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Cendrillon


g_pu_rien

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Membre, 47ans Posté(e)
g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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Il était une fois un magnifique bosquet feuillu posté à l’orée d’une veille forêt au relent gâté de magie ancestral. Il abritait en son cœur toute une cour de magnifiques papillons aux couleurs chatoyantes et rayonnantes. À chaque solstice d’été, un bal était organisé et on désignant à cette occasion le roi et la reine parmi les plus beaux spécimens de ce petit monde. Chacun y allait de ses plus belles couleurs et de ses plus beaux attributs picturaux. On virevoltait jusqu’au milieu de la nuit au pied de l’if millénaire qui avait gardé un peu de la magie de ses origines féeriques. Le ballet donné était alors magnifique et somptueux. On venait de loin assister au spectacle et les rumeurs allaient grand train pour désigner les vainqueurs. Souvent, il fallait attendre la nuit sombre pour voir enfin le couple royal désigné.

Le mois qui précédait les festivités voyait tous les habitants de ce microcosme se préparer avec acharnement pour cette nuit si importante. On soignant ses ailes et les brossait soigneusement. On partait butiner les plus belles fleurs aux couleurs vives pour raviver l’éclat de ses ailes.

La famille de l’arbre creux prenait cette tâche très au sérieux. La maitresse de maison avait été reine de nombreuse fois avant que le poids des années ne vienne ternir son éclat. Elle avait deux filles aux ailes ordinaires en qui elle fondait le vain espoir de les voir lui succéder. Aveuglée par ses folles ambitions de candeur, elle les gâtait et leur passait tout leur caprice, faisant de sa progéniture de vraies petites pestes prétentieuses. Ces petites mesdemoiselles je-sais-tout prenaient tout le monde haut et péroraient de-ci-de-là sur tout et rien. Elles avaient pris comme souffre douleur une pauvre créature que leur mère avait recueillit après la mort de ses parents. Son chagrin avait été si fort que ses ailes étaient devenues grise et terne comme de la cendre. Ces petites pestes ne lui laissaient aucun répit, la tourmentant du matin au soir sous l’œil amusé de la maîtresse de maison.

On lui confiait les basses besognes. Elle devait récurer les sols et les murs de leur logis sylvestre, veiller au confort de la maison et peigner soigneusement les ailes des deux pestes chaque soir. Cette dernière occupation était de loin la tâche la plus difficile pour elle. À cette occasion, elle devait subir les sarcasmes et les moqueries des deux péronnelles qui s’en donnaient à cœur joie jusqu’à la faire pleurer. Elles se servaient alors de ses larmes pour raviver les couleurs de leurs ailes et leur donner un aspect lisse et brillant. Une fois toutes les larmes de son corps épuisés, elle se faisait renvoyer comme une malpropre, préparer la journée du lendemain. La lune était déjà bien haute quand elle finissait ses dernières corvées. Alors, elle allait se coucher avec les pucerons et les vers de terre. Mais à peine l’aurore était-elle levée qu’elle devait partir à la recherche du nectar pour les filles de la maîtresse de maison qui pourtant ne se levaient pas avant que le soleil ne soit à son zénith ; et le calvaire recommençait.

Sa vie était difficile mais elle en prenait son parti, se disant qu’après tout dans la vie, certains étaient fait pour briller, d’autre pour rester terne. Certains brillaient de mille feux tandis que d’autre n’avait aucun éclat et vivait dans l’ombre. Mais ce qu’elle redoutait le plus était la semaine qui précédait le solstice d’été et son bal.

Il régnait alors une effervescence frénétique. Il fallait brosser les ailes de ses dames trois fois par jour et partir sans cesse à la recherche de nectar de fleurs aux couleurs vives et éclatantes. Mais surtout ses marrâtes devenaient particulièrement méchantes et exécrables. Les journées devenaient interminables et pénibles.

Mais, quand la nuit tombait, au plus profond de son cœur, elle se prenait aussi à rêver de participer au bal malgré ses ailes ternes. Elle se voyait danser aux milieux de toutes ses couleurs vives. Les rouges, les bleus, les violets virevoltant de touts sens. On s’effaçait devant elle, jusqu’à ce qu’un magnifique papillon ne vole à ses côté sous les applaudissements de la foule. Elle devenait alors la reine pour une soirée. L’éclat de ses ailes si terne n’en brillait que d’avantage. Son cœur se mettait alors à battre la chamade et il commençait à briller d’une étrange lueur qui devenait de plus en plus vive. Bientôt l’éclat de son cœur éclipsait celui de ses ailes et il devenait comme le soleil à l’heure du midi, faisant fuir touts les convives du bal. Ainsi va la vie se disait elle alors. Il est des gens pour qui même les rêves sont interdits. Arasée par la journée, elle s’endormait alors l’âme vide de tout rêve.

Mais son désespoir ne laissa pas indifférent le vieille arbre qui abritait la maisonnée. Il se mit murmurer dans la brise de la nuit et bientôt toute la forêt fut au courant du calvaire de la pauvrette. Alors, en secret, les vers à soie tissèrent de magnifiques fils de soie que les meilleures tisseuses des araignées assemblèrent. Les plus belles fleurs cédèrent leurs pigments les plus purs pour rehausser l’éclat de l’habit. Les petites fées elles-mêmes se prêtèrent aux essayages et durent reconnaître que pareil parures rendait leurs ailes presque ternes. Les scarabées assurèrent son transport jusqu’à l’arbre creux sous la protection de nuée d’abeilles et bientôt la magnifique parure fut déposée au pied de la pauvresse encore endormis du sommeil des justes.

Le jour du bal arriva et ce fut un vrai supplice. La maîtresse de maison se fit tortionnaires et ses deux filles bourreaux mais la victime garda le cœur léger. Elle avait une toilette pour aller au bal de ce soir. Malgré tout leurs efforts, les mégères ne réussirent pas à faire pleurer la soubrette ce jour-là. Pas une goutte ne sortit de ses grands yeux plein d’espoir. Elle se fit sévèrement réprimandé par la maîtresse de maison mais rien n’y fit, l’espoir s’était profondément logé au plus profond de son cœur.

Quand le soir fut venu et que la maisonnée s’apprêtait à prendre son envol pour le bal, elle revêtit son habit de lumière. À la vu du costume, un accès de jalousie terrible consuma le cœur de la maitresse de maison. Elle se jeta sans vergogne sur la pauvrette et la dépouilla de ses ornements. Elle découpa l’habit en deux et le distribua à ses filles en criant qu’un être aux ailes si ternes n’avait que faire de ses couleurs. Sa place était ici avec les animaux rampant et grouillant. Ses filles raillèrent ses espoirs et foulèrent au sol son rêve. La pauvre eut le cœur brisé et les larmes revinrent sur ses yeux pour le plus grand plaisir des deux sœurs qui en profitèrent pour se lisser les ailes une dernière fois avant de prendre le chemin du bal.

Mais tant de méchanceté ne pouvait passer inaperçu et de nouveau l’arbre murmura, propageant la nouvelle à toute la forêt. Tant de douleur réveilla un des plus anciens esprits de la forêt et c’est sous la forme d’une petite fée qu’il se présenta à la petite épeurée. La magie fit son effet et les ailes ternes se transformèrent en un œuvre d’art qui aurait fait pâlir de jalousie le plus majestueux des paons de la forêt. Mais la magie a toujours ses limites et la fée la mit en garde de ne surtout pas exposer ses ailes aux rayons de la lune lorsque l’astre sera au plus haut dans le ciel de cette nuit. La pauvrette promit bien vite et s’envola sans tarder vers le bal.

La soirée fut un enchantement pour la pauvre petite. Elle fut la reine du spectacle. Tous les plus beaux papillons rivalisèrent d’audace pour danser avec elle. Elle était si belle que le prince ne la quitta pas de la soirée, sous les yeux envieux de ses deux marâtres de tortionnaire et de leur mère. Le prince la fit virevolter de mille feux sous les yeux ébahi d’une foule conquise. Il en fut même pour dire que la splendeur ce bal n’avait jamais eu d’égal auparavant. Quand l’heure tant attendue de désigner le roi et la reine du bal fut enfin venu, tous connaissait déjà les vainqueurs. Mais devant pareille beauté, la foule applaudit plus qu’il n’en aurait fallu et l’ovation déborda sur la soirée.

Alors que le soleil se couchait et accrochait ses plus belles couleurs dans le ciel, le prince prit toute la foule de court en emmenant sa partenaire sur l’arbre le plus haut de la forêt. Là, loin de la foule, il lui ouvrit son cœur. Les deux papillons s’étreignirent alors et se blottirent l’un contre l’autre. Chaviré par tant de bonheur, le cœur de notre petite princesse se mit à luire et elle en oublia l’heure. Alors, se produisit l’irréparable.

Sous les rayons de lune, le charme fut rompu et les ailes flamboyantes de notre petit papillon s’embrasèrent d’une flamme bleue. Ses couleurs flamboyantes disparurent et ses ailes reprirent ce teint gris et terne qu’elle arborait tous les jours. Mais, sous l’effet de cette chaleur spectrale, les ailes du prince qui la tenait toujours dans ses bras s’enflammèrent à leur tour et elles abandonnèrent aussi toutes leurs couleurs à cette magie si capricieuse et exigeante.

Notre pauvre soubrette se rappela alors des paroles de la fée et elle se mit à pleurer d’avoir causé tant de mal le jour du bal. Elle leva ses yeux sur le pauvre prince qui avait perdu toute ses couleurs et aussitôt son cœur se brisa. Il semblait si triste d’avoir perdu ses couleurs. Un torrent de tristesse et de culpabilité l’envahit et elle se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Alors, comme toujours à chaque fois qu’elle était triste, son cœur se mit à luire de toute la bonté et la bienveillance de son âme. Cette fois le chagrin fut si fort que la clarté de son cœur fit concurrence à la lune, elle même. Pourtant, le prince voulut l’étreindre de ses ailes ternes pour la protéger. Mais, une telle lumière n’est pas sans risque et alors qu’il l’enveloppait, il se mit à hurler tandis que le cœur flamboyant de sa protégé lui brûla les ailes et y laissa l’emprunte de son cœur à l’agonie. Blessé, le prince tomba alors au milieu de la foule qui attendait encore le couronnement du bal. Tous reconnurent le prince et un immense cri de surprise balaya les convives lorsqu’ils virent ses ailes ternes qui portaient des traces de brulure. La foule se mit à alors à exulter et a fuir en tout sens de peur d’être à leur tour atteint par ce mal étrange. S’en était de trop pour la pauvre soubrette. Alors, laissant son cœur s’éteindre, elle s’envola dans la nuit en pleurant et en se maudissant d’avoir été la cause de tant de souffrance.

La nouvelle des événements du bal fit le tour de la forêt dès le lendemain. Ce qui avait commencé comme le plus beau bal depuis sa création avait fini dans une catastrophe épouvantable. On disait le prince malade à en mourir. Ses ailes ternes semblaient ne pas vouloir guérir de ses terribles brûlures. Mais, en fait le prince se mourait de chagrin d’avoir perdu le petit papillon aux ailes grises, car la lune lui avait révélé la vraie nature de sa princesse et devant une âme si pure, son cœur avait fondu d’amour. Il n’avait que faire des couleurs flamboyantes de la cour et il ne rêvait que de revoir son amour qui s’était enfuie après le bal. Alors, il fit envoyer ses émissaires dans toute la forêt à la recherche de sa bien-aimée. Partout on cherchait ce papillon aux ailes ternes et au cœur si flamboyant.

Un jour l’émissaire frappa à l’écorce du vieil arbre creux. La marâtre lui ouvrit et s’empressa de lui parler de ses deux filles. Elle loua leurs louanges en des termes plus qu’élogieux. Mais, l’émissaire n’en avait que faire. Il cherchait un papillon aux ailes ternes, celle qui avait fait chavirer le cœur du prince en même temps que ses couleurs. La maîtresse de maison réalisa alors qu’il devait parler de son souffre douleur et elle lui demanda d’attendre. Aussitôt, elle s’empressa d’enfermer le petit papillon aux ailes ternes dans les entrailles des racines du vieil arbre avant de masquer les couleurs des ailes de ses filles avec de la terre et de la boue. Elle leur présenta alors ses filles qui s’inclinèrent devant l’émissaire du roi. Celui-ci fut aux anges d’enfin avoir retrouvé celle que son prince l’avait envoyé chercher. Mais, elles étaient deux et il lui fallait choisir.

Alors, il sortit une lettre que son prince lui avait remise et il se mit à la lire à haute voix. Les paroles du prince rebondirent sur les cœurs de pierres des deux sœurs. Mais se voyant toute deux princesses, elles commencèrent à se disputer la couronne. Comme deux godiches, elles bombèrent le torse et leurs ailes afin de déterminer qui des deux avaient les plus belles couleurs. La boue tomba et leurs couleurs réapparurent sous le regard courroucés de l’émissaire qui n’avait pas de temps à perdre. Aussitôt, il quitta le logis sous les plaintes désespérées de la maîtresse de maison qui corrigeait déjà ses deux idiotes de filles.

Mais, si les mots du prince ne trouvèrent aucun écho dans le cœur des deux sœurs futiles, la sève du vieil arbre leur fit honneur. Courant le long de son écorce, ils se propagèrent jusqu’au trou où la maitresse de maison avait jeté le petit papillon aux ailes ternes. Devant ces mots, son cœur se mit à luire de tristesse et son chagrin fut si fort que la lueur enfla jusqu’à en devenir éblouissante. La lumière fut telle qu’elle jaillit à travers l’écorce du vieil arbre.

Alors, l’émissaire du roi ne put qu’être éblouit par cette chaleur humaine et il délivra aussitôt la jeune otage. Il découvrit ses ailes ternes et faillit même se brûler les ailes en s’approchant un peu trop près d’elle. Il n’y avait donc plus aucun doute, c’était elle que son prince cherchait désespérément. Sans autre forme de discours, il mena le papillon à la cour et la présenta à son prince.

Un nouveau bal fut alors donné. Il commença à la tombée de la nuit et il célébra les retrouvailles du prince et de sa bien-aimée. La fête fut somptueuse et, sous le regard envieux des deux sœurs de leur marâtre, l’on assista au couronnement du premier roi et de la première reine de la nuit. Depuis la tradition perdure. Chaque solstice d’été, il est donné deux bals. Le premier couronne les papillons de jour et leurs couleurs étincelantes et le second les papillons de nuit et leurs ailes ternes aux dessins magnifiques.

Certains disent que c’est ainsi que naquirent les premiers papillons de nuit et les premières lucioles de ce monde, d’autre disent encore que c’est la raison pour laquelle les papillons de nuit sont attirés par la lumière : ce ne sont que d’anciens princes à la recherche de leurs princesses, mais tout cela reste encore à voir.

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Membre, Jedi pas oui, jedi pas no, 32ans Posté(e)
Jedino Membre 48 064 messages
32ans‚ Jedi pas oui, jedi pas no,
Posté(e)

J'admets n'avoir pas accroché de suite m'enfin, t'écris vraiment bien. Puis, j'aime bien la fin, donc ;)

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Membre, 37ans Posté(e)
Ozmaestro Membre 413 messages
Baby Forumeur‚ 37ans‚
Posté(e)

Plutôt bien écrit...quelques fautes, mais d'étourderie probablement.

Bien écrit, mais ça ne suffit pas à m'emballer pour autant. Cendrillon, on connait l'histoire par coeur, c'est là que surprendre tes lecteurs aurait été judicieux, car en l'occurence j'avais prévu ce que tu allais dire à chaque phrase (ou presque). Du coup malgré un style convenable je me suis ennuyé.

Cela dit, l'univers du microcosme biologique est intéressant, beaucoup plus qu'un univers humain (Disney power...).

Bon texte donc, pour ceux qui ne connaissent pas Cendrillon, et pour ceux qui connaissent ils pourront toujours se raccrocher au style et à l'univers.

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