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Prison hors les murs, la réponse oubliée


January

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 62 511 messages
109ans‚ ©,
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Depuis quinze ans, le placement extérieur permet à des condamnés en fin de peine de vivre et de travailler en dehors de la prison. Toujours considérés comme des détenus, ils préparent leur retour à la liberté. Moins coûteuse, plus adaptée à la réinsertion dans la société et plus humaine, cette solution de rechange à l’incarcération reste pourtant très marginale en France.

« On sort de taule et voilà qu’ils nous jettent dehors dans le froid à pas d’heure ! » Rachid râle pour le principe. Car il préfère encore se retrouver ici qu’en prison. Il est 8 heures du matin. Cette nuit, le mercure est descendu en dessous de 0 °C dans la petite commune de Saint-Hilaire, à quelques kilomètres de Grenoble. Armés de pelles et de râteaux, Karim et les autres captifs du foyer Solid’Action déneigent les abords d’une crèche. En s’attaquant au verglas, ils se confrontent de nouveau aux exigences du monde du travail. Quelques mois plus tôt, ils vivaient derrière les barreaux. Aujourd’hui, ces cabossés de la vie bénéficient d’un « placement à l’extérieur ». Cette solution alternative à l’enfermement permet aux détenus de terminer leur peine en milieu ouvert. Encadrés par des associations, prisonniers de longue date ou petits délinquants sortant d’un court passage en détention prennent le chemin de la réinsertion ou, pour certains, celui de l’insertion.

La loi sur la prévention de la récidive et l’individualisation des peines adoptée par le Parlement le 17 juillet dernier met en avant un tel dispositif dans le cadre de la « libération sous contrainte aux deux tiers de la peine ». Mais comment être sûr que, malgré une valorisation dans les textes, il ne restera pas oublié en pratique ou négligé au profit du bracelet électronique ? Existant depuis 1970, le placement extérieur est reconnu en matière d’insertion depuis une quinzaine d’années. Il ne concerne pourtant qu’un petit nombre de détenus. L’an dernier, seulement six cent soixante-quatre personnes étaient prises en charge par des associations. La part de cette mesure dans les aménagements de peine n’a cessé de chuter durant la décennie écoulée, passant de 11 % en 2005 à moins de 5 % en 2013.

[...]

Contrairement aux idées reçues, le placement extérieur coûte moins cher qu’une place en prison. L’administration pénitentiaire reverse entre 20 et 40 euros par jour et par personne à l’association prenant en charge les détenus, tandis qu’une incarcération lui revient environ à 95 euros. Le nombre important de surveillants dans le milieu carcéral explique en grande partie la différence. Mais, si l’administration fait des économies, c’est aussi parce qu’elle ne couvre pas l’ensemble des frais engagés par les associations : hébergement, restauration, accompagnement social, aides à la recherche d’emploi, éventuelles activités culturelles ou formations. M. Balestas estime que chaque résident coûte quotidiennement à sa structure 70 euros en moyenne. L’administration pénitentiaire ne lui verse que 35 euros. Pour le complément, l’Arepi et les cent cinquante associations de placement extérieur existant en France doivent trouver des contrats avec les collectivités territoriales ou des entreprises.

Il s’agit d’un véritable défi. Rares sont les organismes acceptant d’emblée de travailler avec des personnes placées sous main de justice. Ces contrats permettent tout de même de financer une partie du système. Les condamnés reversent entre 20 et 40 % de leurs revenus à l’association qui les accueille et leur fournit du travail. Leurs salaires oscillant entre 400 et 1 100 euros net, le montant qu’il leur reste après avoir payé ces frais est modique. Pour faire face à leurs dépenses, les associations, elles, doivent en permanence rechercher d’autres subventions auprès de l’administration ou des collectivités : métropole, conseil général, préfecture ou direction de la cohésion sociale. La plupart des associations pratiquant le placement extérieur sont confrontées à une grande précarité. Pourquoi l’administration ne les soutient-elle pas davantage ?

Suite http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/DUCRE/50937

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Membre, claniste, 107ans Posté(e)
cry baby Membre 44 061 messages
107ans‚ claniste,
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si ça peut les réinsérer ,les empêcher de replonger ,je trouves que l'initiative est bonne

le problème c'est toujours l'argent

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Invité Vilaine
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Invité Vilaine
Invité Vilaine Invités 0 message
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Faire côtoyer des détenus fussent-ils en fin de peine, et des bébés/jeunes enfants se rendant à la crèche est une aberration.

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Invité Long Nao
Invités, Posté(e)
Invité Long Nao
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Pourquoi ? Il rentrent dans la crêche ? Ils ont la galle ? Ils leur enseignent comment ouvrir une porte blindée ? :gurp:

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Invité Vilaine
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Invité Vilaine
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Non mais ils sont à côté. Ça suffit à pervertir de jeunes esprits innocents.

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Invité Long Nao
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Invité Long Nao
Invité Long Nao Invités 0 message
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Les prisonniers sont doués de télépathie ?

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Membre, Marxiste tendance Groucho, 64ans Posté(e)
Alain75 Membre 27 401 messages
64ans‚ Marxiste tendance Groucho,
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Non mais ils sont à côté. Ça suffit à pervertir de jeunes esprits innocents.

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Invité Vilaine
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Invité Vilaine
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Je ne connais aucun parent qui souhaiterait voir des criminels traîner près de la crèche de leurs enfants, même s'ils se tiennent à une distance respectable.

J'imagine bien le programme des assistantes maternelles:

"Alors aujourd'hui, c'est pâte à modeler, puis dessins, puis on va sortir à la bibliothèque et en passant, on va faire coucou aux violeurs, puis on va rentrer manger"

:gurp:

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 62 511 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)

J'ai été surprise des statistiques de l'article. Pourquoi avoir tant travaillé sur la "prison hors les murs", la "réinsertion" etc, pourquoi une telle levée de boucliers lorsque la ministre de la Justice a annoncé que les peines liées à certains délits s'effectueraient entièrement hors les murs, alors qu'on applique si peu la mesure ?

Aujourd'hui la surpopulation carcérale revient sur le tapis régulièrement. Alors on trouve et on met en place des solutions. Et on ne les applique pas... Il y a d'un côté la "punition", certes. Mais de l'autre côté, il y a la réinsertion, et pour moi celle-ci doit primer. Comment un type enfermé pendant cinq ans peut-il se réinsérer ? Tout a changé autour de lui, il est complètement paumé...

On voit aussi que l'état se décharge largement de ses responsabilités sur l'appareil associatif, sans pour autant le soutenir, clap clap...

Alors : à quoi ça sert ces annonces, ces vaines polémiques sur de nouvelles dispositions ? Tout ce temps gâché, et probablement, cet argent du coup...

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