La démocratie : je pose une question sérieuse
Il apparaît jour après jour que le mot « démocratie », tel qu’on l’entend dans le berceau qui a vu naître ce concept –c’est-à-dire l’Occident–, doit être mis entre guillemets ou entre parenthèses tant il charrie d’ambiguïté.
Les récentes attaques américaines contre des embarcations vénézuéliennes, prétendument chargées de drogue, en sont une preuve supplémentaire et flagrante. Cette administration tue des hommes qu’elle juge coupables sans fournir la moindre preuve au public, qui assiste, médusé, à une violence d’une brutalité inouïe et apparemment gratuite.
Quelques voix timides s’élèvent pour rappeler que le Venezuela n’est pas un pays importateur de la drogue qui ravage les États-Unis, mais elles ne pèsent rien dans le débat dit « démocratique », ni en Amérique du Nord, ni au Royaume-Uni, ni en France.
Pourtant, il est évident que ce qui intéresse Donald Trump n’a rien de démocratique : il exige ouvertement que le président Maduro cède la place à quelqu’un qui lui soit totalement soumis –ou, pour reprendre ses propres mots, quelqu’un « qui lui lèche le derrière », expression qu’il emploie pour désigner les chefs d’État alliés des États-Unis. (Excusez-moi la vulgarité, mais elle sort textuellement de la bouche même de l’intéressé et a été largement relayée en boucle par les médias.) Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Pour renverser le régime vénézuélien, les États-Unis ont déjà déployé des milliers d’hommes prêts à envahir le pays. Après les désastres en Irak, en Libye, en Syrie, au Liban, en Palestine, en Ukraine, et peut-être bientôt en Iran, serait-ce au tour du Venezuela, pourtant déjà exsangue ?
Que devient alors cette notion de démocratie qui, même imparfaite, était censée briller au-dessus des autres régimes et incarner une civilisation promotrice des droits de l’homme ?

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