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Au nom de l'Amour....

Marioons

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Au nom de l'amour, je projette sur toi mes frustrations et mon mal-être intérieur. Au nom de l'amour, je m'évertue à construire un couple, plutôt qu'à déconstruire mes individuelles croyances. Au nom de l'amour, je te met sur un piédestal, pour plus tard shooter dedans lorsque tu auras déçu mon vain espoir de trouver la félicité par ton biais. Au nom de l'amour, je m'éloigne de l'amour.




10 Commentaires


Au nom de l'amour, je m'éloigne de l'amour.

Reste à vérifier s'il s'agit d'un véritable éloignement, ou au contraire d'un renforcement de ton "individuelle croyance" en ce sentiment : la déception peut aussi mener à vouloir réussir ce qui aura été raté précédemment.

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Tout à fait. C'est en constatant l'échec de ma tentative que je suis amenée à modifier ma façon de m'y prendre.

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Tu poses je pense la bonne question : ne met on pas trop d'espoir dans "l'amour" ? Nous avons tendances à croire, quand il démarre que son feu crépitant durera toujours et qu'il nous réchauffera à jamais. Dans cette certitude nous nous endormons et oublions de le nourir. Et quand on se réveille enfin, il ne reste que des cendres...

Je me plais à croire que l'amour n'est qu'une illusion. C'est le feu dont on croit en la bienfaisance presque divine, presque magique, refusant d'admettre que c'est notre air, nos forêts et nos vies qu'il consume.

Ceci dit, j'aime ta manière de l'écrire.

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Merci pour ton commentaire.

Ton point de vue est très intéressant. Il me fait réfléchir...

Est-ce un problème d'y mettre trop d'espoir, ou de se leurrer sur sa véritable nature ?

Ne confondons-nous pas amour avec passion, qui est en effet attachement, lié à l'ego, et qui brûle et détruit ? Alors que le véritable amour, celui qui guérit plutôt que de blesser, serait, davantage qu'une émotion, plutôt une façon d'être, paisible, en ouverture et acceptation totale des évènements, des êtres, de la vie ?

Mais si le "faux" amour consume et brûle tout sur son passage, peut-être surestimons nous sont côté diabolique. Il n'a peut être le pouvoir de ne consumer que le "faux" en nous, et ainsi, serait une sorte de nettoyant puissant. Après s'y être frotté, piqué, brûlé, notre conscience finirai par se rendre à l'évidence de l'absurdité de l'ego, de l'attachement, il ne resterai alors plus que l'essence, calme et paisible, de notre être, source du véritable amour.

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Tu détécherai donc passion et amour l'un de l'autre. Pourquoi pas, mais si la passion était plus une étape, ou un élément de l'amour et n'en n'est pas dissociable. Il y a toujours un peu de passion dans l'amour et inversement. C'est la proportion qui varie avec le temps.

Et si cette acceptation, cette ouverture et cette façon d'être s'apparentait à de la soumission, bridant notre liberté ? C'est d'ailleurs difficilement contestable dans un certain sens, au moins quand on sait qu'on ne concoit pas la liberté de la même manière seul ou à deux.

Le sentiment amoureux est un lien. Mais il n'est pas le seul élément de l'amour. On pourrait y mettre la passion, mais aussi (et surtout) tout ce qui gravite autour. Comme une drogue, il est la source du manque, et j'insiste consume l'esprit, le perverti. Alors non, il n'est pas (seulement) un nettoyant. Sinon alors, pour beaucoup, les essences calmes et paisibles sont froides, violentes et bien sombres. S'il doit être un remède, je crois qu'il n'est que provisoire et bien souvent, ne fait que cacher les maux, comme des cadavres sous terre, et dont remonte lentement l'odeur de pourriture. Est il possible d'imaginer que l'amour ne guéri pas, mais panse ?

Dans ma perception, l'amour est donc un sentiment violent, destructeur, froid, puant et fourbe. Il se cache dans du miel, mais est en réalité monstrueux. Une perception que peu de gens partagent, heureusement entre autre pour la reproduction de notre espèce ... :D Quoique l'amour n'y est pas nécessairement indispensable :sleep: . Trop pragmatique, décousue, morbide, pleine de cicatrices et difrome, j'avoue que mon expérience dans le domaine s'aparente à une espèce de "Franckenstein" du sentiment dont l'aspect perverti peut être (sûrement ?) l'analyse...

Paradoxalement, j'ai aussi un faible pour certains écrits comme les tiens qui, sans être mieleux ni naïfs, à travers la poésie des choses simples, essaient d'en extraire une essence paisible et belle qui contraste avec mon univers.

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Oui, l'amour béat et totalement détaché, dépourvu de passion n'est certainement accessible dans la durée qu'à très peu de personnes sur cette Terre, comme certains moines bouddhistes ou autres grands sages, et encore... ils restent humains...

Non, je ne comparerait pas l'acceptation avec de la soumission ni avec un manque de liberté. Car pour moi la liberté étant avant tout intérieure, ce n'est pas le fait de me débattre dans tous les sens et d'agir avec forte volonté qui fait de moi quelqu'un de libre. Ce serait plutôt le fait d'être conscient de ce qui m'anime, de ce que je souhaite vraiment, et d'agir paisiblement en conséquence. Accepter ne veut pas dire rester passif, mais plutôt cesser de perdre du temps et de l'énergie à nager à contre-courant ou à se désespérer sur des choses qui ne dépendent pas de nous ou font partie du passé. J'accepte ce qui est, car j'ai conscience qu'il ne peut en être autrement et que tout a un sens, une extrême logique, que tout découle de lois de la nature. Puis j'agis. Je ne perds pas en volonté, je perds en obstination et en obsession, c'est différent. Je ne perd pas en efficacité, je perds en lourdeur, et je gagne en légèreté.

Oui je suis d'accord, l'attachement que l'on prend pour de l'amour ne guérit pas et ne fait que cacher les véritables maux. Oui, l'attachement panse momentanément les blessures, ou du moins les masque, mais l'amour véritable oui guérit, ça je le maintient.

Dans ta perception, tu parles d'amour-passion, qui est en effet un sentiment, et non pas un état d'être, comme l'amour pur dont je parle. Et je suis d'accord, cet amour-passion lui, est monstrueux, en ce sens que sous des apparences prometteuses, douces et alléchantes, il cache la peur et tout ce qui en découle : jalousie, manque, insécurité, rancoeur, violence, perversion, névroses, besoin de possession, de domination... Il découle de la partie la plus sombre de l'être, mais faut-il pour autant le haïr, le renier ou vouloir l'anéantir ? Ne risquerions nous pas de nous détruire en même temps, puisqu'il fait partie de nous ? Ne faut-il pas plutôt chercher à le conscientiser, l'assumer, le canaliser, le dompter, et le sublimer ?

Le contraste, le paradoxe que tu ressens, est certainement celui que toute personne honnête avec elle-même, qui accepte de voir à la fois sa part d'ombre et de lumière, ressent. Tension entre deux polarités opposées, entre Eros et Thanatos, tension qui crée la vie et fait toute sa beauté.

Comment ressentir et apprécier la lumière si nous ne reconnaissons, ne vivons pas notre ombre ?

Comment reconnaître et apprécier le calme si nous ne vivons pas la tempête ?

Et surtout, comment savoir de mieux en mieux retrouver et garder ce calme si nous n'avons pas appris grâce à la tempête ?

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