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De l'art de casser une assiette avec son chakra

Jedino

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Froid comme le goût de ta chair. Froid comme la réalité de tes sentiments. Froid comme le marbre que tu n'auras jamais. Bref, tu étais la mienne. Ma peine, mon fardeau. Celle qui réchauffait mes entrailles et me remplit aujourd'hui la panse. L'inexistence de tes sentiments compensée par la chaleur de ta viande. Et, comment le dire décemment? J'avais faim. Pas uniquement de toi, de ce que tu n'as jamais su me donner, mais aussi de ce que je n'ai jamais eu, jamais ressenti autrement que comme une façade.

Et tu sais quoi? J'imaginais que ça me ferait du bien, et je me suis trompé. Tu es sans saveur, sans aucune vie. Aussi écoeurante que la mort. Car c'est un fait, j'ai l'impression de manger un cadavre, un être qui s'est mû, qui a prononcé des paroles, et fait des choses, sans avoir été. Je ne sais pas bien s'il est possible de mourir avant même d'avoir vécu. Je sais seulement que c'est ce que tu serais si cela se pouvait.

J'ai donc mangé la mort avant d'avoir goûté à la vie, remplacé mes cellules par des zombies. Dois-je m'étonner de ne pas apprécier, dès lors, ce qui a de la couleur et de la gaité? Comment comprendre, sinon, l'attrait que je porte à la nuit? Comment expliquer, en ce cas, que le jour m'agresse et la présence m'oppresse? Vois-tu, même si tu avais été un soleil à son zénith, même si tu possédais en toi cet élan qui donne aux gens la force d'aller toujours au-delà, je crois qu'au mieux, cela aurait mal fini, et qu'au pire, nous ne nous serions pas connus. Peut-être l'aurais-tu préféré, d'ailleurs, maintenant que tu ne donnes plus l'illusion de respirer. Peut-être aussi que nous étions un peu les mêmes : deux spectres qui se trainaient chacun de son côté jusqu'à se rencontrer et se déranger, finalement.

Si un jour tu me lis, si un jour tu es en mesure de faire l'impossible, sache que ce que j'ai fait a été la plus belle des preuves de mon amour pour toi. Si nous ne faisions que nous ne regarder vaguement de ton vivant, nous sommes un depuis ta mort. L'idéal même de la relation. L'idéal de tout. Faire du multiple une unité.


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8 Commentaires


Froid comme le goût de ta chaire.

Je ne suis pas sûr que ce soit fait exprès, mais c'est bien marrant quand même. :D Sinon ça se fait cuire comment, une assiette ?

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J'ai hésité, au départ. Puis je me suis dit, merde.

Mais hors contexte, c'est marrant effectivement :D

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Tu me crois assez vicieux pour faire une métaphore avec quelque chose d'aussi jouissif?

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