Les Fleurs du Mal

Gabrielle Membre 146 messages
Forumeur inspiré‚ 36ans
Posté(e)

Bonjour à tous!

Je m'apprête à lire les Fleurs du Mal de Baudelaire, mais est-ce que ce livre est bien ? passionant ? rébarbatif ?

Merci.

G.

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Invité raph33
Invité raph33 Invités 0 message
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LaClandestina Membre 19 730 messages
Agent Publicitaire‚ 29ans
Posté(e)

Bin moi j'ai réussi à le lire, donc c'est que c'est pas trop lourd!!!

Comme dit Raph, c'est culte!

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carmina Membre 23 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Les Fleurs du Mal, je l'ai déjà lu et relu, mais par petits bouts, je prends un poème par-ci, par-là, mais ils sont tellement beaux que je tombe toujours sur ceux que j'aime ! Je te conseille vraiment de commencer par lire Le Jet d'Eau, qui est celui qui m'a tapé dans l'oeil !! ;)

Bonne lecture !

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kimoi? Membre 11 962 messages
Revenant (?)‚ 41ans
Posté(e)

Culte, en effet.

Mais à ne surtout pas lire comme un roman : ça se picore par petits bouts comme dit Carmina. Je vais paraître un peu trivial, mais c'est typiquement le genre de livre qui trouve sa place aux toilettes plutôt que sur la table de chevet.

Chaque pièce peut-être lu indépendamment même s'il y a dans le recueil une architecture, la succession des poèmes correspondant à une sorte de parcours. En caricaturant, on part d'un constat de mal-être avec spleen et idéal, on envisage différentes solutions (dont le vin) avant d'arriver à la dernière : la mort.

Tous les poèmes ne te parleront probablement pas, mais il y en a surement qui te marqueront.

Pour moi, il y a le célébrissime Albatros ("Souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage...") et aussi l'héautontimorouménos (le serpent qui se mord la queue) :

"Je suis la plaie et le couteau !

Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et la roue,

Et la victime et le bourreau !"

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Astrogirl Membre+ 1 307 messages
tchoubidouwap <3‚ 27ans
Posté(e)

kimoi tu ferais hurler mon prof de français s'il te lisait là ;)

Mais c'est vrai que même si tu le lis pas dans l'ordre ça marche ;)

Par contre vite de lie tous les poèmes à suivre en 3jours parce que du coup ça devient lourd ... ;)

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carmina Membre 23 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

C'est vrai que si tu entreprends de tout lire à la suite sans interruption, tu vas en avoir ras-le-bol à la fin et tu ne vas pas avoir savouré ces beaux vers... Dommage ! ;)

Les Fleurs du Mal, c'est le livre que tu ouvres quand tu as envie de lire de jolies phrases, de t'échapper un peu de ce monde de fous ;)

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Acharon Membre 2 217 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)
;) Kimoi n'as tu pas honte mettre ce monument de la poésie française aux toiettes.......c'est une excellente idée !Je suis entierement d'accord avec toi les fleurs du mal n'est pas un roman que l'ont dévore mais un recueil de poemes que l'on deguste , que l'on apprécie vers apres vers,et jour apres jour enjolivant les malheurs de l'ame habillant d'or la plus morne tristesse .Ah Baudelaire ami des ames tristes , fossoyeur de la morale crasse je t'aime et t'aimerai toujours car par temps de pluie ou en voyage tu es mon meilleur compagnon .
Modifié par Acharon

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Invité Mitsakie
Invité Mitsakie Invités 0 message
Posté(e)

Un livre osé pour cette époque puritaine

Alexandre si beau et si.....

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mamierenne Membre 2 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Comment tu peux demander l'avis des autres pour lire un tel chef d'oeuvre ??

Baudelaire est un maître de la littérature française et le créateur du spleen, tu sais ce sentiment de malêtre qui ronge ton âme.

On ne demande pas à lire Baudelaire, on attend pas qu'on nous demande de lire Baudelaire, on lit Baudelaire, on s'émerveille et on pleure. C'est une mise à nue de l'âme, une purgation, à consommer sans modération.

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Invité SAVANNA
Invité SAVANNA Invités 0 message
Posté(e)

Le goût du néant

Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte,

L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur,

Ne veut plus t'enfourcher! Couche-toi sans pudeur,

Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle bute.

Résigne-toi, mon coeur; dors ton sommeil de brute.

Esprit vaincu, fourbu! Pour toi, vieux maraudeur,

L'amour n'a plus de goût, non plus que la dispute;

Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte!

Plaisirs, ne tentez plus un coeur sombre et boudeur!

Le Printemps adorable a perdu son odeur!

Et le Temps m'engloutit minute par minute,

Comme la neige immense un corps pris de roideur;

Je contemple d'en haut le globe en sa rondeur,

Et je n'y cherche plus l'abri d'une cahute.

Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute?

Charles Baudelaire

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Invité SAVANNA
Invité SAVANNA Invités 0 message
Posté(e)

élévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par delà le soleil, par delà les éthers,

Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,

Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;

Va te purifier dans l'air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse

S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

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pascale60 Membre 388 messages
Forumeur survitaminé‚ 57ans
Posté(e)

Ma préférée

La chevelure

é toison, moutonnant jusque sur l'encolure !

é boucles ! é parfum chargé de nonchaloir !

Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure

Des souvenirs dormant dans cette chevelure,

Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,

Tout un monde lointain, absent, presque défunt,

Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !

Comme d'autres esprits voguent sur la musique,

Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,

Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;

Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !

Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve

De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire

A grands flots le parfum, le son et la couleur ;

Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,

Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire

D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse

Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;

Et mon esprit subtil que le roulis caresse

Saura vous retrouver, ô féconde paresse,

Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,

Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;

Sur les bords duvetés de vos mèches tordues

Je m'enivre ardemment des senteurs confondues

De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde

Sèmera le rubis, la perle et le saphir,

Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !

N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde

Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

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Invité SAVANNA
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Posté(e)

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l'ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

é l'âme en secret

Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l'humeur est vagabonde ;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

- Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'hyacinthe et d'or ;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

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Invité SAVANNA
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Posté(e)

La Destruction

Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon ;

II nage autour de moi comme un air impalpable ;

Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon

Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art,

La forme de la plus séduisante des femmes,

Et, sous de spécieux prétextes de cafard,

Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

II me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,

Haletant et brisé de fatigue, au milieu

Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion

Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,

Et l'appareil sanglant de la Destruction

LES FLEURS DU MAL

Baudelaire

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Invité Karbomine
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Posté(e)
l'héautontimorouménos (le serpent qui se mord la queue) :

"Je suis la plaie et le couteau !

Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et la roue,

Et la victime et le bourreau !"

Sans vouloir faire ma chieuse, tu confonds héautontimorouménos (celui qui se crucifie lui-même) et ouroboros (serpent qui se mord la queue).

Sinon, OUI, Les fleurs du mal c'est par excellence l'ouvrage incontournable. Si tu n'as pas lu ce livre, tu ne comprends rien à tout ce qui a suivi.

Certains poèmes mettent des années à monter au cerveau mais à chaque fois que ça se produit, c'est un petit miracle.

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Invité SAVANNA
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Posté(e)

L'héautontimorouménos

Je te frapperai sans colère

Et sans haine, comme un boucher,

Comme Moïse le rocher !

Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Saharah,

Jaillir les eaux de la souffrance.

Mon désir gonflé d'espérance

Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large,

Et dans mon coeur qu'ils soûleront

Tes chers sanglots retentiront

Comme un tambour qui bat la charge !

Ne suis-je pas un faux accord

Dans la divine symphonie,

Grâce à la vorace Ironie

Qui me secoue et qui me mord ?

Elle est dans ma voix, la criarde !

C'est tout mon sang, ce poison noir !

Je suis le sinistre miroir

Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau !

Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et la roue,

Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon coeur le vampire,

- Un de ces grands abandonnés

Au rire éternel condamnés,

Et qui ne peuvent plus sourire !

Modifié par SAVANNA

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Invité SAVANNA
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Posté(e)

Hommage aux deux poètes de mon coeur ..

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Invité SAVANNA
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Posté(e)

L'Irréparable

Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,

Qui vit, s'agite et se tortille

Et se nourrit de nous comme le ver des morts,

Comme du chêne la chenille?

Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords?

Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,

Noierons-nous ce vieil ennemi,

Destructeur et gourmand comme la courtisane,

Patient comme la fourmi?

Dans quel philtre? dans quel vin? dans quelle tisane?

Dis-le, belle sorcière, oh! dis, si tu le sais,

A cet esprit comblé d'angoisse

Et pareil au mourant qu'écrasent les blessés,

Que le sabot du cheval froisse,

Dis-le, belle sorcière, oh! dis, si tu le sais,

A cet agonisant que le loup déjà flaire

Et que surveille le corbeau,

A ce soldat brisé! s'il faut qu'il désespère

D'avoir sa croix et son tombeau;

Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire!

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?

Peut-on déchirer des ténèbres

Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,

Sans astres, sans éclairs funèbres?

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?

L'Espérance qui brille aux carreaux de l'Auberge

Est soufflée, est morte à jamais!

Sans lune et sans rayons, trouver où l'on héberge

Les martyrs d'un chemin mauvais!

Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge!

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés?

Dis, connais-tu l'irrémissible?

Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,

A qui notre coeur sert de cible?

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés?

L'Irréparable ronge avec sa dent maudite

Notre âme, piteux monument,

Et souvent il attaque ainsi que le termite,

Par la base le bâtiment.

L'Irréparable ronge avec sa dent maudite!

J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal

Qu'enflammait l'orchestre sonore,

Une fée allumer dans un ciel infernal

Une miraculeuse aurore;

J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal

Un être, qui n'était que lumière, or et gaze,

Terrasser l'énorme Satan;

Mais mon coeur, que jamais ne visite l'extase,

Est un théâtre où l'on attend

Toujours, toujours en vain, l'Etre aux ailes de gaze!

Receuil: Les Fleurs du Mal

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Invité SAVANNA
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