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Netanyahu en visite en France pour convaincre Macron d'isoler l'Iran


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Après l’Allemagne, Benyamin Netanyahu est en France ce mardi 5 juin, avant de rejoindre le Royaume-Uni mercredi. Le Premier ministre israélien veut convaincre ces pays de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, comme l'ont fait les Etats-Unis. Netanyahu veut isoler l'Iran, « une menace absolue », selon lui.

L'Iran est une menace pour la sécurité d'Israël, martèle Benyamin Netanyahu. Les dernières déclarations du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qualifiant Israël de « cancer qu'il faut éradiquer », lui donnent une occasion inespérée de faire passer son message : « Il ne faut plus négocier avec Téhéran ».

L'Iran veut non seulement se doter de l'arme atomique mais son influence dans la région est dangereuse, selon lui. « Les Iraniens doivent quitter la Syrie » a dit notamment Benyamin Netanyahu, à Berlin ce lundi 4 juin. Vêtue d'une veste bleue et d'un pantalon blanc aux couleurs d'israël, Angela Merkel a souligné le soutien de l'Allemagne envers l'Etat hébreu, rapporte notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux. Avant de rappeler la longue liste des différents qui opposent Jérusalem à Berlin sur l'analyse de la situation au Moyen-Orient et les moyens de parvenir à la paix.

Les Européens tentent en ce moment de sauver l'accord sur le nucléaire iranien, fragilisé par le retrait des Etats-Unis le 8 mai dernier. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, défendre cet accord est la seule manière d'empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire.

Emmanuel Macron est sur la même ligne. Le président français doit recevoir Benyamin Netanyahu en fin de journée ce mardi. Sa visite intervient également trois semaines après les tirs de l'armée israélienne contre des manifestants palestiniens à Gaza qui ont fait 60 morts en une seule journée, des actes qualifiés « d'odieux » par Emmanuel Macron. Des associations appellent à manifester à Paris pour protester contre la venue du Premier ministre israélien.

 

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Il n'y a aucune raison que la France, qui est la patrie des droits de l'homme, reçoive un chef d'Etat dont l'armée tire sur des civils désarmés, des femmes et des enfants.
Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes, s'inquiète de la venue de Netanyahu en France
 
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Nucléaire iranien : Nétanyahou à l’offensive en Europe

Alors qu’Israël révèle un nouveau document sur le programme nucléaire militaire passé de Téhéran, le premier ministre, en visite à Berlin, Paris et Londres, veut les convaincre d’abandonner l’accord nucléaire de 2015.

 

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Trois capitales en trois jours, et un seul thème en vue : l’Iran. Benyamin Nétanyahou est attendu, lundi 4 juin, à Berlin par la chancelière Angela Merkel, puis, le lendemain, à Paris par le président Emmanuel Macron, avant une visite express à Londres, pour s’entretenir avec la première ministre Theresa May. « Je vais répéter une vérité immuable : Israël ne permettra pas à l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, a-t-il averti, dimanche, en conseil des ministres. Le second point est le blocage des plans iraniens d’expansion et d’agression au travers du Moyen-Orient, surtout en Syrie. Je vais aussi insister sur un principe élémentaire : Israël conserve et continuera de conserver une liberté d’action contre l’établissement d’une présence militaire iranienne n’importe où en Syrie. »

Comme toute la droite israélienne, le premier ministre nourrit un mépris de plus en plus ouvert à l’endroit de l’Union européenne. Paralysée par ses divisions internes, celle-ci condamne toujours les annonces de construction dans les colonies de Cisjordanie, tandis que les Etats-Unis ont cessé d’y prêter attention.

En revanche, le chef du gouvernement israélien connaît le poids diplomatique de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, tous membres du format 5 + 1 avec la Chine et la Russie, un cadre à l’origine de la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, dit « JCPOA » (Joint Comprehensive Plan of Action), en juillet 2015, à Vienne. Un accord au destin incertain depuis le retrait des Etats-Unis, le 8 mai.

M. Nétanyahou aimerait empêcher les capitales toujours engagées par le texte de présenter un front uni face à Washington et de sauver le JCPOA. Mesurant aussi les rapports de force, il ne veut pas se retrouver isolé dans sa relation privilégiée avec Donald Trump. « Nétanyahou veut convaincre les Européens de jouer le jeu américain, et de dire aux Iraniens que la seule façon de préserver l’accord consiste à le renégocier », souligne une source diplomatique à Jérusalem.

Plan secret

Avec un argument à la clé : le poids des sanctions américaines pour les entreprises européennes. La décision récente de l’Arabie saoudite d’exclure les compagnies allemandes de ses appels d’offres publics, rapportée par le magazine Der Spiegel, est vue en Israël comme une autre pression en ce sens, exercée sur Berlin. L’axe Riyad-Washington-Tel-Aviv est en mouvement.

Dans cette stratégie, Israël continue de mettre en avant les archives iraniennes que le Mossad, le service d’espionnage israélien, a récupérées récemment. L’Etat hébreu estime qu’elles n’ont pas été appréciées à leur juste valeur. Après une première présentation le 30 avril, puis une rencontre du premier ministre avec les correspondants étrangers le 6 mai, un troisième rendez-vous a été organisé pour un groupe très étroit de journalistes venus de l’étranger, sans la présence de M. Nétanyahou. Au risque de donner le sentiment d’une politisation excessive du succès sans précédent qu’a été la saisie de quelque cent mille documents par des agents du Mossad, au début de l’année en Iran.

L’objectif, cette fois, était notamment de souligner l’existence d’une lettre, obtenue par Israël et portant sur le programme Amad. Ce plan secret de Téhéran visait, avant 2003, date de la découverte d’un programme atomique secret en Iran, à concevoir et à produire cinq têtes nucléaires destinées à être ensuite placées sur des missiles.

Lire aussi :   Nucléaire : Israël prétend détenir des preuves des mensonges continus de l’Iran

Ce document jamais rendu public – dont l’authenticité est certifiée par un officier des services secrets et un haut responsable au sein de l’appareil d’Etat israélien – aurait un intérêt crucial, selon les Israéliens : celui d’apporter la preuve irréfutable de l’implication du gouvernement iranien dans les projets militaires de ses scientifiques, malgré les dénégations répétées des officiels à Téhéran.

Dans un rapport rédigé en 2011, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme onusien chargé de surveiller l’application du JCPOA, avait évoqué, pour la première fois, la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien. Elle affirmait également que « l’Iran [avait] reconnu avoir utilisé des entités liées au ministère de la défense dans certaines de ses précédentes activités non déclarées ».

Rédigé en farsi, non daté, le document dont Le Monde a obtenu une copie, prend la forme d’un projet d’accord portant sur un transfert de responsabilité de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI) vers le ministère de la défense iranien, concernant l’enrichissement de l’uranium (u-235) de 3 % à 90 %. A l’état naturel, l’uranium contient 0,7 % de u-235. Enrichi entre 3,5 % et 5 %, il est utilisé pour les réacteurs nucléaires. A 20 % pour un usage médical, mais à 90 % pour une bombe.

Déstabiliser le régime

Si l’on en croit cette lettre, traduite en anglais par les Israéliens, l’enrichissement à 3 % devait être réalisé par l’OEAI, puis envoyé au ministère pour la suite des opérations, classées top secret. La lettre devait être signée par le ministre de la défense, Ali Shamkhani, en poste de 1997 à 2005 dans le gouvernement du président réformateur Mohammad Khatami, et le directeur de l’OEAI, Gholam Reza Aghazadeh.

Aujourd’hui, l’amiral Shamkhani n’est autre que le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, un organe-clé au sein de l’Etat iranien rattaché au Guide suprême, Ali Khamenei : il est chargé d’établir le consensus sur les grandes orientations stratégiques et de politique étrangère. Shamkhani est considéré comme un pragmatique et un allié du président modéré, Hassan Rohani.

Les Israéliens affirment avoir partagé ce document avec les autorités françaises. Pour eux, il s’agit d’une pièce à conviction cruciale. Car, comme l’ensemble du dossier Amad, elle a été déplacée après 2015 et cachée dans un endroit secret, estime l’Etat hébreu. Cela ne semble pas constituer une violation de l’accord et c’est justement, pour les Israéliens, une preuve flagrante de son caractère très imparfait. Les Iraniens ont-ils également envoyé une copie de cette lettre à l’AIEA ? Nous n’avons pas pu le vérifier.

Pourtant, selon Benjamin Hautecouverture, spécialiste des questions de prolifération à la Fondation pour la recherche stratégique, lever le voile sur ces nouvelles informations ne paraît pas pouvoir constituer l’élément déclencheur d’un retournement des Européens. « Cela risque au contraire de renforcer les positions des uns et des autres, telles qu’on les connaît actuellement, dit le chercheur. Car si Donald Trump peut se voir conforté dans son opinion, les Européens sauront également rappeler que, depuis sa mise en œuvre en janvier 2016, le caractère intrusif de l’accord actuel préserve justement la communauté internationale de ce genre de mensonges de la part de l’Iran. »

D’autant plus que l’AIEA vient de confirmer le respect par la République islamique de ses engagements. La mise en scène de ces révélations par Israël laisse donc apparaître une pointe de fébrilité face au rapprochement des Européens, des Russes et des Chinois en vue de préserver le JCPOA. Ceux-ci tentent encore de convaincre l’Iran de ne pas compromettre son retour si fragile comme acteur légitime des relations internationales.

Une retenue calculée

Plus que jamais, Benyamin Nétanyahou est focalisé sur l’Iran et défend une position maximaliste. Il réclame un accord impossible sur le nucléaire, qui soit une capitulation iranienne sur l’enrichissement comme sur les tests de missiles balistiques. A défaut, il espère le remplacement du JCPOA par des sanctions économiques très sévères, qui pourraient déstabiliser le régime.

En Syrie, il appelle à un retrait total des forces pro-Téhéran, ne se contentant pas de l’hypothèse d’une zone frontalière démilitarisée sur plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur. La visite du ministre de la défense, Avigdor Lieberman, le 31 mai à Moscou, et l’entretien téléphonique entre MM. Poutine et Nétanyahou le même jour ont confirmé l’attitude plus conciliante de la Russie, prête à favoriser ce départ iranien.

Lire aussi :   Donald Trump se retire de l’accord iranien et s’isole encore un peu plus de ses alliés

M. Nétanyahou ne parle pas de changement de régime en Iran, mais ce rêve transparaît dans sa stratégie de communication. Dans une vidéo en anglais, diffusée le 31 mai, il a rendu hommage aux succès de nombreux Iraniens, en soulignant leur présence parmi les dirigeants de grands groupes de l’économie numérique, aux Etats-Unis. « Quel dommage que l’Iran n’investisse pas dans son propre peuple, a-t-il ajouté. Au lieu de cela, ils consacrent des dizaines de milliards de dollars à leur programme nucléaire, à la propagation de la terreur dans le monde, à l’agression dans tout le Moyen-Orient. »

L’importance de ce dossier iranien, aux yeux du premier ministre israélien, a été confirmée par sa gestion de la brève escalade militaire entre Gaza et l’armée israélienne, le 29 mai. L’Etat hébreu a répondu aux dizaines de tirs déclenchés par les factions armées en visant une soixantaine de cibles militaires. Mais pas un blessé palestinien n’a été enregistré ; les sites frappés étaient vides. Une retenue calculée.

Tandis que certaines figures de la droite envisageaient une vaste opération pour réoccuper la bande de Gaza et liquider le Hamas, Benyamin Nétanyahou préférait imposer une voie plus sage, à l’approche de sa tournée européenne. Accaparé par l’Iran, il préfère se contenter d’une gestion purement militaire du territoire sous blocus.

Lundi matin, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a donné une actualité inespérée à l’offensive diplomatique du premier ministre israélien : dans un tweet, il a qualifié Israël de « tumeur cancéreuse maligne » qui devait être « éradiquée »...

 

https://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/06/04/nucleaire-iranien-netanyahou-a-l-offensive-en-europe_5309245_3218.html

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Membre, Esprit de contradiction, 48ans Posté(e)
Savonarol Membre 10 346 messages
48ans‚ Esprit de contradiction,
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L'Iran est quand même infiniment plus pacifique qu'Israël, perpétuellement en guerre depuis sa création il y a 70 ans.
 

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Membre, Posté(e)
Pierrot89 Membre 9 593 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Les pseudos documents présentés par Nétanyahou datent de 2003 et étaient connus de l'AIEA.

L'AIEA en charge du respect de l'accord nucléaire confirme en avril 2018 que l'Iran respecte bien ses obligations.

Les pays signataires (France, Allemagne, Royaume Uni, Russie et Chine) maintiennent donc l'accord afin d'éviter que l'Iran accède à la fabrication de l'arme atomique (soit via l'enrichissement de l'isotope 235U à plus de 90 %, soit via l'isolement du 239Pu).

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