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la bisexualité


madelin

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Membre, Posté(e)
madelin Membre 2 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Voici un extrait de mon roman:

En 2016, la société éprouve encore le besoin (malsain) de classer les gens sexuellement: le hétéros, les homos et les bi.

Le bi est celui qui souffre le plus du regard de l'autre.

Hétéro, on est dans la "norme"; c'est comme un label de qualité qu'on arbore fièrement.

Homo, on est désormais l'objet de toutes les attentions. Soit les gens sont tout à fait contre. Soit ils considèrent "l'homo homo" comme une (nouvelle!) espèce à protéger. En Occident, sa défense s'est mué en un véritable combat politique, donc suspect de visées étrangères à la protection des homos.

Le bi ne bénéficie d'aucune sympathie. On en parle peu d'ailleurs car c'est une sujet peu rentable. Confronté à la règle de la catégorisation à outrance, il est écarté - et écartelé - par sa bivalence. Il ne trouve sa place dans aucune case de l'échiquier humain. Bien plus, il est perçu comme dangereux, surtout à l'ère du sida, sulfureux même, car il commerce aussi bien avec les personnes de son sexe qu'avec celles de l'autre sexe. Un homo avéré, c'est un homo, point à la ligne. On sait à quoi s'en tenir! Il est constant et normal dans sa soi-disant anormalité. Mais avec un bi, on ne sait sur

quel pied danser: que l'on soit de son sexe ou de l'autre sexe, on est certain d'être un jour trompé par lui. D'ailleurs, avez-vous dans votre entourage des personnes qui ont fait leur "coming out" en tant que bi?

Dans tous les cas, la classification sexuelle se nourrit de la curiosité excessive de chacun pour la sexualité de son voisin. Mais, je vous le demande, de quel côté se trouvent les obsédés?

On range les gens dans des cases ou des tiroirs: en haut, les hétéros, plus bas, les homos et encore plus bas, tout au fond, les bi. Mais les tiroirs ne sont pas hermétiques. Au cours d'une vie, on peut passer d'un à l'autre. Même le plus brut, le plus musclé des machos, peut se retrouver un jour, incrédule, dans la case abhorrée!

Cette classification est aussi inhumaine. Par définition, toute classification divise, écarte; elle trie les hommes selon une logique simplificatrice, les amputant ainsi des richesses profondes nées de leur complexité.

...

Pourquoi, je vous le demande, Cupidon ne viserait-il pas deux coeurs de même sexe?

(Reproduction de ce texte interdite)

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Membre, Posté(e)
madelin Membre 2 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

J'ai écrit un roman sur les bi car il s'agit d'un sujet encore tabou et ceux-ci en souffrent. Je voudrais le compléter par des témoignages de bi (découverte de sa bisexualité, ressenti, aveu éventuel, tentatives - selon moi inutiles et nuisibles - pour en sortir, acceptation,...)Merci d'avance!

Voici un extrait de mon roman pour bien faire comprendre mon propos:

En 2016, la société éprouve encore le besoin (malsain) de classer les gens sexuellement: le hétéros, les homos et les bi.

Le bi est celui qui souffre le plus du regard de l'autre.

Hétéro, on est dans la "norme"; c'est comme un label de qualité qu'on arbore fièrement.

Homo, on est désormais l'objet de toutes les attentions. Soit les gens sont tout à fait contre. Soit ils considèrent "l'homo homo" comme une (nouvelle!) espèce à protéger. En Occident, sa défense s'est mué en un véritable combat politique, donc suspect de visées étrangères à la protection des homos.

Le bi ne bénéficie d'aucune sympathie. On en parle peu d'ailleurs car c'est une sujet peu rentable. Confronté à la règle de la catégorisation à outrance, il est écarté - et écartelé - par sa bivalence. Il ne trouve sa place dans aucune case de l'échiquier humain. Bien plus, il est perçu comme dangereux, surtout à l'ère du sida, sulfureux même, car il commerce aussi bien avec les personnes de son sexe qu'avec celles de l'autre sexe. Un homo avéré, c'est un homo, point à la ligne. On sait à quoi s'en tenir! Il est constant et normal dans sa soi-disant anormalité. Mais avec un bi, on ne sait sur

quel pied danser: que l'on soit de son sexe ou de l'autre sexe, on est certain d'être un jour trompé par lui. D'ailleurs, avez-vous dans votre entourage des personnes qui ont fait leur "coming out" en tant que bi?

Dans tous les cas, la classification sexuelle se nourrit de la curiosité excessive de chacun pour la sexualité de son voisin. Mais, je vous le demande, de quel côté se trouvent les obsédés?

On range les gens dans des cases ou des tiroirs: en haut, les hétéros, plus bas, les homos et encore plus bas, tout au fond, les bi. Mais les tiroirs ne sont pas hermétiques. Au cours d'une vie, on peut passer d'un à l'autre. Même le plus brut, le plus musclé des machos, peut se retrouver un jour, incrédule, dans la case abhorrée!

Cette classification est aussi inhumaine. Par définition, toute classification divise, écarte; elle trie les hommes selon une logique simplificatrice, les amputant ainsi des richesses profondes nées de leur complexité.

...

Pourquoi, je vous le demande, Cupidon ne viserait-il pas deux coeurs de même sexe?

(Reproduction de ce texte interdite)

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 532 messages
80ans‚ Talon 1,
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La taxinomie ne fait pas de hiérarchie des valeurs. "Toute classification est supérieure au chaos." C.L. Strauss. Ce sont les clichés qui suivent qui sont ségrégationnistes. Et puis, la bisexualité est une étape dans la découverte de la sexualité. Nier les différences, c'est nous traiter en clones. Chacun sa personnalité. Nous sommes à la fois différents et semblables.

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Nouveau, Posté(e)
Poxo Nouveau 1 message
Baby Forumeur‚
Posté(e)

J'ai lu cette phrase il y a longtemps dans un livre (A comme Aujourd'hui de David Levithan)

<< Je ne suis jamais tombé amoureux de quelqu'un parce qu'il s'agissait d'une fille ou d'un garçon. Je suis tombé amoureux d'individus en raison de ce qu'ils manifestaient d'unique. Je sais que la plupart des gens ne fonctionnent pas selon cette logique, et pourtant, elle me paraît la seule valable. >>

Personnellement, je trouve que cette perception des choses est extrêmement intéressante.

Je me suis longtemps questionnée sur mon orientation sexuelle.

J'en suis venue à la conclusion qu'aimer un humain pour ce qu'il est me semble être la manière la plus juste, la plus véritable, d'aimer.

Plusieurs personnes se ferment à l'idée d'aimer une personne du même sexe justement à cause de ces classifications. Je crois donc sincèrement que nous ne devrions pas imposer de limite à l'amour.

Pour moi, l'amour est une chose totalement dépourvue de sens, une chose qu'il serait stupide de vouloir apprivoiser. Et c'est pour cette raison que je laisse l'amour circuler partout, explorer toutes les possibilités et, par le fait même, me faire découvrir des choses que ces gens qui suivent les classifications de la société ne connaîtrons jamais.

Je pense que tout le monde devrait pouvoir aimer qui il veut, sans avoir honte ou sans se sentir oppresser par la vision de la normalité que la société tente cruellement de nous imposer.

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Membre, 38ans Posté(e)
sirielle Membre 9 831 messages
Maitre des forums‚ 38ans‚
Posté(e)

Vous amalgamez amour et sexualité. Pour la plupart des gens il ne suffit pas d'aimer une personne pour pouvoir envisager de partager une sexualité avec elle. Si la sexualité dépend toujours d'un certain amour, l'amour en revanche ne dépend pas toujours de la sexualité.

Pour en revenir au texte de départ, personnellement, j'aime bien pouvoir tirer profit de la richesse du vocabulaire, du moment qu'il est justement employé et compris, il n'y a dans ce cas si on choisit d'assumer qui on est et qui sont les autres aucune raison à mon avis de s'y opposer. Mais effectivement, la description nous ressemblant ou les qualificatifs nous définissant ne sont pas forcément indéfiniment acquis sur certains points en tout cas.

Au sujet des définitions, l'hétérosexualité désigne l'attirance sexuelle pour le sexe opposé, l'homosexualité l'attirance sexuelle pour le même sexe, et la bisexualité l'attirance sexuelle pour les deux sexes. Le jugement défavorable que l'on doit pouvoir y porter socialement et moralement commence à la frontière séparant la légalité de l'illégalité.

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Membre, Docteur Honoris Causa es "Patati & Patata ...", 62ans Posté(e)
BadKarma Membre 15 218 messages
62ans‚ Docteur Honoris Causa es "Patati & Patata ...",
Posté(e)

Et encore n' avons-nous pas tout évoqué tant tait-on la pratique de la tri sexualité consistant à se faire l' amour au travers d' autrui, soit dit en passant... :sleep:

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