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Derrière nos masques, quelle beauté demain ?


Tequila Moor

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Membre, `, Posté(e)
Tequila Moor Membre 16 281 messages
`,
Posté(e)

(extraits choisis)

"En couvrant une partie du visage, le masque réagence notre apparence corporelle. Plus qu’un outil, il tend à devenir une parure puisqu’il participe désormais, bon gré mal gré, de l’image que l’on donne de soi dans l’espace public. La situation sanitaire fait ainsi naître de nouveaux processus d’esthétisation du corps, en particulier dans les pratiques de maquillage que le port du masque a bousculées, et nous invite à nous interroger sur ce qui incite les êtres humains à modifier leur apparence corporelle.

Flavio-Gasperini-1160x400.jpg

 

Regard anthropologique sur les pratiques corporelles

Selon Marcel Mauss, « l’homme a toujours cherché à se surajouter quelque chose de beau en société, à se l’incorporer ». Parmi les pratiques de décoration du corps, l’anthropologue distingue entre les pratiques cosmétiques, qui consistent à ajouter directement sur soi des décorations temporaires (maquillage) ou permanentes (tatouages, cicatrisations, scarifications, trous percés dans la langue, etc.) et les pratiques de parure qui consistent à additionner des ornements au corps (vêtements, bijoux, chapeaux, masques).

L’anthropologie contemporaine a montré que ces pratiques corporelles n’ont pas toujours une fonction esthétique. Dans les sociétés indiennes d’Amazonie par exemple, la peinture corporelle et les parures, bien loin d’être des artifices ou des déguisements, sont des artefacts qui prolongent le corps. Elles forment ensemble une « peau visible » et signalent l’appartenance à un groupe ou à une espèce : la peinture sur le corps humain du pelage tacheté du jaguar, par exemple, est une manière d’adopter le point de vue de celui-ci et d’appartenir ainsi au collectif des jaguars.

Bien loin d’être décoratifs, les tatouages peuvent quant à eux avoir une fonction sociale déterminante dans l’organisation de certains collectifs : dans la société inuit de l’Arctique indien, les tatouages des femmes sont des signes de maturité physique et sociale, donnés à la fille après ses premières menstruations et qui lui confèrent « pouvoir de séduction » et « protection surnaturelle », alors qu’ils sont dans la société gréco-romaine des marques punitives imprimées sur le corps des esclaves, des criminels et des prisonniers de guerre.

On pourrait multiplier à souhait les exemples pour montrer que les pratiques corporelles ne sont pas toujours des pratiques esthétiques. Si le corps est une expérience universellement partagée, la question se pose donc de savoir comment la recherche de sa beauté est devenue pour nous un idéal.

[...]

Vinicius-Wiesehofer-1-1024x448.jpg

 

Territoire de beauté à conquérir

Le paradoxe entre quête de singularité et diffusion massive des standards de beauté se renforce à travers les structures économiques, les médias, les plateformes numériques et les réseaux sociaux. On peut penser qu’avec la « selfisation » de la beauté qui anime aujourd’hui les sociétés modernes, les grandes entreprises traditionnelles du secteur de la beauté soient poussées à accumuler toujours plus de données pour proposer des produits de beauté hyper personnalisés, sur le modèle des marques en ligne qui construisent de nouveaux marchés à partir des attentes d’une communauté donnée, via des questionnaires ou des selfies.

Néanmoins, avec l’extension de la responsabilité sociale, de la prise de conscience massive de l’impact écologique des produits cosmétiques et du numérique sur la planète, avec l’inquiétude des effets mortifères des réseaux sociaux sur le tissu social et le problème posé par la récupération des données, les entreprises du secteur de la beauté ont également intérêt, elles aussi, à prendre soin de leur image.

En revanche, c’est d’un autre domaine que le Covid a fait ressortir l’importance. Depuis les débuts de l’épidémie, dans le secteur de la beauté, la vente des produits de maquillage a en effet baissé alors que celle des produits d’hygiène et de soin, et notamment la vente de produits hygiéniques et corporels, a augmenté. Par-delà le caractère exceptionnel de la situation sanitaire, un tel changement s’inscrit en réalité dans le phénomène d’individualisation de la beauté décrit plus haut : ce n’est plus seulement l’idéal visuel, mais la pratique corporelle et ce qu’une telle pratique apporte comme sentiment de bien-être et d’adhésion à soi qui importe. Le sentiment de beauté ne peut être effectif que si le produit est en bonne interaction avec le corps.

La sensibilité des usagers à un produit donné est on ne peut plus forte aujourd’hui. Le travail réalisé récemment sur les protections hygiéniques, qui fait état des substances chimiques dangereuses utilisées et partiellement réglementées en France, ne peut que renforcer l’attention portée à la composition des produits, qu’ils soient de beauté, d’hygiène ou de soin. Contre toutes les formes d’aliénation du corps, physiques avec les produits, psychiques avec les réseaux sociaux, on ne peut alors qu’encourager les initiatives pluridisciplinaires de recherche cosmétique dans un secteur qui participe pleinement, en fabriquant des produits pour le corps, à la vie humaine."

Article complet : https://demain.ladn.eu/secteurs/beaute/itineraires-de-la-beaute-pratiques-corporelles-beaute/

Dossier "Beauté au temps du Covid-19" complet : https://demain.ladn.eu/secteurs/beaute/

 

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De toute manière, va falloir s'habituer donc autant le prendre bien... :dev:

Et spéciale décidace à @hell-spawn !

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 48 535 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

Il faut bien s'y faire, l'homme est un collectionneur d'objets. Il a toujours l'outil , l'objet , l'accessoire qu'il faut, oui, c'est un fétichiste de la bricole. Presqu'aucun animal n'a cette collection de choses autour de lui, d'ornements extérieurs à sa personne. Aucun autre animal a développé  autant que l'homme cette passion pour le chiffon et la parure.

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 8 heures, querida13 a dit :

Il faut bien s'y faire, l'homme est un collectionneur d'objets. Il a toujours l'outil , l'objet , l'accessoire qu'il faut, oui, c'est un fétichiste de la bricole. Presqu'aucun animal n'a cette collection de choses autour de lui, d'ornements extérieurs à sa personne. Aucun autre animal a développé  autant que l'homme cette passion pour le chiffon et la parure.

bonjour

je crois que c'est arrivé une fois .

une famille habitait à la campagne , c'était l'été , il faisait très bon et les fenêtres de la maison étaient ouvertes toute la journée .

les habitants découvrir que des petites choses disparaissaient de temps en temps ?

une brosse à dent , une bague , et d'autres petite choses ?la femme très superticieuse voulait faire venir un exorciste , croyant que la maison était hantée ?

le mari était contre , car lui ne croyait à rien .un jour , il remarqua qu'il y àvait une sorte de cavité dans le creux de l'un des arbres de son jardin . par curiosité , il pris une échelle et grimpas jusqu'au creux de l'harbre .

il y découvris une petite tanière d'écureuil assée profonde et qui contenait : des noisettes , une brosse à dent , une bague et d'autres petites choses ...

bonne journée

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 48 535 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

On dit aussi que les pies ont la collectionnite aigüe

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Membre, Talon 1, 79ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 162 messages
79ans‚ Talon 1,
Posté(e)
Il y a 11 heures, Tequila Moor a dit :

Si le corps est une expérience universellement partagée, la question se pose donc de savoir comment la recherche de sa beauté est devenue pour nous un idéal.

[...]

Parce que nous évitons ce qui rend triste, et que nous recherchons ce qui rend joyeux. La notion de beauté est spécifique aux humains. Le bébé est satisfait par ses parents qui lui donnent donc du plaisir. L'esprit associe leur apparence au plaisir reçu. Devenu adulte, le souvenir de l'un rappellera le souvenir de l'autre. Inconsciemment.

Non, le paon ne fait pas la roue pour son esthétique. La paonne est attirée par la roue qui exprime le mieux la possibilité de reproduction.

Et c'est un peu pareil pour les humains. Beauté est resté longtemps synonyme de bonne santé. Protégez-vous. On n'imagine que le beau peut contaminer.

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a une heure, querida13 a dit :

On dit aussi que les pies ont la collectionnite aigüe

bonjour 

oui , c'est vraie , je crois que dans certaine campagne ont parlait de pies voleuses , surtout ce qui brillait .ont parlait aussi de miroir aux alouettes , mais c'est autre chose .

bonne journée

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a 21 minutes, Talon 1 a dit :

Parce que nous évitons ce qui rend triste, et que nous recherchons ce qui rend joyeux. La notion de beauté est spécifique aux humains. Le bébé est satisfait par ses parents qui lui donnent donc du plaisir. L'esprit associe leur apparence au plaisir reçu. Devenu adulte, le souvenir de l'un rappellera le souvenir de l'autre. Inconsciemment.

Non, le paon ne fait pas la roue pour son esthétique. La paonne est attirée par la roue qui exprime le mieux la possibilité de reproduction.

Et c'est un peu pareil pour les humains. Beauté est resté longtemps synonyme de bonne santé. Protégez-vous. On n'imagine que le beau peut contaminer.

bonjour

dans le monde humain , le paon , c'est le patron . la paonnne , c'est la patronne .

le paon patron humain doit éviter de reluquer la cliente aguichante car la paonne patronne ne le tolère pas.

disons quand même , que la beauté est d'une part relative à chaque espèce car , le crocodile mâle 

ne peut rien faire de coquet pour aguicher la femelle crocodile ?

( je m'excuse de cet intermède assez môche :D .

bonne journée

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Membre, Talon 1, 79ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 162 messages
79ans‚ Talon 1,
Posté(e)
il y a 24 minutes, le merle a dit :

bonne journée

C'est trumpien.:smile2:

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Invité
Invités, Posté(e)
Invité
Invité Invités 0 message
Posté(e)
Il y a 18 heures, Tequila Moor a dit :

(extraits choisis)

"En couvrant une partie du visage, le masque réagence notre apparence corporelle. Plus qu’un outil, il tend à devenir une parure puisqu’il participe désormais, bon gré mal gré, de l’image que l’on donne de soi dans l’espace public. La situation sanitaire fait ainsi naître de nouveaux processus d’esthétisation du corps, en particulier dans les pratiques de maquillage que le port du masque a bousculées, et nous invite à nous interroger sur ce qui incite les êtres humains à modifier leur apparence corporelle.

Flavio-Gasperini-1160x400.jpg

 

Regard anthropologique sur les pratiques corporelles

Selon Marcel Mauss, « l’homme a toujours cherché à se surajouter quelque chose de beau en société, à se l’incorporer ». Parmi les pratiques de décoration du corps, l’anthropologue distingue entre les pratiques cosmétiques, qui consistent à ajouter directement sur soi des décorations temporaires (maquillage) ou permanentes (tatouages, cicatrisations, scarifications, trous percés dans la langue, etc.) et les pratiques de parure qui consistent à additionner des ornements au corps (vêtements, bijoux, chapeaux, masques).

L’anthropologie contemporaine a montré que ces pratiques corporelles n’ont pas toujours une fonction esthétique. Dans les sociétés indiennes d’Amazonie par exemple, la peinture corporelle et les parures, bien loin d’être des artifices ou des déguisements, sont des artefacts qui prolongent le corps. Elles forment ensemble une « peau visible » et signalent l’appartenance à un groupe ou à une espèce : la peinture sur le corps humain du pelage tacheté du jaguar, par exemple, est une manière d’adopter le point de vue de celui-ci et d’appartenir ainsi au collectif des jaguars.

Bien loin d’être décoratifs, les tatouages peuvent quant à eux avoir une fonction sociale déterminante dans l’organisation de certains collectifs : dans la société inuit de l’Arctique indien, les tatouages des femmes sont des signes de maturité physique et sociale, donnés à la fille après ses premières menstruations et qui lui confèrent « pouvoir de séduction » et « protection surnaturelle », alors qu’ils sont dans la société gréco-romaine des marques punitives imprimées sur le corps des esclaves, des criminels et des prisonniers de guerre.

On pourrait multiplier à souhait les exemples pour montrer que les pratiques corporelles ne sont pas toujours des pratiques esthétiques. Si le corps est une expérience universellement partagée, la question se pose donc de savoir comment la recherche de sa beauté est devenue pour nous un idéal.

[...]

Vinicius-Wiesehofer-1-1024x448.jpg

 

Territoire de beauté à conquérir

Le paradoxe entre quête de singularité et diffusion massive des standards de beauté se renforce à travers les structures économiques, les médias, les plateformes numériques et les réseaux sociaux. On peut penser qu’avec la « selfisation » de la beauté qui anime aujourd’hui les sociétés modernes, les grandes entreprises traditionnelles du secteur de la beauté soient poussées à accumuler toujours plus de données pour proposer des produits de beauté hyper personnalisés, sur le modèle des marques en ligne qui construisent de nouveaux marchés à partir des attentes d’une communauté donnée, via des questionnaires ou des selfies.

Néanmoins, avec l’extension de la responsabilité sociale, de la prise de conscience massive de l’impact écologique des produits cosmétiques et du numérique sur la planète, avec l’inquiétude des effets mortifères des réseaux sociaux sur le tissu social et le problème posé par la récupération des données, les entreprises du secteur de la beauté ont également intérêt, elles aussi, à prendre soin de leur image.

En revanche, c’est d’un autre domaine que le Covid a fait ressortir l’importance. Depuis les débuts de l’épidémie, dans le secteur de la beauté, la vente des produits de maquillage a en effet baissé alors que celle des produits d’hygiène et de soin, et notamment la vente de produits hygiéniques et corporels, a augmenté. Par-delà le caractère exceptionnel de la situation sanitaire, un tel changement s’inscrit en réalité dans le phénomène d’individualisation de la beauté décrit plus haut : ce n’est plus seulement l’idéal visuel, mais la pratique corporelle et ce qu’une telle pratique apporte comme sentiment de bien-être et d’adhésion à soi qui importe. Le sentiment de beauté ne peut être effectif que si le produit est en bonne interaction avec le corps.

La sensibilité des usagers à un produit donné est on ne peut plus forte aujourd’hui. Le travail réalisé récemment sur les protections hygiéniques, qui fait état des substances chimiques dangereuses utilisées et partiellement réglementées en France, ne peut que renforcer l’attention portée à la composition des produits, qu’ils soient de beauté, d’hygiène ou de soin. Contre toutes les formes d’aliénation du corps, physiques avec les produits, psychiques avec les réseaux sociaux, on ne peut alors qu’encourager les initiatives pluridisciplinaires de recherche cosmétique dans un secteur qui participe pleinement, en fabriquant des produits pour le corps, à la vie humaine."

Article complet : https://demain.ladn.eu/secteurs/beaute/itineraires-de-la-beaute-pratiques-corporelles-beaute/

Dossier "Beauté au temps du Covid-19" complet : https://demain.ladn.eu/secteurs/beaute/

 

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De toute manière, va falloir s'habituer donc autant le prendre bien... :dev:

Et spéciale décidace à @hell-spawn !

Merci pour cet article très intéressant @Tequila Moor.

Les masques cachent malheureusement nos sourires, mais accentuent l'intensité, le language et les expressions de notre regard. 

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