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Le nihilisme


Savonarol

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Invité Leopardi
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Invité Leopardi Invités 0 message
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Je ne vois toujours pas où tu veux en venir. La meilleure façon de démontrer ton point serait que tu nous proposes toi-même une vision qui soit moins "théorique" dans le sens péjoratif.

J'ai bien peur d'être nihiliste, quoi que j'écrive. Plus précisément, quel que soit le sujet à propos duquel j'écris, j'exprime malgré moi le nihilisme ambiant. Et nous sommes nombreux dans cette situation je pense. C'est là que c'est réel. Mais peut-être y échappes-tu, je ne sais.

Où ai-je dit que Camus était un nihiliste ? Et où as-tu su qu'il ne l'était pas ? Sinon, je ne vois pas du tout pourquoi un nihiliste ne pourrait pas commettre Le mythe de Sisyphe, si tu gardes en tête la distinction que fait Nietzsche entre nihilisme passif et nihilisme actif - une distinction que Camus approfondit d'ailleurs. En fait, pour avoir dit cette différence et ce passage de l'un à l'autre avec autant d'acuité et de pertinence, on peut avancer sans trop prendre de risques que Camus devait être habité par ces états d'esprit.

Peut-être oui, et pourtant je reste persuadé que Camus devait avoir au moins un pied à l'extérieur pour dire le nihilisme avec autant d’acuité. Comme Jacques Ellul : pourquoi a-t-il su élucider le système technicien alors que la plupart des auteurs qui s'intéressaient alors à la technique ne l'ont pas vu (et les contemporains refusent encore de le voir ?) ? Parce qu'il a une connaissance profonde de l'histoire qui lui permet de saisir ce qui fait la singularité de son époque et parce que ses convictions religieuses lui font souffrir la force avec laquelle le phénomène technique s'impose dans sa société.

Peux-tu développer la distinction entre nihilisme passif/actif ?

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Membre, Posté(e)
Dompteur de mots Membre 1 842 messages
Forumeur activiste‚
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J'ai bien peur d'être nihiliste, quoi que j'écrive. Plus précisément, quel que soit le sujet à propos duquel j'écris, j'exprime malgré moi le nihilisme ambiant. Et nous sommes nombreux dans cette situation je pense. C'est là que c'est réel. Mais peut-être y échappes-tu, je ne sais.

Oui, tout à fait. Mais je ne vois toujours pas où tu veux en venir. Je veux dire que je comprends ce que tu dis mais je ne vois pas en quoi ça constitue une objection à ce que j’ai écrit plus tôt.

Peut-être oui, et pourtant je reste persuadé que Camus devait avoir au moins un pied à l'extérieur pour dire le nihilisme avec autant d’acuité. Comme Jacques Ellul : pourquoi a-t-il su élucider le système technicien alors que la plupart des auteurs qui s'intéressaient alors à la technique ne l'ont pas vu (et les contemporains refusent encore de le voir ?) ? Parce qu'il a une connaissance profonde de l'histoire qui lui permet de saisir ce qui fait la singularité de son époque et parce que ses convictions religieuses lui font souffrir la force avec laquelle le phénomène technique s'impose dans sa société.

Peux-tu développer la distinction entre nihilisme passif/actif ?

Dans le nihilisme passif, l’absence de sens du monde est vécue dans le renoncement, dans la fuite vers toute une panoplie d’arrières-mondes. Schopenhauer nous fournit, dans sa philosophie de la Volonté, le canevas parfait ce que cela signifie : l’homme est dans cette philosophie condamné à contempler le « génie de l’espèce » faire son œuvre absurde qui écrase les individus pour faire perdurer l’espèce, à se consoler avec l’étude des Idées, et à s’abîmer dans le néant. Mais le christianisme répond aussi à la définition du nihilisme passif : désespérés du monde réel, les chrétiens portent leur espoir sur l’existence d’un « Royaume des Cieux ».

Tandis que dans le nihilisme actif, l’absence de sens du monde est plus assumée et l’homme accepte l’angoisse qui vient avec. Son arme principale est la révolte, par laquelle il s’oppose de tout son être à l’absence de sens inhérente aux choses. La vie est pour lui semblable à celle de Sisyphe, qui roule continuellement son rocher; elle est un éternel retour. Rien ne peut être élevé comme vérité, mais cela ne l’empêche pas de vivre et de lutter pour ce qui lui tient à cœur. Ainsi, si la Volonté de Schopenhauer devient ultimement une volonté d’impuissance (« Arrivant à se connaître elle-même, la volonté de vivre s’affirme, puis se nie. » - c’est l’intitulé du livre IV du Monde comme Volonté et comme représentation), celle de Nietzsche s’affirme tout haut comme volonté de puissance.

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Membre, Esprit de contradiction, 48ans Posté(e)
Savonarol Membre 10 346 messages
48ans‚ Esprit de contradiction,
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Tiens tiens... Pascalin qui fait mine de savoir ce qu'il écrit !

:smile2:

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