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L'ex-cancre qui veut réconcilier les élèves avec l'orthographe


Invité David Web

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Invité David Web
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L'ex-cancre qui veut réconcilier les élèves avec l'orthographe

Petite, elle était celle qui se cache au fond de la classe pour ne pas qu'on la remarque. Celle qui fixe le bout de ses chaussures quand l'institutrice pose une question de français. Anne-Marie Gaignard était "nulle" en orthographe. "Egarée dans la forêt des mots", comme elle dit. Ses notes en dictée ne dépassaient pas le zéro. La pire de toutes fut - 85. Elle avait écrit : "Le générale Degole à sové la France. De puis langlètère, il a lencé un apelle au français." A ce niveau-là, "on n'explique plus, on constate", se désole-t-elle.Aujourd'hui, à 50 ans, Anne-Marie Gaignard est réconciliée avec la langue française. Après un long combat pour dépasser ses blocages, elle a créé l'association Plus jamais zéro, pour transmettre ses solutions aux enfants en difficulté. Elle dirige un centre de formation continue pour adultes et publie, le 29 août, son sixième ouvrage : La Revanche des nuls en orthographe (Calmann-Lévy, 256 p., 16,90 €). Un message d'espoir pour tous les fâchés avec le français.

Mais ce livre, c'est d'abord sa revanche à elle. Quand Anne-Marie Gaignard évoque ses souvenirs d'école, il y a de la colère. A 6 ans, elle reçoit une gifle cinglante. "Anne-Marie a la tête comme une passoire, lâche son institutrice à ses parents. Si elle continue comme ça, elle ne sera même pas capable de balayer les couloirs d'un hôpital !" La fillette se catalogue cancre, nulle pour la vie. Elle invente alors toutes sortes de stratagèmes pour ne plus aller à l'école. Du thermomètre chauffé sous la lampe de chevet pour faire grimper le mercure à la tentative d'entrer au couvent...

L'année de ses 9 ans, l'institutrice conseille à ses parents de consulter l'orthophoniste, convaincue que leur fille est dyslexique. Dans la salle d'attente, elle se retrouve avec des enfants handicapés et pense qu'elle est comme eux. Les quelques séances suivies ne permettent pas de régler le problème.

Au collège, Anne-Marie excelle en éducation physique et en espagnol, mais ses fautes d'orthographe sont rédhibitoires. Elle redouble la quatrième, obtient le brevet au rattrapage et, au lieu des études littéraires dont elle rêve, se retrouve dans un lycée de jeunes filles qui forme des secrétaires de direction. Elle apprend les règles de classement alphabétique, la sténographie et s'ennuie. "Ma relation bancale avec la langue a conditionné toute la première partie de ma vie. C'est à cause d'elle que j'ai subi phobie scolaire, humiliations et mauvaise orientation", résume-t-elle.

Dans sa vie professionnelle, la jeune femme traîne le même "boulet orthographique". "Tout me ramenait à ce problème qui m'opposait aux mots", raconte-t-elle. Responsable des stages dans son ancien lycée, elle est envoyée dans une formation pour illettrés. Ses courriers lui reviennent souvent maculés de rouge. "Je n'étais toujours pas dans la norme."

LES MOTS "ÉPITHÈTE", "ATTRIBUT" OU "SUBORDINATION" SONT BANNIS

Jusqu'au jour où, à 36 ans, lors d'une réunion de parents d'enfants dyslexiques, elle réalise que son problème est remédiable. Qu'il n'est pas la conséquence d'une dyslexie - c'est-à-dire d'un dysfonctionnement cérébral - mais d'une dysorthographie causée par des méthodes d'apprentissage qui ne lui ont pas convenu, en l'occurrence la méthode dite globale. Cette prise de conscience agit sur elle comme une "décharge électrique". Aujourd'hui encore, dénonce-t-elle, "la dyslexie est une étiquette que l'on colle systématiquement sur l'élève récalcitrant à l'écrit et que les enseignants ne parviennent pas à faire progresser".

Anne-Marie Gaignard se lance alors dans un grand chantier : trouver des méthodes pour en finir avec les fautes d'orthographe. "Partout où ça coinçait, je cherchais une explication qui n'était pas dans les livres de grammaire", rapporte-t-elle. Elle passe des nuits à décortiquer des phrases. Se nourrit d'ouvrages sur la mémoire, le fonctionnement du cerveau, la pédagogie. Et se met à associer à chaque mot une image mentale. "Vieille" prend deux "i" parce qu'une vieille dame a besoin de deux cannes pour marcher ; "accusé" prend deux "c" parce que l'accusé a deux menottes...

Lire la suite (Le Monde)

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Membre, Jedi pas oui, jedi pas no, 32ans Posté(e)
Jedino Membre 48 064 messages
32ans‚ Jedi pas oui, jedi pas no,
Posté(e)

C'est une bonne initiative, et c'est malheureusement un vrai problème.

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Membre, 60ans Posté(e)
alcina Membre 5 752 messages
Baby Forumeur‚ 60ans‚
Posté(e)

Un grand bravo.

En faisant preuve de persévérance pour trouver une solution à son problème elle à aussi trouver en même temps une solution pour des millions d'autres.

Comme quoi rien n'est impossible.

Merci.

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Membre, 58ans Posté(e)
stank Membre 1 478 messages
Forumeur balbutiant‚ 58ans‚
Posté(e)

c'est effectivement un bon modele a prendre pour beaucoup de gens.

Malheureusement, l'orthographe comme la grammaire deviennent des regles qu'on contourne de plus en plus souvent a coups de " hohe, c bon, du momen kon se conprent"...

c'est pourtant tellement jolie une phrase bien construite et bien ecrite.

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Invité Arsenic504
Invités, Posté(e)
Invité Arsenic504
Invité Arsenic504 Invités 0 message
Posté(e)

Personnellement j'suis nul en orthographe.

Mais c'est vrais qu'on voix des membre nous sortir de ces post. . .

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 713 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Une dame très bien ! Bien trouvé son truc pour plus faire de fautes. C'est vrai ce qu'elle dit au sujet des profs, avant, qu'ils rabaissaient les élèves quand ils ne s'en sortaient pas, voire qu'ils les frappaient. Je me souviens que nous (c'était dans les années soixante-dix et années quatre-vingt) on se prenait des "frites" sur la tête, des gueulantes dans nos pauvres tympans pendant au moins dix minutes, qu'en nous tirant par une oreille ou une joue la maîtresse d'école nous secouait la tête dans tous les sens, et que si on répondait on se faisait traîner par le col au bureau de la directrice. Si on séchait au tableau, aussi, la maîtresse nous regardait de toute sa hauteur et nous disait "allez, retourne à ta place" l'air de dire "t'es vraiment qu'une merde". Moi, une fois, en sixième, un prof m'a frappé d'un grand coup de livre sur le crâne parce que je ne répondais pas bien à sa question, si fort que je me suis presque évanouie. Enfin, des trucs comme ça m'ont dégoûté de l'école, et même du français. C'est une prof gentille qui m'y a redonné goût par la suite. Aussi, en apprenant des langues étrangères, je me suis mise à faire moins de fautes en français, allez savoir pourquoi. Peut-être par comparaison avec des grammaires étrangères, des accords tels qu'on les fait dans les autres langues, ça permet de mieux assimiler ceux en français.

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Membre, 118ans Posté(e)
nerelucia Membre 12 886 messages
Baby Forumeur‚ 118ans‚
Posté(e)

maintenant il ou elle ne le ferait plus.

La violence des profs et instits, on n'en parle jamais sans compter les phrases qui tuent.

Je me souviens à l'école primaire une copine avait fait pipi, l'institutrice l'humilie en classe, on sort, deuxième couche avec les copines, je la prends par le cou et lui remonte le moral.

Vingt ans après, je la retrouve, elle n'avait pas oublié.

Je fais des mots croisés, le français est une catastrophe.

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Membre, forumeur révolutionnaire, 52ans Posté(e)
transporteur Membre 23 297 messages
52ans‚ forumeur révolutionnaire,
Posté(e)

Très intéressant.

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