De manière générale, la plupart des critiques envers les systèmes de RP tournent autour de leur tendance d’être à la base de gouvernements de coalition et de la fragmentation du système de partis. Les arguments le plus souvent cités contre la RP sont qu’elle mène à :
des gouvernements de coalition qui, à leur tour, mènent à l’impasse législative et, conséquemment, à l’incapacité de mettre en œuvre des politiques cohérentes. Ces risques sont particulièrement élevés lors d’une période de transition qui suit immédiatement un conflit, au moment où la population fonde de grands espoirs envers les nouveaux gouvernements. Des cabinets de coalition et des gouvernements d’union nationale regroupant des factions rivales peuvent faire obstacle à une prise de décisions rapide et cohérente;
à une fragmentation du système de partis qui peut être déstabilisante. La RP peut refléter et favoriser une fragmentation du système de partis. Il est possible qu’un pluralisme extrême permette aux petits partis minoritaires d’exercer un chantage auprès des plus grands partis au moment des négociations entourant la formation d’une coalition. En ce sens, le caractère inclusif de la RP est perçu comme un défaut du système. Par exemple, en Israël, les partis extrémistes religieux sont souvent essentiels à la formation d’un gouvernement, alors que l’Italie a souffert des années durant de gouvernements de coalition instables. Les pays en démocratisation craignent souvent que la RP ne favorise, au sein de leurs systèmes de partis sous-développés, la prolifération de partis fondés sur la personnalité et les divisions ethniques;
à donner une plateforme aux partis extrémistes. Dans un argument connexe, les systèmes de RP sont souvent critiqués pour le fait qu’ils permettent aux partis extrémistes tant de gauche que de droite, de se faire entendre à l’assemblée législative. On prétend que l’effondrement de la République de Weimar, en Allemagne, est lié en partie à la manière dont le système électoral de RP a permis aux groupes extrémistes de gauche et de droite de prendre prise;
à des coalitions au pouvoir qui ne partagent pas suffisamment de points communs au chapitre des politiques ou de leur base électorale. Il arrive parfois que l’on compare ces coalitions de convenance aux coalitions dites d’engagement que produisent d’autres systèmes (par exemple par l’entremise du scrutin à vote alternatif), où les partis tendent à être réciproquement tributaires des votes des partisans des autres partis pour leur élection, venant ainsi contribuer à renforcer la coalition;
à l’obtention par des petits partis d’une part importante du pouvoir. Les grands partis peuvent être contraints à former des coalitions avec de tels partis, donnant ainsi à un parti n’ayant obtenu qu’un pourcentage limité des votes le pouvoir d’opposer un veto à toute proposition venant des grands partis;
à l’incapacité de l’électeur d’imposer la responsabilité en éjectant un parti au pouvoir et en défaisant un candidat lors d’une élection. Sous un système de RP, il peut s’avérer très difficile d’écarter du pouvoir un parti centriste bien constitué. Lorsque les gouvernements sont généralement formés par des coalitions, certains partis politiques y sont toujours présents en dépit de résultats électoraux qui peuvent évoluer dans le temps. En Allemagne, hormis huit années, le Parti libéral-démocrate a été un membre de la coalition gouvernementale pendant 50 ans, de 1949 à 1998, bien qu’il n’ait jamais obtenu plus de 12 % des suffrages;
aux difficultés, pour les électeurs, de comprendre les règles parfois complexes du système et pour l’administration électorale, de les mettre en œuvre. On estime que les difficultés associées à certains systèmes de RP sont plus grandes que celles liées à certains systèmes de représentation non proportionnelle; aussi, afin de réussir, une plus grande éducation des électeurs et une formation accrue des agents électoraux peuvent s’avérer nécessaires.
Merci @ouest35 pour le lien.
C'est pour ça que je ne suis pas chaud pour la représentation proportionnelle.
Une dose de proportionnalité....faut voir... tout dépend suivant quelles modalités.