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Retour au paradis

Nephalion

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Une petite route de campagne perdue au milieu des champs dans lesquels paissent de belles vaches charollaises.

Un carrefour où nous prenons la seule route dont la pancarte indique un cul de sac.

Comme à chaque fois ces fourmis dans le ventre, les mêmes depuis aussi loin que je m'en souvienne.

Le paradis est là, nous y arrivons, encore quelques trop longues poignées de secondes qui éprouvent ma patience.

La maison des voisins qu'on laisse sur la gauche, le petit bois sur la droite que l'on va contourner.

On nous regarde passer, rares sont les gens qui s'aventurent jusque là sans raison.

Dernier virage, quelques centaines de mètres sur une route goudronnée au milieu de laquelle l'herbe, têtue, pousse.

Rien n'a vraiment changé ici.

Toujours le même bazar.

Le même jardin clôturé par un muret de parpaings que la mousse et les lichens finiront bien par dissimuler un jour.

Le même vieux hangar qui s'écroule sous le poids des ans, et dans lequel nous avons tant joué.

La même maison d'un autre âge, défigurée par des travaux jamais terminés, ce perpétuel chantier ayant été l'origine de bien des rires, bien des batailles d'eau, bien des crises et des larmes aussi.

Tant de souvenirs ici.

Cette impression d'un retour aux sources.

Ici, je suis chez moi.

Comme si cette terre là m'avait vu naître.

Mes racines sont ici, alors que je n'ai vécu que 5 ans dans cette région.

Et pourtant ici je trouve cette paix que nulle part ailleurs je n'ai trouvée.

Le silence. Les oiseaux dans le bois si proche. L'odeur des foins.

Dans le jardin y-a-t-il encore des reine-claudes ?

Les mirabelles sont elles mures dans le pré ?

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En écoutant bien on doit encore entendre nos rires qui ont, des étés durant, empli l'air de ce terrain de jeux extraordinaire.

Des hectares à dispositions.

Combien de kilomètres parcourus à la recherche des mûres, champignons ou juste pour se ballader.

Combien de cachettes dans les bois, dans le hangar, dans les arbres.

Il faut que j'aille derrière les garages, voir si notre cabane est toujours là.

Un cadeau exceptionnel de nos grand-parents. Du matériel de réccup pour un résultat de rêve quand on a 10 ans.

Une petite maison à soi, avec une porte qui ferme à clef, une fenêtre avec son volet, et même un lit pour pouvoir y passer la nuit.

Elle est toujours là. Elle aussi a souffert, les intempéries l'ont passablement vieillie, mais elle est toujours debout.

Tant de souvenirs...

Chaque fois que je reviens ici, dans cette propriété familiale perdue au fin fond de la campagne française , c'est comme si je n'étais jamais parti.

La douceur de l'enfance, la tendresse des grand-parents, le temps qui s'écoule au ralenti, le goût des confitures, les jeux d'enfants, le parfum des moissons, les nuits à contempler les étoiles, l'ombre de la maison qui indiquait l'heure du goûter quand elle rejoignait le tas de sable, les brûmes qui se dissipaient sur les prés annonciatrices d'une nouvelle journée ensoleillée...

C'est mon paradis.




9 Commentaires


Merci pour ce partage....Les souvenirs d'enfance sont toujours très beaux...Bisous magique ...

Mamandrinette.

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Tant de douceur et de sérénité dans ces lignes; je ferme les yeux et je ressens les mêmes émotions pour un ailleurs qui emplit mon coeur.

Bises

Aski

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c le parfun qui m'envais,cette douceur de la campagne ,les odeurs d'enfances,les cris,les vaches ,la nature,la joie de vivre ,l'insoucience,les bouses,et oui les bouses,c nature,mais sa dur qu'un temps ,le temp des cerises

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Me réfugier dans ce petit paradis, trouver une petite place....c'est où ?.....

C'est un petit coin perdu de la campagne Bourgnone, en Saône et Loire...

Il me suffit de regarder la photo pour avoir le goût des prunes dans la bouche et entendre la voix de ma grand-mère.

Le Bonheur, avec un B en majuscule.

Si chaque enfant pouvait connaitre ce bonheur là ...

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le :coeur: d'un artiste.voila pourquoi cette bulle était si belle.

byebye

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... ton paradis me parle et m'emporte dans mes souvenirs, quand il m'arrive de ne pas porter de montre, quand j'ouvre une fenêtre et que je sens l'herbe après la tonte, quand je marche dans la plaine, l'odeur de la paille et les écorchures causés par des épis moissonnés, le treffle à quatre feuille trouvé... les cabannes de fortunes... les jeux malicieux de mes frères.... et mes espérances.

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