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On ne sait plus s'amuser comme avant !


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Blaquière Membre 6 728 messages
Forumeur alchimiste‚
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Bertrand Boysset, bourgeois d'Arles

(Chronique provençale,  fin XIV ème, début XV ème.)

 

(Je ne pouvais décemment pas mettre cette histoire dans "une comète dans le ciel de Provence" et dans "Sciences"!...

J'ouvre donc ce sujet dans "histoire" c'est plus approprié.) Encore que la dernière comète était déjà comparée à un mouton...

https://www.forumfr.com/sujet807044-1401-une-comète-dans-le-ciel-provençal.html

Si je trouve des trucs marrants dans le texte de Boysset, je viens les mettre là !...

 

Je mets le texte tel quel, dessous en clair et encore dessous une traduction. Si quelqu'un a une autre idée ou voit autre chose, je suis preneur !  Finalement, en paléographie, on arrive à bien décrypter...  quand on sait déjà ce qui est écrit !

Il est à noté qu'en 1402, Bertrand Boysset utilisait -déjà- le hashtag !

 

Combat du lion contre un mouton...

1573370147_LeliondArles.jpg.35f6993065ee11731269fa96912dd050.jpg

 

En clair ; mais j'ai séparé les mots comme on les sépare aujourd'hui (apostrophes...etc) si vous voulez vous amuser à lire le texte,

le "e" n'est jamais muet : "é" ou "è", "en" = "in"!

le "o" est parfois "o", mais souvent "ou" : "lo" = lou, "on" = "oun",

et "ay, ai" = aï : pas "ê"

 

Combat del leon et ung moton

 

L’an .M. 4 c. 2. lo jorn .10. d’avost

lo rey Lois fe combatre .1. mouton

an lo leon defra lo torn von lo leon

esta # e fauc vos asaber de sert que

lo mouton fes fugir lo leon e li donet

motos colps an la testa lay von jonhe

lo podie / apres lo rey fes hubrir

la porta e fes gitar foras lo mouton

e lo fes portar a palays per noyrir

car tant ben si era portat / eran

present las .2. Reginas sa maire e sa

molher e lo Prinse son frayre e motos

aut que serie pena d'escrieure

 

# en la sieutat d’Arle

 

Combat du lion contre un bélier

 

L’an 1402 le 10 août

le Roi Lois fit combattre un mouton (bélier)

avec (=contre) le lion dans (l’enclos (?)) où le lion

était # et (on vous fait savoir) très certainement que

le bélier a fait fuir le lion en lui donnant

de nombreux coups de tête là où il pouvait

l’atteindre / Après le Roi fit ouvrir

la porte et fit sortir le bélier hors de l’enclos

puis il le fit emmener au palais pour le nourrir ;

pour (le récompenser) de s’être si bien comporté / Étaient

présents les 2 Reines, sa mère et son

épouse et le Prince son frère ainsi que beaucoup

d’autres, qu’on aurait de la peine à tous nommer.

 

# En la Cité d’Arles

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tison2feu Membre 2 249 messages
Forumeur alchimiste‚
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Merci de nous faire partager ton travail de traduction. Cela a piqué ma curiosité, d'autant que le lion est l'emblème d'Arles ; mais aucun rapport entre le lion de Bertrand Boysset et l'emblème arlésien, puisque le lion figurait déjà sur les armoiries de la ville dès les années 1180. (Dans l'iconographie arlésienne, le péché est représenté de façon constante par le lion dévorant les âmes !).

Je suis tombé sur une traduction proposée par Louis Stouff (auteur de Arles à la fin du Moyen Âge, 2 vol., Aix-en-Provence, PUP, 1986) qui pourrait t'intéresser :

"L'an 1402, le 10 août, le roi Louis a fait combattre un mouton avec le lion dans l'enclos où se trouvait le lion dans la cité d'Arles. Il vous faut savoir que le mouton a fait fuir le lion, lui a donné un grand nombre de coups avec la tête là ou il pouvait l'atteindre. Ensuite le roi a fait ouvrir la porte, a fait sortir le mouton et l'a fait porter au palais pour le nourrir, car il s'était si bien comporté. Etaient présents, les deux reines, sa mère et sa femme, le prince son frère et un grand nombre d'autres (cela me donnerait beaucoup de peine de les énumérer par écrit)."

A noter que, toujours dans la chronique de B. Boysset, le roi Louis avait fait combattre, deux mois auparavant, ce même lion avec un taureau :

"L'an ci-dessus, le 27 mai, le roi Louis a fait combattre le lion avec un taureau dans la cour de l'archevêché. Etaient présents madame Yolande son épouse, madame Marie sa mère et madame de Carsin et un grand nombre d'autres dames nobles et monsieur le prince deTarente, monsieur Charles, frère du roi Louis et de nombreuxchevaliers et écuyers et d'autres gens qu’ils voulaient y être et ont pu venir."

Source : http://www.patrimoine.ville-arles.fr/document/lion-arles.pdf

  • Merci 1

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Blaquière Membre 6 728 messages
Forumeur alchimiste‚
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Il y a 2 heures, tison2feu a dit :

Merci de nous faire partager ton travail de traduction. Cela a piqué ma curiosité, d'autant que le lion est l'emblème d'Arles ; mais aucun rapport entre le lion de Bertrand Boysset et l'emblème arlésien, puisque le lion figurait déjà sur les armoiries de la ville dès les années 1180. (Dans l'iconographie arlésienne, le péché est représenté de façon constante par le lion dévorant les âmes !).

Oui, j'y ai pensé. Et c'est peut-être parce que le lion est l'emblème d'Arles que le roi "se devait" d'en avoir un  en Arles ? ça augmentait son aura, sa légitimité ?! Les lions ne devaient pas courir les rues j'imagine à l'époque il ne devait pas y en avoir partout !...

Bon j'ai vu que ma traduction correspond à celle que tu as trouvée ! Mais c'était pas trop dur...

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Blaquière Membre 6 728 messages
Forumeur alchimiste‚
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@tison2feuJ'ai suivi ton lien, (Merci!)  et en effet, il y avait toujours un lion en Arles. En rapport avec son symbole certainement . Le "mouton" d'après Mistral, (le grand trésor), est un bélier châtré. Ou peut-être pas dans ce cas ? Aujourd'hui le nom de mouton, va mal à un animal foudre de guerre !... C'est ce qui rend le texte amusant : un mouton qui fait fuir un lion ! Faudrait en faire une fable pour requinquer le moral de tous les "moutons" que nous sommes !

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Blaquière Membre 6 728 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Anguille sous roche !


 

Dos enfans fachs per una sauma

 

L’an .M.IIIxC . llllxXX . XVI. Lo jorn .VI. De setembre

nasqueron dos enfans mascles d’una bestia

asina apelada sauma aysins formatz coma

si fosan de dona / e nasqueron en lo castel de

Monpeilier Item fon mandat al Papa en Avi-

nhon se si bategeran o non per laqual fon gran

debat (mas non per tant) . Papa. Benezeg (1) o co

mes al quardenal de Sant Angel per son

nom apelat Monser Peire Blan que degues

conoyser de dreg se si bateieron o non

ITem siguent apres per lo sobre dig Quarde-

nal fon conegut e declarat que los dos

enfans si bateiesan et aysins fon fag

que bateiat foron


 

Deux enfants faits par une ânesse

 

L’an 1396 le sixième jour de septembre

naquirent deux enfants mâles d’une bête

asine appelée ânesse aussi bien formés que

s’ils fussent d’une Dame. Et ils naquirent en le château de

Montpellier. Item il fut demandé au Pape en Avignon

s’ils devaient être baptisés ou non ce pour quoi fut grand

débat (comme jamais pour une telle chose). Le Pape Bénézet (1)

commit pour cela le Cardinal de Saint Ange de son

nom, appelé Monseigneur Pierre Blanc, afin qu’il doive

Connaître en Droit s’ils seraient baptisés ou non.

Item, En suite d’après le dit Cardinal il fut

décidé et déclaré que les deux

enfants fussent baptisés et ainsi il fut fait ;

ils furent baptisés !

 

(1) Lo Papa Benezeg ou Bénéset : Benoit XIII (1393-1423)

 

 

Il y eut grand débat !... Car si les deux garçons avaient vraiment été les petits d'une ânesse, c'étaient des monstres et il ne pouvait s'agir que de  l’œuvre de Satan !  Et ils auraient dû être éliminés ! (Les pauvres!) Les religieux ont tout de même pris la bonne décision : "Qu'on les baptise tout de même !" Qui croyait vraiment qu'ils étaient les petits d'une ânesse ? On serait tenter d'imaginer leur vie par la suite... Comment ils étaient considérés...

Même l'auteur, B. Boysset reste assez neutre et fait semblant d'y croire. Il n'a pas l'air de ricaner, puisqu'il relate ça comme un événement exceptionnel... à part peut-être son expression : "fon grand debat mas non per tant" difficile à saisir : "jamais un aussi grand débat pour si peu ?"

Et sa précision : "aussi bien formés que s'ils étaient issus d'une Dame " Pas d'une "femme" : on est au château, : "d'une Dame !" Puisqu'il utilise souvent les mots de "fema", "femina"  par ailleurs...

Il s'en passait de belles au château de Montpellier !

Mais l’idée de faire croire qu’il s’agissait des petits d’une ânesse, il fallait oser !

 

Prononciation du provençal :

Le verbe « baptiser » est repris quatre fois : « bategeran », « bateieron », « bateiesan » et « bateiat ». Nous écririons aujourd’hui, le verbe : « Batejar » mais pas question pour autant dans une prononciation contemporaine éventuellement « restituée » de prononcer « batedja » voire « batedza » ! Il faudrait s’en tenir à « batéya » qui était très exactement la prononciation de nos parents ou grands parents.

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