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Quelle belle chose que s'engager ! #2


RogueThisParty

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Membre, ROCKNROLLA, 30ans Posté(e)
RogueThisParty Membre 1 808 messages
30ans‚ ROCKNROLLA,
Posté(e)

Bonjour,

Voici une nouvelle histoire que vous pouvez suivre sur mon Tumblr : http://roguethisparty.tumblr.com/

Merci de laisser un petit commentaire si vous avez tout lu laugh.gif

__

Dix-sept ans sur Terre et déjà, l’âme du guerrier l’anime. La forêt Amazonienne l’a vu naître et le verra probablement mourir. Dans la douce chaleur protectrice de ces grands arbres millénaires, Amerigo a le souffle court. Les veines battent sur sa tempe, son cœur pompant le sang à une vitesse hallucinante, si bien qu’il a l’impression que sa tête est sur le point d’exploser.

Ravalant ses glaires dues à sa course effrénée, il pose un genou à terre et tente de calmer sa respiration. Dans ce paradis intemporel, qu’est-ce qui aurait bien pu perturber le quotidien d’un jeune Amérindien sinon le bruit de terribles machines de guerre, ravageant son monde ?

La guerre est belle est bien à sa porte. Le gouvernement Brésilien vient de signer un papier ordonnant la déforestation d’encore 100km de forêt vierge, négligeant toutes les tribus indiennes se trouvant dans le périmètre et condamnant des espèces entières à une morte certaine.

Le progrès est la tumeur qui ronge petit à petit le poumon de la Terre.

Amerigo, lui, n’a qu’un but en tête : rejoindre les siens pour les prévenir du malheur qui s’abat sur leur existence.

Alors qu’il reprend son souffle, il revoit en tête les images des gigantesques machines déracinant les arbres, éradiquant toute vie présente dans les entrailles mêmes de la terre.

Son monde s’écroule partout autour de lui, des étoiles virevoltent devant ses yeux, épuisé il s’endort.

A son réveil, le monde est plongé dans les ténèbres. La peur le pousse à puiser dans ses dernières forces pour rejoindre son village. Alors il court.

Une fois sur place, il hurle, il réveille tout le monde, il tombe à genoux, les larmes ruissellent sur ses joues.

Personne ne vient le consoler car le village entier est frappé par le désespoir, l’horreur et la rage.

Le Conseil décide de réunir les jeunes et les valides du village, et de les faire combattre contre ces diables blancs. Au fur et à mesure que le temps passe, l’excitation, la fougue et la haine grandissent à l’intérieur d’Amerigo et de ses compagnons.

Plusieurs jours plus tard, ils sont tous prêts. Les lances dans les mains, les peintures sur les corps, les regards noirs sur tous les visages. Ils sont tous prêts à en découdre une fois pour toutes.

Alors qu’ils s’attendent aux armes puissantes à distance qui font dans ravages sur tous les conflits du globe, ils sont stupéfaits de découvrir un jeune homme brun, le teint mât et les yeux vert qui s’avance d’un pas assuré vers eux, le sourire aux lèvres.

Héritiers d’une culture orale millénaire, aucun ne sait vraiment lire et ça tombe bien car aujourd’hui, Pedro Ramirez Alpujarra, vient négocier et il n’a pas de temps à perdre, il a un avion qui l’attend à Manaus pour 15h.

Habitué des conflits ethniques, il présente patiemment les bienfaits d’une délocalisation de la tribu vers une zone plus « aérée, sécuritaire et surveillée » dans une réserve naturelle où s’entassent tous les peuples de la jungle restant.

Pas préparés à une telle éventualité, les membres de la tribu d’Amerigo se laissent séduire par la vie de rêve qui les attends et les voilà, deux ans plus tard, dans cette superbe réserve où la chasse est interdite, l’éducation des enfants obligatoire et les rites religieux surveillés.

Dans cette dictature de la pensée, dans cet enfer de béton, tout espoir de retour à la nature est cadenassé par les vigiles armés délimitant les frontières la réserve et la Monde.

Les années passent, Amerigo lutte pour la survie des siens malgré les différents ethniques concernant des tribus depuis longtemps rivales mais que les autorités brésiliennes n’ont eu aucun problème à mélanger sans poser de questions.

Et ce matin encore, Amerigo a le souffle court. Il va vite, très vite, entre les arbres et espère bien passer le barrage militaire sans que personne n’ai le temps de l’arrêter. Aujourd’hui, il s’envole. Finies les années sombres de son peuple, finie la corruption du gouvernement qui néglige ces autochtones, finie l’humiliation quotidienne infligée par les vigiles. Il s’envole, aussi haut que les grands oiseaux de la Cordillère des Andes, loin au Sud.

La barrière rouge et blanche s’abaisse mais ça n’a aucune importance, surgissant de la jungle comme un éclair flamboyant, il déjoue les systèmes de sécurité et le protocole imposé aux gardes vis-à-vis des autochtones. Il saute par-dessus la barrière, tourne à droite dans un long passage cerné de ces grandes murailles pleines de miradors. Les alarmes hurlent, les hommes s’activent et lui, il arrive enfin dehors.

C’est donc ça le monde qu’ont voulu créer les diables blancs. Une immense route bétonnée au milieu d’un gigantesque champs désertique, autrefois appelé forêt, sans rien autour.

Debout, seul, devant ce néant, Amerigo pose encore une fois un genou à terre mais pas pour reprendre sa respiration – car toute vie semble l’avoir déserté mais pour contempler le triste chef d’oeuvre d’une civilisation qui se targue d’être la plus grande de tous les temps.

Les vigiles le rattrapent et c’est à pas moins de quatre qu’ils vont le battre à l’aide de matraques afin de lui faire comprendre que l’on ne désobéit pas.

Aujourd’hui, des années ont passés depuis ce jour et Amerigo a le souffle court. En signe de protestation, il s’est taillé les veines devant la barrière rouge et blanche. Le liquide chaud dégouline à gros bouillons de ses avants-bras et forme une flaque à ses pieds, immobiles.

Encore une fois, il pose un genou à terre. Puis, la faiblesse le gagne et il est contraint de s’assoir, devant l’indifférence générale.

Allongé à présent dans la flaque d’hémoglobine, il ferme les yeux pour ne pas garder ce triste souvenir avant son voyage pour l’éternité.

L’indien s’éteint, le visage contre le bitume. On appelle le service d’entretien pour qu’ils viennent chercher le corps.

Quelle belle chose que s’engager !

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Membre, ptitevalseuse, 54ans Posté(e)
ptitepao Membre 12 807 messages
54ans‚ ptitevalseuse,
Posté(e)

On connaît le propos et même la fin dès les premières phrases, dommage... choisir peut-être un sujet moins rebattu, l'effet de surprise comptant pour beaucoup dans le succès de textes aussi courts. Tenter d'éviter les lieux communs qui lassent le lecteur.

(attention aussi à l'ortho qui pose parfois des problèmes de compréhension, comme dans "la guerre est belle et bien à sa porte")

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

bonjour

moi je dirait que cette histoire retrace ce qui c'est passé en amazonie et qui ce passe encore .cela me fait penser à l'histoire des indiens d'amérique du nord et de l'histoire en particulier , du chef josèphe de la tribut des nez percés qui fut poursuivit , lui et son peuple par l'armée américaine .

et aussi à géronimo , un homme médecine des indiens apache qui refusa d'aller dans une réserve indienne à san-carlos et qui lutta jusqu'au bout contre l'armée américaine avec les reste de son clan , trente cinq hommes femmes et enfants que 5000 soldats ne purent jamais capturer .

bonne journée

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