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BIOLOGIE du comportement humain

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chris-

La conscience.

1 - Approche de la conscience :

A – La conscience au fil du temps :

Voilà des millénaires que l’homme s’interroge sur la conscience et, grâce à l’écriture, nous avons pu suivre l’évolution des connaissances en ce domaine. C’est ainsi que, au cours des siècles, des distinctions ont été établies selon que la conscience a été attribuée aux dieux, à l’homme ou aux animaux.

Toutefois, ce qui se dégage d'une manière générale, c'est que la conscience a essentiellement été attribuée à l'homme et, cela va de soi, aux intelligences qui président aux destinées humaines : les dieux. Nous n'oublierons pas que nous avions envisagé l'idée que les dieux pourraient bien être le résultat de la perception intuitive que nous avons de notre inconscient.

Comment a pu se faire la distinction entre la matière et la conscience immatérielle ?

Comment l'homme a-t-il appris à se distinguer de l'animal ?

Comment la vision de l’homme sur lui-même et le monde animal a-t-elle évolué ?

Enfin, qu’a représenté pour lui la conscience au cours des siècles ?

Voyons comment s'est déroulé ce débat.

a - La préhistoire :

Il y a près de 275 000 ans, nos ancêtres néandertaliens exprimaient déjà leur conscience de la mort dans leurs sépultures, les premières avérées.

b - Les croyances :

Les choses se précisent lorsque l'écriture s'instaure. Ainsi, dans l’Egypte ancienne, une tentative est faite pour définir les différents éléments constituant l'être humain. Christian Jacq [3] a énuméré les neuf éléments essentiels de l'être pour les initiés égyptiens selon les croyances de l'Égypte pharaonique.

1 - le corps, image matérielle du grand corps céleste (djet) ;

2 - le dynamisme créateur, (ka) ;

3 - l'âme, (ba), possibilité d'incarner le divin sur cette terre ;

4 - l'Ombre, reflet de la vérité (shut) ;

5 – la lumière de l'esprit (lakh) ;

6 - le Cœur, siège de la conscience et de la mémoire (ab) ;

7 - la puissance de réalisation (sekhem) ;

8 - le Nom, vérité ultime de toute création (rèn) ;

9 - le corps spiritualisé, (sakh) (...)".

Chacun de ces éléments avait pour but de comprendre et diriger la vie temporelle en réglant au mieux les relations avec les dieux, ainsi que le passage inévitable dans l'au-delà.

Ainsi, si le Ba (3) est considéré comme l'élément spirituel qui anime l'individu, il est à distinguer de la puissance de réalisation que constitue le sekhem (7), et surtout de la conscience dont le siège est au niveau du coeur (6).

Un cœur qui doit absolument être conservé pour que le défunt puisse se présenter devant Anubis. Sans conscience, pas de survie après la mort.

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Le coeur du défunt, siège à la fois de la conscience et de la mémoire de ses actes,est déposé dans une urne sur l’un des fléaux de la balance.

Il ne doit pas peser plus que la plume de Maât, déesse de la vérité et de la justice.

Plus lourd, il sera dévoré par Ammout la déesse crocodile.

(d'après le papyrus d'Hounefer)

Pour la mystique juive, l’âme différenciée du corps, est constituée de cinq entités : la nêfesh (esprit), le ru'ah (souffle, anima), la neshamah (âme, spiritus), la hayyah (vie), et la yehidah (union).

C’est dans d’autres cultures que tous ces éléments vont fusionner pour se réduire essentiellement à deux éléments principaux : l'âme et le corps. L'âme prend alors une importance majeure car c'est elle qui permet de franchir indemne la barrière de la mort et de survivre dans un au-delà..

L’âme est alors l’élément qui va permettre d’accéder à la vie éternelle.

L'âme comme l'esprit sont des acquis d’ordre culturel que l'on ne cherche pas vraiment à expliquer. Il s'agit d'un don des dieux et il faudra attendre les philosophes grecs pour que la notion de conscience apparaisse avec tous les questionnements que soulève le mystère de son fonctionnement.

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c - Les philosophes :

Pour Aristote, (philosophe grec -384, -322) toutes les idées sont dès le départ contenues dans l'esprit, mais, pour devenir fonctionnelles, elles doivent être actualisées par l'expérience.

Il existe une continuité chez les êtres vivants. L'homme et l'animal possèdent une nature commune. Quant à l'âme, dans la tradition aristotélicienne, elle n'existerait pas sans le corps.

À l'inverse, pour Descartes (1596 - 1650, mathématicien, physicien et philosophe français), l'âme est une substance indépendante du corps. Sa vision marque un tournant de la pensée philosophique et va influencer l’ensemble de la pensée occidentale. Le corps n'étant que matière, il peut être étudié par la science.

La position de Descartes sur la nature des êtres vivants pourrait être résumée par la formule qu’il emploie dans la lettre au Marquis de Newcastle du 23 novembre 1646 : Le corps est « une machine qui se remue de soi-même ».

Il poursuit : « Je sais bien que les bêtes font beaucoup de choses mieux que nous, mais je ne m'en étonne pas, car cela même sert à prouver qu'elles agissent naturellement par ressorts ainsi qu'une horloge, laquelle montre bien mieux l'heure que notre jugement ne nous l'enseigne ».

« Je désire que vous considériez, après cela, (…) que toutes les fonctions que j'ai attribuées à cette machine, comme la digestion (…), la veille et le sommeil ; la réception (…) des sons, des odeurs (…); l'impression des idées (…). Je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent toutes naturellement en cette machine, de la seule disposition de ses organes, ni plus ni moins que font les mouvements d'une horloge, ou autre automate, (…) [et] font en sorte qu'il ne faut point concevoir (…) aucune autre âme végétative, ni sensitive, ni aucun autre principe de mouvement et de vie, que son sang et ses esprits, agités par la chaleur du feu qui brûle continuellement dans son cœur, et qui n'est point d'autre nature que tous les feux qui sont dans les corps inanimés ». Descartes, Traité de l'Homme.

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Cette vision mécaniste du corps, qu'il soit celui de l'animal ou celui de l'homme, va orienter la façon dont toute la science moderne va se représenter le corps. Bien sur, nous ne parlons plus aujourd’hui de celui-ci en termes de rouages mais nous manipulons de la même manière les gènes, et la cellule souche n’est jamais qu’une pièce de rechange apte à pourvoir à tous les besoins.

La médecine actuelle n’est-elle d’ailleurs pas avant tout une médecine de prothèses ? Le membre artificiel remplaçant la jambe que l’on ne peut faire repousser, tout comme la molécule antibiotique remplace le système immunitaire à défaut de pouvoir le réparer, ou comme la thyroxine de laboratoire remplace l’hormone thyroïdienne, à défaut de savoir guérir la thyroïde…

Toutefois Descartes demeure prudent dans ses conclusions : « Bien que je tienne pour démontré qu'on ne peut prouver qu'il y a une pensée chez les bêtes, je ne crois pas cependant qu'on puisse démontrer qu'il n'y en a pas, parce que l'esprit humain ne pénètre pas leur cœur. » Descartes, Lettre à Morus, 5 février 1646.

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La conscience serait-elle alors issue de quelque chose qui appartient au contexte matériel ? ou, au contraire ne lui appartiendrait-elle pas ?

Progressivement, les choses vont se préciser dans l'esprit humain, et c'est le philosophe anglais John Locke (1632 - 1704) qui, en 1690, va inventer le terme « consciousness », pour définir la conscience qui désigne l'unité de la personne, en la distinguant de la conscience morale.

Toutefois ce terme ne pouvait, à cette époque, être défini que de façon philosophique.

Pour Locke, il n'existe pas d'idées innées : l'esprit de l'homme à sa naissance est une « tabula rasa », une ardoise vierge. Ainsi, sa vision diffère-t-elle de celle d’Aristote, car pour lui seule l'expérience et la réflexion sont à l'origine des idées et de la conscience.

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Plus près de nous, le lexicographe et philosophe français Emile Littré (1801 - 1881) proposait la définition suivante du mot conscience : « Sentiment de soi-même ou mode de la sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c'est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi ».

Mais la conscience demeure pour l’instant une réflexion sur soi-même. Le monde environnant ne semble avoir d'importance que dans la mesure où il nous permet d'avoir conscience de notre propre existence...

d - Psychologie et pensée scientifique :

Issue de la philosophie de l'esprit du XIXe siècle, la psychologie moderne va s'en éloigner résolument en proposant maintenant d'étudier le fonctionnement de l'esprit à la lumière de la méthode expérimentale. La pensée scientifique se met en route, et les découvertes médicales vont, dans le même temps, rappeler à quel point toutes ces questions sont étroitement reliées à notre système nerveux central.

Désormais le mot conscience ne désigne plus une entité mais une fonction : la capacité de connaître (William James - fin XIXe siècle, père de la psychologie américaine).

Toutes ces connaissances accumulées au cours des siècles ont permis aux érudits de pousser plus avant leur raisonnement. Aussi, la compréhension de ce qu’est la conscience a-t-elle quitté le domaine religieux et philosophique pour s'enrichir de nouvelles réponses apportées par les neurosciences.

Aujourd’hui, la connaissance de ce qu'est la conscience a tellement évolué, que nous ne pouvons plus nous contenter d’une définition basée sur la seule origine latine du mot : « cum scire = connaître avec » qui désigne la conscience comme étant la « faculté qu’a l’homme de connaître sa propre réalité et de la juger ».

B - La conscience aujourd'hui - neurosciences et conscience :

Le philosophe Ned Block va, en 1995, distinguer quatre aspects de la conscience en état d'éveil, suivi en cela par les neuroscientifiques :

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- la conscience phénoménale : elle correspondrait à la perception sensible qui dirige notre vie mentale et nos actes.

Un état mental appartient donc à la conscience phénoménale s'il constitue une expérience.

- la conscience d'accès : elle est à la base du raisonnement qui nous amène à agir ou exprimer notre pensée..

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- la conscience réflexive : elle consiste dans la capacité de suivre le cours de nos pensées ou de nos comportements par l'introspection.

- la conscience de soi :

Elle fait l’unité de notre vie mentale.

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Si les deux dernières catégories sont longuement étudiées par les philosophes, seules les deux premières relèvent du domaine scientifique.

Toutefois, la conscience d'accès qui gouverne la pensée rationnelle, dont la particularité est de posséder le langage comme support, est la seule qui soit vraiment accessible aux sciences cognitives.

Le fonctionnement de la conscience phénoménale se prête moins à l’expérimentation car, nous l'avons vu, la richesse des perceptions peut difficilement être décrite par la parole puisqu’elle est faite d'une expérience sensible qui ne peut être que subjective.

En ce début du XXIe siècle où il n’existe pas encore d’explication satisfaisante de la conscience, les neurosciences vont compléter nos connaissances.

Celles-là, bien que découlant des idées de Descartes, ne dissocient plus le fonctionnement de l'esprit de celui de la matière. Elles vont se développer dans deux directions :

- l'étude du comportement qui surgit au moment où la conscience entre en jeu : c'est ce que l'on appelle l'attention.

- l'imagerie cérébrale qui permet (entre autre grâce à l'IRMf) d’observer « en direct » les modifications survenant dans le fonctionnement cérébral.

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Anomalies dans le syndrome de fibromyalgie.[*]

Comment étudie-t-on la conscience aujourd’hui ?

a - Etude des comportements - l'attention :

Dans les années 1970, les scientifiques ont constaté que les animaux, tout comme, d’ailleurs, les jeunes enfants, regardent plus longuement les événements nouveaux que des événements connus ou prévisibles.

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Les études de la conscience vont alors surtout s’intéresser à ce phénomène, caractéristique de l'attention que l’on porte sur une situation ou un objet nouveaux.

Car c'est cette particularité comportementale qui a permis de découvrir que la conscience n’est pas le seul fait de l’humain adulte, mais qu’elle existe aussi chez les enfants et les animaux.

Mais l’animal a-t-il une « conscience de soi » ? Le test du miroir, imaginé dans les années 1970 par le psychologue américain Gordon Gallup, fait partie des méthodes utilisées pour le démontrer. Il consiste à confronter l’animal à son image dans un miroir, et il a été fait sur différentes variétés de mammifères.

Les scientifiques ont ainsi pu montrer que de nombreuses espèces animales (comme les éléphants ou les singes) savent se servir d'un miroir comme outil, par exemple pour trouver des objets cachés. Mais comment faire pour savoir s'ils y reconnaissent leur propre image ? Pour cela, on fait une marque de couleur sur la tête de l'animal, alors qu'il est endormi, et on observe sa réaction lorsqu'il découvre son image dans un miroir.

Les premières études ont été faites chez les primates. Le bébé singe qui se voit dans un miroir pour la première fois cherche à attraper l'image derrière le miroir. Ultérieurement, il va découvrir que le congénère qui lui fait face fait le même geste que lui. Ainsi, sa conscience de « l’image » qui lui fait face va-t-elle se perfectionner au fur et à mesure qu'il comprend qu'il n'y a pas de congénère accessible, ni dans cette surface plane ni même derrière elle.

Affinant sa connaissance de l'objet tant par la vision que le toucher, il va alors progressivement découvrir que l'image qu'il voit est son propre reflet.

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On a pu aboutir aux mêmes conclusions en ce qui concerne l'éléphant.

En 2006, des éthologues ont installé un immense miroir dans l'enclos des éléphants du zoo de New York.

Commençant par chercher à passer leur trompe derrière le miroir, les trois éléphantes du zoo ont rapidement compris qu'elles s'observaient elles-mêmes. Elles se sont alors mises à explorer des parties de leur corps d'ordinaire inaccessibles à leur vue, comme l'intérieur de leur bouche.

Toutefois, les mammifères terrestres ont certainement une connaissance de leur corps, puisque tous font « l'expérience du miroir » en se penchant sur une étendue d'eau pour y boire. L'animal qui n'a jamais été confronté à un miroir aura, comme un enfant, un temps d'observation et d'apprentissage dans la nouvelle situation, avant de se reconnaître dans son reflet.

Mais si le singe, comme l'ensemble des primates, a plus de facilité à comprendre que l’image qui lui fait face n'est pas un congénère, c’est qu’il a la possibilité d’explorer cette image avec ses mains... Un mammifère marin ne le peut pas. Peut-on alors affirmer qu'un objet existe ou n'existe pas si l'on ne peut le toucher?

La conscience peut-elle se passer du sens du toucher ?

Deux chercheuses américaines, Dianna Reis et Lori Marino, ont montré en utilisant le test de la tache que les dauphins vivant en captivité sont capables de reconnaître leur image.

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Elles ont constaté que lorsqu'ils portaient une marque colorée, ils se contorsionnaient pour mieux s'observer dans le miroir. Par contre, s'ils n'étaient pas marqués, les dauphins se désintéressaient très rapidement de leur image.

La preuve semblait faite de la capacité d'une espèce non primate à se reconnaître dans un miroir.

Le même comportement a pu être observé chez la femelle orque. Lorsque celle-ci remarque la tache, elle va frotter la partie concernée de son corps sur une paroi du bassin pour l'effacer. Elle revient alors s'examiner devant le miroir et fait autant d'aller-retours que nécessaire pour que la tache disparaisse.

Dauphins et orques semblent démontrer que la conscience de soi peut se passer du sens du toucher.

Mais si l’animal (en l’occurrence un dauphin) semble se reconnaître dans un miroir, cette reconnaissance de soi est-elle une conscience de soi ? En d'autres termes, a-t-il conscience de son identité ?

L'étude des deux américaines pourrait apporter une réponse à cette question : elles ont en effet constaté que si le dauphin s’intéresse à ses propres marques, il n’éprouve aucun intérêt pour les marques faites sur son compagnon.

Selon Joëlle Proust, philosophe au CNRS, à défaut de pouvoir affirmer que les animaux ont une réelle conscience, le fait qu'ils fassent montre d'une attention particulière lorsque une situation nouvelle se présente, et que cette attention varie selon qu'il s'agit d'eux-mêmes ou d'autres congénères, laisserait supposer que les animaux apparaissent pour le moins doués d'une forme primitive de conscience.

Et cette forme primitive de conscience s'inscrit dans le continuum de l'évolution des espèces, l’enfant la possédant dès l'âge de 18 mois.

« La conscience n'est pas un phénomène spécifiquement humain ».

Le phénomène de la “conscience” est actuellement considéré comme le résultat de processus nerveux complexes. Cette complexité nous amène généralement à présupposer qu'elle n'existerait que chez les primates ayant un degré élevé de développement cérébral (toutefois, si les chiens et les chats ont toujours échoué au test du miroir, la pie peut le réussir).

Elle apparaîtrait progressivement au cours de ce développement, tandis que les connexions s'établiraient entre différentes aires pour créer ce que l'on appelle des réseaux neuronaux.

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Aujourd'hui, un certain accord semble prévaloir pour dire que la conscience surviendrait de la collaboration entre différents circuits de perception s’intégrant dans un fonctionnement global.

b - Imagerie cérébrale et statistiques :

Parallèlement aux méthodes comportementales, les recherches vont s'appuyer sur des analyses statistiques de l'activité cérébrale basées sur l'imagerie cérébrale.

L'étude de cas particuliers où les états de consciences sont modifiés (hypnose par exemple), ou altérés en raison de dysfonctionnements (épilepsie), de lésions cérébrales (blessures ou interventions chirurgicales), vient compléter et éclairer les résultats obtenus.

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c - La conscience modélisée :

Aux antipodes de la recherche comportementale, d’autres travaux, menés sous l’impulsion des Pr <a href="http://www.sommeil-paradoxal.com/livre3-page/01-conscience.html#modelise">J Pierre Changeux et Stanislas Dehaene nous proposent d’autres perspectives.

Ils ont développé un modèle informatique qui permet de comprendre le fonctionnement de la conscience. Ce modèle repose sur un cerveau constitué de deux ensembles :

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a - des processeurs autonomes traitent les signaux inconsciemment,

b - et une région que l’on appelle « Espace Neuronal de Travail Conscient » (ENTC) va rendre ces signaux conscients.

La réponse peut être absente ou se faire soit consciemment ou inconsciemment.

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1 - Si le signal est suffisant, l’attention sera activée (sujet qui découvre quelque chose de nouveau)

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2 - Le signal est trop faible. Bien que perçu par des processeurs connectés à l’ENTC, ce dernier ne va pas le percevoir. Il reste donc non-conscient (sujet dont l’attention est distraite par une autre situation).

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3 - L’attention préactivée va capter le signal qui va alors devenir conscient (sujet dont on a attiré l’attention sur un objet).

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4 - Le signal est fort et inattendu.

Suffisamment puissant pour être perçu par l’ENTC, il va pouvoir devenir conscient (sujet dont l’attention était distraite et voit cette dernière réorientée).

Il va s'agir maintenant de localiser le lieu de la conscience.

« La conscience nécessite l'intégration d'informations qui parviennent en permanence à notre cerveau,

mais peuvent ne pas devenir conscientes ».

chris-

nature psychique.

Le mot psychisme tire son origine de celui qui en grec signifie âme, c’est-à-dire le domaine spirituel de l’homme. Par déformation, on en est venu à ne plus grouper sous ce vocable, en dehors du domaine physique sensoriel et du domaine de l’intellect logico-mathématique, que les instincts, les pulsions, les sentiments, les émotions, etc. Le psychisme n’est envisagé ici que dans la perspective de l’approche de la Connaissance, et en dehors de laquelle il n’entre pas dans le cadre de nos préoccupations, ni de notre compétence.On peut se demander pourquoi l’homme qui, dans le domaine des sciences expérimentales, est parvenu à une connaissance de plus en plus poussée du monde extérieur et de la partie physique de son être, en est resté, en ce qui concerne son psychisme, au même point qu’il y a des millénaires au temps où l’homme pensait que les éclairs d’orage représentaient une agression des dieux. Parce qu’il ignore les données instinctives de son comportement qui forment la loi de l’espèce, l’homme continue à chevaucher des chimères et à prendre pour de nobles idéaux et de grandes causes ce qui relève en fait des instincts les plus primitifs.Se voulant créature divine, l’homme a toujours plus ou moins répugné à considérer sa nature humaine et à la tenir pour ce qu’elle est parce que cela dévalue la fabuleuse opinion qu’il se fait de lui-même. Aussi est-il conduit à refouler cette nature, du moins dans l’Occident judéo-chrétien. Dans cette tradition, dès l’origine, existe la tendance à considérer la chair en général, et plus particulièrement tout ce qui touche au domaine sexuel, comme la cause de la perte de l’état paradisiaque. La chair, cause du péché, finit par devenir elle-même le péché. Et avec le puritanisme on en est arrivé à contraindre au maximum cette nature humaine tenue pour impure. L’homme est créé pour expier et souffrir et le bonheur même est un péché. Il était fatal qu’un tel excès finit par entraîner par réaction un autre excès de sens contraire, celui du total relâchement dans lequel nous vivons actuellement et où l’existence n’est plus conçue qu’en fonction du seul plaisir. Ces deux conceptions sont aussi fausses l’une que l’autre car le sens véritable de l’homme ne se trouve pas dans le refus ou l’exacerbation du plaisir mais dans la connaissance de la réalité.Tout d’abord, que puis-je connaître de ma nature psychique ? Je possède une structure individuelle qui dépend de l’héritage contenu dans les gènes chromosomiques et inscrit dans les acides nucléiques qui les composent. Cet équipement génétique selon lequel je possède des qualités physiques, psychiques et intellectuelles définies résulte d’autres structures dont l’origine se perd dans la nuit des temps.

chris-

L’égoïsme moral

L’égoïsme moral

Peut-on agir de manière désintéressée ?

La morale et la psychologie vont de pair. La morale dit ce que nous devrions faire.

Cela n’aurait toutefois aucun sens si nous n’étions pas en mesure de faire ce qui nous est

demandé. Aimer nos ennemis n’aurait aucun sens si nous n’étions pas capables de le faire.

Une morale réaliste doit donc tenir compte de ce que les êtres humains sont en mesure de

réaliser.

La morale courante recommande d’adopter une conduite non-égoïste. Nous devons

tenir compte, dans nos décisions, des intérêts d’autrui. Nous ne devons pas leur porter

préjudice. En fait, nous devrions les aider lorsque nous sommes en mesure de le faire, même

si cela implique qu’ont y perde quelques avantages personnels.

Pouvons-nous agir de manière désintéressée ? Des philosophes, des psychologues, des

économistes, ainsi que bon nombre de gens ordinaires, disent qu’il est impossible d’être

totalement désintéressé. Selon une théorie psychologique, connue sous le nom d’«égoïsme

psychologique », l’être humain est constitué de telle manière qu’il lui est impossible d’agir en

fonction de l’intérêt d’autrui. Il s’ensuit que, selon cette théorie, il ne serait pas raisonnable de

s’attendre à ce que les gens se conduisent de manière « altruiste ». La nature humaine étant ce

qu’elle est, chacun s’intéresse à l’autre dans la mesure où il peut en tirer un profit personnel.

L’altruisme pur, ça n’existe pas : c’est un mythe.

Si la théorie de l’égoïsme psychologique est juste, les gens nous apparaissent dès lors

très différents de la façon dont nous les voyons habituellement. Bien entendu, personne ne

doute du fait que chacun veille à ses propres intérêts ainsi qu’à son bien-être personnel.

Toutefois, nous croyons aussi que chacun se soucie d’autrui, du moins dans une certaine

mesure. Or si l’égoïsme psychologique dit vrai, tout cela ne serait qu’une illusion car

personne ne se soucie au fond de l’autre, mais seulement d’elle-même.

Avant d’aller plus loin, posons quelques définitions et distinctions importantes.

6.2 Égoïsme courant versus égoïsme philosophique

L’égoïsme, au sens courant du terme, est un amour excessif pour soi-même sans

considération pour les intérêts d’autrui, ce qui explique que l’égoïsme ait généralement

Éthique et politique 340-JCD Texte 6 : L’égoïsme moral

2

mauvaise réputation. Nous condamnons en effet l’égoïsme, c’est-à-dire les attitudes ainsi que

les conduites qui manifestent l’attachement excessif à soi-même ramenant tout à soi au

détriment des autres.

Aucun philosophe ne s’est fait le défenseur de l’égoïsme au sens courant du terme.

Certains furent cependant partisans d’une forme modérée ou mitigée d’égoïsme, au sens où

tout ce que nous faisons, nous le faisons dans notre propre intérêt. Ainsi, l’hédonisme (du grec

hédonè = plaisir), ainsi que l’eudémonisme (du grec eudaimonia = bonheur), sont des formes

d’égoïsme moral en ce sens qu’ils affirment que chacun de nous vise son propre bonheur

personnel, que ce soit dans la recherche du plaisir (l’hédonisme) ou du bonheur par l’exercice

de la vertu (l’eudémonisme). Dans l’Antiquité, Épicure (341-270 av. J.-C.), à l’époque

moderne : Thomas Hobbes (1588-1679), enseignaient au plan philosophique l’«égoïsme».

Épicure d’Athènes,

fut le grand

défenseur de

l’hédonisme en

philosophie morale:

le Bien suprême se

trouve selon lui dans

l’absence de

douleur, c-à-d dans

le plaisir (hédonè).

À l’aube de la modernité,

Hobbes défend l’idée

que l’être humain est

fondamentalement

conduit par ses désirs et

il n’a cesse de chercher

à les satisfaire. «Je place

au premier rang, à titre de

penchant universel de tout

être humain, un désir

inquiet d’acquérir

puissance après puissance,

désir qui ne cesse qu’à la

mort.» (Léviathan, Livre

1, 11.)

6.3. Ne confondons pas l’égoïsme psychologique et l’égoïsme moral

Une distinction s’impose entre l’égoïsme psychologique et l’égoïsme moral.

On a vu tantôt que l’égoïsme psychologique est une théorie psychologique touchant

la motivation humaine. L’égoïsme psychologique répond à la question : qu’est-ce qui

motive l’action des hommes. – Réponse : ce qui motive l’être humain, c’est toujours de

satisfaire un intérêt personnel. En somme, l’être humain est né pour être égoïste ; il n’agit

jamais de manière purement désintéressée.

La théorie psychologique de l’égoïsme décrit ce qui est. Elle se base sur des

observations, c’est-à-dire sur faits observables relatifs aux comportements humains, et elle

Éthique et politique 340-JCD Texte 6 : L’égoïsme moral

3

déclare l’être humain agit toujours en vue de satisfaire ses intérêts personnels, qu’il en soit

ou non conscient.

Cette théorie psychologique, touchant la

motivation humaine, pose de nombreux problèmes. Elle

est loin de faire l’unanimité. Son principal problème est

qu’on peut difficilement la réfuter car, à chaque fois,

qu’on avance des exemples d’actions désintéressée, la

théorie de l’égoïsme les rejette en montrant qu’au

contraire les actions en question recèlent un intérêt.

Prenons le cas de cette religieuse catholique, Mère

Teresa de Calcutta (1910-1997). Durant plus de 40 ans,

elle consacra sa vie aux pauvres, aux malades, aux

laissés pour compte et aux mourants. N’est-ce pas là un

exemple éloquent de comportements altruistes tout au

long d’une vie ? Le partisan de la théorie de l’égoïsme psychologique répondrait par la

négative en montrant que l’action de Mère Teresa était animée par le désir profond que

cesse la misère humaine. Donc, Mère Teresa, aussi noble que soit son action, était motivée

par un intérêt personnel.

L’égoïsme moral se distingue de l’égoïsme psychologique. En effet, l’égoïsme

moral n’est pas une théorie psychologique, mais une théorie morale touchant non ce qui

est, mais ce qui doit être. En tant que théorie morale, l’égoïsme affirme que l’être humain

devrait toujours agir en vue de satisfaire ses intérêts personnels à long terme ; il en serait

mieux ainsi non seulement pour chacun mais pour tous.

D’après la «loi de Hume», on ne peut conclure l’égoïsme moral sur la base de

l’égoïsme psychologique. En effet, à supposer que l’égoïsme psychologique soit vrai, nous

pourrions toujours rejeter l’égoïsme moral; et si l’égoïsme psychologique est faux, nous

pourrions toujours faire valoir la légitimité de l’égoïsme moral.

6.4 Adam Smith : l’égoïsme est nécessaire au bien-être commun

Nous allons maintenant étudier le cas d’un philosophe qui défendit l’égoïsme

moral, Adam Smith (1723-1790).

Né en Écosse, Adam Smith enseigna la philosophie morale à l’Université de

Mère Teresa

Éthique et politique 340-JCD Texte 6 : L’égoïsme moral

4

Glasgow. À l’époque, l’étude la morale incluait aussi l’étude de l’économie. Smith publia

en 1776 un ouvrage devenu un classique de l’économie : Recherches sur la nature et les

causes de la richesse des nations. Cette ouvrage, mieux connu sous le nom abrégé de

Richesse des nations, fut publié l’année de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis

d’Amérique (1776), et valu par la suite à Smith le titre de fondateur de la science moderne

de l’économie.

Avant l’avènement des sociétés dites «capitalistes» en Europe, c-à-d les sociétés

dont l’économie est fondée sur la libre entreprise, l’économie reposait sur l’échange de

biens équivalents. La tradition et l’autorité réglaient la richesse de chacun. La recherche du

«profit» était interdite par l’Église. À partir du XVIIIe siècle en Europe, et en particulier au

siècle suivant en Angleterre - siècle baptisé de «Révolution industrielle» -, ce type

d’économie fut progressivement remplacé par une économie fondée sur la légitimité du

profit. Ce n’est plus dès lors la tradition et l’autorité qui fondent la richesse, mais la liberté

de chacun.

D’après Smith, la recherche de l’intérêt personnel de chacun favorise l’intérêt

commun de la société. Dans un passage célèbre de La richesse des nations, Smith écrit:

« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du

boulanger, que nous attendons notre dîner, mais du soin qu’ils apportent à leurs

intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme… »

(La richesse des nations, Livre I, chapitre 2)

Ainsi, selon Smith,

1. Tout homme recherche naturellement son propre intérêt. C’est «l’égoïsme

psychologique».

2. Le développement de la société se trouve favorisé par le fait que chacun cherche à

satisfaire son intérêt.

3. La société doit se développer, sans autorité centrale planificatrice, par les «seules

lois du marché de l’offre et de la demande».

4. Le jeu de l’intérêt personnel entraîne la concurrence, la compétition.

5. La concurrence entraîne à son tour la production de biens que chacun désire, dans

la quantité qu’il le désire et aux prix qu’il le désire.

6. Les motifs égoïstes conduisent donc chacun à satisfaire leur intérêt; par conséquent,

Éthique et politique 340-JCD Texte 6 : L’égoïsme moral

5

à la richesse collective et à l’harmonie sociale.

7. D’où l’égoïsme moral : «Pour le bien commun, ne soyez pas altruiste. Laissez

naître le bien commun de l’égoïsme.»

6.5 Deux autres exemples d’égoïsme moral : le Darwinisme social et

équilibre écologique

Un parallèle est souvent établit entre la poursuite du bien commun en société et la

vie biologique dans la nature.

Il est en effet remarquable que tout être vivant – ou tout être naturel - agit en

fonction de sa propre survie. De prime abord, la lutte pour la survie dans la nature devrait

conduire à la catastrophe et au chaos.

Malgré la lutte égoïste à laquelle se livre les êtres vivants, la nature dans son

ensemble parvient à un état optimal d'équilibre écologique (appelé «climax»).

Comme la condition d’équilibre écologique est la lutte pour la survie par la

sélection naturelle, tout semble accréditer la thèse de l’égoïsme, c’est-à-dire que tout être

vivant, cherchant sa propre survie, permet la survie de son espèce, laquelle permet

l’atteinte de l’état optimal d’équilibre écologique.

Des disciples de Darwin, dont Herbert Spencer (1820-1903), ont cherché à

appliquer, voire à favoriser, l’égoïsme dans les sociétés humaines industrialisées. C’est ce

qu’on a appelé le «Darwinisme social». D’après les partisans du Darwinisme social,

l’économie de libre entreprise (le «capitalisme») serait «naturelle», donc bonne, car elle

représente le fruit d’une longue évolution de l’humanité. Spencer en particulier rejetait

donc toute forme d’intervention de l’État en faveur des plus démunis ou des plus faibles

sous le prétexte qu’il ne faut pas contrarier le processus de «sélection naturelle» de la libre

entreprise qui tend à éliminer les plus faibles; aussi cruel soit-il, la libre entreprise serait

profitable, utile et, bon, pour l’espèce humaine dans son ensemble.

6.5 Pourquoi l’égoïsme moral ne peut conduire au bien-être commun

Un exemple simple tend à réfuter l’égoïsme moral.

Supposons que je demeure dans la banlieue de Montréal et que je travaille à

Montréal. Je peux me rendre à mon travail soit en automobile soit par les transports en

Éthique et politique 340-JCD Texte 6 : L’égoïsme moral

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commun. Mais comme le temps d’attente de l’autobus est long, je prends ma voiture. Or,

cinquante mille personnes comme moi, vivants à la banlieue, sont confrontées au même

problème, et décident comme moi de d’utiliser leur véhicule. Le pont menant en ville est

bondé de voitures; il nous faut une heure pour franchir dix kilomètres… D’après l’égoïsme

moral, la recherche de l’intérêt individuel (ici, l’usage de l’automobile) devrait conduire au

bonheur collectif. Pourtant, il est clair que ce n’est pas le cas, car il est bien évident

qu’utiliser l’automobile ne favorise pas le bien commun. En fait, en prenant l’autobus, les

voyageurs libèrent la circulation et sont au travail à l’intérieur de vingt minutes. Même si

nous devons patienter en attendant l’arrivée de l’autobus, c’est encore préférable à la

congestion chronique, aux retards qui s’en suivent, ainsi qu’à l’accroissement de la

pollution générée par le flot des véhicules automobiles. En agissant selon ce que

recommande l’égoïsme moral, nous ne favorisons donc pas le bien-être commun.

6.6 Une défense de l’égoïsme moral : la «Tragédie des biens communs» et

«L’éthique du bateau de sauvetage» de Garrett Hardin

L’objection précédente contre l’égoïsme moral ne tient pas car l’exemple concerne

un «bien commun» touchant les routes et les ponts.

Au sens strict, personne n’ait le propriétaire des autoroutes et des ponts, sauf bien

entendu l’État. Lorsque je suis propriétaire d’un bien, règle générale, j’en prends soin

comme la prunelle de nos yeux; je veuille scrupuleusement à éviter l’épuisement de la

ressource.

Ainsi, lorsque je ne suis pas le propriétaire d’un bien,

lorsque le bien en question est commun, (un «bien commun»), je

ne me soucie pas de sa pérennité et de sa durabilité. C’est ce que

le biologiste américain Garrett Hardin (1915-2003) a appelé «La

tragédie des biens communs» (Tragedy of commons) dans un

article publié en 1968 qui fit sensation.

En 1974, Hardin récidiva avec un article percutant :

«L’éthique du bateau de sauvetage : l’objection contre l’aide aux

pauvres». Les pays riches sont comme des embarcations; et les pays pauvres sont ceux qui

nagent dans l’eau et qui veulent entrer dans les embarcations. D’après Hardin, si l’on

devait les laisser embarquer, nous péririons tous. C’est que les embarcations sont, du point

Garrett Hardin

Éthique et politique 340-JCD Texte 6 : L’égoïsme moral

7

de vue de des baigneurs (des pauvres), un «bien commun» : en laissant embarquer les

baigneurs nous assisterions à une autre «tragédie des biens communs».

chris-

Si l'être humain n'était qu'une simple création de la nature et non en même temps créateur, il ne s'interrogerait pas devant les phénomènes du monde, et ne chercherait pas non plus à en pénétrer la nature et les lois. Il satisferait ses besoins instinctifs pour se nourrir et se reproduire, conformément aux lois inhérentes à son organisme et laisserait au demeurant les événements du monde se dérouler de la manière dont précisément ils se produisent. Il n'aurait pas l'idée de s'interroger sur la nature. Satisfait et heureux, il cheminerait dans la vie comme la rose, au sujet de laquelle Angelus Silesius dit : "La rose ne s'enquiert pas du pourquoi, elle fleurit parce qu'elle le fait, elle ne tient pas compte de ce qu'elle est, elle ne demande pas si quelqu'un la voit." La rose peut être ainsi. Ce qu'elle est, elle l'est parce que la nature l'a prédestinée à cela. L'être humain ne peut pas être comme cela. Une pulsion vit en lui qui le pousse à ajouter au monde existant un autre monde qui jaillit de son être. Il ne veut pas se contenter de vivre, au sein de la coexistence fortuite avec ses prochains, dans laquelle la nature l'a placé : il cherche à régler la vie commune avec les autres selon des principes issus de son penser rationnel. La forme, dans laquelle la nature a configuré l'homme et la femme, ne lui suffit pas ; il crée les figures idéales de la sculpture grecque. Au cours naturel des événements de la vie quotidienne, il ajoute ce qui émane de son imagination dans la tragédie et la comédie. En architecture et en musique, des créations jaillissent de son esprit qui rappelle à peine quelque création de la nature. Dans ses sciences, il ébauche des formes conceptuelles, par lesquelles le chaos des phénomènes du monde, qui s'offre quotidiennement à la perception de nos sens, apparaît comme un tout harmonieusement régulé, comme un organisme organisé en soi. Dans le monde de ses propres actions, il crée un domaine particulier, celui de l'événement historique, qui est d'une nature fondamentalement autre que celle du déroulement des faits naturels. Que tout ce qu'il crée, ne soit qu'une continuation de l'action de nature, c'est ce que l'être humain ressent. Qu'il soit appelé à adjoindre un élément supérieur à ce que la Nature est capable de produire d'elle-même, il le sait aussi. Il en est donc conscient, il doit engendrer une nature plus élevée et l'ajouter à la nature extérieure. L’être humain se trouve ainsi placé entre deux mondes : celui qui, de l'extérieur pénètre en lui, et celui qu'il fait naître de lui-même. Il s'applique à mettre ces deux mondes en accord. Car sa nature entière porte son attention sur l'harmonie. Il voudrait vivre comme la rose, qui ne s'interroge pas sur le pourquoi et le parce que, mais fleurit, parce qu'elle fleurit. Schiller exige cela de l'être humain par ces mots :"Recherches-tu le plus élevé, le plus grand ? La plante peut te l'enseigner. Ce qu'elle est sans le vouloir, sois le volontairement - c'est cela !" La plante peut l'être. Car aucun nouveau monde ne tire son origine d'elle, et cette aspiration inquiète ne peut donc pas non plus surgir en elle : comment apporterai-je l'harmonie dans ces deux mondes ? Mettre en accord ce qui repose en lui-même, avec ce que la Nature

chris-

Etes vous libre ? 

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16 juin 2014

Ce qui donne à l’homme l’aspiration d’être libre, c’est bien sûr le fait qu’il puisse vivre une existence totalement guidé par sa propre volonté, dénuée de toute contrainte. On peut attribuer ce besoin par de nombreuses raisons, qui échappent même parfois directement à notre conscience. Environnement, éducation, et bien d’autres facteurs encore jouent sur ce désir profond de liberté.Lorsque nous naissons et que nous grandissons, nous sommes déjà soumis à une perte de liberté, dès lors que l’on est capable de comprendre les choses liées au langage. Ainsi, nos parents nous apprennent les limites et les interdits, et ceux-ci deviennent alors des sujets de convoitise pour un enfant. C’est à ce moment-là que les premiers désirs de liberté naissent. En effet, tout ce qui est interdit séduit, surtout lorsque l’on est curieux et que l’on désire faire ses propres expériences en la matière. Cela génère une frustration qui est comblée par ce désir de liberté, qui s’exprimera de manière consciente ou inconsciente dans le futur.Le règne de la liberté ne commence, en réalité, que là où cesse le travail imposé par le besoin et la nécessité. L'ignorance des causes qui nous déterminent nous laisse croire que nous sommes libres.

chris-

sensation fallacieuse de liberté s'explique du fait que ce qui conditionne notre action est généralement du domaine de l'inconscient, et que par contre le discours logique est, lui, du domaine du conscient. C'est ce discours qui nous permet de croire au libre choix. Mais comment un choix pourrait-il être libre alors que nous sommes inconscients des motifs de notre choix, et comment pourrions-nous croire à l'existence de l'inconscient puisque celui-ci est par définition inconscient? Comment prendre conscience de pulsions primitives transformées et contrôlées par des automatismes socio-culturels lorsque ceux-ci, purs jugements de valeur d'une société donnée à une certaine époque, sont élevés au rang d'éthique, de principes fondamentaux, de lois universelles, alors que ce ne sont que les règlements de manoeuvres utilisées par une structure sociale de dominance pour se perpétuer, se survivre? Les sociétés libérales ont réussi à convaincre l'individu que la liberté se trouvait dans l'obéissance aux règles des hiérarchies du moment et dans l'institutionnalisation des règles qu'il faut observer pour s'élever dans ces hiérarchies. Les pays socialistes ont réussi à convaincre l'individu que lorsque la propriété privée des moyens de production et d'échanges était supprimée, libéré de l'aliénation de sa force de travail au capital, il devenait libre, alors qu'il reste tout autant emprisonné dans un système hiérarchique de dominance. [...] Comment être libre quand une grille explicative implacable nous interdit de concevoir le monde d'une façon différente de celle imposée par les automatismes socio-culturels qu'elle commande? Quand les prétendus choix de l'un ou l'autre résulte de nos pulsions instinctives, de notre recherche du plaisir par la dominance et de nos automatismes socio-culturels déterminés par notre niche environnementale? Comment être libre aussi quand on sait que ce que nous possédons dans notre système nerveux, ce ne sont que nos relations intériorisées avec les autres? Quand on sait qu'un élément n'est jamais séparé d'un ensemble? Qu'un individu séparé de tout environnement social devient un enfant sauvage qui ne sera jamais un homme? Que l'individu n'existe pas en dehors de sa niche environnementale à nulle autre pareille qui le conditionne entièrement à être ce qu'il est? Comment être libre quand on sait que cet individu, élément d'un ensemble, est également dépendant des ensembles plus complexes qui englobent l'ensemble auquel il appartient? Quand on sait que l'organisation des sociétés humaines jusqu'au plus grand ensemble que constitue l'espèce, se fait par niveau d'organisation qui chacun représente la commande du servomécanisme contrôlant la régulation du niveau sous-jacent? La Liberté ou du moins l'imagination créatrice ne se trouve qu'au niveau de la finalité du plus grand ensemble et encore obéit-elle sans doute, même à ce niveau, à un déterminisme cosmique qui nous est caché, car nous n'en connaissons pas les lois.« La liberté commence où finit la connaissance. » [J. Sauvan][...] En réalité ce que l'on peut appeler « liberté », si vraiment nous tenons à conserver ce terme, c'est l'indépendance très relative que l'homme peut acquérir en découvrant, partiellement et progressivement, les lois du déterminisme universel. Il est alors capable, mais seulement alors, d'imaginer un moyen d'utiliser ces lois au mieux de sa survie, ce qui le fait pénétrer dans un autre déterminisme, d'un autre niveau d'organisation qu'il ignore encore.[...] Lorsque les lois de la gravitation ont été connue, l'homme a pu aller sur la lune. Ce faisant, il ne s'est pas libéré des lois de la gravitation mais il a pu les utiliser à son avantage.[...] Il est intéressant de chercher à comprendre les raisons qui font que les hommes s'attachent avec tant d'acharnement à ce concept de liberté.[...] Il lui est agréable aussi de penser qu'étant libre il est « responsable ». Or on peut observer que cette prétendue responsabilité s'accroît avec le niveau atteint dans l'échelle hiérarchique.[...] En effet, c'est grâce à la responsabilité que l'on peu acquérir un « mérite », lequel est alors récompensé par la dominance accordée par la structure sociale qu'elle a contribué à consolider.Et l'homme, libre de se soumettre au conformisme ambiant, bombe le torse, étale ses décorations sur sa poitrine, fait le beau et peut ainsi satisfaire l'image idéale de lui qu'il s'est faite en regardant son reflet, comme Narcisse, sur la surface claire d'un ruisseau. Ce reflet c'est la communauté humaine à laquelle il appartient qui le lui renvoie.Mais s'il n'existe pas de liberté de la décision, il ne peut exister de responsabilité.[...] A-t-on pensé aussi que dès que l'on abandonne la notion de liberté, on accède immédiatement, sans effort, sans tromperie langagière, sans exhortations humanistes, sans transcendance, à la notion toute simple de tolérance? Mais là encore, c'est enlever à celle-ci son apparence de gratuité, de don du prince, c'est supprimer le mérite de celui qui la pratique, comportement flatteur empreint d'humanisme et que l'on peut toujours conseiller, sans jamais l'appliquer, puisqu'il n'est pas obligatoire du fait qu'il est libre. Pourtant, il est probable que l'intolérance dans tous les domaines résulte du fait que l'on croit l'autre libre d'agir comme il le fait, c'est-à-dire de façon non conforme à nos projets. On le croit libre et donc responsable de ses actes, de ses pensées, de ses jugements. On le croit libre et responsable s'il ne choisit pas le chemin de la vérité, qui est évidement celui que nous avons suivi. Mais si l'on devine que chacun de nous depuis sa conception a été placé sur des rails dont on ne peut sortir qu'en « déraillant », comment peut-on lui en vouloir de son comportement? Comment ne pas tolérer, même si cela nous gêne, qu'il ne transite pas par les mêmes gares que nous? »0 chris-     

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Les neurosciences révèlent le pouvoir de l'inconscient

« Je pense donc je suis », disait Descartes. Loin de vouloir mettre à mal la théorie cartésienne, force est de constater que la majorité de nos actions sont inconscientes. Ou plutôt « non conscientes », tient à préciser Marc Jeannerod, directeur de l'Institut des sciences cognitives 1. « Lorsqu'on freine devant un obstacle en voiture, heureusement qu'il ne s'agit pas d'une action consciente, insiste le chercheur. Le temps de prendre la décision consciemment, et on l'aurait heurté ! » Car oui, être conscient, cela prend du temps ! Du coup, l'inconscient revêt une importance dans nos comportements que l'on ne soupçonnait pas. Bien plus qu'un simple appui à la conscience, il aurait une part prépondérante dans tous les processus cognitifs : 90 % de nos opérations mentales seraient inconscientes !

Mais pour énoncer de tels propos, encore faut-il en apporter la preuve. Or, traquer l'inconscient, identifier ses bases cérébrales, concevoir des expériences qui mettent en évidence son importance n'est pas chose aisée. C'est en effet souvent au niveau du protocole que le bât blesse dans les expérimentations sur la conscience et l'inconscient, et les chercheurs du CNRS en font tous les jours le constat. « La seule chose que l'on puisse demander à une personne, c'est une tâche consciente, souligne à propos Franck Ramus, chercheur au Laboratoire des sciences cognitives et psycholinguistique (LSCP) 2. Nous ne pouvons pas lui demander de faire quelque chose inconsciemment. Il nous revient donc d'inventer des méthodologies dont les résultats ne peuvent être interprétés que par la mise en jeu de processus non conscients. » L'effet d'amorçage(voir Article « Freud est-il soluble dans les neuroscience »s / « L'inconscient cognitif ») peut être l'un d'eux, et c'est sur ce phénomène que s'appuient nos chercheurs pour en découdre avec la perception inconsciente. Application : l'expérimentateur projette sur un écran une liste de signes graphiques (des mots, des chiffres…) et demande à un sujet d'en choisir un, au hasard. Pour peu que l'image d'un de ces mots ou d'un de ces chiffres ait été préalablement diffusée pendant un laps de temps trop court pour qu'elle soit captée consciemment, le « cobaye » choisira de préférence le mot ou le chiffre correspondant à cette image subliminale. Stanislas Dehaene, directeur de l'unité Inserm « Neuroimagerie cognitive », a ainsi mis en évidence que l'on peut comprendre le sens d'un mot écrit sans même avoir eu conscience de le voir. Sur un écran d'ordinateur, plusieurs informations s'affichent successivement : une série de lettres aléatoire (SJODK, par exemple) ; un premier nombre (écrit en toutes lettres) affiché très brièvement – 43 millièmes de seconde – donc non perçu consciemment ; une autre série de lettres aléatoires, puis un second nombre, affiché plus longuement que le premier, perceptible donc. Les volontaires doivent indiquer si ce deuxième nombre est inférieur ou supérieur à cinq. « Lorsque le premier et le deuxième nombre sont tous deux supérieurs ou inférieurs à cinq, la réponse est plus rapide », explique Lionel Naccache, neurobiologiste cognitif dans l'unité de Stanislas Dehaene. Preuve que les volontaires perçoivent bien la valeur du premier chiffre, appelé amorce. « Ce résultat confirme l'idée que les traitements inconscients peuvent être de haut niveau cognitif. » Mais les chercheurs sont allés plus loin. En effet, lors de cette expérience, les sujets répondent en appuyant sur les touches d'un clavier. Les chercheurs en ont profité pour enregistrer en parallèle l'activité électrique et les variations de débit sanguin dans le cerveau. « Quand le chiffre “caché” s'affiche, nous nous sommes aperçus que la zone corticale motrice de la main qu'ils auraient utilisée s'ils avaient dû indiquer la position de ce chiffre par rapport à cinq était activée », explique le chercheur. La perception subliminale d'un mot peut donc avoir une influence sur l'activité motrice en plus de son traitement sémantique.

Dans la même lignée, Kimihiro Nakamura, chercheur japonais qui a effectué son stage postdoctoral au LSCP, a mis en évidence que l'amorçage subliminal s'affranchit de l'alphabet utilisé. Pour cela, il a utilisé une des particularités de la langue japonaise : l'existence de deux systèmes d'écriture différents. Le chercheur a présenté un mot-amorce, de façon subliminale, dans un des deux systèmes d'écriture, puis le même mot (même sens) dans l'autre système. Quel que soit le système d'écriture présenté en premier, les volontaires lisent toujours plus rapidement le deuxième mot. Preuve que le sens du mot « invisible » a bien été perçu et traité.

Dans le même laboratoire, Sid Kouider a, lui, montré que l'amorçage auditif subliminal existait également. Le principe général de l'expérience était toujours le même : présenter un mot de manière cachée et observer son influence sur une tâche ultérieure. Mais comment « cacher » un mot parlé ?« Nous avons enregistré un mot, puis l'avons compressé à un tiers de sa durée et incorporé dans un flux de bruits, pour qu'il devienne imperceptible consciemment », explique le jeune chercheur. Et de poursuivre sur ses résultats publiés récemment 3 :« Nous avons fait écouter à des volontaires ce mot “caché”, suivi d'autres sons. Les participants devaient choisir si ces derniers étaient des mots ou pas. Et l'expérience a montré qu'ils décident plus vite que le deuxième son qu'ils entendent est un mot, si le son “caché” est le même mot. Par contre, si les deux sons sont identiques et s'ils ne sont pas des mots, il n'y a pas d'amorçage. Cela prouve qu'un processus lexical, et pas seulement acoustique, se met en place à un stade précoce et inconscient de la perception du langage. » Le chercheur continue à étudier ce processus, à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Il espère localiser ainsi les bases cérébrales du traitement inconscient de la parole.

 

L'INCONSCIENT DANS L'APPRENTISSAGE

Un autre exemple de traitement inconscient est celui effectué par les bébés pour apprendre le langage : comment le perçoivent-ils ? Comment arrivent-ils à différencier des langues ? C'est sur ces questions que s'est penché Franck Ramus. « Mes travaux ont mis en évidence une sensibilité très précoce des nouveau-nés au rythme du langage. » La façon dont sont accentués les mots génère de fait un rythme, propre à une langue. Les différentes langues sont ainsi classées en trois grands types : accentuelles (langues slaves, allemand, anglais…), syllabiques (langues latines, français…) et moraïques (unité plus petite que la syllabe, comme dans le japonais). Des nouveau-nés de quelques jours sont capables de distinguer deux langues, si et seulement si leur rythme diffère. L'expérience menée par le chercheur consistait à mesurer les différences de succion d'une tétine alors que les nourrissons écoutaient des phrases de japonais (moraïque) ou de néerlandais (accentuelle) « retravaillées » : seules subsistaient en fait les variations de rythme de ces deux langues, les autres différences ayant été supprimées. Lors du passage d'une langue à l'autre, les chercheurs ont mesuré une augmentation de la fréquence de succion, signe que les nouveau-nés avaient repéré un changement. « Toute l'acquisition du langage est un processus inconscient, insiste Franck Ramus.La capacité à repérer des unités dans la parole, à prêter attention à ses propres représentations mentales de la parole, ce qu'on appelle la conscience phonologique, émerge seulement vers les quatre à cinq ans. »

Repérer des unités dans le langage, c'est bien. Mais comment apprend-on réellement ? L'inconscient joue-t-il un rôle important dans l'apprentissage ? « L'apprentissage implicite, explique Pierre Perruchet du Laboratoire d'étude de l'apprentissage et du développement (LEAD) de Dijon 4, peut se définir comme une situation où l'on apprend sans en avoir l'intention et où l'on est incapable d'expliquer clairement ce qu'on a appris. » Le psychologue s'intéresse au processus qui permet de repérer des règles grammaticales et syntaxiques dans une langue et d'en distinguer les mots. En temps normal, aucune pause dans l'élocution ne permet de scinder le langage en unités. « Si on regarde un tracé d'enregistrement, les seules pauses visibles se trouvent devant les consonnes plosives comme k, b ou p, poursuit le chercheur. C'est pourquoi pour notre expérience, nous créons de toutes pièces un langage artificiel. Et on le fait écouter à des volontaires en leur disant explicitement de ne pas chercher à comprendre, mais d'écouter l'extrait comme un morceau de musique. » Le texte est lu sans pause, sans intonation, les syllabes ont toutes la même longueur : aucun élément de prosodie ne permet de repérer des unités. « À la fin du test, les étudiants ont cependant perçu des mots et sont capables de retrouver le lexique de ce langage artificiel. »L'hypothèse de Pierre Perruchet pour expliquer cette capacité ? « Nous exploitons les régularités statistiques présentes dans le langage : les syllabes souvent associées ont toutes les chances d'appartenir à un même mot. » Comment ? « Nous ne le savons pas encore exactement, mais nous sommes convaincus que ce genre d'apprentissage implicite est relativement indépendant des capacités intellectuelles des sujets », conclut-il.

 

LA QUÊTE DE LA MÉMOIRE IMPLICITE

Apprendre, c'est d'abord mémoriser une information. C'est justement à la mémoire implicite que Bérengère Guillery-Girard, du Laboratoire de psychologie expérimentale 5 s'intéresse. Et notamment au fait qu'elle soit préservée chez des personnes atteintes du syndrome d'amnésie transitoire. « Ce sont en général des patients de plus de cinquante ans, dont le syndrome d'amnésie est d'origine mal connue et ne dure pas plus de vingt-quatre heures. » La neuropsychologue présente ainsi une phrase au sens relativement incompréhensible aux patients : « Pour prouver qu'il avait perdu du poids, il montra la photo de ses pieds. » Si le mot « pèse-personne » n'a pas été mentionné auparavant, on ne comprend pas que la photo a été prise alors que le personnage se trouvait sur sa balance. « Nous leur fournissons le mot “pèse-personne” juste après la phrase. Lorsque nous le leur redemandons 1 h 30 après, alors que les patients ne se souviennent pas de l'expérience, ils sont capables de trouver spontanément l'explication de cette phrase. »

Alors même que le syndrome dont souffrent les patients se définit par la difficulté à enregistrer intentionnellement de nouvelles informations, ils conservent en mémoire la signification de la phrase ! Et ce, même après leur récupération. « L'amorçage, avec ces phrases, fonctionne donc bien, il y a même eu une réorganisation des connaissances. » Pour Bérengère Guillery-Girard, la préservation de la mémoire implicite mise en évidence chez ces personnes peut être utilisée chez des enfants amnésiques permanents pour leur faire apprendre de nouveaux mots ou concepts.

Chercheuse au Laboratoire de neurobiologie des processus adaptatifs (NPA) 6, Susan Sara se penche chez le rat sur un autre aspect de la mémoire implicite. Et plus précisément l'influence qu'ont sur elle les neuromodulateurs (molécules qui agissent sur les neurones). Ses travaux mettent notamment en évidence la part émotionnelle de la mémoire implicite. Elle raconte ainsi l'une de ses expériences : un rat est placé dans une cage à deux compartiments. L'un est grand et lumineux, l'autre petit, sombre et équipé de barreaux. Le comportement spontané du rat est de se diriger vers le petit compartiment, qui lui convient mieux. Une fois dedans, elle lui applique un petit choc électrique sur les pattes. Lorsque le rat est replacé quelques semaines plus tard dans cette cage, il continue à se diriger vers ce compartiment. Mais il présentera alors tous les signes caractéristiques de la peur : poils hérissés, déjections, activité élevée des neurones noradrénergiques… « En fait, le contexte lui fait ressentir une situation négative sans qu'il se souvienne consciemment de l'expérience douloureuse précédente. La trace mnésique, laissée par une expérience antérieure, se décompose donc en deux aspects : l'un cognitif et l'autre émotionnel. Mais ici, le rat a oublié l'aspect cognitif. »

 

L'INFLUENCE DES ÉMOTIONS

Les émotions jouent donc un rôle très important dans les comportements, les influençant à notre insu. Paula Niedenthal, chercheuse au laboratoire de psychologie sociale et cognitive (Lapsco) 7 de Clermont-Ferrand, confirme cette idée. Son quotidien ? Jouer avec les émotions : « Comment influencent-elles la façon dont sont classés nos souvenirs, comment agissent-elles sur notre stratégie de traitement de l'information ?, s'interroge-t-elle. En général, lorsque nous sommes joyeux, nous traitons les informations de façon moins approfondie que lorsque nous sommes tristes. » En fait, lors d'états émotionnels positifs, nous accordons inconsciemment plus d'importance à un indice, qui peut s'avérer exact d'ailleurs, pour juger de la pertinence des propos des autres, par exemple : « C'est un expert qui parle, donc il a raison ». Alors que lorsque nous sommes tristes, nous prenons plus en compte les arguments exposés, sans présumer de leur qualité. Bien sûr, nous sommes conscients de notre état émotionnel, mais pas de la façon dont il influence notre manière de voir, et donc de faire, les choses. Comment explique-t-on cela ? Pour Paula Niedenthal, c'est une histoire de motivation. Quand nous sommes joyeux, cet état nous informe que « tout va bien » et nous avons tendance à ne pas vouloir que cela change. Nous recherchons donc moins des informations susceptibles de changer cet état. À l'inverse, en étant triste, le désir inconscient de changer d'état émotionnel nous pousse à être plus attentif à ce qui pourrait nous y aider.

Une autre expérience a été menée par Lionel Naccache sur la perception des émotions de manière inconsciente. Profitant du fait que des patients épileptiques réfractaires aux médicaments devaient subir une implantation d'électrodes dans la région de l'amygdale, il a enregistré la réponse de cette zone du cerveau à certains stimulus. « L'amygdale est connue pour jouer un rôle dans les réactions émotionnelles », précise le neurobiologiste. Utilisant la technique de l'amorçage subliminal (un mot présenté très brièvement entre deux autres, plus longuement affichés), l'équipe de chercheurs a mis en évidence que cette région du cerveau réagissait lorsque le mot « masqué » recelait une valeur effrayante. Alors même que les trois patients testés n'avaient pas conscience de l'avoir lu. « Il paraît difficile d'imaginer qu'on réagit de manière émotionnelle à un mot si aucun traitement sémantique n'a eu lieu », souligne Lionel Naccache. L'expérience prouve donc bien que notre cerveau est capable d'analyser une information émotionnelle après avoir effectué un traitement sémantique inconscient.

 

LES VETOS DE LA CONSCIENCE

La perception, l'apprentissage, la mémoire ou encore les émotions, fonctionnent donc eux aussi sous la houlette de l'inconscient. ­Comment alors mesurer la place de la conscience dans les opérations mentales ? Ne serait-elle que la partie émergée de l'iceberg, une sorte de superviseur à la fonction limitée, mais ô combien importante, de coordonner nos actes, de leur donner du sens ?

Les travaux d'Angela Sirigu apportent peut-être un début de réponse à cette question (voir encadré « Et a conscience dans tout ça ? » / Article « Freud est-il soluble dans les neurosciences ? »). En effet, la neurobiologiste de l'Institut des sciences cognitives s'intéresse à la perception de nos propres mouvements et de ceux des autres. Dans l'une de ses expériences, il est demandé aux sujets d'appuyer sur un bouton dès qu'ils le veulent, à partir du moment où l'aiguille a fait le tour d'une horloge. En parallèle, ils doivent dire lorsqu'ils ont l'intention d'effectuer ce geste. L'activité cérébrale et l'activité musculaire sont enregistrées. Surprise : le potentiel de préparation, signe que le système moteur est activé, surgit avant même que le sujet soit conscient qu'il a l'intention de faire un mouvement. Dans une autre expérience, les volontaires visionnent deux vidéos : l'une où une main posée près d'un objet vert se déplace et s'en saisit ; l'autre, avec un objet rouge, où aucun geste de la main n'est effectué. Lorsque les sujets savent que la main va bouger, l'équipe de chercheurs a enregistré un potentiel de préparation identique à celui qui aurait eu lieu s'ils avaient eux-mêmes bougé la main ou observé quelqu'un le faire. Pour Angela Sirigu, cela signifie que « les zones motrices du cerveau fonctionnent par anticipation ». Autrement dit, le cerveau préfère anticiper que réagir à une situation. Et le rôle de la conscience alors ? Celui d'apposer son veto ! En effet, le choix de ne pas exécuter ce mouvement auquel nous nous sommes préparés lui revient !

Un des grands succès des sciences cognitives, nous l'avons vu, est d'avoir révélé l'importance de l'inconscient dans les processus mentaux. La conscience n'en serait donc qu'une infime partie, mais son rôle de superviseur serait de la plus grande importance pour donner du sens à nos actes. Le prochain défi ? Montrer comment ces deux entités travaillent main dans la main et quels sont exactement leurs rôles respectifs dans l'organisation de toute notre activité cérébrale. Défi d'autant plus grand que le fait que nous ayons conscience d'une partie de nos processus mentaux – le fameux « je pense donc je suis » – reste l'un des plus grands mystères de l'humanité.

 

Julie Coquart ..

 

 

 

chris-

Je suis seul avec ma solitude qui me suit comme une ombre.

J'aimerais m'échapper de ce corps qui paralyse et emprisonne mon esprit.

Cet esprit qui a été forger, conditionner, influencer, éduquer, pendant son enfance par les autres alors je ne suis pas moi? Je suis les autres ! Mais c'est impossible les autres son conforme aux valeurs de notre société ils aiment la vie ils veulent vivre à tout prix . Alors la vie a-t-elle un sens ? S'il existe un sens à la vie, la mort est-elle la fin de ce sens ? je ne comprends rien, serais-je un esprit autiste ?La mort approche insidieusement qu'attend elle ? son ombre me poursuit j'ai fort envie d'elle. Pourquoi vouloir vivre lorsque vous n'avez plus de goût à rien. Cette vie avait elle un sens ? devais-je lui créer un sens ? suis-je devenu Nihiliste ? Alors qu'elle est cette force au fond de moi, qui me force à vivre ? cette force est-elle naturelle ? veut - elle me protéger de moi-même ?même au détriment de mon âme vide!

alors La seule raison d'être d'un être, c'est d'être !

chris-

Etes vous libre ?

Ce qui donne à l’homme l’aspiration d’être libre, c’est bien sûr le fait qu’il puisse vivre une existence totalement guidé par sa propre volonté, dénuée de toute contrainte. On peut attribuer ce besoin par de nombreuses raisons, qui échappent même parfois directement à notre conscience. Environnement, éducation, et bien d’autres facteurs encore jouent sur ce désir profond de liberté.Lorsque nous naissons et que nous grandissons, nous sommes déjà soumis à une perte de liberté, dès lors que l’on est capable de comprendre les choses liées au langage. Ainsi, nos parents nous apprennent les limites et les interdits, et ceux-ci deviennent alors des sujets de convoitise pour un enfant. C’est à ce moment-là que les premiers désirs de liberté naissent. En effet, tout ce qui est interdit séduit, surtout lorsque l’on est curieux et que l’on désire faire ses propres expériences en la matière. Cela génère une frustration qui est comblée par ce désir de liberté, qui s’exprimera de manière consciente ou inconsciente dans le futur.Le règne de la liberté ne commence, en réalité, que là où cesse le travail imposé par le besoin et la nécessité. L'ignorance des causes qui nous déterminent nous laisse croire que nous sommes libres.

chris-

Qu’est l’homme ?

Vaste question ! Cet être paradoxal qui aspire sans cesse au changement tout en restant ancré dans ses certitudes et son immobilisme. Un être plutôt instable assurément qui manque considérablement de sagesse. Et de recul. Son incapacité à savoir tirer les enseignements du passé est flagrante. Cette constante de comportement aberrant qui fait en sorte que celui-ci persiste à toujours agir comme s’il venait de naitre. Du style : « Je casse ce que mes aînés ou moi-même viennent de construire car j'adore détruire et reconstruire. Sinon je ne saurais pas trop quoi faire de ma vie ! » Comportement qui du coup, rend immuable ce cycle trop connu de l’histoire : Anarchie-Fascisme et Guerre-et-Paix-sans-lendemain. Pourquoi ? Peut–être à cause de sa relative jeunesse !

Car il est vrai que ce pauvre humanoïde vient tout juste de sortir de l'âge de pierre. En tout cas par rapport à l'échelle de l'évolution et de l'âge de la planète.

Jugez plutôt : « Si l’on ramène les 4,5 milliards d’années de notre planète à une seule journée terrestre, en supposant que celle–ci soit apparue à 0 heure, alors la vie naît vers 5 heures du matin et se développe pendant toute la journée. Vers 20 heures seulement viennent les premiers mollusques. Puis à 23 heures arrivent les dinosaures qui disparaîtront à 23h40. Quant à nos ancêtres, ils ne débarquent enfin que dans les 5 dernières minutes avant 24 heures et ne voient leur cerveau doubler de volume que dans la toute dernière minute. La révolution industrielle n’a commencé que depuis un centième de seconde *. »

Pour une race qui s’imagine, en tout cas les croyants, qu’un créateur divin n’a créé le monde que pour eux, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce monde ne s’est en tout cas pas fait en un jour. Ni d’ailleurs en sept ! Où alors çà doit être l’échelle de temps qui m’échappe !

N’oublions pas non plus que l’homme ne peut faire abstraction

d’ une évolution progressive de son cerveau dont à la base un puissant cerveau reptilien. Celui ci est responsable de nos comportements primitifs car assure nos besoins fondamentaux pour mieux assumer la survie de l'individu et de l'espèce, aux dépend des autres. Son second cerveau , le paléo-mammalien (merci Wikipédia) dit système limbique permet les émotions et déclenche les réactions d'alarmes du stress. Le troisième, le néocortex , serait seulement le résultat de la dernière phase de l'évolution de notre cerveau. Il permet notamment le raisonnement logique et le langage, l'anticipation des actes.

Mais, mettons à part cette excuse de relative immaturité et cherchons plus avant les sources d'un mal qui l'empêche de tirer les leçons du passé pour profiter des joies de l'existence !

Qu'est ce qui peut bien le pousser à s'enfermer dans des quêtes idéalistes par le sang cent fois versé de révolutions ? Idéal qu'il s'empressera de renier une fois atteint, au profit d'autres quêtes, conquêtes ou idéaux toujours plus inaccessibles. Ce qui implique naturellement qu'il n'est du coup, jamais satisfait ! Car l’homme c’est bien connu a sans cesse besoin d'avoir plus, et d'être plus .

Est ce le coté éphémère de son existence qui le rend si peu responsable ?

Qui le traumatise au point de le persuader que sur cette terre il a toujours raison ? Qui fait en sorte qu’il se soucie fort peu de ce que peut penser " l’autre " l’un de ses deux meilleurs ennemis, (le second étant lui-même) ? (le second étant lui-même) ? Or en ignorant délibérément cet autre lui aussi mû par les mêmes instincts, il ne peut que réciproquement devenir son adversaire.

Est-ce là, ce qui l'incite à tenir, pour n'importe quelle cause bien fomentée, des conduites et propos, fous et suicidaires ? Enfin est-il utopique de penser qu'un beau jour un modèle plus juste et stable de société puisse lui convenir afin qu'il s'y épanouisse ? Et si cela s’avère impossible, que faire, s’enfuir ? Mais pour aller où ?

Bon restons calme et positif sinon tous mes lecteurs vont s’enfuir..

Tiens , tout ceci me rappelle une de mes lectures " Eloge de la fuite " d'Henri Laborit, neurobiologiste (le "père" de nos tranquillisants), spécialiste du comportement humain et philosophe.

Pour résumer la pensée, de cet éminent professeur-philosophe : « Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent et tant que l'on n'aura pas dit que cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change »

Prenons donc quelque libertés avec l’écoulement du temps en le remontant pour réaliser cette première interview-fiction, car l’homme est hélas mort en 1995. Le ton utilisé ici sera branché et cocasse pour contrebalancer un certain pessimisme de ses propos et être plus en phase avec l’ époque des années 80. En effet ces années là, grâce sans doute à un vent de renouveau politique, l’on se fichait bien du "qu’en dira t’on " et il y avait du coup davantage de liberté de langage. Cependant les lois de l’audimat, marketing oblige, y étaient déjà tenaces, comme nous allons le voir.

– Professeur, Pourriez -vous nous donner une définition rapide du "sens" de l'existence pour vous ?

– Le sujet est bien vaste, mais pour résumer ma pensée, tout tient en ces mots : La seule raison d'être d'un être, c'est d'être !

– Heum... oui ! Nous n’ignorons pas non plus qu’être ou ne pas naitre telle est la question. Méééé plus précisément, qu'est ce qui peut bien pousser l'homme à agir perpétuellement de façon aussi ...disons "irraisonnée" ?

– Et bien la raison source qui le pousse à agir c'est la recherche d'une valorisation de lui-même. A ses yeux, et à ceux de ses contemporains. Dans la quête de ce but, dans la société, il lui faudra gravir un à un tous les échelons de la hiérarchie sociale, afin de satisfaire son goût pour la dominance. Si son environnement social fait en sorte qu'il ne puisse plus agir d'une façon ou d'une autre, il se trouvera alors plongé en situation "d'inhibition de l'action". Il devient dés lors violent, soit envers lui–même en agissant sur son propre organisme, sous forme par exemple de dépression, d'ulcère à l'estomac, ou d'impuissance sexuelle. Ou bien alors, en agissant "physiquement" violemment envers les autres. Dans la mesure ou la société le lui permet, évidemment !

– Evidemment. Mais dans ce cas pourquoi l'homme ne peut il trouver d’autres moyens plus pacifiques pour se valoriser sans bousill… heu … annihiler les autres ?

– Non. Tout simplement parce que s'il est vrai que nous ne sommes que le reflet du regard des autres, ces autres sont néanmoins nos ennemis, des envahisseurs de notre territoire gratifiant, des compétiteurs dans l'appropriation des objets et des êtres, que nous désirons.

C’est simple ! Dés que l'on met deux hommes ensemble sur le même territoire, il y aura toujours forcément un exploiteur et un exploité, un maître et un esclave, un heureux et un malheureux. Alors moi je dis qu'il y en a marre des autres ! De cet ennemi sournois au visage hypocrite qui sans même nous faire crier nous tue à petit feu, nous envahi, nous exploite, nous viole, nous pille, nous bouffe, nous ...

– Calmez-vous! Calmez-vous Professeur! Elevons plutôt le débat vers le domaine de la spiritualité. Par exemple avec le secours de la religion, croyez-vous...

– La religion !!! La religion Monsieur c'est une idéologie de la souffrance. Une idéologie qui à permis tout au long des siècles aux dominants de s'abreuver aux sources du plaisir, en persuadant les dominés qu'ils avaient bien de la chance dans leur souffrance car elle leur sera remboursée au centuple dans l'autre vie !

– Sans doute, sans doute ! Mais il reste indéniable que toute religion contient des facteurs positifs pour l’homme. Par exemple l'amour de son proch...

– Quel amour ? L'amour c'est le mot de passe qui permet d'ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. C'est un mot qui ment à longueur de journée, et qui a toujours laissé libre cours à la violence. La violence des justes et des bien pensants.

– Oui, oui ! Il est vrai que c’est l'utilisation qu'en font tous les pouvoirs. Mais quoi de plus merveilleux que l'amour entre deux êtres, par exem ...

– Tut tut tut ! L’amour ce n'est que désir et inter-gratification ! Je m'explique. Dans notre relation avec l'objet du désir, l’être aimé, ou celui en tout cas que l'on considère comme tel, lorsque survient une rapport amoureux nous sommes forcément deux.

– Et même quelquefois plus !

– ...

– Pardon. Veuillez poursuivre, je vous prie.

– Dans ce rapport disais-je, si l'autre vous aime, c'est afin de se trouver lui-même ! Quant à ce que Vous, vous cherchez chez l'autre, c'est aussi vous ! Tant qu'il y a gratification et échange de l'un vers l'autre l'histoire dure, mais jamais pour bien longtemps.

– Bin pourquoi ?

– Déjà parce qu'il n'existe pas d'espace suffisamment étroit pour enfermer deux êtres à l'intérieur d'eux-mêmes. Dés que cet ensemble s'ouvre sur le monde, celui-ci va en se refermant sur eux, s'infiltrer entre leur relation privilégiée. Alors l'espace d'un être ne se limitera plus à l'espace de l'autre. Jamais plus! Il y aura sans doute parfois des recoupements mais ils ne se superposeront plus. Et puis, de toute façon, croyez moi. Le véritable amour humain, le seul, c'est un amour imaginaire. Celui après lequel on court toute sa vie, mais que l'on atteint jamais ! Alors il ne faut surtout pas essayer de faire coïncider cette image avec l'être qui a donné naissance à cette pulsion d’amour ! Avec ce pauvre homme ou cette malheureuse qui a déjà fort à faire avec les pulsions que lui dicte son inconscient !

– Mouais ! Finalement votre vision du monde n'est pas bien joasse !

– Pardon ?

– Heuu... Je me disais que le parcours que suit le débat n'est guère gratifiant pour nos egos .

– Votre ego n’est jamais que la représentation et la conscience que vous avez de vous même.

– Certes, Mais peu importe... Où en étais-je ? … Heuu… Oui ! Il reste toutefois indéniable que l’homme demeure néanmoins un être magnifiquement doué. Ne serait-ce que par ses fantastiques possibilités dans le domaine créatif. Parlons de l’art par exemple. N'y a t-il pas là matière à trouver une solution, pour chercher remède à ses souffrances existentielles ? Yes ! Là j'assure. Mais pourvu qu’il me sorte pas encore tous ses trucs négatifs sinon mes lecteurs vont zapper...)

– Il est certain que c'est dans l'imaginaire, bien plus que dans la société qui l'entoure, que l'homme peut atteindre sinon le bonheur du moins un mieux-être certain

(Ouf!)

– ... car l'imaginaire est cette fonction spécifiquement humaine qui permet à l'homme, contrairement à l'animal, d'ajouter de l'information. De transformer le monde qui l'entoure afin de prendre la fuite, et ainsi échapper à l'aliénation vers laquelle la société l'encu... pardon... l'accule !

(Ouaarff ce lapsus ! ) Certainement méééé, dans ce domaine précis, l'imaginaire ! N’y a t’il ici matière à trouver heuu... une source afin de mettre fin, enfin à nos angoisses Docteur ?

– Non ! Et là je suis formel ! Car toute activité créatrice, si elle ne débouche pas sur un processus de production de marchandises a peu de chances d'assurer à celui qui l'exprime, une situation dans le système hiérarchique des dominances

.

– Encore ! Mais la société pour vous ne se résume donc qu'a une course effrénée de ses constituants vers le haut de la hiérarchie. Course dans laquelle l'individu n’aurait finalement aucun libre arbitre ? Aucun choix, sinon peut être celui de s ‘assumer en tant que maillon purement passif ? (Trop noir, trop noir tout ça ! Putain, mon audimat !)

– Tout à fait ! Vous en doutez ? Hé bien prenez la peine de jeter un regard objectif vers cette société dans laquelle l’homme vit. Dans cet environnement, c’est déjà très rarement lui qui choisit le travail qu'il effectuera toute sa vie. Et même si c’est le cas, il sera condamné inévitablement par l'impossibilité dans laquelle il se trouve d’échapper à l'engrenage de la machine sociale. Résultat ? L'absence de spontanéité ! De créativité dans ses actes professionnels et en définitive l'ennui, voire la maladie.

– Sans doute, mais tout le monde doit bien travailler pour vivre. Et cela n’a pas que des inconvénients. Karl Marx, je crois ne disait il pas que le travail c’est la liberté.

– Qu’elle liberté ? Celle d’aller consommer ? Mais c'est bien pour pallier à ses chaines que l'on essaie de compenser cette insatisfaction narcissique par l’accumulation de biens, dans les pays capitalistes. Car c’est bien ainsi que vivent les hommes : Prisonniers de la machine qu’il ont eux mêmes bâtis .... Du moins tant que l'engrenage fonctionne bien ! Et l’engrenage, c’est bien sûr l’homme, infime pièce d'une machine appelée société extrêmement bien huilée.

– Sans doute, mais l’homme n’est pas en permanence prisonnier de la machine. La société nous offre la retraite par exemple. Période où l’homme peut enfin profiter de sa vie.

– Vous croyez que la retraite est un cadeau que nous fait la société à des fins philanthropiques ? Vous êtes très naïf ! En réalité, lorsque l'engrenage de la machine est usé, la société s’en débarrasse. Ainsi l'homme, arrivé à l'âge de la retraite, coupé de ses automatismes dans un processus infini de production, se trouve alors réduit a un rôle d'être sans objet ! Ce qui nous explique le nombre de vieillards agressifs et rancuniers votant sans arrières pensées pour des partis violents racistes et xénophobes !

– Aïïï ! Heuuu... Sans doute mais dans l’immédiat nous allons tenter d’éviter de le devenir, agressif et rancunier ! Mais revenons un peu sur ce malaise social généralisé. Personne n’ignore plus que la mondialisation que l’on nous présentait jadis comme un progrès est visiblement en train de conduire la planète à une ruine prochaine. Ce qui génère bien sûr un malaise croissant au sein de la population. Faut-il y voir un signe d'essoufflement de cette sotte machine ? Et si oui, cet essoufflement ne pourrait il être lié à l’absence d’idéologies nouvelles de nos sociétés. Désabusées, sans doute mais conscientes du problème et prêtes à mieux rebondir ? (Et s'il me ressort encore ses échelles de dominances hiérarchiques je me flingue !)

– A mieux rebondir sur leur voisin ? Pour cela je ne fais aucun souci pour l’homme ! Quant à ce qui concerne la catastrophe économique mondiale prophétisée , là dessus je n’ai aucun doute ! Les disparités économiques étant l'un des éléments essentiels permettant de maintenir les différences entre individus !

– … Cela se concrétise depuis toujours par une recherche exaltée et démesurée du profit menée par une poignée d’individus : les capitaines d’industrie. Heureusement de moins en moins nombreux et pour cause… Cet hyper-profit est, à contre cœur redistribué, afin par effet boule de neige d’en accumuler davantage. Ce qui permet d’élever le niveau général de vie d’une autre tranche privilégiée d’individus, tout en maintenant les différences de classe et même de races à présent avec le mondialisme. Le tout bien sûr alimenté par une recherche exaltée de nouveaux besoins de consommation. Besoins permettant de maintenir le profit afin d’ entretenir le système d’échelles hiérarchiques de dominan...

– Aaaaargh ! Non rien ! Poursuivez. Poursuivez !

– Or maintenir le profit, c'est mettre à sac la planète sans se soucier de ceux qui ne possèdent pas l'information technique et les multiples moyens du faire-savoir. C'est aboutir à la création de monstres économiques multinationaux, dont la seule règle est leur propre survie, survie qui n'est réalisable que par leur dominance planétaire.

– Gasp ! (son de déglutition) Et pour conclure ce débat sur une note optimiste, subsiste t ‘il un espoir d’évolution positive pour la planète et pour l'homme subséquemment ? (Tu peux toujours rêver, après tout ce qu’il vient de te sortir ! )

– Très franchement je n'en vois point poindre ... Il me semble cependant, du point de vue économique, qui est rappelons le, un domaine important, sinon primordial pour la survie physique et morale de l'espèce que... les marchands se sont installés sur le parvis de nos cathédrales et que ce sont eux qui occupent l'espace jusqu'à l'horizon des terres émergées.

– ??? ... Oui, charmante parabole bibli… heuu… très habile métaphore professeur mais pourriez-vous développer un tout petit peu votre idée ? Pour le commun des mortels, que cela signifie- ce ?

– Hé bien, il me semble qu'aussi longtemps que la propriété privée ou étatique des matières premières, de l'énergie, et de l'information technique n'aura pas été supprimée, aussi longtemps qu'une gestion planétaire de ces trois éléments n'aura pas été organisée et établie sous la forme d'une "démocratie planétaire", subsisteront des disparités internationales qui ne peuvent que favoriser les disparités intra-nationales.

– Aaah enfin du positif ! Sur ce souhait de démocratie planétaire, je vous rejoins totalem...

– Mais, à supposer même que cette propriété privée ou étatique soit supprimée, il restera à résoudre le système hiérarchique de dominance planétaire qui ne manquera pas alors de s'instituer.

– Oui oui ne vous inquiétez pas pour çà Professeur ! Je suis persuadé qu’un jour vos démons seront terrassés, jetés au bas de leurs échelles dominantes et que la révol... heuu la démocratie vaincra ! Merci en tout cas pour cette réconfortante analyse des hommes et de la société.

Tu parles je suis certain qu’il m’a encore fait perdre trois points d’audimat. La semaine prochaine si je ne suis pas viré, j’inviterais un chanteur ou une chanteuse plutôt qu’un penseur. Ce sera beaucoup plus positif car ces gens là sont là pour nous communiquer leur joie de vivre. Bonne idée ! Je vais voir si Dalida ou Mike Brant sont disponibles.

Si je me suis permis de " vulgariser " aussi longuement les idées-clés de feu ce cher professeur Laborit, c'est parce que la plupart de ses idées, me semblent d'un réalisme peu optimiste certes, mais en tout cas non dénuées d'intérêt . Dommage qu’elles ne soient guère plus médiatisées car elles demeurent toujours gravement d’actualité.

Ceci dit s'il a certainement raison sur le fond, il n'y allait pas par quatre chemins avec la forme. Ce qui expliquait le manque de " popularité " de ce personnage et de son discours pourtant universel, mais ayant fâcheuse tendance à nous éloigner de nos rêves avec sa réalité. Mais entre nous, éprouvons-nous du plaisir à entendre les balivernes et billevesées des discours politiques ou de produits publicitaires (c’est la même chose) sur un ton niais et mielleux à longueur de journée ?

En 1976 déjà dans " L’éloge de la fuite " il développait l'impératif d'une gestion planétaire qui ne soit pas " à l'Américaine " .

Ce choix de lecture m’avait été inspiré après avoir vu cet excellent film d’Alain Resnais " Mon oncle d’Amérique " qui y développe ses idées. Film sous forme de documentaire–fiction captivant et original sur l’étude sociologique humaine. Les corollaires faits entre les hommes et les rats dans des situations similaires sont plutôt troublants. Mais nous reviendrons plus loin sur une de ses expériences des plus connues.

Connais toi toi-même

Un peu de philo s’impose pour débroussailler les méandres du fonctionnement de la psyché humaine. Si vous n’aimez pas çà pour cause de mauvais souvenirs scolaires vous pouvez passer directement au paragraphe "Sommes-nous d'ailleurs nous-mêmes ?". Donc disais-je, pour mieux comprendre l'homme , il me semble essentiel de commencer par se connaître soi-même.

Socrate disait : « Connais-toi toi-même ! Essaie de te connaître toi-même, et un jour tu découvriras que c’est impossible. Et quand tu en viens à un point où toute connaissance disparaît et où tu restes face à toi-même, dans une profonde ignorance… c’est la plus belle expérience qui soit, la plus grande extase !

Réfléchis seulement : si tu pouvais te connaître, cette connaissance te limiterait. Tu deviendrais un objet. Te connaître toi-même ne te rendrait pas heureux ; tu deviendrais quelque chose de très ordinaire. Une fois connu, tu en aurais fini avec toi. Alors que ferais-tu de cette connaissance ? La recherche une fois terminée, tu ne serais plus qu’ennui pour toi-même.

Ton être est un mystère : plus tu connais de choses sur lui, moins tu le connais ! Plus tu vas profond, plus tu en perçois l’infinitude. La profondeur en est telle qu’il est impossible d’en toucher le fond . Jamais ! Les gens qui croient se connaître sont très superficiels. Ceux qui sont capables d’aller dans leur profondeur sont constamment conscients de quelque chose d’inconnu. Et c’est très bien, car l’inconnu est toujours plein de vie, l’inconnu est toujours infini. L’inconnu est éternel. »

Bon certes, pas très optimiste comme doctrine qui prêche que rien ne sert de se connaître car la quête de l'inconnu et du mystère est plus intéressante .

Il est à noter que la phrase originelle qui inspira Socrate était « Connais-toi toi même, et tu connaîtras l'Univers et les dieux » Cette phrase était gravée au fronton du temple de Delphes, et inspira Socrate du moins dans sa première partie car en ce qui con- cerne le connaissance de l'univers et des Dieux , il est clair qu'il y a renoncé pour leur conserver leur aura de mystère. Nous reviendrons sur le sens de cette citation dans le chapitre 3 en démontrant qu'elle n'était pas si sotte mais au contraire pleine de sagesse.

Après la disparition de Socrate, un empereur Romain et philosophe stoïcien, Marc Aurèle, a dit : "Sois toi-même !" C’est effectivement plus sympa que Socrate. Se connaître soi-même paraissant impossible, être soi-même semble théoriquement plus accessible. Mais laissons la parole à notre empereur philosophe : « Il n’est pas nécessaire de se connaître. Juste être. Aucune connaissance n’a le moindre sens. Être suffit. Sois… juste toi-même. En résumé n’essaie pas de trouver une définition pour ton être. C’est impossible. Le vivre, tu le peux. Le connaître, tu ne le peux pas. Mais pourquoi se soucier de le connaître ? N’est-il pas suffisant ?

Il y a une envie, une envie irrésistible, une curiosité, qui pousse à dévoiler tout mystère. Mais cette envie ne peut qu’échouer lorsque tu vas à l’intérieur de toi. Si tu t’en tiens aux choses extérieures, cette curiosité peut être satisfaite . Et encore… en partie seulement ! La science peut satisfaire ta curiosité parce que des choses peuvent être découvertes en ce qui concerne la matière. Mais si tu veux aller un peu plus loin, tu vas à nouveau rencontrer l’inconnu Plus tu vas profond, plus la connaissance est incertaine. Plus on va profond, plus ça devient flou. »

Bon décidément les deux ont des rapports bizarres avec l'inconnu. Pour Socrate se connaître c'est pas terrible car demeurer dans l'infini de l'inconnu c'est l'idéal, et pour Aurèle, ce n'est pas mieux car il nous somme de rester nous même et de ne pas approcher l'inconnu sinon tout devient flou. Bon il est vrai que ce dernier est un stoïcien, doctrine philosophique de la Grèce antique qui exhorte à atteindre le bonheur et la tranquillité de l'âme par une absence de passions, ce qui conduit logiquement à une absence de souffrance. Mais bon, vivre sans passions est-ce vraiment vivre ?

Etre soi-même ?

Cependant développons plus avant cette faculté d’être soi-même, notion qui implique que l’on dispose de son libre arbitre, d’une liberté d’action pour choisir de voguer sur les flots de la vie.

Spinoza (philosophe néerlandais du 17eme) pensait que « Les hommes se trompent quand il se croient libre . Cette opinion con- siste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par lesquelles il sont déterminés .../... En clair, le libre arbitre n'est que l'illusion de choisir en ignorant les causes qui déterminent mes choix. ».

En Français cela signifie que notre libre arbitre, c’est à dire le fait de choisir notre vie est illusoire car dicté par notre environnement (parental, niveau social, contexte historique etc…)

On retrouve cette idée dans le béhaviourisme (ou comportementalisme) où l ’environnement externe est l’élément clé de la détermination et de l’explication des conduites humaines.

L’environnement est un ensemble de données drainées depuis notre prime enfance, d’abord par copie ou réaction au modèle parental (ainsi celui qui a été frappé dans sa jeunesse par ses parents a de fortes chances de reproduire ce comportement violent, sur lui-même et sa famille.) Par la suite le modèle culturel, le cadre de vie, l’éducation, le modèle sociétal finirons la construction de ce carcan, qui nous fera devenir petit à petit des éléments hautement conditionnés par le moule de la société. Société qui nous laisse l’illusion de penser que notre libre arbitre est total, alors même qu’il n’est qu’illusoire.

Dans ce modèle sociétal nous nous imaginons libre de penser et de faire ce que nous voulons, car le "système" a bien saisi que lorsque les gens pensent qu’ils font ce qu’ils veulent , ils croient qu’ils sont libres.

Si vous n’en n’êtes pas persuadés, posez-vous la question d’avoir réalisé les rêves d’avenir que vous faisiez encore enfant, dans un monde qui est théoriquement étudié pour que chacun ait une chance d’y parvenir.

Sommes- nous d'ailleurs nous-mêmes ?

Un dernier point qui me semble important à souligner concernant le (dys)fonctionnement de la psychè humaine est que l’homme sur terre n’est que le " locataire " temporel de son propre corps.

D'un corps d'une complexité telle, qu'il demeure bien incapable d’en faire simplement une copie, sauf en trichant par l’intermédiaire du clonage, mais là il se contente d’utiliser le travail et matériau de base fourni par la nature. D’un corps qu'il n'à bien sûr pas créé sciemment, c’est à dire de par lui même, ni même selon toute apparence, choisit. Le Locataire d'une superstructure qui travaille pour lui en toute autonomie, sans qu'il en soit même aucunement conscient.

La preuve ? Avez-vous la sensation de commander à vos cellules de croître, se multiplier et mourir, à vos cheveux et ongles de pousser, à vos anticorps de livrer perpétuellement bataille ?

Ok, m’objecterez-vous, le locataire d’un corps emprunté le temps d’une vie. Mais par contre il est évident que mes pensées, elles au moins m’appartiennent !

Hé bien même de cela, le doute est permis ! (Horreur mon identité fout le camp!)

La pensée est-elle réellement le propre de l’être vivant, comme le déclame le vieil adage Pascalien « Je pense donc je suis » ? (Moi je dirais plutôt : Je pense donc je suis et pense surtout à me demander qui je suis ! ) Hé bien non car cet adage est faux . Si l’on admet que le contrôle de sa pensée constitue notre identité, que se passe t-il chaque nuit à l'instant T de notre sommeil profond, dés lors que nous cessons totalement de penser et que nous n’avons même plus accès au royaume des rêves. Rêves que l’on peut considérer comme un substitut de la pensée inconsciente. A cet instant de pur néant, de mise en veilleuse totale de l’intellect, nous ne pensons plus, donc nous n’existons plus ?

Pas encore convaincus que l’homme n’est pas maître de ses pensées ? Hé bien soit, ceci va vous démontrer le contraire. Faites ce petit test dit de Dostoïevski : Fermez les yeux et essayez de ne PAS penser pendant les 30 prochaines secondes, à un ours blanc aux yeux bleus.

Alors ?

Bien, après avoir à peu prés disséqué l'homme, ce locataire provisoire sur cette planète et révélé son aspect "prédateur universel perpétuel" même pas foutu de se connaître, je vous propose à présent de nous pencher sur quelque chose de plus optimiste .

Une des définition-clé de la philosophie stipulant que « Philosopher c'est chercher le chemin du bonheur » , nous interrogerons à ce sujet le Dalaï Lama qui a beaucoup à nous apprendre sur sa vision philosophique du sens de la vie. Ce qui nous permettra de débroussailler un nouveau chemin de la pensée afin d’ouvrir une nouvelle porte cruciale vers notre raison d’être.

chris-

L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. À lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres. Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité ». Les concepts de code génétique, de « révélation »épigénétique sont notamment présentés, tandis que l'animisme (ici dans un sens large : toute religion qui considère que la nature possède une volonté propre), le vitalisme et le prédéterminisme, ainsi que lematérialisme dialectique se voient réfutés.le hasard pur, le seul hasard, liberté absolue mais aveugle, à la racine même du prodigieux de l'évolution, cette notion centrale de labiologie moderne n'est plus aujourd'hui une hypothèse, parmi d'autres possibles ou au moins concevables. Elle est la seule concevable, comme seule compatible avec les faits d'observation et d'expérience.       

chris-

ou va le monde ?

Vers un avenir meilleur chaque siècle qui passe nous apporte plus de paix ! de santé grâce à la science, on vit plus longtemps en bonne santé.

on ne manque de rien! la technique est très présente dans nos vies Peut-être qu'en l'an 2500 on aura fait d’immenses progrès et le travail pénible sera effectué par des machines et l’être humain vivra dans une société de loisirs et s’épanouira libéré de son aliénation au travail.

le génie génétique modifiera le comportement pulsionnel de l'homme afin d'abolir la bête qui est en lui et ces instincts primitifs qui n'ont plus raison d’être dans une société civilisée alors grâce à l'eugénisme les maladies seront pratiquement éradiquées et naîtra un homme nouveau avec une philosophie du bien-être commun et non plus individualiste, égoïste, matérialiste. Imaginons un homme des cavernes de la période du néolithique devant sa grotte en train d'observer la navette spatiale discovery plongeante sur sa piste atterrissage quel bond en très peu de temps!

l'homme actuel va prendre conscience que lorsqu'il va commencer à souffrir et que sa vie sera en danger il mettra en place tous les moyens dont il dispose pour que cela cesse rapidement car il possède un instinct de survie qui est très fort.