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Le Grand Johnny


Blaquière

Messages recommandés

Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)

J'ai mon sujet sur mon anniversaire, et paf ! Je me trouve donc en concurrence (très modestement) avec Johnny ! J'ai dit je me trouve, mais en fait je me RE-trouve en concurrence avec le Grand Johnny je me suis souvenu d'un rêve d'il y a 20 ans, et j'ai pu le retrouver lui aussi, ce rêve... Je l'ai lu et j'ai éclaté de rire plusieurs fois. Peut-être vous aussi ?

 

Le Grand Johnny

 

La salle des fêtes était modeste, les spectateurs rares et la scène occupait tout un mur. C'était peut-être pour un mariage ? Ou un réveillon entre amis. ? Dans ces conditions —et je vous le donne en mille—, qui était le chanteur de l’orchestre?

Le Grand Johnny en personne !

Et c’était un vrai chanteur d’orchestre : il ne chantait pas que ses chansons à lui, "Ma Jolie Sahara" et "Noir c'est noir", non : il chantait toutes les chansons ! Et la meilleur preuve, c'est qu'il venait de terminer « Parlez-moi d’amUr » : Un classique !

Nous savons d’autre part que « votre serviteur » avait quant à moi-même quelques velléités cantatrices. Las devant une telle vedette multirécidiviste qu’était le Grand Johnny, je ne faisait pas le poids ! Vous êtes d'accord ? En proie donc au plus profond deses-cœurement, je sortais prendre l’air.

Devant la porte attendait quelque quidam avec sa tête ronde. Bouillant intérieurement, je tins à lui montrer tout de même que je n'étais pas n’importe qui, MOI (non plus)!

Je demandai donc à la tête ronde :

c’est quoi le record du monde de saut en hauteur? »

L’homme me regarda en pensant très visiblement qu’il s’en foutait.

(Non je ne lâche pas si aisément ma prise, c’est là mon moindre défaut.)

Concentrant donc mon énergie, je décollai à la verticale !  En chandelle ! Mon Dieu que c’était dur ! Je m'élevai ainsi, bien droit, d’une bonne cinquaine de mètres et redescendais de même, comme une fleur !

Je m'écriais alors: «  Je n’ai plus qu’à m’inscrire pour le record du monde et faire ça (la chandelle) en même temps que je feindrai de sauter en hauteur ! J'en  serai reconnu comme le CHAMPION DU MONDE de saut à la perche SANS PERCHE ! (Le record à la perche étant de plus de cinq mètres, personne n’aurait pu croire en effet qu’il s’agissait d’un saut normal sans perche : il faut rester logique !)

Je me sentait à présent nettement mieux ! Et je rentrai dans la salle des fêtes, tout transpirant d'avoir pensé sauter si haut...

C’était le second de mes pires défauts. Tout petit déjà, quand je rentrais de la rue, échauffé et tout rouge et la tête à deux doigts d'éclater de l’air pur et de ma course échevelée à la pente avec les talons automatiques qui venaient facilement claquer sous mes fesses —si je le voulais—, marquant le rythme de ma foulée régulière comme une machine qui court,  ma mère prenait peur de ma rougeur et mes essoufflements. Elle me déshabillait dans la cuisine devant la cuisinière, debout sur une chaise empaillée instable et me frottait partout d’une serviette rêche. Et moi au garde-à-vous, les bras raides, tendus, je subissais, vacillant, les assauts remuants de la serviette de face, compensés dans le dos par la main de maman en m’efforçant de garder les pieds bien joints. Après elle me remettait du linge propre et sec comme un buvard, qui sentait la chaleur du fer à repasser.

Suant soufflant dans la salle des fêtes, je me dis donc : " Je devrais me changer sur le champ et tout seul puisque maman n’est plus là." Au moins m'ôter de sur la peau tout ce linge mouillé de moi ?

Sur mon corps, tout le linge à changer, mouillé de ma sueur était en double. C'étaient bien deux tricots, de peau, tout mouillés, tous les deux. Le premier l’était (mouillé) à la va vite et n’importe comment. Mais le second par en dessous, m'apparut constellé de gouttes de sueurs à intervalles régulier de deux centimètres exactement entre les gouttes dans tous les sens : J'avais donc transpiré géométrique !

Les deux paires de chaussettes étaient l’une et l’autre, trempées. On aurait pu les tordre !

LE CHŒUR: Et l’on ne sait ce qu’eut pu révéler à l’analyse leur jus, question teneur en huiles essentielles...

Je rangeai tout mon linge mouillé, et c'était imprudent, dans ma valise. Ce que j'ai regretté au moment de me rhabiller : n’eut-il pas mieux valu l’étendre et le faire sécher? Pour sûr qu’oui !

Je me rhabillai donc sans mes sous-vêtements ! La chemise en direct sur la peau ! C’était de l’aventure ! Le pantalon, itou : en slip-less ! Et les nu-pieds, sans même les chaussettes ! Au bout de quelques minutes, à cause des pieds qui prenaient l’air de toute part au travers des lanières, j'éternuai ! Pas étonnant, c’était l’hiver et sous mes habits, j'étais nu comme un ver ! Déjà je m'enrouais ! J'eusse voulu chanter, je ne l'eusse point pu !

Johnny, c’est tout pareil : quand il chante, il transpire ! Et il transpire en quantité ! Mais il n’a pas une tête à puer des pieds... avec ou sans chaussettes, parce que c’est de la transpiration saine, de la transpiration courante d'artiste, comme un fleuve qui va. C'est une transpiration non polluée, désinfectée à chaque seconde par l’électrolyse de sa guitare électrique qui produit son propre chlore.

Des fois, sur scène , il danse et c’est de la pure chlorégraphie...

Une autre fois, pour je ne sais quelle raison, j'avais attaché un petit fil comme d’araignée au cou d’une fourmi et la fourmi devait aller quelque part pour y faire passer ce fil dans des trous quasi microscopiques (il paraît que les chinois font comme ça). Et vous savez combien c’est difficile de faire aller une fourmi là où l’on veut, quand elle ne veut pas !... Mais ça n’a rien à voir.

mardi 29 avril 1997

(Johnny n'avait que 54 ans...)

(Pour Johnny, le vrai, sa vraie mort, ça m'a fait de la peine. C'est incontestable.)

 

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Membre, Posté(e)
LouiseAragon Membre 14 351 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Vraiment, il y a du style ... et de l'humour ... et aussi une vraie minutie à décrire les plus petits détails qui évoquent un lieu, une époque et qui provoquent l'arrivée de sentiments et d'émotions et souvent un rire, un grand rire franc et libérateur ... 

Finalement, tu écris mieux que Johnny, lui il interprète ... et si j'ai bien compris, tu sais aussi chanter ... 

:)

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 8 minutes, LouiseAragon a dit :

Vraiment, il y a du style ... et de l'humour ... et aussi une vraie minutie à décrire les plus petits détails qui évoquent un lieu, une époque et qui provoquent l'arrivée de sentiments et d'émotions et souvent un rire, un grand rire franc et libérateur ... 

Finalement, tu écris mieux que Johnny, lui il interprète ... et si j'ai bien compris, tu sais aussi chanter ... 

:)

C'est gentil !

Je me suis souvenu que j'avais écrit ce rêve... Je l'ai retrouvé, et quand je l'ai lu, quand je suis tombé sur "l'électrolyse de la guitare électrique qui produisait son propre chlore", j'ai tellement éclaté de rire et je me suis dit qu'il fallait que j'en fasse profiter les copains !

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Membre, Posté(e)
LouiseAragon Membre 14 351 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

 

C’était le second de mes pires défauts. Tout petit déjà, quand je rentrais de la rue, échauffé et tout rouge et la tête à deux doigts d'éclater de l’air pur et de ma course échevelée à la pente avec les talons automatiques qui venaient facilement claquer sous mes fesses —si je le voulais—, marquant le rythme de ma foulée régulière comme une machine qui court,  ma mère prenait peur de ma rougeur et mes essoufflements. Elle me déshabillait dans la cuisine devant la cuisinière, debout sur une chaise empaillée instable et me frottait partout d’une serviette rêche. Et moi au garde-à-vous, les bras raides, tendus, je subissais, vacillant, les assauts remuants de la serviette de face, compensés dans le dos par la main de maman en m’efforçant de garder les pieds bien joints. Après elle me remettait du linge propre et sec comme un buvard, qui sentait la chaleur du fer à repasser.

Suant soufflant dans la salle des fêtes, je me dis donc : " Je devrais me changer sur le champ et tout seul puisque maman n’est plus là." Au moins m'ôter de sur la peau tout ce linge mouillé de moi ?

:)

J'adooore et la chute est excellente ...  :smile2:

'mouillé de moi":smile2: pour en rajouter encore !

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Membre, Pépé fada , râleur , et clairvoyant ., 80ans Posté(e)
Maurice Clampin Membre 11 059 messages
80ans‚ Pépé fada , râleur , et clairvoyant .,
Posté(e)
il y a une heure, Blaquière a dit :

J'ai mon sujet sur mon anniversaire, et paf ! Je me trouve donc en concurrence (très modestement) avec Johnny ! J'ai dit je me trouve, mais en fait je me RE-trouve en concurrence avec le Grand Johnny je me suis souvenu d'un rêve d'il y a 20 ans, et j'ai pu le retrouver lui aussi, ce rêve... Je l'ai lu et j'ai éclaté de rire plusieurs fois. Peut-être vous aussi ?

 

 

Le Grand Johnny

 

La salle des fêtes était modeste, les spectateurs rares et la scène occupait tout un mur. C'était peut-être pour un mariage ? Ou un réveillon entre amis. ? Dans ces conditions —et je vous le donne en mille—, qui était le chanteur de l’orchestre?

Le Grand Johnny en personne !

Et c’était un vrai chanteur d’orchestre : il ne chantait pas que ses chansons à lui, "Ma Jolie Sahara" et "Noir c'est noir", non : il chantait toutes les chansons ! Et la meilleur preuve, c'est qu'il venait de terminer « Parlez-moi d’amUr » : Un classique !

Nous savons d’autre part que « votre serviteur » avait quant à moi-même quelques velléités cantatrices. Las devant une telle vedette multirécidiviste qu’était le Grand Johnny, je ne faisait pas le poids ! Vous êtes d'accord ? En proie donc au plus profond deses-cœurement, je sortais prendre l’air.

Devant la porte attendait quelque quidam avec sa tête ronde. Bouillant intérieurement, je tins à lui montrer tout de même que je n'étais pas n’importe qui, MOI (non plus)!

Je demandai donc à la tête ronde :

c’est quoi le record du monde de saut en hauteur? »

L’homme me regarda en pensant très visiblement qu’il s’en foutait.

(Non je ne lâche pas si aisément ma prise, c’est là mon moindre défaut.)

Concentrant donc mon énergie, je décollai à la verticale !  En chandelle ! Mon Dieu que c’était dur ! Je m'élevai ainsi, bien droit, d’une bonne cinquaine de mètres et redescendais de même, comme une fleur !

Je m'écriais alors: «  Je n’ai plus qu’à m’inscrire pour le record du monde et faire ça (la chandelle) en même temps que je feindrai de sauter en hauteur ! J'en  serai reconnu comme le CHAMPION DU MONDE de saut à la perche SANS PERCHE ! (Le record à la perche étant de plus de cinq mètres, personne n’aurait pu croire en effet qu’il s’agissait d’un saut normal sans perche : il faut rester logique !)

Je me sentait à présent nettement mieux ! Et je rentrai dans la salle des fêtes, tout transpirant d'avoir pensé sauter si haut...

C’était le second de mes pires défauts. Tout petit déjà, quand je rentrais de la rue, échauffé et tout rouge et la tête à deux doigts d'éclater de l’air pur et de ma course échevelée à la pente avec les talons automatiques qui venaient facilement claquer sous mes fesses —si je le voulais—, marquant le rythme de ma foulée régulière comme une machine qui court,  ma mère prenait peur de ma rougeur et mes essoufflements. Elle me déshabillait dans la cuisine devant la cuisinière, debout sur une chaise empaillée instable et me frottait partout d’une serviette rêche. Et moi au garde-à-vous, les bras raides, tendus, je subissais, vacillant, les assauts remuants de la serviette de face, compensés dans le dos par la main de maman en m’efforçant de garder les pieds bien joints. Après elle me remettait du linge propre et sec comme un buvard, qui sentait la chaleur du fer à repasser.

Suant soufflant dans la salle des fêtes, je me dis donc : " Je devrais me changer sur le champ et tout seul puisque maman n’est plus là." Au moins m'ôter de sur la peau tout ce linge mouillé de moi ?

Sur mon corps, tout le linge à changer, mouillé de ma sueur était en double. C'étaient bien deux tricots, de peau, tout mouillés, tous les deux. Le premier l’était (mouillé) à la va vite et n’importe comment. Mais le second par en dessous, m'apparut constellé de gouttes de sueurs à intervalles régulier de deux centimètres exactement entre les gouttes dans tous les sens : J'avais donc transpiré géométrique !

Les deux paires de chaussettes étaient l’une et l’autre, trempées. On aurait pu les tordre !

LE CHŒUR: Et l’on ne sait ce qu’eut pu révéler à l’analyse leur jus, question teneur en huiles essentielles...

Je rangeai tout mon linge mouillé, et c'était imprudent, dans ma valise. Ce que j'ai regretté au moment de me rhabiller : n’eut-il pas mieux valu l’étendre et le faire sécher? Pour sûr qu’oui !

Je me rhabillai donc sans mes sous-vêtements ! La chemise en direct sur la peau ! C’était de l’aventure ! Le pantalon, itou : en slip-less ! Et les nu-pieds, sans même les chaussettes ! Au bout de quelques minutes, à cause des pieds qui prenaient l’air de toute part au travers des lanières, j'éternuai ! Pas étonnant, c’était l’hiver et sous mes habits, j'étais nu comme un ver ! Déjà je m'enrouais ! J'eusse voulu chanter, je ne l'eusse point pu !

Johnny, c’est tout pareil : quand il chante, il transpire ! Et il transpire en quantité ! Mais il n’a pas une tête à puer des pieds... avec ou sans chaussettes, parce que c’est de la transpiration saine, de la transpiration courante d'artiste, comme un fleuve qui va. C'est une transpiration non polluée, désinfectée à chaque seconde par l’électrolyse de sa guitare électrique qui produit son propre chlore.

Des fois, sur scène , il danse et c’est de la pure chlorégraphie...

Une autre fois, pour je ne sais quelle raison, j'avais attaché un petit fil comme d’araignée au cou d’une fourmi et la fourmi devait aller quelque part pour y faire passer ce fil dans des trous quasi microscopiques (il paraît que les chinois font comme ça). Et vous savez combien c’est difficile de faire aller une fourmi là où l’on veut, quand elle ne veut pas !... Mais ça n’a rien à voir.

mardi 29 avril 1997

(Johnny n'avait que 54 ans...)

(Pour Johnny, le vrai, sa vraie mort, ça m'a fait de la peine. C'est incontestable.)

 

:pap:    Bravo voila un vrai talent , que j' aurais aimé avoir . GLhrJ24tu07_6.gif GLhrJ24tu07_6.gif GLhrJ24tu07_6.gif

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Bon anniveraire :bisou:

Et tu es le meilleur, il n'y a pas photo. ;)

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Il y a 1 heure, Ines Presso a dit :

Bon anniveraire :bisou:

Et tu es le meilleur, il n'y a pas photo. ;)

Et je rajoute que tu es mon Johnny à moi ;)

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 3 minutes, Ines Presso a dit :

Et je rajoute que tu es mon Johnny à moi ;)

Avec tout le courage que vous me donnez, je suis sûr que quand je serai grand j'arriverai à faire quelque chose de bien !

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
Le 12/7/2017 à 17:14, Blaquière a dit :

Une autre fois, pour je ne sais quelle raison, j'avais attaché un petit fil comme d’araignée au cou d’une fourmi et la fourmi devait aller quelque part pour y faire passer ce fil dans des trous quasi microscopiques (il paraît que les chinois font comme ça). Et vous savez combien c’est difficile de faire aller une fourmi là où l’on veut, quand elle ne veut pas !... Mais ça n’a rien à voir.

 

Oh que oui que ça a tout à voir, "mon cher Blaquière" !

Quand on change les cordes de la guitare il faut les faire passer dans un tout petit trou... (J'ai cherché, j'ai cherché, et j'ai trouvé !) Il est rare qu'on rêve au hasard...

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