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Il y a 80 ans... la tragédie de juin 1940 (8).


Gouderien

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Gouderien Membre 38 577 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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Suite des articles de l’armistice :

+ Les frais d'entretien des troupes allemandes d'occupation seront à la charge de la France.

+ Tous les Allemands prisonniers, ainsi que tous les réfugiés politiques allemands, devront être remis aux autorités d'occupation.

+ Par contre, les prisonniers français (1,6 million environ à cette date) resteront en captivité jusqu'à la conclusion de la paix.

+ Une Commission d'armistice franco-allemande sera chargée de régler tous les problèmes résultant de l'application des conventions de Rethondes. Elle aura son siège à Wiesbaden, c'est-à-dire à l'endroit même où, après la guerre de 1914-1918, le maréchal Foch avait installé son quartier général.

+ L'armistice pourra à tout moment être rompu par le gouvernement allemand, s'il estime que le gouvernement français ne remplit pas ses obligations.

+ L'article 23 précise que "la Convention franco-allemande entrera en vigueur aussitôt que le gouvernement français sera également arrivé avec le gouvernement italien, à un accord relatif à la cessation des hostilités."

Malgré les demandes des émissaires français, les Allemands refusent de discuter des conditions du futur traité de paix.

Dans la soirée, Huntziger reçoit l'autorisation de téléphoner à Bordeaux, au général Weygand. Il communique à un membre de son état-major les conditions de l'armistice, qu'il juge personnellement "dures mais non déshonorantes".

Antilles : après être passé par le Canada, le croiseur « Émile-Bertin » gagne la Martinique, avec à son bord une partie de l’or de la Banque de France.

Le grand Mufti de Jérusalem adresse à Hitler "ses sincères félicitations à l'occasion des triomphes politiques et militaires obtenus par le Führer grâce à sa prévoyance et à son génie... Le peuple arabe attend avec confiance le résultat de votre victoire finale. Il sait qu'elle signifiera pour lui son indépendance, son unité et un traité de collaboration et d'amitié."

 

Le 22 juin, Weygand autorise les armées de l'Est (qui disposent encore de 400.000 hommes) à "demander la cessation de la lutte avec les honneurs de la guerre". Les Allemands s'emparent de Toul.

Non contente de faire échec aux assauts italiens, l'armée française des Alpes réserve également des mauvaises surprises aux Allemands qui, dans l'Isère, se portent au secours de leurs alliés. C'est ainsi qu'une colonne de 150 chars, appartenant au 16e Panzerkorps du général Hoepner, est repoussée devant Voreppe avec de lourdes pertes. A Moirans, les chasseurs alpins rejettent sur leurs positions de départ les avant-gardes de la 3e Panzerdivision ; enfin, des batteries allemandes qui tiraient sur Grenoble sont pulvérisées.

Bordeaux : dans la nuit du 21 au 22, un conseil des ministres se réunit pour statuer sur les exigences allemandes ; Lebrun, l'amiral Darlan et Camille Chautemps déclarent qu'elles sont inacceptables, et envisagent à nouveau la poursuite de la guerre en Afrique du Nord. Mais une fois de plus, Weygand affirme que ce projet est chimérique, car l'AFN est indéfendable. Finalement, il est décidé de demander quelques adoucissements aux conditions allemandes, entre autres que Paris soit laissée en dehors de la zone occupée, et que la flotte puisse stationner dans les ports africains. A la sortie du conseil, l'ambassadeur britannique, sir Ronald Campbell, exprime son mécontentement à Paul Baudouin : il a l'impression d'être tenu à l'écart des négociations.

Rethondes : les délégations française et allemande se retrouvent à 11h05. Huntziger n'obtient qu'une seule modification des conditions de l'armistice : les Allemands acceptent le stationnement de la flotte française dans les ports d'Afrique. Au sujet de l'accord avec les Italiens, Huntziger s'écrie :

"Si à Rome nous sommes mis en présence d'exigences inacceptables, tout l'édifice de notre convention avec l'Allemagne s'écroulera... Vous nous foulerez aux pieds, vous nous ferez plus de mal encore : nous le supporterons, mais nous ne donnerons pas notre signature et nous reprendrons notre liberté d'action. Nous avons notre marine intacte, notre aviation intacte. Advienne que pourra ! La France en a vu d'autres. Elle estime que l'honneur est préférable à la vie !"

Vers 18h40, la délégation française reçoit de Bordeaux l'autorisation de signer l'armistice. Ce sera fait à 18h50... Après la signature, le général Huntziger déclare à Keitel :

"Il faut que dans l'avenir nous puissions, nous, militaires français, n'avoir pas à nous repentir du geste que je viens de faire."

 

Je ne vais pas me lancer dans de longues considérations à propos de cet armistice qui, sur le moment, est apparu absolument indispensable à la majorité des Français, sauf à une toute petite minorité de résistants dont, bien sûr, le général de Gaulle. Juste quelques éléments :

- Il était impossible de continuer la lutte en métropole ; le ressort national était momentanément brisé.

- Continuer la lutte dans les Colonies, comme le voulait de Gaulle, était théoriquement possible sur le papier. Dans la réalité, c’était une autre histoire. L’Afrique du Nord n’avait pas d’industrie de guerre. Et surtout, franchir la Méditerranée n’aurait sans doute pas été un obstacle si considérable pour les Allemands : après tout, ils l’ont bien fait en novembre 1942 en Tunisie, alors que l’essentiel de leurs forces était en Russie et que les Anglo-Américains dominaient la mer et le ciel !

Ce qui est absolument certain, c’est que continuer la guerre dans l’Empire aurait orienté le conflit dans une toute autre direction…

Sur le moment cet armistice est apparu relativement modéré aux dirigeants français, qui ne se sont pas rendus compte quel instrument de chantage les Allemands allaient en faire… Déjà Pétain et ses ministres pouvaient se réjouir de plusieurs choses : la flotte et l’Empire étaient saufs, et une zone libre allait subsister. Mais le problème de la flotte va prendre, dans les jours à venir, des proportions totalement inattendues pour le gouvernement français, et cela non pas à cause des Allemands, mais des Britanniques.

 

Sitôt que sir Ronald Campbell, ambassadeur de Grande-Bretagne en France, a connaissance du texte de la convention d'armistice, les services diplomatiques anglais quittent Bordeaux, ce qui équivaut à une rupture des relations diplomatiques. Ce départ précipité est causé par une mauvaise interprétation des clauses de l'armistice, en particulier de l'article 8 : les Anglais s'imaginent que les navires de guerre français vont devoir être remis aux autorités allemandes, ce qui n'est pas du tout le cas. Campbell regagne son pays avec la conviction, qu'il va faire partager à Churchill, que la France a décidément renié tous ses engagements. En renforçant le Premier britannique dans sa résolution de tout faire pour empêcher la flotte française de tomber aux mains des Allemands, ce malentendu va avoir les conséquences tragiques que l'on sait.

Londres : Winston Churchill prononce à la BBC un discours dans lequel il déclare :

"Le gouvernement de Sa Majesté a appris avec douleur et stupéfaction que le gouvernement français avait accepté les conditions d'armistice fixées par les Allemands..."

Il cherche à dissocier la nation française du gouvernement "tombé sous la botte", et fait à la France des promesses de restauration :

"...Une fois victorieuse, la Grande-Bretagne prendra à cœur, malgré l'acte du gouvernement de Bordeaux, la cause du peuple français."

Bordeaux : le maréchal Pétain répond à ce discours par un autre, assez violent :

"M. Churchill est juge des intérêts de son pays, il ne l'est pas des intérêts du nôtre. Il l'est encore moins de l'honneur français..."

Londres : nouvel appel de de Gaulle à la BBC :

"L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront."

 

Le 23 juin, les Allemands atteignent La Roche-sur-Yon, Niort, La Rochelle.

Léonce Vieljeux, maire de La Rochelle, refuse d'amener le drapeau français.

C'est sans doute en raison de son éducation protestante et de sa foi très affirmée, autant que parce qu'il avait été touché dans son honneur de soldat, que le maire de La Rochelle refusa d'amener le drapeau, comme le lui demandaient les Allemands.

Résistant, Léonce Vieljeux sera déporté et fusillé en septembre 1944, avec son gendre pasteur.

Les Italiens échouent toujours dans les Alpes, mais parviennent à occuper Menton ; ce sera la limite de leurs succès.

La délégation française qui vient de signer l'armistice à Rethondes prend l'avion pour Rome, afin d'y négocier l'arrêt des hostilités avec l'Italie.

 

Voyage de Hitler à Paris.

Accompagné du général Keitel, du Reichsleiter Martin Bormann, des architectes Albert Speer et Hermann Giessler, du sculpteur Arno Breker et de nombreux aides de camp, le Führer visite la plupart des monuments de la capitale vaincue. L'opéra l'impressionne particulièrement, ainsi que le tombeau de Napoléon. Hitler, qui dans sa jeunesse avait voulu devenir architecte, se pique d'urbanisme. Il fait même mesurer les Champs-Élysées : la future avenue triomphale de Berlin doit être deux fois plus large.

Voici comment Albert Speer (qui, à l'époque, avait été chargé par Hitler de faire de Berlin la plus belle ville du monde) relate ce voyage, dans son livre "Au cœur du Troisième Reich" (Fayard) :

"...Notre avion se posa de bon matin, vers cinq heures trente environ, à l'aéroport du Bourget. Trois grandes Mercedes noires nous attendaient. Comme toujours, Hitler s'assit sur le siège avant, à côté du chauffeur ; Breker et moi, nous prîmes place sur les strapontins derrière lui, tandis que Giessler et l'aide de camp occupaient le siège arrière. Nous, les artistes, nous portions un uniforme gris-vert retouché à nos mesures, qui nous faisait passer inaperçus au milieu des militaires. Traversant les villes de banlieue, nous nous rendîmes directement au grand Opéra néobaroque de l'architecte Garnier. Hitler avait exprimé le désir d'aller voir en premier son édifice préféré. A l'entrée, nous fûmes accueillis par le colonel Speidel, mis à notre disposition par les autorités allemandes d'occupation.

Le grand escalier, célèbre pour ses proportions grandioses et son ornementation, le foyer fastueux, la salle chargée d'or, tout fut visité en détail. Toutes les lumières brillaient comme pour une soirée de gala. Hitler nous guidait. Un ouvreur aux cheveux blancs accompagnait notre petit groupe à travers l'édifice désert. Hitler avait réellement étudié à fond les plans de l'Opéra de Paris ; dans la loge d'avant-scène, il remarqua qu'un salon avait disparu. L'ouvreur confirma que cette pièce avait été supprimée quelques années auparavant, à la suite d'une transformation. "Vous voyez comme je m'y connais ici..." dit Hitler, satisfait. Fasciné par l'Opéra, il s'exalta sur sa beauté inégalée, les yeux brillants, perdu dans une extase qui ne laissa pas de m'inquiéter. (…)

Passant devant la Madeleine, nous nous engageâmes ensuite sur les Champs-Élysées pour aller au Trocadéro, puis à la tour Eiffel, où Hitler ordonna une nouvelle halte ; nous allâmes également à l'arc de Triomphe, avec la tombe du Soldat inconnu, et aux Invalides où Hitler s'arrêta un long moment devant le tombeau de Napoléon. Enfin il visita le Panthéon, dont les proportions l'impressionnèrent vivement. Par contre, les plus belles créations architecturales de Paris, la place des Vosges, le Louvre, le Palais de Justice, la Sainte-Chapelle n'éveillèrent chez lui aucun intérêt particulier. Il ne s'anima à nouveau que devant la ligne uniformément continue des maisons de la rue de Rivoli. Le terme de notre randonnée fut l'église du Sacré-Cœur de Montmartre, cette imitation romantique et fade des églises à coupole du haut Moyen Age, choix surprenant, même pour le goût d'Hitler. Là il fit une longue halte, entouré de quelques hommes vigoureux de son commando de protection, reconnu mais ignoré par de nombreux fidèles. Après un dernier coup d'œil sur Paris, nous regagnâmes rapidement l'aéroport. A neuf heures, la visite était terminée. "C'était le rêve de ma vie de pouvoir visiter Paris. Je ne saurais dire combien je suis heureux que ce rêve soit réalisé aujourd'hui." Pendant un instant, j'éprouvai pour lui de la pitié : trois heures passées à Paris, la première et la dernière fois qu'il y venait, le rendirent heureux, alors qu'il était à l'apogée de ses succès. (…)

Le soir, il me reçut encore une fois dans la petite salle de sa ferme ; il était assis seul à une table. Sans ambages, il me déclara : "Préparez un décret dans lequel j'ordonne la pleine reprise des constructions de Berlin... N'est-ce pas que Paris était beau ? Mais Berlin doit devenir beaucoup plus beau ! Je me suis souvent demandé, dans le passé, s'il ne fallait pas détruire Paris, poursuivit-il d'un ton serein, comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle du monde, mais lorsque nous aurons terminé Berlin, Paris ne sera plus que son ombre. Alors pourquoi le détruire ?" Sur ce il me congédia.

Bien que je fusse habitué aux remarques impulsives d'Hitler, cette brutale révélation de son vandalisme m'effraya."

 

A 10 heures du matin, toujours le 23 juin, Alexander, Premier lord de l’Amirauté, et l'amiral de la flotte sir Dudley Pound font parvenir à l'amiral Darlan, par le torpilleur britannique "Beagle" venu à Bordeaux pour démolir - sans l'assentiment français - les installations portuaires et pétrolières de la Gironde, deux télégrammes dont la lecture le remplit de perplexité.

Le ministre de la Marine britannique offre à son collègue français le choix entre "continuer la lutte à nos côtés ou envoyer la flotte dans nos ports". Le "First Sea Lord" s'élève contre les dispositions de l'article 8 de la convention d'armistice, signale le danger de voir nos quatre navires de ligne modernes utilisés par les Allemands, et rappelle que la condition mise par la Grande-Bretagne à un armistice franco-allemand était que "la flotte fût envoyée au préalable dans les ports anglais pour qu'on soit certain qu'elle ne tomberait pas aux mains de l'ennemi".

A première vue, Darlan se demande si ces textes, de rédaction assez confuse, ne s'apparentent pas aux démarches qui se déroulent à la même époque au Maroc et dans l'Empire français pour tenter d'en débaucher les chefs. Pratiquement, d'ailleurs, que peut faire, au reçu de ces télégrammes, le chef de la marine française ?

Darlan avait rencontré cinq jours plus tôt les auteurs de ces deux messages, qui ne lui avaient parlé d'aucune condition, et lui avaient tenu un tout autre langage. Il a pris devant eux l'engagement qu'en aucun cas nos bâtiments ne seraient utilisés par les Allemands. Il a donné les ordres en conséquence. Quant à l'armistice, il est signé de la veille : il est trop tard pour le rejeter, et d'ailleurs la marine n'y peut rien. A moins de partir aussitôt sur le torpilleur anglais pour rejoindre le général de Gaulle, Darlan ne voit vraiment pas ce qu'on attend de lui... Le « Beagle » quitte Bordeaux, en signalant qu’il n’a reçu aucune réponse satisfaisante. 

Pierre Laval entre dans le gouvernement Pétain en qualité de ministre d'État.

C'est une revanche éclatante pour Pierre Laval : quand les députés radicaux avaient renversé son gouvernement, le 22 janvier 1936, il ne s'était trouvé personne pour le plaindre et l'accompagner dans une traversée du désert qui devait durer quatre ans. Il est aujourd'hui ministre d'État du gouvernement du maréchal Pétain, et paraît décidé à prendre sa revanche sur la Chambre. Il vient en effet d'empêcher le départ du gouvernement en Afrique du Nord ; ce résultat n'est sans doute pas étranger à sa nomination au gouvernement. C'est d'ailleurs son expérience du monde parlementaire qui lui vaut d'avoir été choisi par Pétain. Est-ce à dire que les deux hommes ont des affinités ? Certes non ! Pétain ne l'apprécie guère, mais il manque d'expérience politique, aussi juge-t-il utile d'avoir à ses côtés celui que l'on surnomme le "Louis XI de grande banlieue", l'"Auvergnat", "Bougnaparte" ou encore, selon l'expression cruelle de Léon Blum, le "maquignon de Châteldon". En effet, Pierre Laval a peu d'amis, et beaucoup d'ennemis... Le général Weygand, qui le méprise, a dissuadé Pétain de le nommer aux Affaires étrangères.

Il faut dire que l'individu, de prime abord, n'attire pas. La veste et le pantalon tombent mal. Le gilet accuse l'embonpoint. Le teint fait maladif. Les dents jaunies, au-dessus d'une lippe épaisse, trahissent les "éternelles cigarettes". Seul détail de prix, la cravate de soie blanche (qui le fera souvent désigner comme "l'homme à la cravate blanche") ; mais elle sent le parvenu.

Le personnage, qui va jouer de 1940 à 1944 – avec une interruption de plus d’un an en 1941-42 – le rôle « d’âme damnée » du maréchal Pétain, ne saurait pourtant être sans talent ni entregent. Sinon, comment expliquer son ascension ? Laval n’est pas vraiment pronazi – à l’origine, il était même plutôt pacifiste. Mais il pense que les Allemands ont gagné la guerre, et que pour relever la France, il n’existe pas 36 solutions : il faut s’entendre avec eux. Pour cela, il fait confiance à ses talents de négociateur, de « maquignon », comme disent ses ennemis. Il envisage cela comme un marché : si les Allemands veulent quelque chose, il faudra bien qu’en contrepartie ils concèdent des avantages à la France. Laval est d’ailleurs persuadé d’être un pragmatique, contrairement à un rêveur comme de Gaulle ; pour lui, suivant une formule bien connue, « il n’y a pas d’alternative ».

Sa seule erreur – mais elle est colossale, et elle va l’entraîner sur des chemins bien sombres – c’est que les nazis ne fonctionnent pas ainsi.

La fameuse photo de Hitler à Paris, devant la Tour Eiffel, entre l'architecte Albert Speer et le sculpteur Arno Breker. 

hitler-a-paris.jpeg

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Condorcet Membre 10 257 messages
Baby Forumeur‚ 67ans‚
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Il y a 1 heure, Gouderien a dit :

Suite des articles de l’armistice :

Comme je l'ai déjà dit l'excellent exposé n'enlève rien au fait que je trouve cela déprimant à lire, comme si l'on voulait oublier ces temps dramatiques. Au stade où nous en sommes je frémis d'avance en pensant à l'odeur acre du feu sur le cuirassé Bretagne en perdition qui va bientôt arriver... :cray:

A noter que les anglais semblent l'avoir mauvaise de ne pas avoir été consultés lors des négociations de capitulation. Sauf que ça ne marche pas comme ça avec les nazi. Il n'y a pas eut de discussions, juste un dictat (sauf peut être un détail sur la localisation de la flotte).

A ce titre je suis choqué que Pétain ait dit à la radio de cesser le combat avant toute discussion avec le vainqueur, ce qui exclue l'opportunité d'obtenir des aménagements.  

Ceci dit les anglais ne s'étaient pas gênés pour signer un accord maritime sans consulter la France, ni Chamberlin se s'empresser de prendre l'avion pour rencontrer her Hitler sans consulter les français, de se mettre les Italiens à dos à la SDN toujours sans consulter les français, de balayer d'un revers de main une offre de médiation de Roosevelt avant que n'éclate la guerre, de traiter en suspicion Staline qui avait proposé une garantie conjointe de l'indépendance de la Tchécoslovaquie, etc...

Toutefois les anglais ne pensent qu'à une chose : la flotte française. Qui pourrait faire changer l'équilibre en méditerranée, voir dans la manche lors d'une tentative d'invasion. Par exemple le cuirassé Richelieu (échappé de Brest en juin 40) comporte comme armement principal 2 tourelles quadruples à l'avant qui lui confèrent autant de puissance de feu que la totalité de l'armement principal du Bismarck...

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 577 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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Il y a 1 heure, Condorcet a dit :

Comme je l'ai déjà dit l'excellent exposé n'enlève rien au fait que je trouve cela déprimant à lire, comme si l'on voulait oublier ces temps dramatiques. Au stade où nous en sommes je frémis d'avance en pensant à l'odeur acre du feu sur le cuirassé Bretagne en perdition qui va bientôt arriver... :cray:

A noter que les anglais semblent l'avoir mauvaise de ne pas avoir été consultés lors des négociations de capitulation. Sauf que ça ne marche pas comme ça avec les nazi. Il n'y a pas eut de discussions, juste un dictat (sauf peut être un détail sur la localisation de la flotte).

A ce titre je suis choqué que Pétain ait dit à la radio de cesser le combat avant toute discussion avec le vainqueur, ce qui exclue l'opportunité d'obtenir des aménagements.  

Ceci dit les anglais ne s'étaient pas gênés pour signer un accord maritime sans consulter la France, ni Chamberlin se s'empresser de prendre l'avion pour rencontrer her Hitler sans consulter les français, de se mettre les Italiens à dos à la SDN toujours sans consulter les français, de balayer d'un revers de main une offre de médiation de Roosevelt avant que n'éclate la guerre, de traiter en suspicion Staline qui avait proposé une garantie conjointe de l'indépendance de la Tchécoslovaquie, etc...

Toutefois les anglais ne pensent qu'à une chose : la flotte française. Qui pourrait faire changer l'équilibre en méditerranée, voir dans la manche lors d'une tentative d'invasion. Par exemple le cuirassé Richelieu (échappé de Brest en juin 40) comporte comme armement principal 2 tourelles quadruples à l'avant qui lui confèrent autant de puissance de feu que la totalité de l'armement principal du Bismarck...

Euh... c'est une litote de dire que les Anglais l'ont mauvaise. Churchill est très en colère, autant (sinon plus) contre les Français que contre les Allemands. La flotte, c'est tout ce qui défend maintenant l'Angleterre, alors les Anglais sont obsédés par ce que va devenir la flotte française. Au niveau de l'aviation, les Allemands croient aux théories (fausses) de Douhet comme quoi un pays peut être vaincu par l'arme aérienne seule, mais le problème c'est que les Anglais y croient aussi! Ils ont donc quelques raisons d'avoir la trouille... Et après la débâcle générale de l'armée française à laquelle il a assisté, Churchill ne croit plus du tout à la parole des Français, hommes politiques ou militaires. De Gaulle est le seul qui garde un peu de crédibilité à ses yeux, mais fin juin-début juillet 1940, de Gaulle n'est rien.

Maintenant si Pétain et Laval avaient été d'aussi grands salauds que ce que semblait redouter Churchill, après Mers el Kébir ils mettaient la flotte française à la disposition des Allemands, et Hitler avait enfin les moyens d'envahir l'Angleterre! Si on avait laissé Darlan décider, ça ne faisait pas un pli! C'est Pétain qui a dit : une défaite suffit. J'en parlerai, bien entendu.

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Membre, 158ans Posté(e)
fullmetal06 Membre 4 145 messages
Baby Forumeur‚ 158ans‚
Posté(e)

gouderien as tu fais des recherches sur des résistant ?

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 577 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)
il y a 12 minutes, fullmetal06 a dit :

gouderien as tu fais des recherches sur des résistant ?

Oui, mais on en est pas encore là (quoique j'en cite quelques-uns). La résistance en juin 40, c'est quand même assez limité.

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Membre, 67ans Posté(e)
Condorcet Membre 10 257 messages
Baby Forumeur‚ 67ans‚
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Quoi qu'à cette date il existe un certain capitaine Philippe de Hauteclocque qui s'est déjà évadé par deux fois pour poursuivre le combat, le 29 mai, puis le 17 juin.

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 577 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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il y a 34 minutes, Condorcet a dit :

Quoi qu'à cette date il existe un certain capitaine Philippe de Hauteclocque qui s'est déjà évadé par deux fois pour poursuivre le combat, le 29 mai, puis le 17 juin.

Bien sûr, mais je ne le mets pas dans la catégorie des résistants (de l'intérieur) mais des Français libres, ce qui est différent.

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Membre, 75ans Posté(e)
Peyo Membre 1 693 messages
Baby Forumeur‚ 75ans‚
Posté(e)

 

juste une petite question. Tu me réponds si tu veux, of course.

 

Voilà, j'ai posté un topic sur le même sujet en 4 posts différents. J'ai donné les sources. Et l'on m'a verrouillé 3 des autres topics , en me demandant de tout regrouper sur le premier.

 

Comme je vois que tu en a 8, comment est-ce possible  ?

Le 09/08/2020 à 18:53, Gouderien a dit :

Bien sûr, mais je ne le mets pas dans la catégorie des résistants (de l'intérieur) mais des Français libres, ce qui est différent.

 

POURQUOI  ???

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Membre, 67ans Posté(e)
Condorcet Membre 10 257 messages
Baby Forumeur‚ 67ans‚
Posté(e)
Le 09/08/2020 à 18:53, Gouderien a dit :

Bien sûr, mais je ne le mets pas dans la catégorie des résistants (de l'intérieur) mais des Français libres, ce qui est différent.

A propos, alors que je saluais le caractère sobre et peu encombré de détails inutiles à la trame principale de tes articles, ce fut une bonne idée de développer les interventions et mésaventures de Jean Moulin et d'Aristides de Sousa Mendes, consul général du Portugal à Bordeaux, car les faits sont forts et emblématiques.

J'ai lu un biographie du général Leclerc. (Général Jean Compagnon, Leclerc, Maréchal de France, Flammarion, 1994). Ses aventures sont incroyables, on se croirait dans une bande dessinée avec Tintin.

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