne vous comprends pas. En quoi le fait de reconnaître ces cas revient à s'autoproclamer l'égal de Dieu?
  18. Votre phrase était d'une syntaxe impeccable, M51, et parfaitement compréhensible, ne soyez pas désolé! Seulement, on applique souvent l'expression «tuer au nom de Dieu» à des personnes auxquelles, strictement parlant, elle ne devrait pas s'appliquer; nous sommes d'accord là-dessus, Geolia, vous et moi. La précision s'imposait, à mon avis, parce que les religions reconnaissent des cas où des hommes ont réellement tué au nom de Dieu; et on imagine moins Dieu les récuser devant son tribunal.
  19. Pour être plus précis, il faudrait dire: «ceux qui, à tort, prétendent tuer en son nom». Ceux qui tuent vraiment en son nom sont sans doute plus rares.
  20. «Ce serait chose fort malaisée à dire au vrai si Homère, Hésiode et les autres poètes de l’ancien temps ont eu de leurs majeurs, comme par une tradition manuelle que les Hébreux appellent cabale, les belles fables et fictions qu’ils ont traitées en leurs poèmes, ou bien si cela est parti de leur invention; car il est bien assez certain que pas une d’icelles n’est du tout frivole et sans quelque beau mystère caché là-dessous; n’étant pas croyable que des esprits si élus n’eussent été destinés à autre fin que pour forger des contes faits à plaisir, pour entretenir des gens ignorants et lâches, et leur servir d’ébattement inutile en leur nonchalance et fainéantise». (B. de Vigenère, Philostrate)
  21. Contribution très intéressante, merci!
  22. «Le roi Minos nous rappelle l'origine législative du labyrinthe: un dédale au milieu duquel le sage a caché son sel. On n'en peut sortir vainqueur sans cette épée et ce fil qui sont un don divin. Toute la mythologie, elle aussi, est un dédale dont il est impossible de sortir seul.» (E.H., Le Fil de Pénélope, t. I) Il est dit aussi: «Il n'est pas bon que l'homme soit seul».
  23. (Le poème n'est pas de moi, Darius, mais cela fait plaisir que vous l'appréciez. Du reste, j'essaie de donner quelques extraits d'auteurs qui ont bien voulu indiquer le sens de tel ou tel mythe.)
  24. (En effet, Monsieur Wikipédia est très loin d'épuiser le sujet...) «Labyrinthe de la parole Un dédale infernal Aux cercles concentriques, Des dalles d'achoppement, Artistement construit. En son centre est gardé Mi-dieu mi bête, Ce fils de la magicienne Pasiphaé que tous voient, Car d'Hélios engendrée; Redoutable victime D'un nécessaire sacrifice. En combat inégal, Il tue l'imprudent Égaré en ce lieu. Si l'Art-y-aide-ne doute Que la belle Ariadne, Par l'amour embrasée, Dans les détours obscurs Sûrement te guidera De son fil de lumière, Et, papillon resplendissant, Tu reverras le ciel étoilé.» (C.H., Paroles d'exil)
  25. «Voilà l’explication de toute l’œuvre, comme un fil d’Ariane, qui te fait échapper aux inextricables détours du labyrinthe et au bestial Minotaure, en guidant adroitement tes pas et en te faisant sortir vers la lumière». (Jean Tzetzès, Allégories de l'Odyssée)
×