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Membre, Posté(e)
angelique5 Membre 69 messages
Baby Forumeur‚
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Je suis

ChapitreVIII

Merlinvoulait absolument découvrir ma langue instinctive pour comprendred’où pouvaient venir mes pouvoirs. Il se demandait aussi commentMacha avait pu me trouver en pays d’Erèbe alors que noussavions que j’étais la fille d’habitants de Ten. Moi, maquestion principale c’était : « pourquoi m‘avait-t-onabandonnée? ».

Chaqueprintemps, au retour desbeaux jours, Merlin allait rendre visite à Corneilius, un grand magequi vivait dans une forêt enErèbe, àdeux jours de marche des limites de Ten.Il avait donné des instructions à Yann pour me faire travailler. Jepense qu'il me savait déjà fourbeet préférait se reposer sur le jeune homme plutôt qu'avoir à mefaire confiance. Dans sa bibliothèque personnelle, il avait trouvéun livre créé par un ordre appelé « l’ordre desgardiens ». Apparemment ces gardiens se servaient de celivre pour trouver la langue de base de leurs olfeusts,pouvoir très rare d‘après ce livre rédigé en 1106. Le livres’appelait « Je suis » et ressassait toutes leslangues, du début à la fin du monde, de quoi se donner le tournis!Rien que d‘y penser, je tressaillais à l’idée de le lire!

Ille confia à Yann.

-En revenant, je veux savoir quelleest la langue de base de Nell. Je te donne ce livre pour yparvenir. Utilisez le avec précaution et discrétion, nous dit-il enconclusion.

-Pourquoi? Il mord ce livre? Demandais-je.

Merlinrépondit, un peu gêné :

-Non, mais en fait, je ne l’ai pas obtenu de manièreconventionnelle.

-C’est à dire? Dites nous en plus, insista Yann.

-Et bien, je l’ai acheté auCorsaire, ajouta-t-il rapidement comme pour se libérer d’unpoids.

-Qui est le corsaire? Interrogeai-je.

-C’est un gardien déchu, untraître, et dans ce cas…un voleur! Dit Yann.

-Merlin, vous avez participé à un vol?

J’avaispris mon air faussement outré pour appuyer l’aspect cocasse de lasituation qui ne paraissait pas plaire à Merlin, habituellement sidroit.

-Non, mais ce n’est pas ce que vous pensez.

-Mais bien sûr, vous être un voleur par procuration? Rajoutais-je ennote finale.

-Nell, cesse ton impertinence et tu as intérêt à avoir fini celivre avant mon retour. Yann fais attention à ce que personned‘autre que vous deux ne le voit.

Ilpartit, un peu honteux.

Yannprit le livre et lut la préface:

-Ce livre a été rédigé en 1106 par l’ordre des gardiens. Mode defonctionnement : un orateur doit lire chaque phrase distinctementavec l’accent grâce à la phonétique de l'encadrement suivant lemot. L’auditeur doit en se concentrant dire s'il a besoin detransformer le mot pour mieux le comprendre ou si celui ci estcompréhensible. Si cela est le cas, c’est que vous avez trouvé lalangue de base de l’olfeust. Si celui si est récalcitrant,il existe des formules de…gna gna gna..etc. tu as compris?

-Oui, mon seigneur.

Yann,un peu flatté par ce mot, gonfla la poitrine et commença àlire:

-Yo soy, cela te dit quelque chose?

Ilfronçait les sourcils pour voir si ces mots m’évoquaient quelquechose.

- Oui,oui j’entends, j’entends, je vois, je vois un…cela me parle...

Jefaisais clairement semblant de m'intéresser à ce livre.

-J’en ai marre, coupais-je. On arrête, on va voir la conteuse auvillage des coupées, il faut absolument que je lui parle, on fera çaplus tard.

-Tu ne vois rien. Nell tu ne fais aucun effort. Ce livre fait milledeux cent trois pages et Merlinrendre dans dix jours, tu ne penses pas qu’on devraitprendre un peu d’avance?

-Mille deux cent trois pages, en une heure on a fini! Allez, laconteuse me dira peut être d’où je viens et je n’aurais plus àlire ce stupide livre. Allez, s’il te plait, si te plait….

-Et s’il ne m’en plait pas? Dit-il d’un air supérieur.

-Et bien tant pis, je ferais sans ton accord, mais... mais ce seraitmieux avec!

-Allez, c’est bon, on y va. Je vais chercher tout le monde, on seretrouve au pont-levis.

Devantle pont-levis, comme prévu, Léo, Isabel et Matthieu m’attendaient.Yann essayait désespérément de faire rentrer au château notrepetite Marguerite. Elle avançait péniblement vers la sortie alorsque Yann lui maintenait la tête pour qu’elle cesse son assaut.

-Cela suffit Marguerite, tu retournes avec Louise, tu laisses lesgrands parler.

-Mais je suis grande, dit-elle en forçant le passage.

-Non, les gnomes ça restent au château, ajouta Mat.

-C’est moi que tu traites de gnomes? Je te prends quand tu veux àla bagarre.

-Et bien, il ne veut pas faire la bagarre, répliqua Yann en regardantsévèrement Mat. Rentre au château, ton furet peluche t’attends,je l’entends, il t’appelle, tu ne l’entend pas?

-Non, c’est que des bêtises, Arthur dort.

-Écoute mieux…

-Pourquoi je peux pas venir? C’est pas juste, moi aussi je veuxpartir à l’aventure, moi aussi je veux aller dans la forêt. S’ilte plait.

-NON! Imposa Yann.

Touten conservant sa position désagréable, c’est à dire la têteretournée avec les bras vers l’avant pour empêcher Margot desortir, il annonça:

-Nell , veut aller dans la forêt des coupés pendant que Merlin estabsent, ceux qui sont partant viennent, ceux qui ont peur peuventrester au château.

Matthieuafficha son air arrogant:

-Mais pourquoi me suis-je dérangé? Vous ne pourriez pas m’éviterce genre de déplacement inutile. Je ne suis pas ici pour aider lescauses perdues. Si la sotteveut aller se faire tuer, ce n’est pas mon problème.

-Tu ne veux pas venir? C’est sûr? Très bien, dis-je.

-Tu as peur? Provoqua Yann.

-Pas le moins du monde.

Lysearriva derrière nous.

-Qu’est-ce que j’entends?!

L’angoissequ’elle ait entendu toute la conversation monta. La ballade n’avaitmême pas commencé que nos muscles en sentaient déjà le résultat: la crispation. Lyse était toujours dans les jupes de Merlin, poursoit disant « une meilleure organisation de l’enseignementque représentent les livres de la bibliothèque » . Si Lyseavait entendu le début de cette conversation, dès le retour deMerlin, j’étais bonne pour éplucher des pommes de terre avecMargot jusqu’à ma vingtième année. Elle n’était pas très aufait de ce qui se passait au château, mais ce qu’elle entendaitétait bien vite remonter aux oreilles de Merlin qui l’écoutaitsouvent avec indifférence. Cela devait la satisfaire puisque soncomportement ne semblait pas se corriger avec le temps.

-Matthieu, est-ce que j’ai bien entendu?

Unsourire tendu signa le visage de Matthieu.

-Qu’est-ce que j’ai dit?

Ilse voyait déjà copier des lignes sur la grande table au milieu dela bibliothèque surveillée par Lyse une règle à la main marquantla pulsation en rythme, les yeux remplis d’une envie folle decorriger le bout de ses doigts.

-Tu refuses d’aider une personne qui supplie ton aide, c’est biencela? Demanda Lyse.

J’ajoutaisavec modération:

-« supplier », c’est un petit peu fort!

Lysepoursuivit avec conviction:

-Damoiseau, les chevalierscatholiques sont braves. Ils secourent la veuve et l’orphelin, tufais honte à tes pères. Tu ne seras jamais l’un d’entreeux.

Matthieuessaya tant bien que mal de ne pas penser à la règle sur ses doigtset amorça sa répartie :

-Lyse ne vous fâchez pas. Nous nous sommes bien évidemment malcompris. Nell que puis-je faire pour toi? Dit-il en se tournant versmoi.

-Mieux que cela s’il vous en plaît? Ajouta Lyse

-Mieux….mieux…

Ilcherchait comment faire mieux.

-Mais…mais bien sûr…Nell, que puis-je faire pour vous? Selança-t-il.

-Cela est mieux. Et bien, jeune damoiselle. Énoncez lui votrerequête, il est tout ouï.

Jecrois que la jubilation était un mot trop faible pour désigner messentiments face à cet instant mémorable de pouvoir et dedomination! Yann arborait un sourire en coin qui ne trompaitpersonne, Isabel observait avec attention l’attitude de Matthieu etla mienne de surcroît. Elle attendait de ma part que je ne profitepas trop de la situation.

-Et bien, Matthieu le catholiqueaccepteras-tu de nous aider quelques en soit les risques?

-Mais bien sûr, dit-il avec son air convainquant.

Lysefut satisfaite.

-C’est parfait, je peux retourner à mes travaux. Quel humourdamoiselle, des risques mais bien sûr!!!ha ha ha…Maistout de même soyez prudents, je vous fais confiance.

Lyseavait l’air persuadé de notre innocence d’enfant.

-Mais bien sûr, répliqua Yann avec un sourire angélique.

-Houhouhou, rit-elle…bonne journée les enfants.

Ellese tourna vers Marguerite et afficha une mine contrariée :

-Et vous jeune Marguerite vous venez avec moi. Lespetites filles doivent faire une sieste l’après midi.

Margueriterebutée par les siestes ne remit pas en question cette idée, ellesavait que Lyse n’était pas d’humeur changeante aujourd‘hui.Merlin parti, elle devait prouver qu’elle pouvait s’occuper de labibliothèque et surtout de Marguerite sans lui.

Yannpensa : « d’une pierre deux coups ». Matthieu allaitnous aider et Marguerite rentrait enfin au château. Il demanda toutde même :

-Tu viens avec nous Mat?

Exaspéréil répondit:

-Oui, je viens. La vieille carneserait foutue de me demander des comptes.

Ilreprit son sourire machiavélique.

-Mais je pourrais lui faire un inventaire très intéressant.

-Mais les chevaliers catholiques ne sont pas des pleutres traîtres,finalisa Isabel. Tu t’es engagé, alors tu vas tenir parole.

-Merci Isabel, lança Mat. Et bien, par quoi commençons nous?

-Par faire nos affaires, dit Yann. On se retrouve dans une heure à labibliothèque pour prendre une carte.

Commeà son habitude la bibliothèque était peu peuplée la journée. Encette saison de printemps,les passionnés de lectures préféraient prendre l’ouvraged’intérêt et lire en toute quiétude sur les quais ou en hautd‘une tour.

Àson bureau, Lyse veillait sur les petits endormis. En effet, labibliothèque s’était révélée être assez calme pour servir desalle de sieste aux marmots du château. Marguerite dormait au plusprès possible de Lyse (question de précaution).

Yannet Léo étaient déjà à la recherche de la carte dans la deuxièmeallée gauche.

Plusloin, dans l’ombre d’un rayon imposant, je vis un homme plongédans un livre. Il était grand,intrigant, et ses regards furtifs autour de lui montraient qu’il nevoulait pas être remarqué.

Isabelse plaça derrière moi, et regardant vers cet homme, elle me dit:

-Il fouille souvent dans la bibliothèque, celui la.

-Qui est ce?

-Il fait partie des chevaliers de Victor, je crois qu‘il s‘appelleRasmus.

-Il a l‘air jeune pour un chevalier de Victor.

Sonvisage angélique était sans défaut, bizarrement parfait :symétrique, sans grain de beauté… Il était ce que l’on appelleun « bellâtre » , une beauté froide.

-A mon avis c’est le plus jeune, habituellement ils ont tous plus devingt quatre ans. Les chevaliersvictoriens sont une sélection des meilleurs chevaliers de la régiondu château de Magimel. Ils représentent une élite intervenant enErèbe en périodes difficiles. On trouve dans ce groupe: desréparateurs, des informateurs répartis sur les frontières entrel’Erèbe et Ten, et beaucoup d‘autres pouvoirsencore.

Alorsque nous parlions de ce jeune homme, Marguerite s’était approchéde lui. Elle avait échappé à la vigilance de Lyse qui s’étaitconcentré sur un énorme dictionnaire. Marguerite lui tirant lachemise comme un hochet, commença à le questionner.

-Chevalier, chevalier, qu’est ce que tu cherches?

-Un livre.

Ilresta concentré dans sa recherche ne portant aucune attention à lapetite fille. Isabel, le voyant si dédaigneux envers l’enfantrétorqua:

-Cela paraît logique dans une bibliothèque.

Ilne détournait toujours pas le regard de son livre, mais restéconcentré, il ajouta tout de même à notre attention:

-Oui, effectivement.

C’estalors que, peut être un peu gêné finalement, il porta son regardsur Marguerite et lui demanda:

-Et vous, que cherchez vous?

-Un livre, comme toi.

Ilposa son livre et mit ses mains sur ses cuisses pour se placer à lahauteur de la petite fille. La regardant dans les yeux ill’interrogea:

-Sur quel sujet se porte le livre que vous cherchez damoiselle?

-Comme toi.

Uninstant surpris, il eut un léger sourire et ajouta:

-Je ne pense pas.

-Pourquoi?

Ilprit un air sérieux, mêmeglacial. Son regard se noircit :

-Petite, contente toi de chercher ton livre et je chercherais le mien.

Ilentassa une pile de livres dans ses bras et se dirigea vers lasortie.

Sansmême un regard il prit le couloirmenant au donjon secondaire.

-Il est pas très gentil le chevalier, dit Margot.

-N’y prête pas attention, dit Isabel.

Margueriteconcentra son attention sur nous!

-Vous faites quoi? Interrogea la petite curieuse.

-Rien du tout, répondit Isabel. Retourne te coucher.

-Non, contredit une fois de plus Marguerite.

Isabels’adressa aux frères :

-Vous avez trouvé la carte?

-Oui, répondit Yann. Je l’ai.

-Quelle carte? Demanda Marguerite.

Lyseréagit à l’absence de la petite.

-Damoiselle Marguerite, revenez ici, il n’est point l‘heure des’éveiller.

Yanneut une expression de gratitude envers Lyse. Une fois de plus, ellelui retirait l’épine « Margot » du pied!

Deretour devant le pont-levis, Yann ouvrit un vieux parchemin:

-Alors, d’après la carte, il faut marcher vers l'Est pour atteindrela forêt des coupés, elle n‘est qu‘à deux heures d‘ici,mais…apparemment en plus dû fait qu’il va falloir entrer danscette forêt, on va devoir traverser laforêt des arbres aux pourquoi.

Celaparu être encore un nouveau problème. Isabel me demanda:

-Nell, es tu sûre de vouloir voir cette conteuse.

Convaincue,je répondais:

-Bien sûr! Ce ne sont pas quelques arbres qui vont m’arrêter!Enfin… « nous » arrêter?

Envoyant mes compagnons moins enthousiastes, un doute me vînt :

-Qu’est ce qu’ils ont de si dangereux ces arbres?

Léocommença un nouveau cours :

-Il réveille le désespoir à l’aide de questions fondamentales.

J’interrogeaisd’un ton perplexe :

-Quelles questions pourraient susciter le désespoir?

-Les personnes qui ont rencontrés ces arbres n’ont pas voulurévéler ces questions.

-Tu oublies de dire que certains en sont morts, ajouta Yann.

-Morts?

-Oui, morts, termina Matthieu.

Yannréitéra sa question:

-Nell, es tu toujours sûre de vouloir voir cette conteuse?

-Mais, nous ne sommes pas sûrs de rencontrer, ces arbres?

-Nous ne pouvons pas partir sans penser à cette éventualité.

-Et bien, si nous croisons un de ces arbres, j’essayerais derépondre.

-C’est toi qui vois! Ajouta Mat en engageant la marche.

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