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Ahmed revient, une pièce de théâtre de A. Badiou


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LouiseAragon Membre 14351 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

AHMED REVIENT + d'infos sur le texte de Alain Badiou

  • Un texte qui questionne le je par le jeu !
(...)  la farce permet une agressivité politique dont seul le comique est capable. Ahmed se pose ainsi en diseur de vérités qui dérangent. Si la forme théâtrale semble rappeler la commedia dell’arte, les personnages types ici ne sont pas des héritiers des personnages de la comédie italienne, ils nous renvoient à une réalité contemporaine pour la questionner, en montrer les faux-semblants...
 

https://www.journal-laterrasse.fr/ahmed-revient/

Qui est Ahmed ?

Didier Galas : Il est plusieurs personnes à la fois. Il est d’abord Alain Badiou, qui revient avec un nouveau texte théâtral, mais il est aussi Didier Galas, qui fait retour à ce personnage créé au XXème siècle et alors mis en scène par Christian Schiaretti, et il est surtout Ahmed lui-même, ce personnage au nom musulman qui revient sur le devant de la scène. Au XXème siècle, quand on parlait d’Ahmed, affleurait le racisme ordinaire ; entre temps, il a revêtu une autre tonalité. Les prénoms musulmans ont pris la teinte des attentats, et cet Ahmed du XXIème siècle met le doigt sur les problèmes qui existent entre la société occidentale et le monde musulman : il permet de faire entendre une pensée et pas seulement une opinion.

Comment ce personnage s’est-il transformé ?

D. G. : Ahmed est toujours un personnage comique, mais si le premier était proche de Scapin, le deuxième ressemble plutôt à Arlequin. Il est devenu plus proche du clown blanc que de l’auguste. Le texte de ce deuxième Ahmed est un monologue : il n’a donc pas le loisir de faire rire des autres présents avec lui sur scène. Il est donc davantage en réflexion sur lui-même, dans cette solitude qui permet la remise en question ; il a quelque chose de plus humain ; il n’est plus le magnifique qui a toujours le dernier mot. Ahmed est donc toujours un personnage flamboyant et intelligent, mais apparaissent désormais ses faiblesses.

De quoi parle-t-il ?

D. G. : Il parle du fait qu’il s’appelle Ahmed, du fait qu’il revient, et il parle d’aujourd’hui. Il parle du racisme, non pas en faisant un cours, mais toujours en riant, il parle de laïcité, d’islamisme ; il évoque des thèmes politique, philosophiques et théâtraux. C’est surtout un monologue qui réfléchit à ce qui fait la nature d’un personnage, d’un acteur et d’un propos, mais toujours dans une modalité farcesque, même s’il évoque des choses très graves.

Comment caractériser votre mise en scène ?

D. G. : Je veux surtout montrer une histoire artistique entre un auteur et un acteur qui crée un personnage : c’est le b.a.-ba du théâtre et c’est cela qui est à mettre en scène, en assumant la pauvreté de moyens, ce à quoi nous force l’itinérance. Mais j’insiste aussi sur l’importance de ceux qui m’accompagnent et qui m’aident beaucoup, du scénographe à tous les créateurs techniques. Nous travaillons ensemble dans un fonctionnement collectif et il est évident que ce n’est pas le metteur en scène qui invente tout !

 

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LouiseAragon Membre 14351 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Alain Badiou est au programme de la 72e édition du Festival d’Avignon, avec “Ahmed revient”,

une pièce reprenant les grandes lignes de sa philosophie.

https://www.philomag.com/lactu/badiou-fidele-a-la-scene-28419

Ce Scapin moderne aux airs clandestins revient sous la figure du « citoyen universel » grâce à son interprète Didier Galas.

En amateur de théâtre habitué des leçons populaires, Badiou a pris le ton de la farce pour dessiner les grandes lignes de sa philosophie : l’événement et la fidélité.

Selon lui, « un événement est la création de nouvelles possibilités », une « singularité irréductible » qui ébranle l’être et rompt la répétition. Elle s’éprouve en amour (dans la rencontre, par exemple) comme en politique, en science comme en art.

La fidélité renvoie à la manière de reconnaître cet événement et de s’y tenir, pour en assurer la postérité.

Ahmed conclut son monologue avec cette définition qui vaut pour invitation : « Il y a toujours un point, en vous-même, un point obscur et personnel, inattendu, presque pour vous-même stupéfiant, qui est le point de départ pour penser ce qu’il y a.

Tenir ce point ! Le trouver et le tenir ! La philosophie n’a pas d’autre but ! »

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