Colle et Gomme

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Invité

CHANSON DU MOIS DE MAI N°12

L'âne le roi et moi

Nous serons morts demain

LŽâne de faim

Le roi dŽennui

Et moi dŽamour

Un doigt de craie

Sur lŽardoise des jours

Trace nos noms

Et le vent dans les peupliers

Nous nomme

Ane Roi Homme

Soleil de Chiffon noir

Déjà nos noms sont effacés

Eau fraîche des Herbages

Sable des Sabliers

Rose du Rosier rouge

Chemin des Ecoliers

LŽâne le roi et moi

Nous serons morts demain

LŽâne de faim

Le roi dŽennui

Et moi dŽamour

Au mois de mai

La vie est une cerise

La mort est un noyau

LŽamour un cerisier

Et pour ceux qui n'ont jamais vu ou même entendu parler du dessin animé Le Roi et l'Oiseau, j'ajoute la bande-annonce de ce chef d'¿uvre... Je dois au passage signaler que le poème est de Jacques Prévert, qui a rédigé l'intégralité des dialogues.

Invité

Yseult ou Mélusine.

Toi.

Je te donne rendez-vous.

Dans les allées brumeuses d'un dédale, labyrinthe de haies ou de traboules. Le faune qui me suit a la tête d'un père, muni d'une hache, fou à lier. Un uniforme vert-de-gris. Un fantôme d'opéra.

Dans les couloirs d'un bâtiment vide, à l'heure où chacun pense à autre chose, déjà si loin, à l'heure où tout peut arriver, puisque personne ne sait que tu es là, encore, puisque personne ne peut te secourir. Il y aurait des néons verts, des néons rouges, il y aurait l'angoisse délicieuse des divagations. Tu te faufilerais d'une pièce à l'autre pour guetter le pas puissant d'un prédateur qui viendrait te chercher ; il resterait leur odeur, mais ils ne seraient plus là. Cela peut résonner, qu'importe... Nous sourirons toujours sur les photos de l'hôtel Overlook.

Dans les rues d'Amsterdam, en cherchant quelque signe, dans une Prague qui n'a plus de noms, au pays des basso profundo, même à Babel - et puis Alexandrie... Dans chaque recoin de la Terre où tu trouveras rêverie, au pays des crépuscules, sous cette étoile rouge, partout je t'attendrai, moi qui vis dans l'image... Ce ne fut pas ta main, mais bien sa marque qui m'étrangle et encore sur ma bouche dort cette envie de mordre comme gratte l'absence de ton corps.

It is still important to me.

Invité

Rêves...

C'est un pays étrange...

Au bord de l'eau, là où rugit la mer comme elle roucoule parfois, indifférente, la plage de galets offre des abords rugueux. Non loin de là, les falaises supportent un sémaphore dont les lueurs lancinent dans l'ombre brumeuse des tempêtes. ÿ la surface huileuse, le soleil occidental se farde de rougeurs ; il crache quelques aveux. Coquets. Ulysse au loin fait quelques choses, peut-être rêve-t-il ? Qu'importe ? C'est l'heure maudite où l'ombre croupit juste sous l'être, comme une flaque d'obsidienne qui vous poursuit pour mieux vous étouffer ; c'est l'heure des Euménides. Un peu plus tard naîtra le pâle jour à la faveur d'un nuage blanc... Pénéloppe en tissant dans sa cabine sifflote un Muscadet, à défaut de lotus.

Dans le phare j'attends. Les poudres sur mes joues me donnent une patience.

Invité

Notes de train.

Le réel... une sorte de bouillon, comme un magma, insaisissable, immense pour notre petit esprit, fulgurant pour notre lenteur, létal pour notre craintif besoin de stabilité. Aucune subsistance de la matière, exit les causalités, les successions d'évènements ; en ce lieu le langage est obsolète, totalement inadéquat. Notre tête, pour reprendre le mot de Giono, n'a pas les dimensions de l'univers et comme Langlois, il nous faudrait périr pour accomplir cette hybris. ÿ l'état brut, le réel serait le chaos ; son paysage de prédilection serait le Marais ; croupissement fertile, lieu de toutes les putréfactions et de toutes les naissances, là où éclosent les feux follets (l'art des fous).

Charabia de "lignes", rectitude introuvable, aléa maître, pointillés déconstellés ; les balles du Loto avant tirage. Puissions-nous jamais pénétrer dans ton ventre vierges de la nostalgie des géométries ?

Ce que permet l'explosion du moi et avec lui du monde, quand le miroir brisé reflète en guise de ciel mille éclats incongrus, quand la perception a abdiqué tout principe toute coagulation : voyant la Nuit, nous pouvons l'affronter et commencer à y puiser des noms pour enfin forger de véritables choses. Voleurs de feu, de formes ; les Idées nagent dans l'esprit, quoiqu'elles n'existent pas plus dans le Chaos que ces formes qu'on aperçoit crée par paréidolie n'existent dans les nuages.

Le délire... On appelle ainsi ce stade de pénétration dans le Chaos où toute forme aperçue se meut sans cesse en autre chose, où tout, absolument tout, fait signe et donc indique autre chose, ou bien quand l'être lui-même ne parvient plus à se donner au monde engoncé dans un costume bien défini.

La limite entre le moi et le monde est abolie, de même que la persistance de la matière. Pour faire le parallèle avec des phénomènes visuels, la persistance rétinienne fait place à l'illusion d'optique et plus particulièrement à l'anamorphose. Plasticité, réversibilité.

L'esotériste regarde la Nature comme une stéganographie ; le scientifique comme un texte de loi.

Invité

Le ridicule...

Et si la gêne que l'on ressentait face au ridicule de ses propres actes, ou de ceux des autres, n'était que la honte, imbibée de culpabilité, à en dégouliner, d'avoir trahi ses propres naïvetés ? Bribes de rêves laissés pour morts sur le chemin de cette maturité banale et stupide, celle de ceux qui disent "tu verras, j'étais comme toi à ton âge", la foi bradée contre l'amertume impotente. La belle maturité consisterait plutôt à améliorer sa capacité de résilience, tout en adoptant une lucide innocence.

Invité

Sévices.

Voilà, ce coup-ci c'est bon, demain je serai chez moi - et non plus chez nous (voire eux...).

Aujourd'hui mon père est rentré comme choqué du travail. Des jeunes l'ont malmené durant la séance d'équitation que leur paye l'état pour se réinsérer, il s'est fait insulter, menacer, cracher dessus. Il a fait une dépression il y a quelques mois suite à des changements hiérarchiques ; en gros, on lui a fait changer de poste sans lui demander son avis et il s'est retrouvé face à une supérieure hiérarchique qui l'a poussé à bout. Résultat : il a pété les plombs au boulot et il a mis des mois pour y retourner.

Tout à l'heure quand je lui demande s'il va le signaler, il me dit que non. La hiérarchie l'éc¿ure, de toute façon il est en mauvais termes avec elle. Il n'ira plus faire d'équitation, et c'est tout. Je me souviens que c'était il y a quelques années une joie pour lui, il avait les yeux qui pétillait. Et moi j'ai les yeux qui brillent quand j'y repense.

Ma s¿ur a appelé ; elle est bien arrivée. Il parait que les routes sont en très mauvais état en Californie. J'imagine que ma nièce saura marcher la prochaine fois qu'on la verra. Elle parlera anglais aussi.

Ma mère a toujours des problèmes de dos.

J'ai bien mangé ; j'ai dû prendre cinq kilos. C'est bien. Je mettrai moins de temps avant de flotter dans mes fringues comme quand je suis partie. Faut que je trouve un taf. J'ai pas envie d'avoir encore la dalle comme avant mon départ.

Les derniers films vus :

Eraserhead, Lynch

Blue Velvet, Lynch

Mère et fils, Sokurov

Le Roi et l'Oiseau, Grimaud

Blowup, Antonioni

Down by law, Jarmush

La sirène du Mississipi, Truffaut

Je crois que c'est tout. J'ai dû en oublier, je sais pas.