Comment la Bundesbank sauve le QE de la BCE


DroitDeRéponse Membre 29 178 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 45ans
Posté(e)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/comment-la-bundesbank-sauve-le-qe-de-la-bce-638506.html

 

La Bundesbank a commencé à acheter des titres à des taux inférieurs au taux de dépôt de la BCE, selon l'option ouverte en décembre. Un moyen de sauver le QE, mais qui n'est pas sans poser de problèmes.

Malgré la remontée nominale des taux d'inflation, le programme de rachat d'actifs de la BCE (souvent appelé « QE » pour « Quantitative Easing ») se poursuit. Comme l'a annoncé Mario Draghi, le président de la BCE, le montant des rachats sera réduit de 80 milliards d'euros mensuels à 60 milliards d'euros mensuels à partir du 1er avril 2017. Mais les rachats se poursuivront, au moins jusqu'au 31 décembre prochain.

Pour l'institution de Francfort, la reprise inflationniste actuelle s'explique principalement par l'effet de base lié aux prix énergétiques. Les statistiques lui donnent plutôt raison, de ce point de vue. En janvier, selon Eurostat, les prix sur un an ont ainsi bondi de 1,8 % contre 1,1 % en décembre. Mais l'inflation sous-jacente s'est établie à 0,9 %, un niveau assez bas équivalent à celui de décembre et qui n'a guère bougé depuis le début de l'année 2016...

Les règles qui encadrent le QE

Reste évidemment à savoir si la BCE a les moyens de ses ambitions. Lundi 13 février, une tribune publiée par l'agence Bloomberg s'alarmait de la pénurie de titres allemands à acheter pour la banque centrale. Rappelons que le programme, officiellement dénommé « programme de rachat d'actifs du secteur public » (PSPP), est encadré par plusieurs règles. D'abord, la BCE ne peut racheter plus de 33 % d'une ligne obligataire, autrement dit, elle ne peut racheter plus d'un tiers des titres de dettes émis pour chaque produit particulier. Ensuite, elle doit, à la fin du programme, détenir des titres souverains ou assimilés en proportion des clés de répartition nationales du capital de la BCE. Par exemple, la BCE devra détenir in fine 27 % de titres allemands, parce que le capital de la BCE est détenu à hauteur de 27 % par la Bundesbank, la banque centrale allemande. Enfin, jusqu'en décembre, il était impossible d'acheter des titres affichant un taux inférieur au taux de dépôt de la BCE, actuellement de -0,4 %. Ce dernier obstacle a été prudemment levé par Mario Draghi en décembre qui a ouvert la possibilité de rachats à des taux inférieurs, tout en prévenant que « la priorité reste les rachats au-dessus de ce taux ».

Risque de blocage du QE ?

Ce cadre restrictif pose un problème clair, notamment concernant les titres allemands, ceux que la BCE doit le plus acheter. L'Allemagne émet moins de dettes désormais en raison de son excédent budgétaire et, surtout, cette dette affiche des taux très faibles, en raison de la vision de sécurité et de confiance que le pays inspire aux investisseurs. Résultat : la BCE a besoin de beaucoup de titres de dettes allemandes qui, parallèlement, deviennent rares et chères. Déjà, la BCE semble avoir épuisé une grande partie de sa capacité de rachats sur les maturités les plus longues, de 5 à 30 ans. Et, sous les 5 ans, les taux sont inférieurs au taux de dépôt. Le taux moyen à 5 ans est de - 0,44 %. D'où l'appréhension du chroniqueur de Bloomberg : le cadre du QE devient très étroit et la Bundesbank va devoir racheter des titres à taux très négatifs, ce qui risque de lui poser de graves problèmes. Pour l'analyste, ceci va conduire la banque centrale allemande à renforcer sa pression sur la BCE pour en finir avec le QE plus rapidement que prévu. Un mouvement qui, comme on l'a vu, aurait des conséquences sur l'état de l'économie puisque le mouvement de désinflation n'est, en réalité, pas achevé et qu'il n'existe aucune vraie relance sur laquelle l'économie de la zone euro pourrait s'appuyer.

La Buba, déjà à l'achat

Ce risque est-il réel ? Pas vraiment. Selon Frederik Ducrozet, économiste qui suit la politique monétaire chez Pictet à Genève, la Bundesbank a commencé à racheter des dettes affichant un taux inférieur à celui du taux de dépôt de la BCE. « En examinant les collatéraux proposés au prêt par la Bundesbank, on trouve déjà des Schatz 2018 (« bons du trésor » d'une maturité inférieure à deux ans) qui ont des taux de -0,6 % à -0,9 % », rapporte-t-il. Ce serait là la preuve que la Buba a déjà fait jouer l'option évoquée par Mario Draghi. Et que, donc, contrairement aux appréhensions de l'analyste de Bloomberg, la banque centrale allemande n'hésitera pas à jouer le jeu et à puiser dans les réserves des taux très négatifs.

Une victoire de la Buba ?

...........

Comment réagiront les Allemands ?

Reste néanmoins une donnée importante en cette année électorale : celle de l'opinion publique allemande. Ces rachats à taux très négatifs ont de quoi irriter les épargnants allemands qui voient avec angoisse les taux réels fondre comme neige au soleil avec la reprise de l'inflation (1,9 % en Allemagne en janvier 2017). Les rachats de la Buba maintiennent en effet les taux de rémunération au plus bas. L'idée d'une « spoliation » de l'épargne dans un pays où la crainte de l'inflation reste forte et où la valeur de l'épargne demeure fortement ancrée (le taux d'épargne est remonté en 2016 malgré la baisse des taux).

Dès lors, la tentation d'une utilisation politique de la situation pourrait effleurer les esprits non seulement au sein du parti de droite radicale et europhobe Alternative für Deutschland, mais aussi dans certains milieux de la CDU, alors que la concurrence sociale-démocrate devient plus vive. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, ne manque jamais une occasion de fustiger la politique de la BCE. Une telle pression aura-t-elle des conséquences sur le comportement de la Bundesbank ? C'est peu probable, a priori, mais si le sujet monte et enflamme les esprits outre-Rhin, la banque centrale devra assumer sa « collaboration » avec la BCE...

Les problèmes de la méthode choisie

...........

Deuxième élément : elle ne facilite pas la sortie du programme de rachat dans la mesure où elle fait pression sur les taux et risque de créer une véritable « bulle » sur ces fractions de la dette publique. Certes, les banques centrales peuvent, elles, absorber les pertes sans dommages, mais qu'en sera-t-il des autres investisseurs ? Ceci supposera donc une gestion prudente de la sortie du programme qui, du reste, sera un défi considérable pour Mario Draghi. Son choix de la paix immédiate avec la Bundesbank ne facilite pas forcément sa tâche.

================================================================================

Qu'en pensent nos candidats ?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !


Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.


Connectez-vous maintenant