• billets
    52
  • commentaires
    32
  • vues
    8 981

Une autre corde à mon arc

querida13

90 vues

Il y a eu des moments de découragement. Des moments où je me disais que oui, je chantais en public mais que cela ne me rapportait rien. Que celui qui faisait son beurre était le propriétaire du restaurant, qui avait épisodiquement et à bon compte une chanteuse issue du conservatoire de Marseille. Mais ne côtoyer que des enfants et des instits  était très réducteur pour moi bien que je me fusse déplacée sans cesse depuis bien des années.Je connaissais mes amis depuis trop longtemps et j'avais envie de connaître d'autres milieux.J'étais servie! Et cependant insatisfaite.

Depuis mon adolescence, je tenais un journal .J'y ai écrit de nombreux poèmes. Ecrire faisait aussi partie de mes envies quand j'étais jeune, j'ai suivi des études littéraires et j'étais toujours fourrée dans des livres, dans des bibliothèques; gamine, on me surnommait souvent le rat de bibliothèque.

Un jour en allant dans une réunion instits professeur de collèges pour un CM2, je suis tombée sur un document qui était affiché dans une des classes.Il parlait de poèmes japonais composés dès le XVIIeme siècle: les haïkus.

Ces petits poèmes s'inscrivent dans la philosophie bouddhiste.Tu es un être perdu dans une très grande quantité de vide.A ta disposition tu n'as à vivre qu'une  juxtaposition d'instants. A toi de saisir l'instant que tu vivras en été ,en automne, en hiver ou au printemps de l'année ou de ta vie, et d'en faire un petit poème de trois vers composés de 5,7 ou 5 pieds.Il y a deux maîtres du haiku: Buson et Bashô.j'ai eu la chance de tomber par hasard sur un bouquin de Buson, ici à l'autre bout de la terre.j'ai pris rapidement le virus et me suis mise à en composer moi aussi.

J'ai rassemblé mes poèmes, illustré et écrit, composé.Et j'ai fini par les envoyer à un éditeur qui  aurait bien voulu m'éditer avec un contrat très contraignant mais en  autofinançant ma propre édition tout en étant à la disposition d'un éditeur situé à de nombreuses centaines de km de mon domicile pour faire la promo de mon livre;Tout cela pour ne retirer péniblement que quelques euros de mes ventes... Pas folle la guêpe, j'ai pesé le pour et le contre , ai refusé ces conditions et j'ai édité mon premier bouquin à compte d'auteur et ce ,à très peu d'exemplaires en choisissant de faire travailler un artisan des environs..Puis j'ai pris encore le virus et je suis à ma troisième petite édition artisanale. Mon tirage est très confidentiel et peu de monde peut se targuer d'avoir en sa possession la première édition de mes poèmes et de mes haïkus...Un jour j'ai été exposée, avec des artistes locaux dans la galeries marchande du carrefour à Vitrolles;J'ai vu mon nom sur une affiche haute de deux mètres écrit en lettres de quarante centimètres de hauteur. J'étais fière de moi. Un peu comme un acteur qui voit enfin son nom en haut de l'affiche.Un de mes amis,sculpteur, me dit que j'étais un nouveau Rimbaud mais je le soupçonne d'être très indulgent à mon égard (il fait d'adorables merveilles)..Tandis que le cardiologue de mon mari a trouvé que j'étais aussi bonne que La Fontaine. Lui aussi d'ailleurs peint des toiles exquises qu'il expose dans sa salle d'attente.

Quelques exemplaires marinent dans mon placard et de temps en temps j'en vends quelques uns.Les commerçants de la galerie marchande ne sont guère venus m'acheter de livres; Alors j'ai cessé de me servir chez eux.Je m'aperçois que j'ai acheté leurs bouquins à nombre d'auteurs mais qu'eux ne m'ont pas rendu la pareille.Alors, moi aussi j'ai cessé d'acheter leurs parutions.

  Un journalsite est venu m'interwiever.Il trouvait que pour composer tout cela j'avais dû avoir à ma disposition beaucoup de tems pour écrire mais pour moi, il et tellement facile de zapper une coupe d'Europe de foot,de ne pas regarder la télé réalité, de zapper Koh lanta ou de ne pas regarder amour gloire et beauté que j'ai toujours eu du temps pour écrire , pour apprendre à chanter pour lire..

 




2 Commentaires


Rien ne me semble plus opposer la légèreté nécessaire d'un haiku et la force imaginative incontrôlée de Rimbaud.

Sinon la poésie s'écrit mais ne se lit plus. Même à Carrefour.

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

C'est que je n'ai pas écrit que des haïkus.

La poésie ne se vend pas?C'est bien dommage .Cite -moi un poète célèbre de ce vingt et unième siècle qui a déjà commencé depuis presque vingt ans? Tu serais bien en peine d'en trouver un. Par contre Nabilla a fait un carton avec la vente des  200 000 exemplaires de son livre. L'inculture de ce siècle n'a que les chantres qu'il mérite.

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !


Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.


Connectez-vous maintenant