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Le virus religieux

existence

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Les croyances religieuses sont un ensemble d'idées qui ont besoin d'un hôte pour se propager et pour se répliquer. On peut faire l'analogie avec un virus informatique où l'esprit serait l'ordinateur contaminé, ou bien un virus biologique. Le principe propagateur des croyances, notamment du christianisme et de l'islam, est exprimé explicitement dans les textes religieux, où l'on demande aux croyants de témoigner et de propager la foi. Certaines religions sont moins explicites à ce sujet, mais je pense que fondamentalement, il y a une nécessité de réplication, parce que sinon une religion disparaitrait rapidement. D'autre part, le virus religieux peut en fait contaminer les athées, qui peuvent se victimiser sans être pour autant des croyants. C'est dans cette perspective plus large, où il peut y avoir des porteurs plus ou moins malades, et des porteurs sain, que j'envisage ce virus religieux.

Le virus à l'extérieur de l'hôte

Un virus peut se trouver à l'extérieur ou à l'intérieur de l'hôte. Dans le cas du virus religieux, l'hôte c'est l'être humain, et à l'extérieur il se trouve sous la forme de livres, de textes, de messages, protégés par une enveloppe (la couverture du livre, les fichiers, etc.) Pour un virus biologique, il s'agit de séquences d'ARN qui sont protégés par une couche de protéines. Étant donné la transmission rapide d'informations par la production de parole entre les humains, les messages codant le virus religieux peuvent être générés directement par un hôte. Dans ce cas, l'intermédiaire est la parole, et l'information est transmise par une onde sonore.

La pénétration du virus dans l'hôte

L'esprit humain, même s'il est assez perméable, a des mécanismes de sélection des informations. Il est donc nécessaire de passer cette barrière. De même un virus biologique a besoin de leurrer la cellule pour lui faire croire qu'il fait partie de l'organisme dans lequel il se trouve. Il a pour cela des récepteurs adaptés aux cellules, des clés. Dans le cas du virus religieux avec son hôte humain, les clés peuvent être par exemple la flatterie, la chaleur humaine ou la synchronisation. La flatterie permet d'entrer dans l'esprit d'autrui, mais aussi elle permet d'initier l'étape de réplication ultérieure par amplification de l'ego.

La réplication du virus

Une fois entré dans la cellule, un virus libère ses ARN, qui sont interprétés par complémentarité pour produire des protéines. Dans le cas du virus religieux, il me semble que c'est la victimisation qui a ce rôle. Elle produit un mouvement automatique, soit de rejet soit de défense. Le fait d'avoir préparer l'hôte pour passer sa barrière de protection fait qu'il ne peut pas rejeter la victimisation et donc qu'il prend la défense de ce qu'il croit être une victime. Dans le cas de la flatterie, l'ego est enflé, et alors tout ce qui est dit est assimilé à cet ego. L'individu se sent alors lui-même victime. Dans une première étape, la victimisation peut concerner divers objets, des plus habituels aux plus insolites. Elle entraine automatiquement la production du désir de protection et du désir de punir. Ce désir ambivalent est semblable aux protéines construites automatiquement à partir de l'ARN. Tout comme les protéines vont servir à construire des répliques du virus, le désir de protection/punition va servir à construire une répliques du virus religieux.

Le "but" du virus religieux, est de se faire passer pour une victime à défendre. En réalité, un virus n'a pas de but, n'a pas d'intention, pas de volonté. Il est simplement construit par sélection naturelle, et cela est valable pour les virus de l'esprit également. Le virus religieux donc, se fait passer pour victime, en se plaçant au niveau de l'ego. Ainsi on amène les croyants, mais aussi de athées, à défendre la religion comme si c'était eux-mêmes. Le virus aboutit au processus de réplication à partir du moment où l'hôte va produire des paroles et des écrits qui contiennent le virus religieux. Notez que comme tout virus avec les variantes dans les séquences d'ARN, il y a de nombreuses variantes dans le contenu des messages, qui peuvent avoir une apparence franchement religieuse ou bien athée.

Le désir de punition crée une peur d'être puni soi-même, ce qui crée une soumission. Le résultat est la soumission à la religion, et le respect des croyances religieuses. Le respect est une mutation de la soumission dans un milieu contenant des anticorps à la domination totale d'une religion. Il n'en est pas moins une version active du virus, qui demande l'acceptation voir la dissémination (par exemple l'obligation de connaitre sa culture, qui se rapproche pour l'occasion d'une culture microbienne). Cela crée une difficulté pour analyser, discuter, parler de la religion de façon détachée pour la démonter comme tout concept philosophique. Cet interdit de distance est un interdit d'analyse et d'une certaine façon une association à l'ego, ce qui nous ramène au processus de réplication.

Le virus religieux favorise la vie dans la mesure où c'est son avantage, ce qui peut se comprendre puisqu'il dépend des hôtes pour se répandre. Par contre, quand le virus est remis en question, il peut tout à fait favoriser la mort : les martyrs, les attentats-suicide ou la destruction psychologique des non croyants. La mort d'un non croyant n'est pas un problème pour le virus religieux. Cependant, dans un milieu contenant des anticorps à la mort des individus quelle que soit leur appartenance ethnique, l'image de la religion associée à la destruction des infidèles est une pénalité pour le virus, qui tend alors à s'adapter, pour au moins garder une façade humaniste.


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4 Commentaires


Commentaires recommandés

Depuis une semaine, j'ai l'impression de refaire de la SVT alors que je n'en ai plus en cours, normalement, via Canguilhem et ton texte aujourd'hui! :o°

Mais, effectivement, Zarathoustra a raison de le souligner : c'est propre à toutes les idées.

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Si vous pensez que cela s'identifie aux mèmes, alors vous êtes passé à côté de l'essentiel du processus de réplication dont je parle ici, qui passe par la victimisation, qui est plus qu'une idée, mais une interaction sociale.

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