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Mórrígan

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Tout ce qui a été posté par Mórrígan

  1. Il y avait beaucoup d'attentes quant à cette cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de 2024. La presse nationale, comme étrangère, est dithyrambique. Jamais une telle cérémonie n'a suscité autant d'admiration... et n'a fait coulé autant d'encre. J'ajoute donc la mienne. J'ai aimé la transmission de la flamme olympique de Zinedine Zidane, aux enfants. Si cette cérémonie est tournée en partie vers le passé puisqu'elle raconte notre histoire, les enfants sont indéniablement l'avenir de la France. La suite de l'histoire est encore à écrire. Personne n'aura été oubliée. Cette même flamme a été portée par divers athlètles, femmes et hommes, handicapé(e)s ou non, d'âges divers, réprésentant diverses disciplines. Thomas Jolly a voulu inclure tout le monde et il n'a oublié personne. Marie-José Pérec, seule Française triplement championne d'athlétisme et Teddy Riner, judoka le plus titré de l'histoire, ont été les derniers porteurs de la flamme. Ce choix est effectivement le plus logique et le plus judicieux. Ce sont d'immenses athlètes. J'ai aimé l'émotion véhiculée par Céline Dion, plus que sa voix, il est vrai qu'elle n'avait pas chanté depuis 4 ans à cause de sa maladie. On comprend ses larmes. Tout comme celles de Daphné Bürki. Ce sont des réactions humaines, touchantes. J'ai aimé le tableau "Sororité", voir émerger aux abords de l'Assemblée Nationale, ces 10 statues de femmes mises à l'honneur. Elles ont été des pionnières, elle ont tant fait pour les femmes. Tant reste encore à faire. J'ai aimé la traversée de Sequana, fille de Dyonisos, sur son cheval, c'était un moment poétique. Je suis toujours admirative du talent du pianiste Sofiane Pamart, tout comme de celui du danseur étoile à l'Opéra de Paris, Guillaume Diop (quelle grâce !). J'ai aimé voir les sujets des tableaux du Louvre sortir de leur cadre. Ce que j'ai particulèrement aimé, ce sont ces moments de liesse, de partage, de tolérance... Thomas Jolly a employé les termes "réconciliation" et "inclusion". C'est ce dont nous avons effectivement besoin après ces élections aussi inattendues que brutales. Je n'ai pas aimé la chanson de Zizi Jeanmaire, le french cancan sur les bords de la Seine, l'accordéoniste sur le pont, la playlist choisie lors du passage des bateaux (Claude François, Joe Dassin, Johnny Hallyday etc...). Si le metal se marie souvent bien avec le lyrique, je ne valide pas le choix de l'opéra de Bizet, Carmen (il ne s'agira jamais que d'un féminicide) et même si Marina Viotti a un talent indéniable, à l'instar d'Armelle Saint-Cirel. Néanmoins, tout ceci c'est aussi la France. Il y en a eu pour tous les goûts. Certaines personnes ont apprécié ces différents passages que je n'ai pas appréciés et vice versa. J'accepte tout à fait qu'il ne s'agisse pas d'une cérémonie sur mesure produite à mon attention. S'agissant de la polémique à propos du tableau "Festivité", sous l'impulsion de l'extrême-droite : il faut décidément souffrir d'une sévère carence culturelle pour confondre une bacchanale (dérivée de Bacchus, Dyonisos chez les Grecs, Dieu de la fête, du vin etc...) avec la Cène de De Vinci (qui est d'ailleurs une interprétation parmi d'autres du dernier repas du Christ avec ses 12 apôtres). Mais peut-être s'agit-il seulement d'un sérieux problème de vue, malgré l'omniprésence d'un Philippe Katerine... tout en bleu. De malhonnêteté intellectuelle enfin, alors que l'extrême-droite qui avait encore une chance de s'excuser de son indigence, s'accroche sur ce tableau comme d'un os à ronger, malgré le démenti de Thomas Jolly, malgré les explications d'internautes de bonne volonté, encore disposés à lui faire entendre raison. En vain.
  2. Mórrígan

    Racisme et couscous

    Il faudra toujours un cadre, il y aura toujours un ordre public à respecter ; à moins de leur préférer l'anarchie. Le racisme c'est non, le sexisme passe mal également. Des soupapes de décompression, il y en a. Le champ des possibles est immense. Je m'interroge quant à la capacité de certaines Françaises et Français à être créatifs, audacieux, impertinents, géniaux, en plus du reste, alors qu'ils se moquent encore des blondes et l'arabe de service. Jean Calvin, Robespierre, Thomas More ? Quelle va être la prochaine référence philosophico-historique inappropriée ? Comme j'ai hâte ! Nous vivons toujours dans un Etat de droit au sens où l'immense majorité des citoyennes et citoyens tenu(e)s de respecter les règles, sous le contrôle du juge, les respectent effectivement. Vous écrivez avoir combattu le racisme. Néanmoins, vous soumettez à avis cette publicité que vous savez problématique et qui l'est à juste titre. Vous déplorez sur ce fil de discussion créé, sous votre impulsion, ne plus pouvoir vous moquer en toute liberté d'une "frange anecdotique mais bruyante et gesticulante de minorités qui, elles, ne réclament pas tant d'attention" (sic). Il y aurait en France, une judiciarisation excessive à laquelle vous seriez rétif. Au delà des écrans, ce discours ambivalent se rencontre parfois (mais pas toujours) au cours d'un déjeuner, d'un dîner etc... Après avoir pris soin de s'autoproclamer non raciste, une personne (sur les nombreuses personnes présentes) croit sa liberté d'expression entravée par la loi alors qu'elle commet des abus de liberté d'expression en discriminant des personnes au motif de leur nationalité et de leurs origines. "On ne peut plus rien dire", "On ne peut plus rire de tout", "On ne peut rire de rien", "il y a des intouchables" se plaint-elle en fonction de sa tendance à exagérer. Eu égard au respect des règles de droit par l'immense majorité de la population, je considère pour ma part, que ces quelques personnes commettant des abus de liberté de d'expression, se croyant privées de liberté, constituent une "frange anecdotique mais bruyante et gesticulante de minorités qui, elles, ne réclament pas tant d'attention" (sic). Mais peut-être préférez-vous le terme réactionnaires ? La dignité humaine est un critère absolu, oui, au sens où il se suffit à lui-même, qu'il n'est pas conditionné comme l'est celui de la moralité publique. C'est plutôt simple à comprendre. Il est inutile de souligner certains mots. Vous pourriez également les stabiloter, les graisser ces mots, changer la taille de leur police d'écriture, que cela ne leur donnerait pas plus de poids. Le racisme est objectivement un délit, peut-être motivé par la peur d'autrui.
  3. Je ne sais pas si le plus clair du temps le fait de se mettre en couple correspond massivement à un besoin ou bien si c'est un fait du hasard dont on s'accommode. Célibataire ou en couple, je plaide de toute façon pour un "laisser faire, laisser vivre". Les sites de rencontre agissent comme un repoussoir de sorte que l'approche est très mercantile parfois très assumée (adopteunmec.com). L'avantage de la rencontre inopinée, c'est qu'il n'y a pas tous ces préparatifs, c'est moins artificiel. Elle a l'air agréable la serveuse. On a tendance à trouver du charme, voire de la beauté, chez une personne qui n'est pas forcément notre genre mais qui est particulièrement gentille. Cela fonctionne sûrement avec d'autres qualités en fonction de nos sensibilités. Cela fonctionne pour des personnes qui sont seulement des ami(e)s. Ce n'est pas pour autant qu'il y a un besoin viscéral d'être en couple voire carrément de la misère affective et/ou sexuelle. La sorcière jette des charmes, pour les autres, qui viennent quérir des filtres d'amour. Elle est également accusée d'entretenir des relations charnelles avec le diable, il faut qu'elle soit au moins un peu appétente cette sorcière. On parle aussi de "beauté du diable" au sujet de très belles femmes. Les deux réprésentations existent : la vieille femme avec ses verrues et la jolie femme avec sa peau toute lisse. Des vieilles femmes ont péri sur le bûcher comme des jeunes. L'image d'une Eglise qui a persécuté des innocentes est bien imprimée dans nos consciences, il est vrai que c'est aussi le fait voire surtout le fait de juristes. Jean Bodin est souvent cité, lui qui pouvait pourtant être si moderne et éclairé tant il s'agissait de souveraineté. Pierre de Lancre aussi, à qui l'on doit une description détaillée du Sabbah. Il y a une serie française très bien faite (c'est rare, il faut le souligner) qui met en scène cette figure historique, le calvaire qu'il a fait endurer à des villageoises du Sud de la France soumises à la "question" (la torture). En définitive, concernant la serveuse, ce qualificatif est tout de même sacrément péjoratif.
  4. Être victime est un fait, redouté et refusé parfois par les victimes elles-même. Je précise que cela ne nous définit pas et on peut en sortir (enfin je l'espère). Personne ne veut être une victime, cela veut dire qu'il nous est arrivé quelque chose de terrible. Ce n'est en rien un statut recherché et respecté. La Défense met en relief une humanité, un passé qui explique parfois -mais pas toujours- certains comportements (ce qui ne constitue pas des circonstances atténuantes) là, où, certains parlent de monstruosité relativement aux pédocriminels, notamment, parce qu'ils ne comprennent pas (ce qui mystifie d'autant plus). Le mis en cause n'échappera pas à la sanction s'il a commis une infraction, même s'il demeure le principe d'individualisation des peines. Il existe des causes de non-imputabilité ou de diminution des peines telles que l'absence de volonté saine (mineurs, causes pathologiques ou accidentelles) ou encore l'absence de volonté libre (contrainte, erreur). Les vraies victimes ?
  5. En l’espèce, la libération de la parole n’est pas problématique parce qu’elle a lieu post mortem, elle l’est tout court aux yeux de certaines et de certains. Il s’agit d’un faux débat. La libération de la parole des victimes n’est globalement jamais accueillie favorablement. Elle met mal à l’aise cette libération, elle dérange… par voie de conséquence on tente par tous les moyens de silencier les femmes qui ont parlé, y compris en utilisant ce faux débat, cette injonction éculée s’agissant d’un distinguo à faire entre l’œuvre et de la personne. C’est un invariant. Ce sont également toujours les mêmes procès d’intention qui sont faits aux victimes : « elles veulent détruire une réputation, elles veulent de l’argent, elles mentent etc… ». Les victimes souffrent. Les victimes peuvent avoir besoin de parler, et encore après le décès de leur agresseur. Les victimes n’ont aucunement de devoir : elles font ce qu’elles veulent mais surtout comme elles peuvent. Je ne doute pas un instant qu’il ait été impensable de porter plainte à votre époque, c’est toujours difficile aujourd’hui de le faire (honte, conflit de loyauté, peur des représailles etc…). Ce constat que vous faites devrait cependant plaider en faveur des victimes qui libèrent leur parole aujourd’hui.
  6. Avant d'être en couple, nous avons toutes et tous été célibataires. Ce n'est pas forcément déplaisant d'être célibataire. Ne penser qu'à soi et exclusivement à soi est un luxe, à mon sens. Quand l'autre s'installe, on doit faire de la place. La solitude pesante qui est censée découler du célibat, m'apparaît plutôt comme une forme de mythe ou bien du choix assumé. Ce n'est pas une fatalité. Être célibataire n'induit pas de vivre comme un ermite. On peut avoir une vie sociale riche. Avoir des amis et de la famille. Être socialement actif. Nous avons toutes et tous été célibataires, et avant d'organiser des rendez-vous arrangés, nous conduire comme des marieurs et des marieuses en puissance, nous devrions nous souvenir à quel point il est déplaisant de se trouver dans de tels traquenards. Si je m'interroge quant à une prétendue envie ou urgence de constituer un couple, je dois dire qu'elle ne m'a jamais vraiment traversée (ce n'est pas cochon), malgré la pression de l'entourage, la pression sociétale plus en général. Cela ne m'aurait pas dérangé d'être une fille aux chats, d'ailleurs j'adore les chats, miaou. Ce sont des personnes qui ont brûlé ces femmes dont nous aurions dû apprendre à nous méfier. Il fallait au moins que la favorite du roi soit accusée de sorcellerie (cf l'affaire des poisons), afin que l'on cesse de mener au bûcher des innocentes. Dans l'imagerie, les sorcières ne sont pas toujours représentées comme des vieilles femmes laides. Parfois c'est tout l'inverse. Le chapeau dont elles sont affublées est le même, dans l'imagerie, que celui dont on affuble les Juifs. Cela en dit long, ne crois-tu pas ?
  7. En principe, les victimes en parlent au moins à leur entourage juste après les faits, ou plus tard, mais elles en parlent bien souvent. Les prises de parole en public via les médias, sur les réseaux sociaux etc... peuvent survenir après la mort de l'agresseur, cela rassure certaines victimes, au sens où leur agresseur ne pourra plus faire de mal à personne. Réveler une agression générée par une personnalité connue, en l'espèce par l'Abbé Pierre, c'est comme comme gravir l'Himalaya. L'abbé Pierre est un monument. Les victimes qui libèrent la parole sont très courageuses. Elles s'exposent malheureusement à l'opprobe, à l'insulte, à toutes les résistances... Intérioriser une agression, garder le silence à jamais peut générer toutes formes de souffrances physiques et psychiques. L'omerta est génératrice pour exemple de troubles du langage et de la communication. Une atteinte sexuelle demeure un délit sanctionné d'une peine d'emprisonnement et d'une amende : c'est grave.
  8. Dans l'inconscient collectif, les victimes ont toujours tort. Elles deviennent alors coresponsables voire entièrement responsables de l'agression qu'elles ont subie. Plusieurs raisons ont été énumérées ici, auxquelles j'ajoute la peur. Ainsi, si "je" ne m'habille pas ou si "mes proches ne s'habillent pas de telle façon, si "je" ne suis pas dans l'espace public à des heures indues ou si mes proches ne le sont pas etc... je ne risque pas/ils ne risquent pas de se faire agresser. L'idée est que l'on pourrait prévenir l'agression si l'on adopte un comportement jugé suffisamment prudent. L'agresseur est un prédateur et il peut en effet être prévisible cependant pas au sens où l'entend la personne qui juge les victimes coresponsables ou responsables parce qu'elle est motivée par la peur. Le prédateur décèle rapidement les vulnérabilités de sorte que les enfants, les personnes handicapées, les personnes sans domicile etc... sont les victimes privilégiées de ces prédateurs. Ces vulnérabilités sont cumulatives. Dans l'immense majorité des cas, les victimes connaissent leur agresseur.
  9. Mórrígan

    Racisme et couscous

    Il ne s'agit pas d'un point de vue, d'une exagération, d'un sentiment d'être offensé, d'une sensiblerie ni même d'un manque d'humour. Il s'agit d'humilier, de se moquer ouvertement de personnes en raison de leurs origines, de leur prétendue race afin de contenter de viles personnes. Ces personnes discriminées au moyen de cette publicité, en l'espèce, seraient censées se balader avec 3 chameaux et parler avec un accent fortement marqué, notamment. On parle d'ailleurs de "glottophobie" se définissant par la discrimination, les moqueries envers d'autrui en raison de son accent (qui peut aussi être marseillais). L'accent peut juridiquement être défini en tant que critère de discrimination depuis la loi de 2020, inscrite désormais au Code pénal (mais aussi au Code du travail). La loi sanctionne cette infraction d'une peine de 3 ans d'emprisonnement et 45000€ d'amende. Il arrive que des personnes soient discriminées en raison de leur accent à l'école, dans le milieu professionnel et il convient oui, d'y mettre un terme. Je vous assure qu'il ne s'agit pas d'ergoter sur des vétilles. Il fallait vraiment (hélas !) une loi afin de conscientiser les auteurs de cette infraction. Des réformes ont cours. Des lois sont abrogées ou amendées. Ainsi va le droit, il n'a pas vocation à rester figé. Il est toujours perfectible. Il ne s'agit pas d'un droit révélé, divin qu'il ne faudrait aucunement faire évoluer à peine du courroux divin. Le droit est le reflet de notre société à divers moments de notre histoire. La loi a aussi en quelque sorte encore vocation à nous éduquer lorsque les parents et les diverses institutions, notamment scolaires, ont échoué dans la transmission de nos valeurs républicaines. Le principe d'égalité entre les citoyens émerge en 1789 sous l'impulsion des Lumières. Les discriminations expressément interdites sont fondées sur l'origine, les croyances, le sexe depuis le préambule de la Constitution de 1946 ainsi que l'alinéa 3 de la Constitution de 1958. Les mentalités impriment parfois longtemps après les textes. Nous sommes tout de même en 2024... et en 2024, pareille publicité ne ferait pas vendre du couscous, sans doute parce que désormais le racisme ne fait rire (presque) plus personne. Vous évoquez des contradicteurs qui viendraient à la rescousse de minorités offensées, alors qu'il s'agit du Législateur (plutôt que de vos contradicteurs) et de discrimination (plutôt que d'offense). Il est manifestement utile de rappeler (brièvement) comment cela fonctionne : le Législateur rencontre des citoyens et des associations au cours de son mandat et en amont alors qu'il est candidat, il écoute attentivement ces derniers puis accepte (ou non) de promouvoir leurs idées, de proposer une loi. Il est possible également que cette cause le porte, notamment lorsqu'il a lui-même souffert de cette discrimination ou pas forcément dans ses chairs lorsqu'il s'agit d'un proche (cf le témoignage de Patricia Miralles) : https://la1ere.francetvinfo.fr/glottophobie-la-discrimination-par-l-accent-sera-desormais-sanctionnee-par-le-code-penal-et-le-code-du-travail-896872.html Agir en justice est un droit. Il appartient toujours à la victime de décider si elle veut ester en justice ou non. Ce n'est pas parce que certaines personnes dans des situations (qu'elles jugent) voisines ne saisissent pas la justice, qu'il faudrait priver les autres de ce droit. Votre discours m'évoque inévitablement celui de certaines de nos aïeules qui font de la moraline aux femmes des générations suivantes lorsqu'elles relatent une agression ou un viol. Il faudrait serrer les dents et encaisser, se taire surtout, parce que d'autres auraient fait différemment (ou rien fait du tout). C'est une forme de silenciation. C'est une double peine : le racisme que l'on a subi et l'injonction au silence/à ne pas agir en justice que l'on nous fait subir. En droit pénal, la motivation raciste d'un délit ou d'un crime confère une circonstance aggravante. Bien sûr que cela change tout, non seulement pour le juge qui applique une sanction personnalisée (dont un stage de citoyenneté s'il le juge utile en l'espèce) mais en sus pour la victime, sa famille qui cherchent souvent des réponses, au moyen d'une action en justice. Elle leur en apporte, manifestement. Ce n'est cependant pas une baguette magique le droit, et il ne peut pas toujours tout. Il existe plusieurs circonstances aggravantes tenant à l'auteur de l'infraction, la victime, ou encore dites "réelles" (et non plus personnelles) concernant les faits commis par le mis en cause etc... il est aussi possible de les cumuler. Il ne s'agit pas de hiérachiser ni même de minimiser pour ma part : tout est grave, d'ailleurs dans aggravant, je vous le donne en mille, il y a grave. S'agissant du critère de moralité publique, il a été consacré par le Conseil d'Etat dans un arrêt de section en 1959 Société les films Lutétia. Un film a été projeté au cinéma et le maire de Nice, le jugeant immoral, en a fait rapidement interdire la projection. La police administrative n'a pas vocation à imposer un ordre moral (comme le font les religions), il s'agit davantage de protéger un état de conscience. Par voie de conséquence, la police administrative interdit ou limite des activités choquantes au regard des croyances dominantes dans un endroit donné, ce que l'on appelle des "circonstances locales particulières". A Nice la projection du film, plus qu'à Paris ou à Bordeaux pour exemples, risquait de heurter la moralité publique, et donc de troubler l'ordre public. Le critère de moralité publique est un critère conditionné aux circonstances locales particulières a contrario du critère de dignité humaine qui est non conditionné, absolu. Le critère de moralité publique est aussi de moins en moins usité. Celui de la dignité humaine, en plus d'être absolu est indéboulonnable comme je vous l'ai déjà mentionné. En effet, le principe de la liberté du travail et celui de la liberté du commerce et de l'industrie ont été invoqués par les demandeurs, qu'il s'agisse de l'affaire de Morsang sur Orge et de celle de Dieudonné (en sus de la liberté d'expression et celle de réunion), mais cela n'a pas été suffisant au regard du critère de la dignité humaine. Que M.Wackenheim, qui souffre d'un handicap, ait été consentant et rémunéré afin d'être projeté dans les airs par des clients d'une boîte de nuit, ne change absolument rien au caractère indigne de cette activité qu'il fallait bien évidemment faire interdire. C'est parce que cette affaire est suffisamment choquante (puisqu'indigne) que les étudiants en première année s'en souviennent en principe tout au long de leur cursus universitaire et au-delà. En définitive, il convient de décider dans quel genre de société l'on souhaite vivre : soit dans une société où le racisme est un art de vivre et l'exploitation de personnes handicapées une activité tant divertissante que lucrative ou bien dans une société où les femmes et les hommes sont considéré(e)s avec respect, dignité, humanité.
  10. Mórrígan

    Tirs sur Trump.

    Les théories complotistes vont bon train depuis quelques jours. En clair, soit cet attentat serait à l’initiative des démocrates, soit des républicains, soit du deep state (composé de personnes qui dirigeraient réellement et dont les politiques seraient les marionnettes). Les Qanon privilégiant la dernière théorie. La réalité c’est qu’un homme est mort et que deux personnes sont gravement blessées parce qu’un jeune homme avait décidé d’éliminer le candidat aux présidentielles. C’est triste pour les victimes et leur famille. Il n’est pas admissible en démocratie de vouloir éliminer un candidat de la sorte. En creux, Trump a gagné du galon. Le fait qu’il ait survécu à cet attentat corrobore tous ses discours virilistes, alors qu’il s’érige fréquemment en surhomme, qu’il est désormais « miraculé » (sic). Indestructible. Il n’en fallait pas moins pour achever de convaincre ses ouailles, très pieuses au moins pour une frange, qu’il y a chez lui quelque chose de divin. Est-il toujours d’actualité et bien utile d’évincer Biden au profit d’un autre candidat démocrate ?
  11. Peut-être qu’elles l’ont également fait du vivant de l’abbé Pierre. En principe, les personnes qui ont été agressées en parlent, au moins à leur entourage. En effet, le décès du mis en cause entraîne l’extinction de l’action publique.
  12. Mórrígan

    Racisme et couscous

    Cher monsieur, conservez donc bien vos navets et vos outrances dans votre gilet. Cette publicité est problématique. Vous le savez fort bien, sinon vous n'en auriez pas fait un sujet. Ladite publicité est identifiée en tant que raciste tant elle cumule les clichés (sultan, harem, danseuses du ventre, imitation d'un accent prétendument oriental etc...). La liberté d'expression est un principe général. Le racisme fait précisément partie des abus de la liberté d'expression, on entre dès lors dans le champ d'application de la loi pénale. Autrement dit, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit pénal. Que l'expression de ce racisme soit confiné à la sphère privée ou bien qu'il soit exprimé de façon décomplexée, publique, qu'il vise une personne ou plusieurs, nommément ou non : c'est un délit pénal. La loi pose les sanctions qui viennent frapper celles et ceux qui ont abusé de cette liberté d'expression, lorsqu'elles et ils ont versé dans le racisme. En ce sens, la loi est à la fois un phare et un garde-fou. Aujourd'hui, cette publicité pour le couscous en conserve, qui vous rend toujours hilare, ne pourrait évidemment être diffusée, à peine de sanction. Bien sûr que cette publicité est mauvaise facture et la supposée vexation de son auteur ne pèserait pas bien lourd dans la balance, au regard de la nuisance qu'elle occasionnerait encore en termes de racisme, de trouble à l'ordre public. Outre les critères traditionnels de l'ordre public (tranquillité, sécurité, salubrité publiques), s'ajoutent deux critères tels que la moralité publique et la dignité humaine. Ce dernier étant un critère non conditionné, absolu, indéboulonnable. Celui-ci a été consacré par le juge administratif au cours d'une affaire relative à un lancer de nain (CE, 1995, Commune de Morsang-sur Orge), puis a été "réactivé" près de 20 ans plus tard lors de l'affaire Société Les Productions de la Plume et M.Dieudonné M'Bala M'Bala (cela vous parlera peut-être plus). Sous le prisme de ce critère de la dignité humaine, cette publicité pour le couscous ne passe évidemment pas. Même pas une seconde. Quel que soit l'argumentaire. L'humour est le reflet de notre société à l'instant T, celui d'hier étant en principe suranné. L'humour, comme la publicité sont contextuels et à l'instar des comiques, les publicistes l'ont bien compris, et en jouent. En 2024, il est nécessaire de trouver d'autres ressorts pour faire rire, pour vendre aussi. "On peut rire de tout mais pas avec tout le monde/n'importe qui", on prête souvent ces mots à Desproges pourtant il ne les a jamais prononcés. Desproges a été bien ennuyé lorsqu'il a appris qu'il partagerait quelques minutes d'antenne avec J-M Le Pen, qu'il abhorrait. Par voie de conséquence, il a eu ces mots "Il y a plus d'humanité dans l'oeil d'un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen lorsqu'il remue son oeil". Vous conviendrez que ceux-ci ne feront pas rire l'électorat d'extrême-droite... ou si peu.
  13. Mórrígan

    Insultes racistes

    Karim Rissouli parle en son nom, à l'instar de Mohamed Bouhafsi : "Je suis un français, journaliste, citoyen et rien d'autre" : https://www.youtube.com/watch?v=9F9pEMQen-g&t=271s Vous saisissez la différence ? Ces journalistes ne sont pas les seuls à faire état d'injures à caractère raciste dont ils sont de plus en plus fréquemment victimes depuis le 9 juin dernier. Parfois ces insultes s'accompagnent de menaces de mort et d'agression physique : https://www.nouvelobs.com/faits-divers/20240627.OBS90297/agression-raciste-d-un-conducteur-de-bus-dans-le-val-de-marne-ce-que-l-on-sait.html Avec la montée de l'extrême-droite en France, nous assistons à une brutalisation de la société, en sus de l'austérité qui nous est promise.
  14. Mórrígan

    Racisme et couscous

    Cette publicité vous fait toujours autant sourire et rire qu'auparavant ? Non mais vous êtes sérieux ? Dire que quelqu'un a suivi des études pour accoucher d'une publicité aussi artistiquement et humoristiquement nulle ! Je ne connais Gotainer qu'au travers les dires des vieux, moins de 50 ans oblige. Il semble qu'au travers ce sujet, vous remettiez sur le tapis le fameux "aujourd'hui on n'a plus le droit de rire de tout". Si une personne, des personnes vous révèlent être mal à l'aise, voire blessées, indignées parce que vous vous moquez ouvertement de ce qu'elles sont en raison de leur nationalité, de leurs origines, de leur sexe (liste non exhaustive), vous pourriez (c'est une suggestion) en tenir compte. Il y a un manque de sensibilité et d'empathie manifestes à l'égard de ces personnes dont on continue de se moquer sous couvert d'humour et de liberté d'expression, en dépit de l'expression de leur malaise. C'est comme si elles n'existaient pas, que leur parole et leurs sentiments ne méritaient pas d'être pris en compte. Peut-être que dans les 50 prochaines années, les cours d'empathie depuis la maternelle auront aidé à conscientiser la population, auront appris à écouter autrui et le prendre en considération : à devenir bienveillant. Je l'espère !
  15. Pas plus J-L. Mélenchon que F.Hollande... n'y a t-il que des vieux briscards à gauche ? Pour une gauche qui se voudrait féministe, il serait bienvenue de choisir une femme et de se délester de Quatennens par la même.
  16. Mórrígan

    Insultes racistes

    "Le viol à caractère antisémite avait ému la classe politique, mais les parents de la fillette dénoncent la récupération des partis en pleines législatives". https://www.huffingtonpost.fr/faits-divers/article/viol-de-courbevoie-les-parents-de-la-collegienne-s-expriment-pour-la-premiere-fois_235961.html La décence et le respect voudraient que l'extrême-droite cesse d'instrumentaliser le viol de cette jeune victime, à des fins électorales. Ce ne sera pas la première fois ceci dit : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/viol-a-nantes-la-victime-choquee-par-la-recuperation-politicienne-du-drame-69af45d2-396f-11ed-87b5-bf51d5035fec https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/meurtre-de-lola-paris-extreme-droite-drame_59627392.html
  17. Mórrígan

    Viol antisémite ?

    Aucune chance. La minorité est en principe une cause de non-imputabilité en deça de 13 ans. Si l'ordonnance de 1945 dispose qu'un mineur de 13 à 16 ans qui a commis une infraction, peut faire l'objet de mesures éducatives ou d'une condamnation pénale "si les circonstances ou la personnalité du mineur l'exigent", elle dispose aussi que les peines privatives de liberté et les amendes encourues doivent être réduites de moitié(au regard de celles encourues par des majeurs). Ainsi, si la réclusion criminelle à perpétuité est prononcée, elle est ramenée à 20 ans, tandis que le montant de l'amende ne peut excéder 7500€. La prison n'a pas pour objectif d'y faire crever les mineurs (pas plus que les majeurs d'ailleurs). Pour le rédacteur de 1945, l'enfance même lorsqu'elle est délinquante doit être protégée : un mineur ne doit pas être jugé comme l'est un majeur. S'il s'agit de réfléchir quant à une atténuation possible de "l'excuse de minorité", si une loi pénale nouvelle est votée en ce sens, il n'y aura pas de rétroactivité de la loi pénale nouvelle plus dure dans tous les cas. Seule la rétroactivité in mitius est possible (rétroactivité de la nouvelle loi pénale plus douce). Tout citoyen doit savoir au préalable ce qu'il encourt en cas de commission d'une infraction. Il s'agit du principe de légalité des délits et des peines. Lorsqu'un majeur commet un viol, de surcroît à caractère antisémite, c'est déjà une horreur. Lorsque les auteurs des faits sont des mineurs, c'est d'autant plus perturbant pour les adultes que nous sommes. Néanmoins, ce n'est sûrement pas à l'heure où la France est sous le choc à la suite de ce crime, qu'il faut légiférer. Pour l'heure, l'état physique et psychologique de cette enfant, victime, prime.
  18. L'injure à caractère raciste est sanctionnée d'un an d'emprisonnement et de 45000€ d'amende. Cette sanction devrait freiner mais manifestement ce n'est pas toujours le cas. Le racisme s'est toujours peu ou prou exprimé en France, sous couvert de liberté d'expression. Tout électeur RN n'est pas raciste et tout raciste n'est pas électeur RN... il peut aussi voter pour Reconquête ou les amis de Ciotti, notamment. Voter pour le RN, parti d'extrême-droite n'est et ne sera jamais anodin, malgré les efforts de banalisation de ses figures de proue. Personne ne peut plaider un manque d'information concernant le RN, qui est et reste un parti intrinsèquement xénophobe, anti-féministe et homophobe. Ce parti est foncièrement bâti sur la haine des étrangers. Lorsque M.Bardella s'exprime au sujet des droits et libertés des femmes, c'est pour mieux pointer du doigt les immigrés. Selon lui, 77% des viols seraient du fait d'immigrés sans papiers, alors que nous savons fort bien que l'immense majorité des victimes de viol connaissent leur violeur. Le programme du RN tourne toujours autour de l'immigration qui serait responsable de tous les maux des français(e)s. Le sujet favori du RN reste l'immigration. Un électeur du RN qui ne serait pas raciste choisit donc en toute connaissance de cause de sacrifier les droits et libertés des étrangers et plus largement des français(e)s d'origine étrangère, mais également ceux des femmes et des homosexuels. Un électeur du RN qui ne serait pas raciste choisit de frayer parmi les racistes, et a fortiori d'y être associé. Les propos et agissements de ce couple nous indignent. Cependant, Marine Le Pen, Bardella et tout élu d'extrême-droite seront toujours prompts à défendre leurs électeurs racistes puisque ces derniers forment l'essentiel de leur électorat : « “Envoyé spécial” est une émission ultra-politisée à l’extrême gauche. Pourquoi les médias ne signalent-ils pas que cette dame, en conflit manifeste de voisinage avec ses voisins, est militante communiste et, sur les réseaux sociaux, porte des convictions suprémacistes panafricaines ? », défend notamment la candidate RN dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Des propos qui semblent se fonder ici sur un article du site d’extrême droite Boulevard Voltaire. https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/envoye-special-marine-le-pen-ne-voit-rien-de-raciste-dans-l-expression-va-a-la-niche_235875.html Marine Le Pen, qui focalise sur les termes "va à la niche" et n'y voit pas de racisme, avance que cette aide soignante victime d'un racisme manifeste, est militante communiste. C'est possible, mais si tel est le cas, cela ne justifie et n'excuse en rien les insultes à caractère raciste proférées par ces consorts sympathisants du RN. S'agissant de la suspension d'un agent public, en principe, elle est conditionnée à la commission d'un infraction pénale et à la perturbation du service public. Elle est prononcée à titre conservatoire (il ne s'agit pas d'une sanction) afin de ne pas perturber davantage le service public. La question se pose alors de savoir si un agent public qui a commis une infraction pénale en dehors de sa mission d'intérêt général, peut légalement être suspendue. En droit, il existe 3 principes conducteurs du service public, dits lois de service, qui sont : la continuité, la mutabilité (l'adaptation du service public), et l'égalité. En l'espèce, le principe de neutralité, corollaire du principe d'égalité, pourrait être invoqué. Un agent public doit se garder d'exprimer ses opinions politiques et religieuses (quelles qu'elles soient) au cours de sa mission d'intérêt général. Selon M.Dupont-Moretti, le racisme n'a "rien à faire dans les tribunaux". Sauf preuve du contraire, cet agent public n'a pas commis d'infraction dans l'exercice de ses fonctions, sur son lieu de travail, mais à son domicile, et cela sans se servir des moyens fournis par l'administration. Il s'agirait alors d'une faute personnelle exclusivement sanctionnée par le Code pénal (et non le CGFP), ne justifiant pas une suspension de l'agent public. En revanche, le procureur de la République, informé de la commission d'une infraction pénale, peut décider de déclencher l'action publique.
  19. Il s’agit, cette fois pour A.Nakamura de reprendre un titre du répertoire d’Edith Piaf, et non de chanter un de ses propres titres. C’est l’occasion de montrer qu’elle a un joli grain de voix. Ces choix constituent sans doute une tentative d’intéresser la jeunesse aux JO… avec Sardou @queridac’était mort d’avance.
  20. Francky Vincent s’est aussi exprimé à ce sujet :
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