Je ne complique rien. La réalité, c'est compliqué, non? Parlons alors des rêves. Réalité ou métaphysique? Les deux sont possibles mais ne seront pas acceptés selon la personne qui en parle. Pourtant, ils sont bien là. Comment fait-on pour les expliquer?
Le religieux non lucide? Quelle vision réductrice tu as là! Notre ami Pascal était-il un idiot ou ce génie des sciences ayant démontré l'existence du vide et inventé la calculatrice? Est-il cet abruti croyant en Dieu, réponse facile à tout, que l'on passe tant de temps à étudier en philosophie? Ce n'est pas le seul. Loin de là.
La facilité est-elle davantage dans l'explication divine que dans le refus catégorique de cette explication?
Tu as une haute estime de la raison tout comme ils ont une haute estime de Dieu. Dans les deux cas, il y a une idéalisation peut-être excessive pour des schémas qui sont probablement aussi loin de la vérité dans un cas comme dans l'autre.
Maintenant, je n'ai pas dit que tu confondais réalité et imaginaire. Mais tu admets par là que tu flirtes avec le dit imaginaire. Tout à fait ce que je disais maladroitement avant. Et, si j'en crois mes cours délirants de Lettre, c'est un moyen d'évasion. De quoi s'évade-t-on, sinon de notre quotidien? Pourquoi aimer une histoire? Pourquoi ce genre d'histoire, justement?
La lucidité ne réside pas dans le fait de prendre parti, mais de voir ce que chacun apporte, ce que chacun défend, ce que chacun a de bon en lui. La religion n'est pas le mal. D'ailleurs, si tu vas jusqu'au bout du raisonnement, de ton raisonnement, en fait, tu admets alors que la religion est pure invention humaine. Et, qu'est-ce qui est alors en cause? La raison, seule capable dès lors de créer cela.
Mais oui, l'homme est un idéal de lucidité.
La croyance est vue comme une non vérité, c'est là tout le problème. Les gens croient en des valeurs, pourtant, comme la générosité, le respect, et j'en passe. Ils ignorent leurs propres paradoxes par refus d'une partie d'eux-mêmes. Comme je le disais l'autre jour, je ne crois pas au but de Pascal, Pascal que tu n'aimes pas, m'as-tu dit, il me semble, mais il n'avait pas forcément tort sur pas mal de choses, y compris le délire à venir de la raison.