Heureux celui qui a tort. Qui a raison n'apprend rien, et finira par penser qu'il n'y a plus rien qu'on puisse lui apprendre. Mieux vaut se tromper. Mieux vaut ne jamais savoir pour toujours pouvoir chercher, et découvrir. La connaissance rend trop souvent mauvais. Il est préférable d'être ignorant, et de chaque jour recommencer. Sauf si vous êtes de ceux-là, de cette trempe de personnes songeant à amasser le plus immense des tas, plutôt que de profiter de toutes les brindilles longuement quêtées. Tout bien en excès n'amène que rarement quelque chose de bien, que ce soit l'argent, l'amour, le savoir, ou ce que vous souhaitez. Nous ne sommes pas faits pour porter, ou, disons surtout, supporter, le poids de ce que nous pouvons, ou pourrions, posséder. Notre seul rôle est de prendre pour utiliser. L'action suppose l'action. Dès lors que le règne de l'inaction et de l'inutile se met en route, nous nous détournons de notre nature. Évidemment, il y a cette idée fausse consistant à croire que nous sommes ici pour comprendre le monde qui nous entoure. Pure foutaise. Notre état animal ne nous le permet pas sans que cela tienne de la dénature, et donc, de la dépravation. Pour nous retrouver, il faudrait nous défaire de cette pensée qui s'incruste profondément, et davantage tous les jours. Celle qui nous transforme en des biens de consommation. Le système est fou. Et sa folie est débridée : il fait de nous ce dont il a besoin, alors qu'il devrait être ce dont nous avons besoins. Tous, nous le savons, et pourtant, nous nous appliquons divinement à l'oublier. Le bien-être, le confort, la facilité : trop d'arguments qui font fronts à ce changement, le seul qui soit légitime. Comment peut-on craindre pour la chute de cet univers abstrait qu'est la Bourse et l'économie? Qu'en avons-nous à foutre, vraiment, de la crise? Délaissons-donc cette ignominie! Oui, on s'appliquera à me dire que ce n'est pas si "facile" dans un monde qui cherche à l'être toujours plus. Regardons-nous deux minutes : vous avez sincèrement l'impression d'être complexe, à désirer les mêmes choses, à attendre les mêmes conneries qu'on nous vend? Non, je n'ai rien d'un rebelle, et rien d'un pseudo-révolutionnaire. La révolution n'a rien d'une solution dans notre situation. Ce qu'il faut, c'est un retour du mystique au sein de notre société. Dieu ne nous viendra pas en aide. Il me paraît malgré tout nécessaire que nous le rappelions. Ne vous méprenez pas, je ne suis aucunement croyant : j'ai simplement le sentiment qu'il est l'unique voie de guérison. Plus en raison de notre incapacité à nous prendre en main qu'autre chose. Cela m'attriste que de savoir qu'il nous faudra souffrir pour nous en rendre compte. Il n'y a bien que la mort pour nous rendre fort. Le reste n'est que superficiel. Néanmoins, une question se pose : et si la science ne parvenait pas à solutionner à temps nos excès? Que ferons-nous, si ce n'est nous massacrer? Oui, que ferons-nous?