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9 septembre 1976 - Décès de Mao Zedong


January

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 62 457 messages
109ans‚ ©,
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Le décès de Mao Zedong, qui dirige la Chine depuis 1949, fait suite à une longue maladie. Sa mort ouvre la porte aux premiers bilans de son action politique ainsi qu'aux rivalités pour le contrôle du pouvoir.

D'une santé fragile depuis plusieurs années, Mao souffrait, en plus de problèmes cardiaques, de la maladie de Lou Gehrig, maladie nerveuse qui génère une paralysie du système respiratoire et de la gorge. Cette situation physique ne l'a pas empêché d'intervenir dans les affaires du pays jusqu'aux derniers mois en excluant Deng Xiaoping, hostile à la révolution culturelle, et en choisissant Hua Guofeng comme «héritier». L'été qui précède, Mao fait ainsi le bilan de sa longue carrière politique qui débute avec la création du Parti communiste chinois (PCC), en 1921 : «Dans ma vie, j'ai accompli deux choses. D'abord, j'ai combattu Tchang Kaï-chek pendant plusieurs décennies et je l'ai poussé à aller dans quelques petites îles [...]. Nous nous sommes frayés un passage jusqu'à Pékin et, enfin, jusqu'à la Cité interdite. Il y a peu de gens qui ne reconnaissent pas ces réalisations. La seconde chose que j'ai faite vous le savez tous. C'est le lancement de la révolution culturelle [1966], qui maintenant a le soutien d'un petit nombre et à laquelle beaucoup s'opposent. Mais ce n'est pas encore fini. C'est un héritage qui doit être transmis à la génération suivante.»

Intellectuel inspiré par le marxisme-léninisme, poète à ses heures, Mao a cherché à développer une approche chinoise de la révolution qui, selon lui, est exportable dans les pays en voie de développement. On lui reconnaît un génie militaire (guérilla) et politique, bien qu'il ait dirigé d'une manière autoritaire le PCC et le pays. Chen Yun, membre des plus hautes instances du parti, dit de lui : «Si Mao était mort en 1956, ses réalisations auraient été immortelles. S'il était mort en 1966, il aurait été un grand homme. Mais il est mort en 1976. Hélas, que peut-on dire?» L'événement fera la manchette des journaux pendant plusieurs jours. Des obsèques grandioses ont lieu. Plusieurs observateurs notent cependant que sa mort ne donnera pas lieu à des manifestations semblables à celles causées par la mort de Zhou Enlai, quelques mois plus tôt.

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=120

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Membre, 56ans Posté(e)
tricephale Membre 1 650 messages
Baby Forumeur‚ 56ans‚
Posté(e)

Le décès de Mao Zedong, qui dirige la Chine depuis 1949, fait suite à une longue maladie. Sa mort ouvre la porte aux premiers bilans de son action politique ainsi qu'aux rivalités pour le contrôle du pouvoir.

D'une santé fragile depuis plusieurs années, Mao souffrait, en plus de problèmes cardiaques, de la maladie de Lou Gehrig, maladie nerveuse qui génère une paralysie du système respiratoire et de la gorge. Cette situation physique ne l'a pas empêché d'intervenir dans les affaires du pays jusqu'aux derniers mois en excluant Deng Xiaoping, hostile à la révolution culturelle, et en choisissant Hua Guofeng comme «héritier». L'été qui précède, Mao fait ainsi le bilan de sa longue carrière politique qui débute avec la création du Parti communiste chinois (PCC), en 1921 : «Dans ma vie, j'ai accompli deux choses. D'abord, j'ai combattu Tchang Kaï-chek pendant plusieurs décennies et je l'ai poussé à aller dans quelques petites îles [...]. Nous nous sommes frayés un passage jusqu'à Pékin et, enfin, jusqu'à la Cité interdite. Il y a peu de gens qui ne reconnaissent pas ces réalisations. La seconde chose que j'ai faite vous le savez tous. C'est le lancement de la révolution culturelle [1966], qui maintenant a le soutien d'un petit nombre et à laquelle beaucoup s'opposent. Mais ce n'est pas encore fini. C'est un héritage qui doit être transmis à la génération suivante.»

Intellectuel inspiré par le marxisme-léninisme, poète à ses heures, Mao a cherché à développer une approche chinoise de la révolution qui, selon lui, est exportable dans les pays en voie de développement. On lui reconnaît un génie militaire (guérilla) et politique, bien qu'il ait dirigé d'une manière autoritaire le PCC et le pays. Chen Yun, membre des plus hautes instances du parti, dit de lui : «Si Mao était mort en 1956, ses réalisations auraient été immortelles. S'il était mort en 1966, il aurait été un grand homme. Mais il est mort en 1976. Hélas, que peut-on dire?» L'événement fera la manchette des journaux pendant plusieurs jours. Des obsèques grandioses ont lieu. Plusieurs observateurs notent cependant que sa mort ne donnera pas lieu à des manifestations semblables à celles causées par la mort de Zhou Enlai, quelques mois plus tôt.

http://perspective.u...Eve?codeEve=120

effectivement, si avoir tuer par sa politique des millions de chinois, est génial, alors Mao est suprêmement génial.

Iil y avait eu un reportage Arte sur le grand bond en avant qu'on estime responsable de 30 millions de morts.

En pourcentage de la population peut-être que ça ne pèse pas lourd mais en valeur absolue de crime, Mao est un génie.

Comme toujours, à part un peu au Cambodge, pas de justice, pas de jugement de moral, par de regret, tout cela est dit avec une neutralité historique qui masque sans doute une gêne de la part surtout des intellos d'après guerre qui ont embrassé le maoisme comme la solution pour l'humanité nouvelle.

l'homme est mort sans procès , l'injustice est vivante.

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 62 457 messages
109ans‚ ©,
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C'est assez intéressant en effet de voir ce que la presse en dit à l'époque...

«...Mao n'a pas de successeur et ne pouvait pas en avoir. Personne (...) ne pouvait et ne peut se prévaloir d'une autorité morale dans le pays et dans le Parti comparable à celle de Mao. Il n'y aura donc plus d'arbitre suprême et d'inspirateur génial, capable de donner un coup d'accélérateur quand les circonstances favorisent les transformations souhaitées mais aussi de faire retomber la révolution sur ses pieds quand elle se trouve en difficulté. Pourtant, en presque vingt ans, le grand Timonier a fait changer bien des choses dans la société chinoise, et c'est en fonction de ces réalisations que le parti communiste au pouvoir devra déterminer sa ligne de conduite. Et, s'il est vrai, comme on nous l'assure dans les reportages sur les régions dévastées par le séisme, que la population, dans l'ensemble, a passé l'examen que les circonstances lui avait imposé avec la mention «très bien», il est plus que probable que le groupe dirigeant -quel que soit son principal leader- continuera très hardiment dans l'«axe principal» fixé par Mao, n'hésitant pas au besoin à se soumettre à la critique de la base au cours des futures «révolutions culturelles».»

Le Nouvel Observateur (France), 13 septembre 1976, p. 27.

Quand, le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine, le pays est exsangue. Soixante ans plus tard, après bien des soubresauts et malgré les crimes d’Etat, la Chine occupe le devant de la scène économique mondiale. La pauvreté demeure mais la famine a disparu, les inégalités sont béantes mais 90 % des Chinois savent lire et écrire… En 1966 démarrait la Révolution culturelle, désormais qualifiée de « catastrophe nationale » par les autorités.

(Le monde Diplomatique - article de 2009)

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Membre, 118ans Posté(e)
nerelucia Membre 12 886 messages
Baby Forumeur‚ 118ans‚
Posté(e)

Phonétiquement, Mao sait tout, l'homme le plus cultivé de la terre.

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 62 457 messages
109ans‚ ©,
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Le Grand Bond en Avant, qui mobilise par la propagande et par la coercition l’ensemble de la population, a pour but de stimuler en un temps record la production par la collectivisation agricole, l’élargissement des infrastructures industrielles et la réalisation de projets de travaux publics d’envergure. Irréaliste, ce programme se révèle être un fiasco, la Chine échappant de peu à l’effondrement complet de son économie.La Grande famine de Chine qui sévit entre 1958 et 1962 en conséquence de cette politique a longtemps été cachée si bien que les spécialistes ont douté de son existence même, dans un contexte de guerre froide où les rumeurs pouvaient avoir été suscitées par le camp adverse. Il paraissait acquis que le régime socialiste dirigiste avait su trouver les moyens de nourrir la vaste population chinoise et mettre fin aux pénuries alimentaires chroniques qui ont frappé la Chine durant toute son histoire. Ce n’est que dans le milieu des années 1980 que des démographes américains ont pu avoir accès aux statistiques de la population après la politique d’ouverture de la Chine de 1979. Leurs conclusions étaient stupéfiantes : au moins 30 millions de personnes étaient mortes de faim durant cet épisode de l’histoire de la République populaire – un chiffre jamais envisagé avant cette date.

Les chiffres varient encore en fonction des ouvrages et des historiens, ce qui traduit bien le mystère entourant cet événement. John Fairbank, qui qualifie le GBA d’« un des plus grands cataclysmes de l’histoire de l’humanité », voire le plus grand, avance les chiffres de 20 à 30 millions de morts imputables à la famine et à la malnutrition. Au moins 15 millions de morts précise quant à elle Marie-Claire Bergère. D'autres évoquent 38 millions de morts. En milieu rural, la famine a provoqué la mort de 18 à 23 millions de personnes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant

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