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22 septembre 1920 - Paul Deschanel est hospitalisé à Rueil


January

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Modérateur, ©, 108ans Posté(e)
January Modérateur 62 441 messages
108ans‚ ©,
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En janvier 1920, Paul Deschanel est élu président de la République française. Il entreprend une série de voyages officiels. Au cours de ces voyages, les bizarreries présidentielles vont devenir publiques…

Le 1er mars, à 8 heures, le président arrive à Bordeaux. Toute sa suite descend du train vêtue de l'habit et coiffée du haut-de-forme ; ainsi en a décidé le chef de l'Etat qui restaure les usages du temps de Carnot et de Félix Faure pour redonner un peu de lustre à ses fonctions.

Avant que le banquet offert à l'hôtel de ville soit terminé, il sort, en faisant signe de se rasseoir aux convives étonnés qui selèvent. On fait savoir discrètement que « le prince héritier d'Espagne venant d'arriver à Bordeaux, le président a décidé aussitôt d'aller le saluer ». La venue du prince héritier était en effet prévue, mais Deschanel a pris sur l'horaire une avance qui, elle, ne l'était pas.

En avril, Lors d'un banquet servi dans le hall du casino de Nice, le moment venu de répondre aux discours, Deschanel contourne la table d'honneur dressée sur une estrade, s'arrête devant le public et prend pour parler une attitude théâtrale. Le couplet de rigueur sur Nice et les Niçois lui vaut des applaudissements si chaleureux qu'il croit devoir le bisser !

Le lendemain, à Cannes, il quitte le banquet avant la fin…

A Menton, on le voit marcher d'un pas saccadé entre les deux haies de gens qui l'acclament, ramasser dans la boue les fleurs qu'on lui jette et les relancer à la foule en les accompagnant de baisers.

Ces fautes de goût et ces manques de tact, si surprenants de la part d'un homme d'éducation parfaite, doué au plus haut degré du sens des nuances, s'ils inquiètent l'entourage présidentiel, demeurent encore ignorés du grand public, sauf là où ils se produisent. Pour une fois discrète, la presse n'en dit mot. Ce ne sont d'ailleurs que menus incidents.

Tombé du train...

Le troisième voyage officiel de Deschanel va être, lui, interrompu par un accident pénible qui devra à un hasard miraculeux de n'avoir pas d'issue tragique :

Le président doit inaugurer le 23 mai, à Montbrison, un monument. Grippé, il a renoncé à son voyage, mais il revient sur sa décision et prend le train le 22 mai à 21 h 30. A Moulins où le convoi s'arrête une minute, un employé de la gare remet à l'un des agents qui font partie de la suite du président un message disant : « Un individu est tombé du train présidentiel. »

On ne prête pas grande attention à cette invraisemblable information. A Saint-Germain-des-Fossés, nouveau message : « Un voyageur disant être M. Deschanel est tombé du train présidentiel. »

Cette fois, sans prendre au sérieux, dans la forme où elle est transmise, cette histoire de fou, on décide de faire un appel dans les compartiments et l'on constate que le train comprend toujours cinquante-trois voyageurs, soit cinquante-quatre avec le président que, bien entendu, on n'a pas dérangé.

Mais le bruit se répand que Deschanel est tombé du train. Son valet de chambre,Julien Drouet, vient d'aller trouver lecommandant Féquant, pour lui annoncer que le président Deschanel a disparu.

Au cours de la nuit, le garde-barrière au kilomètre 110, avant Montargis, en accomplissant sa ronde, aperçoit dans l'obscurité une forme humaine vêtue de couleur claire. C'est un homme en pyjama, la figure tuméfiée, l'air inconscient, qui s'avance pieds nus. Le cheminot l'entraîne vers sa maisonnette. L'homme en pyjama se laisse faire, lui disant en cours de route :

— Mon ami, je vais vous étonner. Vous ne me croirez pas... Je suis le président de la République.

Et comme le cheminot, supposant qu'il a affaire à un dément, ne lui répond pas, l'homme en pyjama répète :

— Je vous assure que je suis le président de la République.

Alerté par le cheminot, on envoie un médecin qui reconnaît le président Deschanel.

Après l’incident du train et malgré un court repos, des accidents pénibles (quoique non avérés), surviennent : Tout à coup, alors qu’il se promène dans le parc avec deux parlementaires, Deschanel essaie de grimper à un arbre.

Une impulsion matinale quelques temps plus tard l’envoie se baigner dans une fontaine sous les yeux ébahis d’un employé. Ramené dans sa chambre, il a oublié sa fugue.

Paul Deschanel est une figure de la IIIe République. A deux reprises, il porte le titre de président de la Chambre des députés. Il est un homme de lettres, auteur de plusieurs ouvrages sur les questions sociales. Son prestige et son talent le font élire à l’Académie Française en 1899. Lorsqu’il est élu à la présidence de la république, Paul Deschanel affiche le meilleur score jamais obtenu sous la IIIe République, par un candidat à la présidence.

Paul Deschanel serait en fait victime de dépression et de surmenage, prenant conscience qu'en tant que chef de l'État sous la IIIe République, il n'a en réalité que peu de pouvoirs. Ceux-ci étaient en effet concentrés dans les mains du président du Conseil.

Il s’avère que son état est incompatible avec les exigences de sa charge. Sur l’avis pressant des médecins il adresse son message de démission aux Chambres, le 21 septembre 1920.

Il est hospitalisé dès le lendemain à Rueil, où, « libéré » de ses charges présidentielles, son état s’améliore rapidement.

Il reprendra d’ailleurs la vie politique et deviendra, entre autre, président du Conseil en janvier 1922.

Les personnes qui le côtoient à cette époque ne relèvent pas le moindre signe de démence. C'est un homme en pleine possession de ses moyens intellectuels qui commence une seconde carrière. Mais celle-ci n'est que de courte durée, puisque, victime d'une pleurésie, il s'éteint le 28 avril 1922.

http://fr.wikipedia..../Paul_Deschanel

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 687 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Eh beh ! Imaginez ce que ça aurait été si internet et twitter avaient déjà existé...

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Modérateur, ©, 108ans Posté(e)
January Modérateur 62 441 messages
108ans‚ ©,
Posté(e)

C'est sûr..

paul-deschanel-tombe-du-train.jpg

Les caricaturistes et les chansonniers de l'époque s'en donnent à cœur joie quand même.

Sans compter Clémenceau & co à qui on attribuerait (vrai ou non..?) les péripéties de Paul Deschanel qui auraient suivi cette aventure ferroviaire :hehe:

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