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La diabolisation est une déresponsabilisation


casdenor

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Membre, Posté(e)
Vivolta Membre 666 messages
Baby Forumeur‚
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Ce n'est pas faux mais c'est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette.

La diabolisation est une entreprise d'état, en imputer la responsabilité au citoyen en fin de chaine n'est ni équitable ni même raisonnable.

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Invité Henri.
Invités, Posté(e)
Invité Henri.
Invité Henri. Invités 0 message
Posté(e)

Oui pour la diabolisation d'idées ou d'hommes à des fins politiques. Mais la diabolisation de celui qui a commis des actes considérés comme monstrueux, le rejet de ce côté de notre humanité que nous refusons de voir, est avant tout individuel...

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)

Je pense comme Casdenor que la diabolisation est une deresponsabilisation. Penser que Hitler, Staline, Barbie, Dutroux et d'autres sont des monstres permet de ne pas admettre que ce sont des êtres humains au même titre que nous, et que nous pouvons être des monstres comme eux...

Cela reste du baratin complètement inconsistant dont on ne saurait en théorie, et si casdenor prenait la pleine mesure de ce qu'il dit, que conclure au rejet de toute forme de justice.

Comment voudriez-vous faire la différence entre la victime et le bourreau si vous n'instituez pas une forme ou une autre de droit et de justice? A quel titre pourrait-on se réclamer d'un droit quel qu'il soit sinon au titre de notre humanité?

Mais rendre justice se fait toujours au nom d'une certaine idée de l'humanité et rend de ce fait inévitablement, et en un certain sens, les criminels inhumains ou monstrueux.

Si nous admettions que toute action commise par un être humain découle pleinement de la nature humaine, alors qu'aurions-nous encore à opposer aux actes des criminels?

En quel honneur rendrions-nous encore justice puisque nous ne pourrions plus opposer au crime aucune idée de l'humanité quelle qu'elle soit?

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Membre, Posté(e)
Vivolta Membre 666 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Oui pour la diabolisation d'idées ou d'hommes à des fins politiques. Mais la diabolisation de celui qui a commis des actes considérés comme monstrueux, le rejet de ce côté de notre humanité que nous refusons de voir, est avant tout individuel...

Ca passe entièrement par la télé, laquelle n'est pas indépendante.

Regarde l'affaire Dutroux. Pourquoi Dutroux est-il aussi "monstrueux" ?

Certainement parce que si on creusait l'histoire un peu sérieusement on découvrirait que tous les 20 et quelques témoins morts inopinément dès qu'ils ont été identifiés sans avoir eu le temps de parler à la police ne se sont pas tous suicidés et que ça cache de vilaines choses. Un bon croquemitaine dans ces cas là, ça explique tout.

Alors que l'affaire Flactif ou Leprince, c'était moche mais pas réellement "monstrueux". Dégommer ses voisins à la feuille de boucher, pas de quoi faire frémir les petits enfants, n'est-ce pas ?

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Invité ézîa
Invités, Posté(e)
Invité ézîa
Invité ézîa Invités 0 message
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Mais enfin, nous prenez vous pour des bip? Nous sommes tout à fait capable de savoir que lorsqu'on dit de quelqu'un qu'il est un monstre cela concerne sa criminalité et que c'est quelqu'un pouvant (et devant) être innocent comme les autres. Ayez donc plus confiance en l'intelligence et l'humilité des gens.

De plus notre fonction est d'être bienfaisant, ceux ayant été monstrueux étaient devenus fous.

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Invité Henri.
Invités, Posté(e)
Invité Henri.
Invité Henri. Invités 0 message
Posté(e)

Cela reste du baratin complètement inconsistant dont on ne saurait en théorie, et si casdenor prenait la pleine mesure de ce qu'il dit, que conclure au rejet de toute forme de justice.

Comment voudriez-vous faire la différence entre la victime et le bourreau si vous n'instituez pas une forme ou une autre de droit et de justice? A quel titre pourrait-on se réclamer d'un droit quel qu'il soit sinon au titre de notre humanité?

Mais rendre justice se fait toujours au nom d'une certaine idée de l'humanité et rend de ce fait inévitablement, et en un certain sens, les criminels inhumains ou monstrueux.

Si nous admettions que toute action commise par un être humain découle pleinement de la nature humaine, alors qu'aurions-nous encore à opposer aux actes des criminels?

En quel honneur rendrions-nous encore justice puisque nous ne pourrions plus opposer au crime aucune idée de l'humanité quelle qu'elle soit?

La justice juge l'acte. C'est son rôle. Elle prend en compte la totalité de notre humanité. Les circonstances de l'acte peuvent être atténuantes ou aggravantes. Voilà ce qu'elle oppose aux actes criminels. La difference entre le bourreau et la victime, c'est l'acte.

Pour le reste, Sacha guitry l'a exprimé: on peut avoir commis un crime sans avoir une âme d'assassin, comme on peut avoir une âme d'assassin sans avoir commis de crime...

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Membre, 47ans Posté(e)
jimmy45 Membre 11 269 messages
Maitre des forums‚ 47ans‚
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Et peux-tu nous expliquer ce qu'est la dédiabolisation dans ce cas ?

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Invité ézîa
Invités, Posté(e)
Invité ézîa
Invité ézîa Invités 0 message
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Ce pourrait être œuvrer pour faire respecter ce ayant été calomnié, insulté.

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Membre, Bubon baveux de Belzébuth, 38ans Posté(e)
casdenor Membre 11 203 messages
38ans‚ Bubon baveux de Belzébuth,
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Oui pour la diabolisation d'idées ou d'hommes à des fins politiques. Mais la diabolisation de celui qui a commis des actes considérés comme monstrueux, le rejet de ce côté de notre humanité que nous refusons de voir, est avant tout individuel...

Exactement. Il est évident que la diabolisation peut être politique. Mais elle ne l'est pas forcément. Au contraire, la majeure partie des diabolisations ne sont en aucun cas politiques. On ne diabolise pas les violeurs par conviction politique.

@ézia: Justement, non, s'il te plaît, quand tu dis qu'on est "capable de comprendre que ça ne concerne que X" c'est faux, et je l'ai expliqué dans mon premier message. Essaie de suivre parce que là, j'ai juste l'impression que tu prends des bouts. Déjà la diabolisation ne concerne pas uniquement les crimes (en politique la diabolisation se fait vis-à-vis d'individus non-criminels) mais en sus, le fait de rejeter un individu du domaine des humains n'est pas "uniquement sur ce point". Il n'y a qu'à voir les "coupons leur les couilles" ou "faut les enfermer à jamais" qu'on voit un peu partout. C'est bien l'individu qui est jugé monstrueux et devant être combattu en tant que tel.

En retirant l'individu de l'humanité, on empêche de comprendre la réalité d'une situation. L'exemple de la pédophilie et des victimes de pédophilies a été donné dès le premier message.

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Membre, 47ans Posté(e)
jimmy45 Membre 11 269 messages
Maitre des forums‚ 47ans‚
Posté(e)

Ce pourrait être œuvrer pour faire respecter ce ayant été calomnié, insulté.

Ben voyons. Cela ne serait pas plutôt cela, banaliser le mal ?

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)

Oui pour la diabolisation d'idées ou d'hommes à des fins politiques. Mais la diabolisation de celui qui a commis des actes considérés comme monstrueux, le rejet de ce côté de notre humanité que nous refusons de voir, est avant tout individuel...

La justice juge l'acte. C'est son rôle. Elle prend en compte la totalité de notre humanité. Les circonstances de l'acte peuvent être atténuantes ou aggravantes. Voilà ce qu'elle oppose aux actes criminels. La difference entre le bourreau et la victime, c'est l'acte.

Pour le reste, Sacha guitry l'a exprimé: on peut avoir commis un crime sans avoir une âme d'assassin, comme on peut avoir une âme d'assassin sans avoir commis de crime...

Chacun remarquera que cette distinction entre les idées et les actes ou entre la politique et la loi, la diabolisation étant idéalement cantonnées au domaine de ces premières, est parfaitement illusoire et rhétorique : concrètement, la diabolisation (= sortir quelqu'un de l'humanité) n'opère pas sur les idées ni sur les politiques, mais sur les humains qui les expriment ou les incarnent, ou encore sur les actes dont on suppose, parfois, qu'ils illustrent ou relèvent d'une idée (et cela est d'ailleurs parfois suffisant pour condamner l'acte).

En fait cette distinction purement conventionnelle et irréelle (car elle n'existe que dans votre tête) ne fait que trahir votre intention de continuer à cracher sur vos adversaires politiques désignés (probablement le FN et ses électeurs) tout en espérant qu'on ne retourna pas vos arguments contre vous : de cette façon vous gardez les mains propres et vous vous déresponsabilisez. Exactement ce qui est dénoncé ici ou en tous cas n'est-ce pas là très glorieux.

Et concrètement encore une fois, c'est bien le criminel qui est emprisonné et marginalisé, pas son acte. Dans un tribunal, non seulement les idées du criminel sont également jugées et condamnées (présence ou absence de remords, agression à caractère raciste ou non, etc...), mais si il est condamné c'est uniquement dans la mesure où l'acte serait l'expression de ce qu'il est. J'en veux pour preuve que les aliénés mentaux ne sont pas condamnés.

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Membre, 47ans Posté(e)
jimmy45 Membre 11 269 messages
Maitre des forums‚ 47ans‚
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Est-ce que toute diabolisation est infondée ? non

Si certains prétendent le contraire, il est aisément reconnaissable chez eux une volonté de dédiaboliser des gens qui méritent pourtant les accusations dont ils font l'objet.

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Invité Henri.
Invités, Posté(e)
Invité Henri.
Invité Henri. Invités 0 message
Posté(e)

Chacun remarquera que cette distinction entre les idées et les actes ou entre la politique et la loi, la diabolisation étant idéalement cantonnées au domaine de ces premières, est parfaitement illusoire et rhétorique : concrètement, la diabolisation (= sortir quelqu'un de l'humanité) n'opère pas sur les idées ni sur les politiques, mais sur les humains qui les expriment ou les incarnent, ou encore sur les actes dont on suppose, parfois, qu'ils illustrent ou relèvent d'une idée (et cela est d'ailleurs parfois suffisant pour condamner l'acte).

J'avoue ne pas bien comprendre le raisonnement. On peut parfaitement diaboliser des idées à des fins politique, et tous les partis ne s'en privent pas. Les humains qui les expriment ou les incarnent n'en sont d'ailleurs que les vecteurs. Les hommes passent, les idées restent...

La diabolisation de l'autre n'est pas pour moi le sortir de l'humanité, mais le charger du poids de cette partie d'humanité que nous ne voulons pas voir en nous. L'homme est capable du meilleur comme du pire. En désignant l'autre comme le pire, nous nous mettons du côté des meilleurs...

En fait cette distinction purement conventionnelle et irréelle (car elle n'existe que dans votre tête) ne fait que trahir votre intention de continuer à cracher sur vos adversaires politiques désignés (probablement le FN et ses électeurs) tout en espérant qu'on ne retourna pas vos arguments contre vous : de cette façon vous gardez les mains propres et vous vous déresponsabilisez. Exactement ce qui est dénoncé ici ou en tous cas n'est-ce pas là très glorieux.

Je comprends de moins en moins. Mon propos n'est pas centré sur la diabolisation politique, mais sur celle de l'individu. Dieu me garde de cracher sur quelqu'un qui n'est pas de mon avis, qu'il soit politique ou autre. Tu me prêtes des pensées qui ne sont pas les miennes...

Et concrètement encore une fois, c'est bien le criminel qui est emprisonné et marginalisé, pas son acte. Dans un tribunal, non seulement les idées du criminel sont également jugées et condamnées (présence ou absence de remords, agression à caractère raciste ou non, etc...), mais si il est condamné c'est uniquement dans la mesure où l'acte serait l'expression de ce qu'il est. J'en veux pour preuve que les aliénés mentaux ne sont pas condamnés.

Le criminel est emprisonné et marginalisé pour son acte. Je suis entièrement d'accord avec toi. Dans la mesure ou l'acte serait l'expression de ce qu'il est..? Moins d'accord. On peut agir à rebours de ce qu'on est. Ou agir au contraire de ce qu'on croyait être. Tel courageux proclamé fuira devant le danger, quand tel qui se pensait lâche fera face. Le moi n'est pas maître dans sa propre maison, dixit Sigmund Freud. Quand bien même l'acte serait l'expression de ce qu'il est, que cet acte soit monstrueux. Il faut le condamner, nous sommes d'accord. Il faut condamner l'homme qui a commis cet acte, nous sommes d'accord. L'acte est monstrueux, l'homme est un monstre. J'émets des réserves, mais je le concède. Mais penser une seconde: cet homme est un monstre, je suis meilleur que cet homme-là, jamais. Parce que cet homme, si monstrueux soit-il, si monstrueux que soit son acte, est un être humain au même titre que moi. Il est capable du meilleur comme je suis capable du pire, même si nos actes montrent le contraire. Voilà tout le sens de mon propos sur le sujet. Rien de politique. Je ne cracherais ni sur Marine le Pen, ni sur Marc Dutroux...

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Membre, Bubon baveux de Belzébuth, 38ans Posté(e)
casdenor Membre 11 203 messages
38ans‚ Bubon baveux de Belzébuth,
Posté(e)

Est-ce que toute diabolisation est infondée ? non

Si certains prétendent le contraire, il est aisément reconnaissable chez eux une volonté de dédiaboliser des gens qui méritent pourtant les accusations dont ils font l'objet.

Il n'a jamais été question de fondé ou d'infondé, mais de responsabilisation ou de déresponsabilisation. merci de lire le sujet.

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Membre, Posté(e)
Vivolta Membre 666 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

La justice juge l'acte. C'est son rôle. Elle prend en compte la totalité de notre humanité. Les circonstances de l'acte peuvent être atténuantes ou aggravantes. Voilà ce qu'elle oppose aux actes criminels. La difference entre le bourreau et la victime, c'est l'acte.

Pour le reste, Sacha guitry l'a exprimé: on peut avoir commis un crime sans avoir une âme d'assassin, comme on peut avoir une âme d'assassin sans avoir commis de crime...

La justice ne diabolise pas normalement, elle est donc pleinement hors sujet. Le seul cas de figure ou elle diabolise, c'est lorsqu'elle sort de son rôle pour faire de la politique. Ca arrive tout le temps, mais ça reste de la justice extra-judiciaire. De la criminalité en robe.

Exactement. Il est évident que la diabolisation peut être politique. Mais elle ne l'est pas forcément. Au contraire, la majeure partie des diabolisations ne sont en aucun cas politiques. On ne diabolise pas les violeurs par conviction politique.

Cite moi un violeur diabolisé de mémoire.

C'est bête, tu n'en connais pas. Et pourquoi ? Et bien parce que la diabolisation opère à long terme et qu'à long terme le dossier est classé et le violeur incarcéré, enterré, oublié.

Les seuls cas de diabolisation sont ceux qui marquent l'esprit par un acharnement médiatique particulièrement intense.

Ce simple mot de "diabolisation" réfère pratiquement exclusivement à Jean-Marie Le Pen. On pourrait penser à DSK mais il s'avère qu'il est innocent aux yeux de la justice. Mais diabolisé quand même. Est-ce politique ? Tout le monde sait que oui même si les raisons sont floues.

On peut aussi penser à Kerviel dont personne n'a oublié le nom, et là encore personne ne doute que c'est politique.

On peut également penser à Poutine c'est d'actualité, et très politique, l'an passé c'était Bachar el Assad toujours aussi politique. En 2003 c'était Saddam Hussein, dans la période 2003-2012 on a eu du Ahmadinejad à tire-larigot, puis en en 2012 Kadhafi bien sur. Dieudonné en début d'année.

Tous diabolisés, tous pour des raisons politiques.

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Invité Henri.
Invités, Posté(e)
Invité Henri.
Invité Henri. Invités 0 message
Posté(e)

La justice ne diabolise pas normalement, elle est donc pleinement hors sujet. Le seul cas de figure ou elle diabolise, c'est lorsqu'elle sort de son rôle pour faire de la politique. Ca arrive tout le temps, mais ça reste de la justice extra-judiciaire. De la criminalité en robe.

Nous sommes d'accord, la justice ne diabolise pas, elle fait son travail. C'est nous qui diabolisons...

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Membre, Bubon baveux de Belzébuth, 38ans Posté(e)
casdenor Membre 11 203 messages
38ans‚ Bubon baveux de Belzébuth,
Posté(e)

Cite moi un violeur diabolisé de mémoire.

C'est bête, tu n'en connais pas. Et pourquoi ? Et bien parce que la diabolisation opère à long terme et qu'à long terme le dossier est classé et le violeur incarcéré, enterré, oublié.

Pourquoi tu ne lis pas le sujet avant d'y répondre ? C'est dommage, ça te permettrait de le comprendre.

Essaie de le faire. Je te cite le premier message pour t'aider:

Nombreux sont ceux qui connaissent, en théorie tout du moins, la banalité du mal, le concept philosophique de Hannah Arendt. Celle-ci présente le cas d'Eichmann, le responsable de la logistique de la "solution finale", celui qui s'occupait notamment de l'identification des personnes à déporter, et de la déportation en elle-même, et ce, au sein du Reich comme des pays conquis. Loin de voir en Eichmann le monstre que certains dépeignaient, Hannah Arendt voit en lui un parfait fonctionnaire, un individu zélé, soumis à l'autorité à tel point qu'il en vient à ne considérer le bien et le mal qu'en fonction de celle-ci.

La banalité du mal, c'est cette idée selon laquelle l'inhumain se loge, non pas au sein de monstre, mais d'individus ordinaires. La banalité du mal, cependant, ne vise en aucun cas à excuser celle-ci, mais au contraire, à revenir sur la limite que l'on institue entre les monstres et nous-mêmes.

Pour ma part, j'irais même plus loin encore que ça. Je dirais que le concept même de "monstre" a été créé pour déculpabiliser les individus, et que la diabolisation participe d'un processus permettant de se déresponsabiliser, et d'avoir un bouc-émissaire permettant de ne pas se remettre en question. Dans une société valorisant l'égo, valorisant la perfection, il est en effet bien plus simple de créer des boucs-émissaires. Ceux-ci permettent à la fois de ne pas avoir à se remettre en question, tout en unifiant les individus. "Nous ne sommes pas de ceux-là"

On remarque que cette idée est extrêmement courante.

Pourtant, selon diverses études ( http://www.courrieri...nfance?page=all ) rapportée par le courrier international, 70% des pédophiles ont été abusés dans leur enfance, et plus de la moitié d'entre eux ont commencé à l'adolescence. En d'autres termes, le passage de victime à agresseur ''se fait en quelques années''. La méthode du bouc-émissaire est donc, en plus, contre-productive. Qui va chercher une thérapie pour son enfant après qu'il ait été victime de pédophilie ? Qui, après avoir découvert ça, va accepter l'idée qu'il y a un risque que son enfant devienne pédophile ? Très peu de personnes. En effet, dans notre société, par cette diabolisation du mal, devient inacceptable l'idée même qu'une personne du camp des victimes devienne agresseur, car cela signifierait qu'il faudrait abolir les barrières si profondément instituées entre les deux camps.

Le viol bénéficie de cette même considération. Bien que dans la majorité des cas, les violeurs se trouvent être des proches, on continue de perpétuer l'idée qu'un viol c'est un parking, un homme cagoulé, un couteau, des cris et des larmes. Le bouc-émissaire est parfait. On peut l'injurier, dire qu'il faut lui couper les couilles, on s'en fiche, car on sait que ce n'est pas ''nous''. De ce fait, le viol est bien entendu combattu, mais uniquement ce viol-là, le viol diabolisé, le viol bouc-émissaire, le viol le moins courant, tandis que tous les autres... ce ne sont pas des viols. Elle l'a cherché. Elle n'a pas dit non. etc. etc.

Le racisme fonctionne sur le même principe. Le raciste, c'est le salaud qui tabasse du nègre ou veut les éradiquer de la surface de la planète. Voilà le "bon raciste", le parfait bouc-émissaire. À nouveau, il n'est plus question de se regarder soi, mais de s'insurger envers un individu qu'on ne connaît probablement pas, et qu'on ne connaîtra peut-être même jamais qu'à travers un ou deux faits divers, ça et là. Et on continuera, pendant ce temps-là, à ne pas s'occuper du père qui dit que bon, quand même, un noir en petit ami, hein... ou encore que "oui, bon, tu sais ces gens-là, ils savent pas très bien travailler". On laissera passer les phrases "je ne suis pas raciste mais..." qui sont constamment racistes. On les laissera passer, parce qu'elles sont ordinaires. Et si l'on considérait le racisme comme ordinaire, on devrait s'occuper de soi. Il vaut mieux s'occuper du vrai raciste. Du bon bouc-émissaire.

À chaque oppression son bouc-émissaire permettant de ne pas se remettre en question. La Manif Pour Tous a droit au GUD, et hop, ils se sentent détendus. Et les rares oppressions n'ayant pas de bouc-émissaire sont celles qui sont soit encore entièrement validées socialement (psychophobie), soit entièrement invisibilisées (putophobie).

Le bouc-émissaire est la conséquence de la banalité du mal, un moyen simple pour la communauté de rejeter l'intégralité de la faute sur une extrémité, afin de ne pas avoir à se remettre globalement en question. Le bouc-émissaire, c'est l'égo de la société qui dit à tout ceux qu'elle opprime: "Ce n'est pas nous c'est lui."

Il est temps de dédiaboliser le mal. De lui rendre sa banalité. Le grand écart est terriblement difficile, car la banalité ne doit pas s'accompagner de la banalisation. Mais au final, quiconque souhaite se remettre en question le peut, et ne tombera pas dans la banalisation. Il convient peut-être de se demander pourquoi nous sommes si prompt à rejeter la responsabilité sur autrui. Moi je dirais que nous avons peur de ne pas être parfait, peur de faire le mal, et qu'inconsciemment, nous avons conscience de le faire. Alors on le nie. On le refoule. On le rejette sur "lui, là.".

Et on retourne à table, parce que le dessert est servi.

Tu lis, et ensuite tu réponds ?

Merci.

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Membre, Posté(e)
Vivolta Membre 666 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Pourquoi tu ne lis pas le sujet avant d'y répondre ? C'est dommage, ça te permettrait de le comprendre.

Essaie de le faire. Je te cite le premier message pour t'aider:

Tu lis, et ensuite tu réponds ?

Merci.

Tu prétends qu'on diabolise le violeur et tu n'as aucun exemple emblématique pour le prouver, ça craint je trouve.

C'est surement parce que ton postulat de départ est faux. D'ailleurs sur les deux victimes de viol que je connais le premier violeur était un inconnu avec un couteau, l'autre un gars rencontré le jour même et jamais revu qui a usé de ghb.

NB : bien entendu aucun des deux ne sera jamais ni jugé ni condamné, ils ne font pas partie des stats. Ce sont ici des victimes sans crime du point de vue de la justice.

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Membre, Posté(e)
Vivolta Membre 666 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Nous sommes d'accord, la justice ne diabolise pas, elle fait son travail. C'est nous qui diabolisons...

Ce sont les médias et les politiciens. Les uns pour vendre du papier, les autres pour un profit moins direct.

Le public ne diabolise pas parce que la diabolisation est un outil de pouvoir et que le public n'exerce pas le pouvoir.

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VIP, Agent trouble, 46ans Posté(e)
Adras VIP 14 642 messages
46ans‚ Agent trouble,
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Merci de ne pas trop vous égarer.

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